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Economie solidaire partout: les défis de la nouvelle décennie
janvier 28, 2020
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Par Josette Combes

Pour cette première Newsletter de l’année 2020, les membres du Comité de coordination du RIPESS Europe vous présentent leurs voeux pour vos initiatives d’essaimage de la solidarité dans un contexte qui demande de chacun de nous beaucoup de pugnacité et de sagesse pour résister aux tendances destructrices d’un monde en plein bouleversement.

Que souhaiter au tournant d’une nouvelle décennie ? L’abandon des armes nucléaires, la fin du climato-scepticisme et la mise en route de mesures réelles et efficaces pour inverser la tendance actuelle d’une dégradation des conditions de vie de l’ensemble des espèces y compris la nôtre, la prise de conscience de l’obscénité des fortunes des ploutocrates comparées aux niveaux effarants de la misère dans tous les pays qui subissent la prédation et le dévoiement de leurs richesses, le changement culturel qui abat les frontières et les murs pour permettre d’établir égalité et fraternité entre les peuples. Autant de vœux pieux mais qu’on ne peut s’empêcher de formuler à l’orée d’une année nouvelle.

En attendant, le RIPESS Europe poursuit son entreprise pacifique de plaidoyer pour un monde où ces voeux deviendraient l’ordinaire du monde.

Le Comité de coordination a fait sa rentrée au cours d’une rencontre dédiée à l’élaboration de la stratégie pour l’année en cours et au-delà. Elle a eu lieu à Elne où nous nous retrouvons chaque année en janvier à l’invitation d’Eric Lavilunnière dont la connaissance de cette région de France nous permet d’y rencontrer quelques unes de ses figures du développement local.

Au nombre des chantiers du réseau, le FSMET représente un des enjeux les plus saillants de cette nouvelle année. Il aura lieu du 25 au 28 juin 2020 à Barcelone. Tous nos membres sont invités à promouvoir au cours de leurs manifestations ce Forum qui a pour objectif principal de favoriser la rencontre, la mise en dialogue et l’élaboration de stratégies communes entre les mouvements qui construisent ici et maintenant des économies pour lutter contre la déliquescence actuelle et proposer des solutions d’avenir.

En Occitanie le Forum régional s’était donné cette mission. L’édition 2019 a accueilli plus de 1500 personnes. Ce temps fort d’information et de mobilisation permet au MES Occitanie d’envisager d’organiser un bus en juin pour transporter les acteurs de l’ESS de la région vers Barcelone.

Le site du FSMET est d’ores et déjà prêt à enregistrer les propositions d’ateliers ou d’animations.

En Italie les 18 et 19 janvier le réseau italien de l’ESS, le RIES s’est officiellement constitué à Rome après une longue maturation. Une nouvelle réjouissante. Tous nos souhaits de réussite à ce réseau avec lequel nous communiquons d’ores et déjà grâce aux membres italiens déjà impliqués dans le RIPESS EU.

A Madrid le sommet international sur le climat s’est tenu pendant que des mouvements sociaux comme Extinction Rébellion (entre autres) organisaient une animation off. Jason Nardi a participé à une table ronde sur l’économie circulaire et des membres du RIPESS ou des alliés se sont distribués dans divers ateliers.

L’Europe met au point le Green deal et l‘Intergroupe du Parlement Européen sur l’Economie Sociale manifeste également son intention de promouvoir une économie respectueuse de la Planète.

Soyons optimistes et espérons que cette nouvelle année verra se déclencher les actions urgentes pour réaliser le programme d’une terre pacifiée. Economie solidaire partout!

Avec l’ESS, marchons pour le climat

Ce mois de septembre a été marqué par les manifestations pour le climat partout dans le monde, notamment celles qui ont vu se mobiliser les jeunes qui sont à juste titre inquiets de la détérioration des conditions de vie sur la planète. Nous pouvons nous féliciter et les féliciter de ces manifestations qui sont censées secouer l’inertie et l’incurie des gouvernements, Pour nous, un des axes fondamentaux de l’économie solidaire est la vigilance écologique qui questionne le sens de la production et de la consommation en lien avec le lien de proximité qui doit être recherché entre ces deux pôles. C’est la racine de l’agroécologie, qui œuvre pour la qualité de la nourriture, la préservation des terres et celle de ses habitants. Mais dans tous les domaines de l’activité humaine, il est urgent de repenser les finalités et les moyens qui la sous-tendent, et être créatifs et proactifs pour les solutions.

Comme nous l’avons déjà annoncé l’objectif central du Forum Social Mondial des Economies Transformatrices (FSMET) est précisément d’organiser la convergence des organisations qui se sont donné comme but essentiel de résister aux effets délétères d’un système politico – économique mondialisé qui met en danger les équilibres vitaux de la planète. Le processus enclenché par la première réunion préparatoire en avril 2019 se poursuit et devrait être répercuté dans chaque pays. C’est le cas en France par exemple avec le Forum Régional de l’Economie Sociale et Solidaire . N’hésitez pas à nous faire part de vos propres initiatives. Et à noter d’ores et déjà les dates du FSMET qui aura lieu du 25 au 28 juin à Barcelone. Soyons mobilisés pour faire en sorte qu’une prise de conscience fondamentale engendre des propositions pour transformer de façon significative l’imaginaire et la mise en acte d’une économie au service des humains et respectueuse de la planète.

Nous communiquerons régulièrement sur le processus en vous invitant régulièrement à prendre part aux différentes étapes

L’Assemblée Générale de Lyon a permis à de nouveaux membres de nous rejoindre et c’est bienvenu parce que les urgences sociales et climatiques s’accumulent et réclament plus que jamais que nous élargissions le cercle des personnes de bonne volonté.

Signalons en conclusion de ce très bref édito qu’en octobre deux marches pour la paix vont démarrer, l’une la Jay Jagat partant de New Delhi en octobre et l’autre « La caravane pour que vive la terre » du Sénégal en janvier. Elle se rejoindront à Genève le 25 septembre 2020.

Urgence climatique, réponses et alternatives de l’économie sociale et solidaire
Foto Blog El Salto Diario

Blog El Salto Diario, 19/09/2019, Comisiön de Ecología de la Red de Economía Solidaria de Cataluña (XES)

Avec la grève du climat du 27 septembre et la semaine d’actions prévue pour la semaine précédente à l’horizon, nous réfléchissons sur le rôle de l’économie solidaire dans ces mobilisations et sa capacité à contribuer à progresser vers des sociétés post-carbone plus durables et solidaires.

Il nous reste 11 ans (seulement) pour atteindre la limite de température globale admissible de la planète, et une fois dépassée, elle conduira à un changement irréversible et sans précédent du climat de la Terre qui constituera une menace pour les générations futures. Tel était le message d’urgence fort des Nations Unies (ONU) après sa 73e réunion de haut niveau sur le climat et le développement durable en mars dernier. (…)

Les impacts générés par le changement climatique sont directs et indirects, et liés à l’activité humaine, selon les preuves scientifiques. Les écosystèmes naturels sont étroitement liés à cette activité.

Face à cela, plusieurs Etats et Administrations du monde entier ont déclaré l’Urgence Climatique, un total d’environ 800, chiffre en croissance continue depuis que la ville de Darebin, Australie, a déclaré en 2016 pour la première fois cet état d’Urgence Climatique.

Parallèlement à ces prises de position institutionnelles, divers mouvements sociaux et écologiques, les syndicats, les administrations et, bien sûr, l’économie sociale et solidaire (ESS) s’articulent et se mobilisent pour réaliser des actions d’impact qui contribuent au changement de paradigme nécessaire pour affronter cette urgence. L’appel à une grève contre le changement climatique du 27 septembre et les mobilisations prévues pour la semaine du 20 au 27 septembre en sont la preuve, et de nombreux mouvements et organisations travaillent pour faire de ces appels un succès.

Mais quelle signification cela a-t-il de déclarer l’urgence climatique? L’alerte que les mouvements sociaux et environnementaux du monde mettent à l’ordre du jour de l’agenda public a-t-elle la même stratégie pour mettre un terme au changement climatique ?Est-il possible de promouvoir la paix, la prospérité et les Objectifs de Développement Durable dans un monde capitaliste global, basé sur une croissance économique linéaire, qui ne prend pas en compte les limites de la planète ? Les Objectifs de Développement Durable favorisent-ils réellement une Economie Sociale, juste, équitable et démocratiquement radicale dans le monde ?

Une ESS pour la transition éco-sociale

Face à toutes ces questions, les entités qui promeuvent l’écologie au sein de l’économie sociale et solidaire ont leurs propositions. L’ESS fait partie de l’ensemble des économies en transformation qui sont érigées comme un modèle économique alternatif au modèle capitaliste dominant et qui donnent la priorité au bien-être des personnes et de leur environnement. Ils sont donc les plus aptes à apporter une solution efficace pour réduire les impacts socio-environnementaux que notre société a générés et qui sont à l’origine de la situation d’urgence climatique actuelle.

L’ESS comprend une grande variété d’initiatives qui développent une activité économique à partir d’une base collective avec une volonté claire de contribuer à la transformation de notre société, intégrant des critères sociaux et environnementaux dans ses valeurs, son organisation et ses activités.

Au sein de l’ESS, on trouve des formules aussi diverses que des coopératives, des fondations et même des associations, qui incorporent un certain niveau de professionnalisme. Ainsi, le lien avec les mouvements sociaux de base est très étroit, dans la mesure où certaines initiatives naissent de la main de personnes liées à ces mouvements, qui décident de faire un pas de plus pour la mise en œuvre de leurs revendications sociales et environnementales, la réalisation de projets ou services liés à ces revendications ou simplement le développement d’une activité économique avec une approche plus durable.

L’ESS est une pratique économique développée dans différents secteurs de l’économie, tels que : la communication, l’énergie, la mobilité, l’agroécologie, l’alimentation, la consommation, etc. Nombre de ces initiatives sont des exemples clairs de réussite, comme la coopérative de consommation d’énergie renouvelable Som Energia, dont le travail contribue à la lutte contre le changement climatique. Issue du monde universitaire et étroitement liée aux mouvements sociaux, elle compte 60 270 membres. C’est une expérience qui permet aussi de donner aux gens les moyens de consommer des sources d’énergie renouvelables et même de participer à la production d’énergie elle-même, soit dans des installations collectives, soit comme prosommateur.

L’ESS est donc l’occasion de construire des modèles socio-économiques qui contribuent à la transition vers la société post-carbone vers laquelle nous nous dirigeons. Mais il peut y avoir de nombreuses sociétés post-carbone et diverses transitions pour les atteindre. Nous avons besoin que cette transition écologique soit l’occasion de construire des sociétés plus justes, plus équitables et plus démocratiques. Et ce processus de transition doit être rapide, car nous avons peu de temps, et s’il n’est pas mené par l’économie sociale et solidaire et d’autres alternatives, les grandes entreprises le feront.

Mais l’économie sociale et solidaire est-elle prête ? Il est important que le tissu de l’ESS se pose cette question, et considère les transitions comme une grande opportunité pour accélérer et développer ces alternatives qui ont été cultivées depuis des années. Car si nous ne parvenons pas à construire cet espace nécessaire à partir de l’ESS, nous risquons de nous retrouver avec des scénarios indésirables, de plus en plus inégaux et avec une croissance des écofascismes.

Des défis à l’horizon

Nous avons plusieurs défis à relever pour renforcer l’ESS face à la situation d’urgence climatique. Nous devons faire de la transition écologique l’épine dorsale de nos stratégies de promotion et de renforcement de l’ESS, ce qui implique, par exemple, de donner la priorité aux secteurs stratégiques pour la transition.

D’autre part, nous devons orienter l’ESS vers sa croissance, afin de générer des alternatives larges et reproductibles qui peuvent concurrencer les grandes entreprises. De même, nous devons influencer le modèle éducatif et culturel, qui promeut l’individualisme, en encourageant la coopération et la solidarité, et approfondir les liens et les alliances qui peuvent être tissés entre les initiatives économiques transformatrices et les mouvements sociaux qui luttent pour les droits sociaux, l’environnement et les urgences climatiques.

Mais, en plus des actions de transformation quotidienne que nous apportons de l’ESS dans la poursuite de la décarbonisation de nos vies et de nos activités, le grand défi est d’extrapoler ces modèles opérationnels plus écologiques et démocratiques au reste de la société. Et nous devons commencer par les entités sociales, les coopératives et les entreprises de l’ESS elles-mêmes, qui n’ont pas encore intégré une vision plus écologique et plus respectueuse de l’environnement dans leurs activités. C’est d’ailleurs l’un des objectifs pour lesquels est née la Commission Ecologie de la XES (Xarxa d’Economia Solidaria de Catalunya) : “renforcer la dimension écologique de l’économie sociale et solidaire”.

Il y a encore un long chemin à parcourir avec tout l’univers de l’ESS et des mouvements climatiques et, comme nous le soulignons, il faut l’étendre à l’ensemble de la société, étant donné l’urgence du problème et la nécessité d’apporter des réponses à court terme aux urgences climatiques.

Dans ce processus, les prochains appels à la mobilisation pour la justice climatique afin de sensibiliser et de générer le changement de paradigme nécessaire pour passer à une société et une économie décarbonisées seront essentiels. Dans ces mobilisations, nous allons rassembler des entités et des personnes diverses, et les entités de l’Economie Sociale et Solidaire doivent jouer un rôle clé comme moteur de ce changement de paradigme global.

Par conséquent, nous assumons comme nôtre la déclaration d’urgence climatique (en espagnol), et nous appelons à une mobilisation active et une participation massive à la grève mondiale du 27 septembre prochain, ainsi qu’aux activités de cette première vague de mobilisations, prévues depuis le 20 septembre.

Parce que l’économie sociale et solidaire sera durable et équitable ou elle ne le sera pas.
Car ce n’est qu’avec un engagement ferme et clair en faveur d’une économie décarbonisée que nous pourrons voir le monde dans lequel nous voulons vivre.
Nous nous retrouverons sur la Vague !

Ressources de septembre 2019 (en collaboration avec socioeco.org)

Les effets potentiellement désastreux du réchauffement climatique obligent chacun de nous à se poser des questions sur les impacts de son mode de vie et du modèle économique que nous voulons voir mettre en oeuvre. Quels documents peut-on trouver sur le mot clé “réchauffement climatique” dans socioeco.org? Comme vous le verrez, l’alerte avait été donnée il y a longtemps.

Quelle place pour l’ESS dans la transition écologique?

Pour une transition sociale-écologique. Quelle solidarité face aux défis environnementaux ? Eloi Laurent, Philippe Pochet, Editions Les Petits Matins, Paris, France, novembre 2015

Petit Traité de résilience locale, Hugo Carton, Pablo Servigne, Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Editions Charles Léopold Mayer (ECLM), Paris, France, septembre 2015

Commerce équitable et justice climatique. Les Carnets de la Plateforme pour le Commerce equitable, avril 2010

La grande transition : maintenir le cap sur le changement social, économique et écologique en périodes de turbulence, Michael Lewis, Patrick Conaty, octobre 2009

The Great Transition: Navigating Social, Economic, Ecological Change in Turbulent Times, Michael Lewis, Patrick Conaty, October 2009

Europe in transition. Local communities leading the way to a low-carbon society. Eamon O’Hara, June 2013

Sharing for Survival. Restoring the Climate, the Commons and Society, Brian Davey, FEASTA, Ireland, April 2012

The Transition Companion Making Your Community More Resilient in Uncertain Times, Rob Hopkins, October 2011

Pratiques agricoles, alimentation et changement climatique

Les petits agriculteurs et l’agriculture à petite échelle refroidissent la planète, 2009, La Via Campesina

Video : L’agriculture biologique au Burkina Faso – La meilleure réponse aux effets du changement climatique, Anne Schiltz, December 2013

Alimentos y cambio climático: el eslabón olvidado, septiembre 2011, GRAIN

Cocinando el Planeta : Hechos, cifras y propuestas sobre cambio climatico y sistema alimentario global, Virginia Martínez, Ferrán García Edicion, octubre 2009 GRAIN

Eat the Sky: The Climate Crisis at the End of Your Fork., Anna Lappé, October 2008, NEI

Fifty Million Farmers, Twenty-Sixth Annual E. F. Schumacher Lectures October 2006, Richard Heinberg, 2006

Economies transformatices pour lutter contre le réchauffement

GUÍA La Nueva Economía como herramienta frente al cambio climático en las ciudades Diego Isabel La Moneda, Daniel Toro González, julio 2018

L’importance des politiques publiques

La contratacion publica sostenible, clave para alcanzar los compromisos del acuerdo de Paris, Articulo de ICLEI, 02/09/2016, septiembre 2016

Des positionnements

Posicionamiento político de organizaciones sociales de América Latina y el Caribe hacia la COP 21, diciembre 2015

La CLOC/Vía Campesina ante Conferencia Mundial de los Pueblos sobre el Cambio Climático y los Derechos de la Madre Tierra, marzo 2011

L’Agriculture Soutenue par la Communauté et le réchauffement climatique

Comment l’Économie Social Solidaire (ESS) contribue a lutter contre le réchauffement climatique? Judith Hitchman, Présidente d’Urgenci, nous explique le rôle de l’Agriculture Soutenue par la Communauté et ses avantages pour atténuer notre impact sur le climat.

Écrit par Judith Hitchman, Présidente d’Urgenci

Le réchauffement climatique, ou crise climatique comme on l’appelle maintenant plus justement, est l’éléphant dans la pièce. Tout le monde sait qu’il est là mais agit comme s’il était invisible. Pourtant, c’est la menace la plus mortelle pour l’humanité et la vie sur terre. En septembre prochain, plusieurs événements mondiaux importants se dérouleront, du Sommet sur l’Action pour le Climat à la grève mondiale pour le climat du 20 au 27 septembre.

Malheureusement, lorsque vous travaillez en profondeur sur les objectifs de développement durable (ODD) au niveau de l’ONU, vous réalisez rapidement qu’ils sont construits sur un modèle de croissance inhérent qui continue à exploiter plus de réserves planétaires et de combustibles fossiles que notre planète ou notre climat ne peuvent en supporter. Et que les indicateurs existants ne peuvent pas être modifiés. Mais cela ne devrait pas nous empêcher d’agir sur le terrain !

Pourtant, bien que nous ayons probablement atteint le point de basculement où les dommages causés à notre climat sont devenus irréversibles, nous pouvons encore faire beaucoup pour en atténuer les impacts. Et en effet, nous devons traiter ces questions aussi rapidement que possible, avec des cadres juridiques au niveau des États et des autorités locales. Placer la responsabilité sur les consommateurs individuels n’est pas et ne peut pas fournir plus qu’un pansement sur l’hémorragie du changement climatique galopant.

Examinons donc certains des aspects où il pourrait être possible d’avoir un impact petit mais significatif pour atténuer les problèmes brûlants. Et ils brûlent en ce moment, de l’Amazonie à l’Arctique….

Les avantages de l’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC)

L’agriculture paysanne, la petite agriculture familiale, la pêche artisanale et les pratiques indigènes se combinent en agroécologie pour nous fournir une science, une pratique et un mouvement social qui inclut l’économie solidaire. Cela a été reconnu par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans les 10 éléments de l’agroécologie. Et les chaînes alimentaires courtes/directes, en particulier l’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC), peuvent être placées en haut de la liste des relations entre les producteurs et les consommateurs pour construire des systèmes alimentaires territoriaux durables. Le modèle de l’ASC fonctionne sur la base d’un tandem de relations de solidarité directes et localisées entre les producteurs et les consommateurs, et repose sur le concept de partage des risques et des bénéfices.

En quoi l’ASC est-elle bénéfique pour le climat ? Tout d’abord, la pratique agro-écologique n’utilise aucun intrant chimique ou plastique (dans certains cas, ceci peut signifier une période de transition). Elle utilise des techniques telles que le paillage et les cultures de couverture ainsi que l’utilisation de fumier de bonne vieille école comme engrais. Et il est possible de lutter contre les insectes et les ravageurs par le biais de cultures d’accompagnement ou d’insecticides naturels produits à la ferme. Il n’y a donc pas de combustibles fossiles ni d’externalisation.

Il existe également un certain nombre de moyens de minimiser l’impact sur le sol, tels que l’absence de travail du sol ou l’utilisation de chevaux de trait pour labourer les champs. Encore une fois, il ne s’agit pas de combustibles fossiles. Dans le cas de la récolte, on fait aussi beaucoup à la main, comme dans le cas de Rupert Dunn, un merveilleux boulanger-paysan qui cultive ses propres céréales traditionnelles au Pays de Galles, et récolte les champs à la faux ! Dans la plupart des ASC, il y a aussi des journées agricoles où les membres de l’ASC viennent aider à la ferme. Mes petits-fils ont vite appris que ramasser des pommes de terre sur leur ASC était un travail difficile et éreintant. Ils ont maintenant une nouvelle idée du travail qui se fait dans la culture de la pomme de terre !

Comme le climat devient de plus en plus instable, il est essentiel d’utiliser des semences paysannes locales qui s’adaptent progressivement à ces changements. Elles ont de bien meilleures chances de résilience que les semences hybrides ou même les semences modifiées par la méthode de modification génétique GM- CRISPR vendues par les grandes sociétés semencières. Elles ont également une valeur nutritionnelle beaucoup plus élevée, à la fois sur le plan institutionnel et parce que le sol est sain, vivant et riche en micro-biomes. Ce qui mène à un micro-biome humain sain et à des gens en meilleure santé et plus heureux !

Sur le plan nutritionnel, le changement climatique est appelé à réduire sérieusement la valeur nutritionnelle des aliments. L’approche agro-écologique et l’arrivée rapide de la nourriture à la table permettent d’optimiser la valeur nutritionnelle. De nombreux légumes verts perdent 30% de leur valeur nutritive et des vitamines en particulier après les 3 premiers jours. Il est maintenant prouvé que les intrants chimiques (pesticides et fertilisants) causent plus de 20 % plus de cancers qu’un régime alimentaire composé d’aliments biologiques/agroécologiques. Imaginez donc si votre salade est cultivée dans le sud de l’Espagne, dans une ferme utilisant des intrants chimiques, et qu’elle a voyagé pendant plusieurs jours pour atteindre votre supermarché….

L’impacte de notre modèle actuel

La tendance mondiale est aussi le control de l’ensemble de la chaîne alimentaire par les entreprises alimentaires industrielles (les mêmes groupes que ceux qui possèdent les semences, les intrants, et les fermes possèdent aussi les entreprises de transformation alimentaire et les chaînes de supermarchés…). Malheureusement, les aliments transformés et les plats cuisinés  » bon marché « , riches en matières grasses et en sucre, sont largement achetés par de nombreux consommateurs. Dans bien des cas, les gens ont oublié comment cuisiner, s’ils ont su le faire, ce qui est la norme pour beaucoup de jeunes générations.

Cela représente un quadruple danger : la destruction de l’environnement et le changement climatique par l’agriculture industrielle ; le mythe d’une alimentation « bon marché » basée sur l’exploitation de la main-d’œuvre et le manque de contenu nutritionnel réel de l’aliment (le rapport calories contre nutrition est un grave problème mondial) ; l’utilisation excessive de combustibles fossiles dans la transformation, le transport et le conditionnement excessif. Et enfin, le coût des soins de santé excessifs liés à l’obésité et aux maladies non transmissibles liés à une alimentation malsaine.

Cet article ne serait pas complet sans une certaine mention du changement climatique et de la gestion de nos rivières et océans. Les apports excessifs de produits chimiques dans les grandes fermes industrielles conventionnelles et le déversement de purin ont créé une situation très toxique pour bon nombre de nos rivières par l’écoulement dans les cours d’eau et les rivières, puis dans les océans. Et cela contribue à son tour à l’acidification de nos océans. Et tout comme les grandes fermes industrielles produisent de la viande et des légumes de mauvaise qualité, la pêche industrielle détruit les océans. Les pêcheurs artisanaux peuvent fournir du poisson frais aux communautés locales, et il existe un nombre croissant de pêcheries soutenues par la Communauté qui fonctionnent de la même manière que l’Agriculture Soutenue par la Communauté. Urgenci travaille actuellement au développement de cette activité.

En termes de systèmes alimentaires territoriaux durables, et en particulier l’ASC, il y a aussi une faible empreinte carbone concernant la livraison des produits des fermes aux consommateurs. Les points de livraison se trouvent souvent dans les écoles ou dans un café du quartier, de sorte que les parents peuvent facilement y accéder sans avoir à utiliser leur voiture plus souvent qu’ils ne le feraient déjà. Il est tout aussi courant que plusieurs producteurs livrent au même point, ce qui permet aux consommateurs de faire un  » guichet unique  » tout comme au supermarché. Sauf qu’il est beaucoup plus convivial !

L’importance des terres communales

Il y a également une tendance vers la remunicipalisation et la relocalisation des marchés publics : le passage à la production alimentaire locale et à la préparation des repas scolaires et aux marchés publics écologiques est une tendance émergente forte dans de nombreuses villes. Il peut même faire appel à des Fiducies de terres communautaires ou utiliser les terres municipales locales pour cultiver les aliments. La question foncière est en effet l’un des enjeux majeurs aujourd’hui dans la construction de systèmes alimentaires territoriaux durables et de liens ruraux urbains garantis. Les ceintures vertes doivent être préservées pour garantir la poursuite de la production alimentaire et l’accès à la terre pour les jeunes producteurs doit également être facilité.

Les Fiducies de terres communautaires sont l’un des principaux moyens d’y parvenir, de même que les fermes d’incubation et les écoles de formation sur le terrain en agroécologie de paysan à paysan. Les autorités locales ont un rôle vital à jouer pour faciliter ces aspects. Il existe une bonne politique en ce qui concerne les Directives volontaires de la FAO sur la gouvernance et la tenure des terres, des forêts et des pêches, ainsi que les Directives volontaires pour une pêche durable à petite échelle. De même, il existe un nombre croissant de coopératives dirigées par des agriculteurs et des consommateurs, et de nombreuses manifestations différentes d’un mouvement croissant de relocalisation de nos systèmes alimentaires et de lutte contre le changement climatique. Ce changement s’inscrit clairement dans le droit fil de nombreuses valeurs de l’économie solidaire, implique généralement une gouvernance participative et implique de plus en plus les autorités locales à différents niveaux. Différents mécanismes existent pour garantir l’accessibilité financière des personnes socialement exclues.

L’engagement envers l’ASC consiste à apprendre à utiliser votre part hebdomadaire et à cuisiner un peu différemment que si vous faites une liste de courses et allez au supermarché, mais c’est une aventure collective et généralement un retour à la façon dont nos grands-parents ont mangé et cuisiné. L’agriculture et la pêche soutenues par la communauté sont de loin le modèle le plus engagé, et la lutte pour se réapproprier notre système alimentaire à travers la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation est au cœur du combat. Les droits humains sont indivisibles. Les droits de la Terre et le droit à une alimentation saine et nutritive sont étroitement liés et sont au cœur de notre lutte contre le changement climatique.

Alternatiba 2018 : nous sommes la dernière génération qui peut sauver la Planète

[Par Jason Nardi, Solidarius Italia – coordination de RIPESS Europe]

Sous la pluie battante, la ville de Bayonne (au Pays Basque français) n’en est pas moins belle et pleine de vie : le dimanche 7 octobre, le “Village des Alternatives” était partout dans la vieille ville, avec des centaines de personnes dans les rues et sur les places consacrées aux nombreuses pratiques “alternatives” existantes – dont la plupart sinon toutes relèvent de l’économie sociale solidaire – qui sont non seulement possibles mais qui sont de plus en plus utilisées par un public de plus en plus nombreux. Solutions collectives d’énergies renouvelables, mobilité partagée (le symbole d’Alternatiba est un tandem – et le tour à vélo qui a impliqué des milliers de personnes à travers la France, la Suisse et la Belgique a été un succès, il est arrivé à Bayonne le 6), production agroécologique alimentaire et distribution collaborative, la monnaie sociale Eusko (avec sa version papier et électronique) et la banque éthique, mais aussi le logement communautaire et coopératif, une forte présence éco-féministe (dans les rues et les débats) et une attention particulière à la crise migratoire, qu’entraîne l’actuelle économie dominante de ” croissance ” et le réchauffement climatique qu’elle engendre.

Ce dernier est le thème principal sous-jacent de ce Festival, lancé il y a 5 ans à Bayonne par le groupe de citoyens Bizi, plein de “gens normaux” et de jeunes, de familles, et bien sûr de militants – qui ont débattu ensemble avec un riche programme (ainsi que des événements culturels et artistiques). Si l’urgence d’un changement radical et systémique a été clairement perçue par tous les participant.es, l’atmosphère conviviale et festive a donné beaucoup d’espoir et d’énergie renouvelée. Sauver la planète n’est plus une option – le moment est venu de s’engager : “changer le système, pas le climat”.

Extrait de l’article Climat : 15 000 personnes à Bayonne pour la sortie du rapport 1,5 °C du GIEC

Plus de 15 000 personnes ont rejoint Bayonne ce week-end pour une importante mobilisation sur le climat. Les deux jours marqués par l’arrivée du Tour Alternatiba, un gigantesque village des alternatives, des conférences et une ambiance d’émulation populaire se sont conclus par un manifeste à engager dès à présent la métamorphose immédiate des territoires. Parmi elles, près de 200 personnalités, scientifiques, responsables politiques et associatifs, artistes, anciens ministres. En duplex depuis la Corée du Sud, Valérie Masson-Delmotte, membre du comité scientifique du GIEC, a donné au public rassemblé à Bayonne la primeur de l’adoption du rapport 1,5 °C et encouragé la poursuite des actions citoyennes comme le Tour Alternatiba.

A la veille de la sortie du rapport 1,5 °C du GIEC, Bayonne a permis de délivrer un message fort. Le manifeste final, lu par Gaby, jeune lycéenne de Poitiers et Moriba, jeune guinéen sauvé de la noyade par un bateau de secours maritime en traversant la Méditerranée, seize ans tous les deux, a lancé un vibrant appel à la métamorphose immédiate de nos territoires.

Avec près de 50 conférences (auxquelles ont participé 6263 personnes) sur des enjeux aussi fondamentaux que le bilan climat et transition énergétique du gouvernement actuel, les freins à la transition, la relocalisation de l’économie, le financement de la transition, les transports, les énergies renouvelables, la solidarité et la justice climat, ce week-end a également constitué un apport aux réflexions en cours. Des alternatives concrètes comme le fournisseur d’électricité 100 % renouvelable Enercoop ou l’eusko, déjà première monnaie locale d’Europe en volume de monnaie en circulation, qui a franchi ce même week-end le cap de 1 million d’euskos, ont démontré la possibilité qu’ont les alternatives à changer d’échelle.

Cette effervescence citoyenne à Bayonne reflète ce qui a été constaté sur les 4 mois du passage du Tour Alternatiba où au total plus de 77 000 personnes ont montré leur détermination à agir pour changer concrètement les choses. Sous des airs de grande fête populaire, Alternatiba 2018 a une fois de plus confirmé que l’enjeu crucial de la lutte contre le dérèglement climatique est non seulement un défi vital que des dizaines de milliers de citoyen.nes sont prêts à relever, mais également le socle pour des sociétés plus soutenables et désirables.

Texte du Manifeste ici.

Vidéos et photos ici.

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