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Une révolte de la pomme de terre commence en Suède en réponse au covid-19

Article d’un membre d’ECOLISE, Transition Sweden, mai 2020

Le 11 avril 2020, une poignée de citoyens de la ville de Söderhamn, dans le nord de la Suède, ont marché jusqu’à l’hôtel de ville pour exiger des mesures en matière de production alimentaire à la lumière de la crise Covid-19. Leurs actions ont déclenché des protestations similaires dans toute la Suède, rappelant la révolte de la pomme de terre d’il y a 103 ans. À la fin de la Première Guerre mondiale, quelque deux cents femmes de Söderhamn avaient déclenché un soulèvement alimentaire national le 11 avril 1917, en raison de la faim généralisée en Suède.

À Söderhamn, l’ONG locale Närjord, qui fait partie du Centre de transition du Norrland du Sud, a remis une liste de 22 demandes à la municipalité locale (voir ci-dessous). Alors que la révolte des pommes de terre de 1917 avait donné lieu à des rassemblements de masse le 1er mai de cette année-là, la révolte actuelle a trouvé d’autres moyens de manifester ce 1er mai, avec des foules éclair à travers le pays qui placent des seaux de pommes de terre et des affiches appelant à la révolte. Des images de groupes communautaires plantant des pommes de terre ensemble et manifestant avec des seaux à Malmö, Göteborg, Molkom et devant le Parlement à Stockholm ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Et le club de jardinage de Sävarådalen, près d’Umeå, a distribué des seaux de révolte de pommes de terre à dix villages pour diffuser le concept.

Les gens continuent de poster des photos de la Révolte des pommes de terre et de plus en plus de groupes communautaires locaux agissent au niveau local en plantant des pommes de terre ensemble, en demandant l’accès aux terres publiques et en impliquant davantage de résidents dans les efforts communs de sécurité alimentaire.

La liste des 22 demandes présentées à la municipalité de Söderhamn le 11 avril pour être mises en œuvre en mai-juin 2020 est la suivante :

1. La création immédiate de groupes de crise municipaux sur la sécurité alimentaire. 2. La mise à disposition de fonds d’urgence pour financer une plus grande autosuffisance, y compris une production alimentaire durable à long terme. 3. L’achat immédiat de semences et de plants à grande échelle 4. Que l’approvisionnement en engrais soit assuré 5. Que les autres intrants nécessaires soient garantis 6. Que les producteurs de denrées alimentaires existants soient soutenus par tous les moyens disponibles 7. Que tous les terrains disponibles soient immédiatement inventoriés et rendus utilisables 8. Que toutes les serres produisent des cultures comestibles en 2020 9. Qu’un grand nombre de petites serres soient achetées et prêtées à des citoyens de la société civile qui peuvent produire de la nourriture pour plusieurs personnes. 10. Que la municipalité lance la culture urbaine dans les endroits possibles 11. Que des “paquets de démarrage” pour la culture sur les balcons et autres lieux similaires soient proposés 12. Offrir des cours intensifs de culture de différentes plantes 13. Offrir des cours intensifs sur les emplois agricoles 14. Pour bloguer régulièrement avec des conseils partagés activement sur les médias sociaux 15. Collaborer avec les producteurs, grossistes et distributeurs locaux pour sécuriser la chaîne alimentaire 16. Pour contacter immédiatement le service de l’emploi pour un travail urgent 17. Étudier immédiatement les possibilités de stockage et de traitement 18. Examiner immédiatement les canaux de distribution, les chaînes de refroidissement, etc. 19. 19. Coordonner les possibilités de récolter davantage dans la forêt (herbes, baies, champignons, etc.) 20. Coopérer avec les clubs de chasseurs de la municipalité pour la chasse d’automne 21. Explorer d’autres possibilités de production alimentaire alternative 22. Commencez immédiatement votre propre production de semences des cultures légumières nécessaires

L’ONG Närjord a également exhorté les habitants de Söderhamn à écrire à la municipalité pour leur faire part de leurs préoccupations concernant la sécurité alimentaire, en demandant à la municipalité de remplir son obligation légale de disposer d’une capacité d’intervention en matière de sécurité alimentaire.

Anders Persson, de Närjord, avait calculé que chaque habitant a besoin de quelque 150 kg de pommes de terre par an et qu’à un prix moyen de 20 SEK/kg, toute personne de Söderhamn préoccupée par la situation alimentaire pourrait acheter une “part de pommes de terre” locale et biologique pour 3000 couronnes, soit environ 300 euros, que Närjord cultiverait et livrerait après la récolte de pommes de terre d’automne.

Enseigner l’ESS dans l’éducation et la formation professionnelle (EFP).

Dans le cadre du programme européen Erasmus + SSEVET2, sept membres du RIPESS Europe coopèrent pour que l’ESS soit intégrée dans l’ensemble des programmes de l’EFP en Europe.

Suite a la conception d’un module de formation de 8 jours construit collectivement entre formateurs européens à Bergame en Italie en octobre 2019, chacun des membres du projet avait pour mission d’organiser une expérimentation pilote de ce module sur un ou deux territoires de son pays entre mars et mai 2020.

Pour le Mouvement pour l’économie solidaire, j’ai donc organisé deux formations expérimentales avec deux groupes de cinq personnes sur Paris et Toulouse. Rattrapés par la crise du Covid 19 après seulement deux journées en présentiel, nous avons décidé de maintenir la formation en utilisant des outils de formation à distance..Ces outils de visioconférence et d’intelligence collective nous ont permis de réaliser ces deux formations en pleine période de confinement tout en renforçant le mode de travail coopératif entre les stagiaires.

L’objectif attendu était de tester auprès d’un groupe de professionnel de l’ESS ou de l’EFP, le programme élaboré collectivement à Bergame, afin de valider la pertinence de la démarche pédagogique et de confirmer que ce module permettait de renforcer les capacités des formateurs de l’EFP a intégrer l’économie sociale et solidaire dans leurs programmes de formation.

Plusieurs éléments confortent le module initial. on est parti de l’apport théorique pour amener les formateurs à élaborer par eux-mêmes et collectivement durant la formation une définition partagée de l’ESS et de l’EFP. L’utilisation de méthodes de travail collaboratives a permis que les contributions individuelles des stagiaires et du formateur fusionnent dans la construction collective grâce notamment à l’apport des outils informatiques : espace partagé ( Wiki, Moodle), prise de notes collectives (pad) , élaboration de tableau en commun (google sheet), construction partagée d’une bibliothèque documentaire numérique ( Zotero)…

Ainsi les résultats issus de la formation sont une production commune dont la responsabilité incombe au groupe pris dans sa totalité. La méthode de formation plutôt transversale et solidaire, implique interactivité, motivation et confiance interpersonnelle entre tous les membres du groupe et le formateur agit comme un animateur, un catalyseur et non comme le seul sachant.

Un des enjeux de notre programme est d’appréhender collectivement ce que sont les compétences spécifiques mises en œuvre dans l’ESS et de comprendre comment ces compétences peuvent se transmettre aux stagiaires de l’EFP mais surtout en quoi elles seront un atout pour leur futur intégration professionnelle. Le processus de la formation-action et le croisement entre réflexion théorique et immersion dans des visites d’initiatives de terrain est un des leviers de cette appropriation collective, un autre est l’apprentissage des méthodes d’animation coopératives.

N’ayant pu réaliser l’ensemble des visites initialement prévues nous avons pu enrichir notre réflexion en invitant dans notre espace collaboratif deux professeurs universitaires, Gilles Caire et Sandrine Rosbapé, qui en venant abonder notre réflexion collective de leurs recherches nous ont offert de nouvelles perspectives de diffusion de nos travaux. Enfin ces deux expérimentations ont été le démarrage de la construction d’une communauté apprenante qui va perdurer et se développer dans la suite de notre projet.

Un bilan positif pour ces deux expérimentations qui nous permettent de valider une proposition de module enrichi et que nous nous réjouissons de faire remonter au groupe de formateurs européens.

Bruno Lasnier, Formateur SSEVET2

Financement participatif : De l’eau pour le Rojava

Article de la Solidarity Economy Association (SEA), Oxford, Angleterre, mai 2020

Dans la région du nord-est de la Syrie, également connue sous son nom kurde de Rojava, un système d’auto-administration démocratique a été mis en place depuis 2012 – un système basé sur la démocratie de base, l’écologie et la liberté des femmes, dans lequel toutes les différentes communautés ethniques et religieuses peuvent vivre ensemble selon leurs propres conditions, grâce à l’autonomie, l’autodétermination et l’égalité.

Le système repose sur des assemblées et des conseils de quartier, avec au cœur des principes d’écologie et de libération des sexes , et des valeurs de pluralisme ethnique et religieux dans l’ensemble. Les femmes sont au premier plan de ce mouvement.

Mais aujourd’hui, le Rojava est confronté à de grandes menaces : Guerre, embargo, pénurie d’eau

Lorsque la révolution du Rojava a commencé, le niveau des eaux souterraines était très bas, principalement en raison de la monoculture industrielle organisée par le régime syrien au cours des quatre dernières décennies, ainsi que de la baisse des précipitations due à la crise climatique mondiale.

En 2015, la Turquie a commencé à utiliser l’eau comme une arme contre le Rojava en retenant l’eau des rivières qui coulent de la Turquie vers la Syrie à travers les barrages qu’elle a construits au cours des vingt dernières années. (…)

Cette situation est fortement exacerbée par la menace de Covid-19. En temps de pandémie, l’accès à l’eau est plus vital que jamais.

“Au milieu d’une pandémie mondiale qui surcharge les systèmes de gouvernance et d’infrastructure sophistiqués, les autorités turques ont coupé l’approvisionnement en eau des régions les plus touchées en Syrie”, a déclaré Michael Page, directeur adjoint pour le Moyen-Orient de Human Rights Watch. “Les autorités turques devraient faire tout leur possible pour reprendre immédiatement l’approvisionnement de ces communautés”.

Maintenant, les habitants de Rojava ont besoin de votre aide. Nous voulons récolter 100 000 livres sterling pour les infrastructures vitales de l’eau dans le nord-est de la Syrie.

Une petite fondation privée du Royaume-Uni qui a déjà soutenu des projets dans la région a accepté une offre de financement de contrepartie pour lancer le projet. Elle fera un don d’une livre pour chaque livre des 50 000 premiers euros collectés. Cela signifie que nous n’avons besoin que de 50 000 £ pour atteindre l’objectif de 100 000 £ !

Le fonds aidera les coopératives de femmes et les municipalités locales démocratiques du Rojava à réaliser des projets tels que la réparation des infrastructures endommagées par les bombardements, le creusement de puits et la construction de pompes à eau pour les camps de réfugiés, ainsi que le financement de projets à long terme tels que les systèmes d’irrigation des fermes coopératives et les initiatives de nettoyage des rivières.
Malgré la guerre en cours, les habitants du Rojava continuent de vivre en coopératives, reconstruisant leur vie, leur écologie et leur économie.

Vous pouvez contribuer à soutenir ces efforts. Faites connaître cette campagne à d’autres personnes et donnez ce que vous pouvez.

L’eau n’est pas une arme. Av jîyan e – L’eau, c’est la vie !
Qui sommes-nous ?

L’Association d’économie solidaire travaille en collaboration avec Aborîya Jin (économie féminine) dans le nord-est de la Syrie, l’ONG à but non lucratif Un Ponte Per (Italie), l’organisation caritative Heyva Sor a Kurdistanê (Croissant-Rouge kurde), Roots for Change (Suisse) et la campagne Save the Tigris.

Voir la suite de l’article ici. (en anglais)

Et si le coronavirus contribuait à la diffusion de l’économie solidaire ?
?

Article de Valori.it, (en italien) 25/4/2020

Diego Moratti (Réseau de l’économie solidaire) : le verrouillage a imposé de repenser les habitudes. Nombreux sont ceux et celles qui s’approchent du monde de la consommation critique. Une opportunité à exploiter
Par Corrado Fontana

Avec une pandémie de coronavirus toujours en cours, nous essayons de recueillir les signes d’une issue positive. Et le monde de l’économie solidaire, celui des gruppi d’acquisto (GAS) et des circuits courts, des relations entre consommateurs critiques et petits producteurs, de l’alimentation saine et du juste prix, dévoile une agréable vérité : il a jusqu’ici bien répondu aux difficultés. Et ce n’est pas tout. L’économie solidaire a renforcé la certitude que certaines bonnes pratiques bien établies peuvent remporter la victoire sur le modèle de l’agriculture intensive. De plus, grâce aux restrictions de verrouillage, le nombre de consommateurs intéressés par des modes d’achat “alternatifs” augmente.
“De nombreuses habitudes quotidiennes ont été obligatoirement modifiées à cause du virus, avec le potentiel qui en découle d’enraciner – ou de repartir de zéro – l’affirmation de pratiques plus durables” confirme Diego Moratti, membre du conseil national du nouveau Réseau italien d’économie solidaire (sa naissance en tant que RIES a été officialisée juste avant le déclenchement de l’épidémie). “De telles pratiques, si elles sont intégrées et additionnées, peuvent affecter et provoquer un changement social et économique efficace”.

Cette crise pourrait-elle donc devenir un tournant décisif ?

C’est exactement ce qui est apparu au moment de la création du nouveau RIES, le mercredi 22 mars 2020. Nous avons interrogé plus de 70 représentants de toute l’Italie : il y a eu une forte convergence sur la valeur de l’opportunité historique à laquelle nous sommes confrontés.

Quelle contribution les réalités de l’économie solidaire peuvent-elles concrètement apporter pour relancer le secteur agricole après la crise du coronavirus ?
“Nous avons activé les relations avec d’autres réseaux de producteurs et avec les acteurs impliqués dans la défense de l’agriculture paysanne dans le sens de l’agroécologie : le premier objectif était de proposer aux députés les plus sensibles la reconnaissance éventuelle de nos systèmes de production et de distribution d’aliments de qualité dans des décrets gouvernementaux émis progressivement. Le second objectif est maintenant de rechercher des lignes d’intervention unifiées pour le post-virus dans une période de crise économique de moyenne-longue durée, la plus grave de ces 100 dernières années (c’est-à-dire depuis ’29)”.

Quel rôle l’économie solidaire joue-t-elle dans la production durable de denrées alimentaires, dans la transition vers l’agriculture biologique, dans les processus d’inclusion sociale ?

“Les réalités de l’économie solidaire visent principalement un marché “intérieur” et une demande “consciente”, qui connaît les producteurs et les choisit pour une série de raisons (pas tant pour une prétendue commodité ou un confort de supermarché). Pour ces raisons (durabilité environnementale, inclusion sociale, formes coopératives), le consommateur décide d’être “solidaire” avec le producteur.

Ce concept central, même en temps de crise économique, peut permettre de “maintenir” le soutien à la partie de l’agriculture durable – biologique, inclusion sociale – qui s’appuie sur nos GAS, les marchés des petits producteurs et des pratiques similaires. À condition que ces activités soient autorisées en termes juridiques et de sécurité dans les différents décrets d’urgence”.

L’économie civile est flexible et résistante. Dans cette crise, les RIES et les GAS ont-ils confirmé des caractéristiques similaires ?

“Une réunion à distance organisée par le RIES fin mars avec une centaine de participants, pour la plupart des “experts de GAS”, a révélé des réponses “créatives” des chaînes locales de production et de distribution d’aliments authentiques par rapport aux réglementations contenues dans les décrets gouvernementaux. Ces derniers ont imposé des contraintes à nos systèmes de relations, au profit de la grande distribution. Nous avons tiré le meilleur parti de ces expériences, en fournissant aux personnes en difficulté une série de matériels pour faciliter la reconnaissance, même formelle, par les maires et les préfets des activités des GAS ou des petit.es producteurs.trices qui ont proposé de faire des livraisons à domicile.
Après un premier revers, de nombreuses centrales d’achat se sont remises sur les rails en réinventant les moyens de s’approvisionner en produits, de les stocker et de les livrer aux familles. Par exemple, des GAS dans des copropriétés ont été proposés et de nouveaux espaces de tri des marchandises ont été aménagés pour maintenir la distance sociale.

D’autres réalités ont développé des plateformes de commandes en ligne ou par téléphone ou ont rejoint les circuits d’aide sociale des différentes municipalités, d’information et de livraison de la protection civile locale ou des groupes de volontaires nés pour l’urgence. En d’autres termes, la résilience et la flexibilité sont des qualités typiques de ces circuits d’approvisionnement alternatifs”.

Parviendrez-vous également à faire repenser le modèle agricole actuel dans un sens plus durable ?

“Tous les acteurs et actrices du Réseau italien de l’économie solidaire – les GAS, les organisations de commerce équitable et de finance éthique – sont conscient.es que les changements considérables dans les habitudes des gens, même s’ils sont forcés, donnent une occasion exceptionnelle de réfléchir à la mesure dans laquelle notre consommation, y compris alimentaire, a un impact sur l’agriculture, l’environnement et l’économie en général.

Nous sommes certains que le modèle de l’économie solidaire répond à de nombreux problèmes critiques que le système de l’agro-industrialisme et la dépersonnalisation des relations économiques ont poussés à l’extrême. Je pense en particulier à la durabilité environnementale et à la pollution. La crise provoquée par la pandémie peut donc être utilisée pour diffuser nos bonnes pratiques. À condition qu’ils puissent être saisis et reconnus par les citoyen.nes et les institutions comme un modèle meilleur et préférable, alternatif et concrètement activé”.

Campagne : Pour une économie sans virus

Article du portail Economía Solidaria, REAS, mai 2020

Cette nouvelle crise, qui rend à nouveau visibles les défauts et les défaillances du système économique actuel, remet en débat le modèle économique, social et politique que nous voulons. Il est donc temps de rendre visibles les contributions de l’économie solidaire ainsi que d’autres économies en transformation et mouvements sociaux et de s’engager fermement dans d’autres cadres et logiques plus justes, plus solidaires et plus durables.

Avec cet objectif, REAS Red de redes lance la campagne #PorUnaEconomíaSinVirus ‘Pour une économie sans virus) où à travers la publication simultanée de 6 articles dans différents médias, elle cherche à mettre en avant les propositions et les contributions de l’Economie Solidaire et d’autres courants et mouvements transformateurs tels que l’écologie sociale ou les féminismes, et à montrer aux citoyens une fois de plus qu’il est temps de s’engager de manière décisive dans la construction de nouveaux cadres économiques, politiques et sociaux plus justes, plus solidaires et plus durables.

Cette campagne comporte des textes de personnes de référence dont les réflexions et les contributions sont extrêmement utiles en ce moment de crise systémique. Pour commencer, nous avons le privilège de bénéficier de la collaboration de l’économiste argentin, José Luis Coraggio, l’un des pionniers du mouvement de l’économie solidaire, qui nous montre les scénarios possibles qui peuvent s’ouvrir à nous dans les prochains mois, selon que l’on continue à miser sur le modèle actuel où le marché est au-dessus de toute autre considération ou si, au contraire, “au lieu d’un marché omniprésent et individualisant, il repose sur un réseau complexe de communautés territoriales, avec une relative autarcie économique et une autonomie politique”.

Nous continuons à approfondir les initiatives de solidarité qui sont générées pour répondre aux multiples besoins qui se font jour dans cette pandémie, conformément au Guide des initiatives que nous avons promu il y a quelques semaines et qui a dépassé la centaine d’initiatives. Avec l’aide de Genoveva López et de Carlos Rey, nous aborderons quelques-unes des initiatives les plus représentatives.

Nous avons interviewé Amaia P. Orozco et sa collègue de la Colectiva XXK Silvia Piris, ainsi qu’Álvaro Porro, du comisionado à l’économie sociale, au développement local et à la consommation de la mairie de Barcelone, des personnes du réseau partageant les mêmes idées, pour continuer à révéler ensemble les failles du système actuel et trouver des pistes pour cette nécessaire transition, grâce à Blanca Crespo.

Jordi Garcia, à l’origine de la proposition du Marché Social, nous invite à continuer à explorer les propositions et les outils de l’économie solidaire, à profiter de la maturité et de la trajectoire du réseau et du mouvement généré au cours de ces 25 années, ainsi que de l’opportunité que nous offrent ces moments de crise pour nous projeter comme la voie de sortie dans une “période décisive pour l’histoire de l’humanité”.

Et pour ce faire, pour sortir de cette “triple pandémie (sanitaire, économique et de soins) provoquée par la COVID-19” et qui, “a brisé le modèle actuel en mettant en évidence les déficiences qui existaient dans la mise à disposition des ressources publiques pour les services de base comme la santé, ainsi que la fragilité du système de soins et la précarisation d’une grande partie du tissu économique”, Sandra Salsón et María Atienza nous montrent quelles devraient être les propositions de politiques publiques du point de vue et des apports de l’Economie Solidaire.

Enfin, de la main de la Confluence féministe, produit du processus d’articulation du Forum social mondial des économies en transformation, nous entrons dans la lecture de la crise d’un point de vue féministe, en mettant en évidence les contradictions du système en temps de pandémie et avant celle-ci, ainsi qu’en esquissant les éléments d’un programme de transformation pour une économie pour la vie.

Cette série de textes sera ensuite rassemblée dans une publication numérique adressée à la base sociale de REAS Red de redes dans le cadre de son 25e anniversaire.

Les 20 ans de Cresaçor

20 ans à promouvoir des idées, à réaliser des souhaits, à construire l’avenir.

Des années de défis, d’innovation et d’entrepreneuriat social, avec de nombreuses initiatives et projets qui ont semé des graines, se sont accrochés à la terre, ont fleuri et ont porté leurs fruits.

Le présent est incertain et nous ne pouvons pas décevoir ceux qui comptent sur nous.

Le CRESAÇOR continue, fermement, à s’engager dans sa mission, au service de ses coopérateurs, des personnes et de la région. Déterminé, à se battre, à se réinventer, à créer de nouvelles dynamiques et de nouvelles méthodes de travail, engagé à contribuer et à faire la différence, avec un désir de normalité et un rêve d’avenir.

MERCI de croire au mouvement de l’économie solidaire aux Açores.

Voir ici le teaser “20 anos CRESAÇOR” https://youtu.be/ht5CPUOsKWE

La crise du covid-19 touche les petits agriculteurs grecs. Une campagne pour unir producteurs et consommateurs au niveau local !

Rapport de Jenny Gkiougki, Présidente de Agroecopolis – Le Réseau hellénique pour l’agroécologie, la souveraineté alimentaire et l’accès à la terre

La Grèce connaît un faible taux de mortalité liée au corona, mais les mesures imposées sont arrivées tôt et ont été aussi sévères que dans d’autres pays plus touchés, mettant à rude épreuve une société et une économie en ruine en raison de la crise économique actuelle. Dans un geste compréhensible visant à protéger un système national de santé déjà affaibli, le 27 février, au lendemain du diagnostic du premier cas de Covid-19 à Thessalonique, toutes les célébrations du carnaval ont été annulées partout. Le 11 mars, les écoles ont fermé et deux jours plus tard, la Grèce a limité les déplacements non essentiels et a fermé les cafés, les restaurants, les bibliothèques, les musées, etc. Du 23/3 au 4/5 (soit 40 jours de “quarantaine”), le pays a été strictement verrouillé, les citoyen.nes n’étant autorisé.es à sortir que pour un temps limité et pour une série de raisons spécifiques, et devant notifier leurs déplacements par SMS.

Les petits agriculteurs/agricultrices agroécologiques ont été très durement touchés par COVID-19. En raison des restrictions strictes de mouvement et de la fermeture provisoire de nombreuses entreprises, des lieux tels que les petits restaurants, les hôtels et les marchés de producteurs sont soudainement devenus inaccessibles pour la plupart d’entre eux/elles – qui ne reçoivent ni subventions ni compensations et dépendent d’une chaîne d’approvisionnement courte pour leur survie. Cette situation est critique, non seulement pour leur subsistance, mais aussi pour la poursuite de l’agriculture familiale en Grèce. Les agriculteurs et agricultrices de CSA (Agriculture Appuyée par la Communauté), qui opèrent généralement à une échelle plus locale, ont également rencontré des difficultés car, dans de nombreux cas, ils n’étaient pas autorisés à se déplacer et devaient recourir aux services de sociétés de livraison déjà débordées, ce qui augmentait les coûts et diminuait la qualité de leurs produits. En outre, jusqu’à présent, la plupart des programmes de CSA dans le pays sont informels, il n’y a pas de “contrat” signé entre les deux parties, et il n’existe pas d’association nationale officielle pour promouvoir ou défendre leurs intérêts.

Les restrictions de mouvement ont permis de mettre en évidence de nombreuses pathologies sous-jacentes liées au secteur agricole et à la production alimentaire en Grèce, mais aussi de montrer comment les systèmes alimentaires mondialisés sur lesquels nous comptons peuvent s’effondrer et comment les solutions les plus efficaces pour la sécurité alimentaire, sans parler de la souveraineté alimentaire, doivent être basées sur les fondements de l’agroécologie et du local. Les consommateurs et consommatrices ont soudain été confronté.es à une nouvelle réalité : l’endroit où la majorité d’entre eux/elles se procurent leur nourriture (les supermarchés) n’est plus sûr, et les aliments achetés là-bas devront être lavés au savon afin d’éliminer la possibilité d’être infectés. La problématique d’un système alimentaire truffé d’intermédiaires se manifeste à nouveau, non pas en termes d’accumulation de profits, mais en termes de mise en danger de la santé publique.

AgroecopolisLe Réseau hellénique pour l’agroécologie, la souveraineté alimentaire et l’accès à la terre (AEP) a organisé à la mi-mars une réunion électronique avec des petits producteurs et productrices de tout le pays ; avec des représentant.es d’associations de producteurs biologiques, des membres des réseaux EcoFest et des agriculteurs et agricultrices individuel.les, afin d’évaluer la situation et de décider d’une action collective, en assemblée. Comme réponse urgente et immédiate, il a été décidé de mener une campagne nationale sur les médias numériques et sociaux pour promouvoir les liens directs locaux entre producteurs et consommateurs dans tout le pays.

En quelques jours, un groupe d’activistes de l’alimentation sans gain personnel direct, sous la coordination d’Agroecopolis, a commencé à développer la campagne et a même pu créer une courte vidéo promotionnelle tout en étant incapable de tourner de nouvelles séquences ! Nous nous sommes tous rassemblé.es parce que nous réalisons l’importance de soutenir nos agriculteurs et agricultrices ; maintenant plus que jamais ! À l’improviste, sans aucun accès aux ressources ni organisation préalable, dans une période d’incertitude extrême, nous avons pu organiser quatre groupes différents, travaillant sur certains aspects de la campagne, notamment la création de contenu, la diffusion, la liaison avec les producteurs et l’organisation du “matchmaking” final.

Le message principal de la campagne est le suivant : #Soutenez la petite production alimentaire locale# Nous restons dans nos champs et répondons aux besoins de votre foyer. Nous voulons atteindre un public beaucoup plus large que les “récepteurs et réceptrices habituel.les” des actions similaires organisées par les éco-activistes et les bio-agriculteurs dans le passé. Nous nous adressons aux “personnes en quarantaine” du coronavirus : les consommateurs et consommatrices vivant en milieu urbain (des grandes villes aux petites villes), qui sont maintenant préoccupé.es par la sécurité dans les grands magasins bondés, qui veulent manger sainement et qui souhaitent protéger leur famille et subvenir à ses besoins en période d’incertitude. La campagne se déroulera jusqu’en juillet, chaque semaine étant consacrée à un aspect différent : pourquoi il est important de manger localement ; pourquoi l’agroécologie est la solution ; présentation de profils de producteurs et productrices des différentes régions, etc.

Comme il s’agit d’une question urgente, et non d’une campagne planifiée, il est assez délicat d’organiser les ressources et de créer un modèle qui fonctionne, immédiatement ! Notre premier objectif est de veiller à ce que “pas une feuille de plus ne pourrisse sans avoir été cueillie dans un champ”. En s’inspirant des principes de l’agriculture soutenue par la communauté (CSA) et de Reko (l’alternative finlandaise), les consommateurs et consommatrices intéressé.es d’une localité et les producteurs et productrices choisi.es (des bénévoles expérimentés ont créé un “système de contrôle” pour s’assurer qu’ils et elles respectent les mêmes principes que nous) sont réuni.es dans des groupes Facebook, où nos bénévoles créent chaque groupe, initient l’interaction et surveillent les premiers pas jusqu’à ce que les membres prennent le relais et s’organisent eux-mêmes. L’idée est de promouvoir l’autogestion des besoins et la mobilisation des citoyen.nes au niveau local, créant ainsi les conditions d’une autonomie et d’une souveraineté alimentaire plus importantes au niveau local. Nous avons des équipes de bénévoles qui travaillent à la création de contenu et à la diffusion de la campagne afin qu’elle suscite des réactions de la part des consommateurs dans toute la Grèce, et nous avons l’intention de créer des groupes dans chaque grande ville, dans chaque préfecture, d’ici la fin juin, pour nous assurer que tous ces petits agriculteurs et agricultrices sont soutenus par des réseaux de consommateurs.

Au cours des quatre premiers jours de mise en œuvre, nous avons reçu plus de 400 réponses de consommateurs et consommatrices et l’objectif est maintenant de s’assurer que nous pouvons faire correspondre la demande à l’offre.

Ce projet a débuté comme une réponse immédiate et urgente au fait que les petits producteurs et productrices de produits biologiques partout en Grèce rencontrent des difficultés d’accès aux marchés en raison des restrictions liées au virus Il vise à mettre en relation, au niveau local et direct, les producteurs et les consommateurs dans toutes les préfectures du pays, afin d’assurer leur viabilité. Mais il servira également de terrain fertile pour la création de réseaux de systèmes de garantie participative (PGS) et d’agriculture soutenue par la communauté (CSA) qui renforceront encore le mouvement pour la souveraineté alimentaire au niveau national – une nécessité dans les temps incertains qui s’annoncent, dans un pays qui a déjà été épuisé par la crise économique actuelle, qui dure depuis dix ans.

Pour plus d’informations, ou pour rejoindre la campagne, visitez le site https://www.agroecopolis.org/covid-19/ (uniquement en grec)

MANIFESTE D’APRES

Et si le “retour à la normalité” s’accompagnait de véritables changements pour l’environnement, l’Humain et la société ?


Le Manifeste d’Après regroupe des propositions d’actions politiques et concrètes pour faire de la transition écologique et sociale notre boussole de sortie de crise !

Complémentaire à l’Appel du 4 mai, ce manifeste propose des solutions concrètes pour un futur durable.

> Consultez le Manifeste <

Constats

Cette crise sanitaire est une opportunité
Covid-19, la crise de trop d’une société déjà malade La simple relance de l’économie d’Avant est exclue L’État doit accroître son rôle de régulation
La dette comme réponse à cette crise n’est pas viable La poursuite du seul profit financier est insoutenable

OBJECTIFS

Construisons une économie de la sobriété solidaire
Mutualisons, coopérons
Privilégions les circuits courts et l’économie régionale
Travaillons autrement, gouvernons nos organisations autrement
Réapproprions-nous notre temps, nos vies, notre santé et nos capacités citoyennes Développons une politique des « communs » pour couvrir nos besoins essentiels Développons une Genève internationale comme une cheffe d’orchestre de la durabilité, et des équilibres globaux et locaux

PROPOSITIONS

  • La transition écologique, sociale et solidaire comme boussole de sortie de crise
  • La création d’un fonds et d’un réseau de compétences comme pilotes de la transition
  • Les aides publiques liées à cette crise comme leviers de l’économie de demain
  • Des financements innovants comme alternatives aux dettes privées et publiques « classiques » Notre épargne comme moteur de notre économie
  • La monnaie Léman comme stimulateur des échanges locaux
  • Une plateforme sécurisée des circuits courts comme alternative aux géants de la mondialisation comme Amazon
  • La Coopération et la Mutualisation comme modèles de développement
  • Les quartiers comme unités de vie et de base pour la transition
  • L’information indépendante comme garante de la construction de notre libre-arbitre
  • La Culture comme expression de la créativité et catalyseur de futurs durables
  • Les réseaux de l’économie sociale et solidaire comme réseaux de la transition
  • Prendre la bonne sortie de crise
Message de notre membre “Fair & Bio Cooperative” en République tchèque

Fair & Bio Roastery se joint à la vague de solidarité ! Malgré le confinement national (avec des cafés, des restaurants, des marchés en plein air, des traiteurs, la plupart des bureaux, etc. fermés), nous continuons à fonctionner grâce à nos clients qui achètent en ligne dans tout le pays. Les gens se soucient du commerce équitable et de la production biologique, des petits moyens de subsistance et des entreprises, que ce soit ici en République tchèque ou à l’étranger, et manifestent leur solidarité en achetant de tels produits – dont l’origine est claire et qui sont produits dans des conditions de travail décentes et dans le respect de notre planète.

Unir nos forces pour une stratégie commune

L’économie solidaire pour un changement social, environnemental et économique radical pendant et après la crise pandémique. Coordonnons-nous pour donner de l’efficacité et du concret à nos voix !

Le Réseau italien pour l’économie solidaire (RIES), un organisme unitaire représentant des réalités, des associations et des coopératives de toute l’Italie qui travaillent pour le changement vers une société et une économie justes, solidaires et durables, estime que la situation actuelle de grave crise sanitaire et économique est en même temps une occasion extraordinaire : – de repenser les modes de vie et de consommation – pour une reconnaissance dans les faits de l’énorme valeur sociale des pratiques de l’économie alternative. Ces dernières semaines, de nouveaux fonctionnements ont été activés dans les territoires, allant de la logistique des solidarités aux réseaux de coordination entre les petits producteurs agricoles et les groupements d’achats solidaires (GAS), en passant par des initiatives concrètes et “visibles” en faveur des segments les plus fragiles de la population.

Le 23 mars, le RIES a organisé une réunion à distance avec plus de 90 participants de toute l’Italie qui a permis de comparer les difficultés et les solutions avec lesquelles de nombreux GAS et autres réalités similaires ont dû faire face aux conséquences sur leurs systèmes d’échanges dues à l’état d’urgence et aux limitations dans les déplacements. Afin de faciliter et de protéger la continuité de ces expériences, face à des décrets qui ne les favorisent certes pas, nous avons préparé quelques documents que les GAS et les structures de logistique solidaire peuvent utiliser pour fonctionner dans le respect des dispositions en vigueur :

  • une lettre destinée aux préfectures sur les méthodes actuelles d’achats des GAS à leurs propres producteurs, expliquant la nature des GAS et leurs activités, pour laquelle la demande d’autorisation est renouvelée;
  • un modèle d’auto-certification pour les membres des GAS pour qu’ils et elles puissent retirer leurs commandes (dans les lieux de distribution) ;
  • un modèle d’auto-certification pour la ou les entités responsables de la distribution aux GAS.

Dès maintenant, unissons nos forces pour une stratégie commune !
Des appels très forts et partagés sont lancés par un certain nombre de personnes proches de nous. Dans le sillage d’une volonté prioritaire d’écoute et d’approfondissement des réflexions élaborées dans cette nouvelle situation, chacune ayant sa spécificité et chacune dans ses domaines d’activité, nous entendons, en tant que RIES, interpréter au mieux notre rôle spécifique. Nous proposons donc de mettre en place un forum de discussion dans lequel TOUS et TOUTES ensemble nous pourrons réfléchir à la manière dont nous pouvons unir nos forces dans une stratégie commune qui sera non seulement efficace vis-à-vis de nos mondes, mais qui pourra aussi élargir l’audience à la majorité de la population.

De la même manière, nous souhaitons unir nos voix pour promouvoir une communication publique vigoureuse qui puisse atteindre les institutions à tous les niveaux et impliquer également le monde varié des réalités économiques et sociales les plus touchées par les conséquences de mesures restrictives prolongées. L’invitation s’adresse à la fois aux membres du RIES et à tous les réseaux et organisations actifs et participant à la volonté émergente de changement social, en essayant de tirer parti des nombreuses pratiques et valeurs qui nous unissent, plutôt que des différences qui nous caractérisent, pour les considérer dans tous les cas comme une richesse.

Le conseil d’administration du RIES – Réseau italien de l’économie solidaire
www.economiasolidale.net

Communiqué RIES – Rete Italiana Economia Solidale

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