Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in comments
Search in excerpt
Search in posts
Search in pages
Search in groups
Search in users
Search in forums
Filter by Categories
450
582
597
598
93
Actu
Actu
AG2016 ateliers
AG2017
AG2019
AG2019
Assemblée Génerale
Campagne
Convergence
cooperation
Edito
Editorial
Education et recherche
Etat de l'art
Europe
Evénément
Events
Featured
Formation
GA2018
International
International @fr
Mediterranée
Membres
nc
Newsletter
Point de vue
Politiques publiques
Politiques publiques
Ressources
Solikon2015
UniverSSE2017
Video @fr
Réunion nationale CSA en Norvège

Article de Urgenci, Par Alexandra Devik, Organic Norway

(Photo de couverture : Travail de groupe, discussion des stratégies de communication dans les CSA norvégiens. Crédit photo : Organic Norway)

Le mouvement CSA en Norvège s’accroît d’année en année. En décembre 2019, il y avait 82 CSA actifs dans le pays. Étant donné que la Norvège est un petit pays qui ne compte qu’environ 5,3 millions d’habitants et qu’environ 3 % de la superficie du pays est adaptée à l’agriculture, le nombre de CSA est relativement élevé par rapport aux pays voisins. Chaque année, le réseau informel se réunit pour obtenir les dernières informations sur le modèle CSA en Norvège et pour apprendre et s’inspirer des meilleures pratiques des uns et des autres.

Réunion annuelle le 15 novembre à Oslo

L’événement le plus important pour les CSA en Norvège est la réunion nationale organisée par Organic Norway, qui coordonne le réseau informel des CSA. Au total, 60 personnes ont été réunies pour s’inspirer, se tenir au courant, acquérir de nouvelles connaissances et créer des réseaux. Au total, 21 CSA étaient représentés, souvent avec 2 ou 3 personnes de chaque CSA. La plupart des CSA norvégiens produisent des légumes, mais quelques-uns ont également une production de viande et de produits laitiers. 4.300 parts ont été vendues dans les CSA norvégiens en 2018, et près de 9500 personnes se sont alimentés à partir de ces parts.

A l’ordre du jour

La journée a commencé par les salutations des deux syndicats d’agriculteurs qui regroupent tous les agriculteurs de Norvège. Le chef du syndicat des petits agriculteurs a déclaré “Les CSA sont de bonnes arènes pour l’acquisition de connaissances pour les consommateurs et consommatrices qui se préoccupent de la production alimentaire, de la provenance des aliments et de la quantité de travail nécessaire pour réussir dans la production alimentaire ! Ces consommateurs/trices représentent une alliance importante pour nous qui travaillons dans l’agriculture”.

D’autres sujets ont été abordés : comment garantir une économie durable, comment travailler sur le recrutement de membres pour les CSA et comment réussir la communication au sein du CSA. Il a également été question de deux projets de recherche récents et d’informations sur les travaux en cours sur la manière d’impliquer la production laitière et de viande dans le modèle de CSA.

Mise en réseau et partage d’expériences

Il existe un large éventail de CSA différents en Norvège, mais il y a toujours beaucoup à apprendre les uns des autres. De nombreux CSA norvégiens sont organisés par les consommateurs et consommatrices et engagent un jardinier pour la production de légumes dans les villes ou à proximité, tandis que d’autres sont basés autour d’une ferme traditionnelle déjà existante avec une production à grande échelle combinée avec un petit nombre de preneurs de parts. D’autres ont développé leur ferme pour en faire un jardin marqué où l’on cultive une variété de cultures et où les consommateurs et consommatrices participent au partage des risques. Il est toujours très utile de travailler en groupe et d’échanger des pratiques et des idées lors de la réunion du réseau national. Après le programme officiel, la plupart des participant.es se sont retrouvé.es pour une pizza végétarienne biologique et ont continué à échanger tout au long de la soirée.

L’Intergroupe Economie Sociale du Parlement Européen renouvelé
Event Photography by Dani Oshi. Constitutive meeting of the Social Economy Intergroup at the European Parliament. Assignment for Social Economy Europe. Tuesday, January 21, 2020. Brussels, Belgium.

par Jason Nardi

Avec les dernières élections européennes, le groupe interparlementaire de l’économie sociale a terminé son mandat et un nouvel intergroupe a dû être formé. En tant que RIPESS Europe, nous avons soutenu la campagne menée par Social Economy Europe pour le renouvellement de l’engagement de certains des députés européens nouvellement élus et non pas seulement une répétition des précédents. Dans la communication que nous avons envoyée en octobre dernier, nous avons plaidé pour un programme beaucoup plus ambitieux, un programme de transformation, qui prendrait en considération non seulement les questions sectorielles (comme les réformes du troisième secteur, les modèles d’entreprise, la création d’emplois ou les marchés publics qui incluent les entreprises d’économie sociale), mais aussi un changement plus structurel dans le commerce, la coopération, le climat et la justice environnementale, ainsi que dans les finances. Et comme le terme “économie et finance sociales et solidaires” a maintenant été largement adopté à tous les niveaux des Nations Unies, (ainsi que dans les législations cadres locales et nationales), nous avons proposé que ce terme soit harmonisé et devienne partie intégrante du renouvellement de l’intergroupe et de son plan d’action.

Avec la nouvelle Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen et des commissaires comme Nicolas Schmit (Luxembourg, Emploi) et l’agenda européen Green Deal pour une Europe sociale forte pour des transitions justes (https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/fs_20_49), nous avons le sentiment qu’il y a maintenant un certain espoir de pousser pour un agenda plus transformateur. Nous aimerions que l’Intergroupe représente véritablement cet espoir, cette ambition et cet engagement. Nous nous sommes engagés à travailler collectivement sur ces questions, en impliquant un mouvement beaucoup plus large que l’ESS, qui est également en pleine expansion (y compris dans les pays d’Europe centrale et orientale) et avec des contacts avec des députés européens dans plusieurs pays européens.

Voici les nouvelles de la première réunion du nouvel intergroupe (Social Economy Europe).

Article de Social Economy Europe

Le mardi 21 janvier 2020, la première réunion interne de l’intergroupe renouvelé sur l’économie sociale (SEIG) a eu lieu au Parlement européen à Bruxelles pour nommer les coprésidents et les vice-présidents de l’intergroupe et pour élaborer une stratégie pour les cinq prochaines années.

Cinq membres du Parlement européen ont été nommés coprésidents du SEIG, parmi lesquels Patrizia Toia (S&D, IT), Sven Giegold (Verts/ALE, DE), Leopoldo López (PPE, ES), Monica Semedo (Renew, LU) et Manon Aubry (GUE/NGL, FR). En outre, l’intergroupe a nommé les députés Leszek Miller (S&D, PL) et Jordi Cañas (Renew, ES) comme vice-présidents et a convenu de nommer trois autres députés respectivement du PPE, des Verts/ALE et de la GUE/NGL, dans les prochaines semaines.

L’intergroupe s’est également mis d’accord sur une stratégie pour les cinq prochaines années. Au moment où la Commission européenne vient d’annoncer le lancement d’un plan d’action européen pour l’économie sociale en 2021, dans sa communication “Une Europe sociale forte pour des transitions justes”, le SEIG entend coopérer avec le président Von der Leyen, le vice-président Dombrovskis, et les commissaires Schmit et Breton pour concevoir ensemble une politique efficace, qui jouera un rôle clé dans la construction d’une économie qui fonctionne pour les personnes et pour la planète.

L’Occitanie se mobilise pour le FSMET de Barcelone

Par Josette Combes

En Occitanie (France) un Forum de 2 jours, les 22 et 23 novembre à l’Université Jean Jaurès à Toulouse, a rassemblé environ 90 structures de l’ESS,​​ 4 collectivités locales et 4 réseaux ESS. Le programme comportait 5 conférences, 4 cercles de convergence et 16 ateliers. Environ 20 intervenants ont contribué aux conférences dont 7 chercheurs et chercheuses.

Parmi les quelques 1500 visiteurs, des groupes de visiteurs sont venus de différents horizons (Sciences Politiques Bordeaux, Terre de Convergences dans le Gard, Délégation de Marseille), un réseau national et un réseau international et quatre représentants d’institutions locales. Quarante stands présentaient les acteurs de l’ESS de l’Occitanie. Vingt bénévoles ont assuré la fluidité de la logistique et trois restaurateurs (Ludi Monde, Curupira et la Kasbah) ont permis aux participants de prendre leurs repas, même si l’affluence a débordé les prévisions. Plus de 250 jeunes étudiants ont participé aux tables rondes et divers ateliers. Enfin un concert dont la chanteuse est une franco brésilienne a offert un interlude joyeux. Elle a assuré la traduction lors de l’intervention de Monica Benicio, la compagne de Mariella Franco, militante assassinée le 15 mars 1918 à Rio de Janeiro (dont les assassins ne risquent pas d’être poursuivis tant que Bolsonaro sera au pouvoir).

On a pu constater une grande participation des bénévoles, et des visiteurs dans ce lieu confortable et accessible avec beaucoup d’espaces disponibles, une bonne animation des cercles d’acteurs, une programmation riche et de qualité. En particulier le Flashlab (présentation des initiatives en cours de réalisation ou toutes neuves), son format, sa richesse, les échanges ont été une réussite.

Il faut souligner l’énergie donnée par la perspective de Barcelone, la dimension internationale, le croisement des 4 thématiques, la qualité des conférences. Au total un événement joyeux, porteur d’une forte émulation, riche en émotion, en particulier l’intervention de Monica Benicio au cours de la conférence sur l’écoféminisme présentant la situation au Brésil.

Ce Forum s’inscrivait dans le cycle de mobilisation pour le FSMET de Barcelone.

Les prochaines dates en Occitanie liées à la convergence vers le FSMET et les économies transformatrices sont les suivantes : deux temps politiques publiques-territoire ex-Languedoc avec Terre de Convergences, Démocratie Ouverte, La Région Citoyenne – territoire ex-Midi Pyrénées; – un temps économie et féminisme à Toulouse (21 mars); une intervention avec l’UFISC à Gignac le 30 mai; deux dates à caler dans l’Ariège et l’Aude; – un temps agroécologie territoire ex-Languedoc; – un temps Haute-Garonne avec FREDD (Film, Recherche et Développement Durable).

Le MES Occitanie envisage de réaliser un fascicule qui reprendrait les matériaux issus du FRESS (théorie + retours d’expériences des acteurs) et qui valoriserait les économies transformatrices dans la région Occitanie.

La création d’une délégation occitane pour représenter la région lors du FSMET avec des citoyens, élus, acteurs ESS et chercheurs va s’appuyer sur un questionnaire auprès de nombreux acteurs des économies transformatrices sur le territoire occitan pour récolter des informations sur leurs pratiques, les inciter à venir au FSMET et à y proposer des animations.

On peut retrouver les conférences filmées sur ce lien.

Échec et espoir après le Sommet sur le climat de Madrid
Sommet sur le climat de MadridSommet sur le climat de Madrid

La Conférence Internationale COP25 a eu lieu à Madrid (Espagne) du 2 au 13 décembre 2019. Jason Nardi, du RIPESS EU et Coordinateur du RIPESS Intercontinental, était présent et a participé à la « Table ronde de haut niveau sur l’économie circulaire » où il a soutenu que nous avons besoin d’une approche radicalement différente de l’économie.

Écrit par Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental

La 25e Conférence des Nations Unies sur le climat s’est tenue à Madrid (au lieu de Santiago du Chili, où elle devait avoir lieu) du 2 au 13 décembre : deux semaines de négociations entre les représentants des quelque 200 pays parties à la CCNUCC, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Lors de cette COP25, les Etats devaient finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris signé en 2015, qui est censé être pleinement opérationnel à partir de 2020. En outre, ils devaient augmenter l’ambition de leurs engagements de réduction des émissions, qui sont actuellement totalement insuffisants pour atteindre les objectifs et éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique. Les négociations se sont terminées plus de deux jours après le calendrier prévu, avec un accord vraiment faible et un échec important.

La COP25 a été célébrée à la fin d’une année caractérisée par une forte mobilisation des jeunes, qui a porté l’attention sur la crise climatique et l’inaction des États à des niveaux jamais atteints auparavant. Un demi-million de personnes sont descendues dans la rue à Madrid le vendredi 6 décembre, appelant à la justice climatique et à la responsabilité des gouvernements mondiaux. Elle a été suivie par le Sommet social sur le climat, l’événement de la société civile qui a vu plus de 300 débats promus par des activistes du monde entier pour proposer des solutions alternatives, qui s’est terminé par une déclaration intitulée :  » Le monde s’est réveillé face à l’urgence climatique « .

Parmi les nombreux espaces du Sommet social, il y a eu la Minga Indígena, organisée par des représentants de communautés autochtones pour parler des impacts du changement climatique sur leurs territoires. Même si les négociations officielles se sont déplacées en Europe, la société civile sud-américaine n’a pas renoncé à son espace d’expression et à Santiago, les deux réunions prévues de la Cumbre de los Pueblos et de la Cumbre Social por la Acción Climática ont été célébrées.

Le RIPESS a participé à la fois à la COP25 officielle (voir ci-dessous l’intervention de Jason Nardi, coordinateur du RIPESS Intercontinental, au débat de haut niveau sur  » l’économie circulaire, les villes et les bâtiments  » en collaboration avec FMDV et ICLEI) et au Sommet social sur le climat, à plusieurs réunions organisées par des alliés tels qu’ECOLISE et des membres comme REAS Madrid.

La COP de l’année prochaine, prévue à Glasgow entre le 9 et le 19 novembre 2020, sera le test final pour les gouvernements du monde entier. La mobilisation de nos réseaux, mouvements et organisations à tous les niveaux est plus cruciale que jamais pour mettre de plus en plus de pression sur les représentants politiques et les gouvernements qui se retirent d’assumer leurs responsabilités et de continuer à poursuivre un modèle économique polluant, extractiviste et destructeur, au lieu de prendre des mesures réelles pour le changer. Et nous devons lier cette mobilisation aux  » économies transformatrices  » qui se réuniront à Barcelone lors du FSMET (25-28 juin 2020).

Dans ce sens, le nombre d’actions en justice intentées par des citoyens et des organisations contre des États et des entreprises pollueuses se multiplie, appelant à la justice climatique et à la protection des droits humains fondamentaux – le récent cas gagné par la fondation Urgenda contre le gouvernement des Pays-Bas est exemplaire.

Mais les actions positives entreprises au niveau local et le potentiel de collaborations trans-locales, impliquant des villes qui investissent dans l’économie circulaire et sociale solidaire, où des citoyens organisés, des gouvernements et des entreprises responsables et d’autres parties prenantes peuvent collaborer pour construire le système économique et la société résistante au climat dont nous avons besoin de toute urgence, sont encore plus prometteurs.


Table ronde de haut niveau sur l’économie circulaire : Les villes et les bâtiments comme agents de l’action climatique

Discours de Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental 

Les trois quarts de l’utilisation des ressources et des émissions de gaz à effet de serre proviennent déjà des villes, et les tendances en matière d’urbanisation, de motorisation, de population et de croissance économique feront encore augmenter ces chiffres si nous ne devenons pas plus intelligents et plus durables dans notre façon de vivre, de consommer, de nous déplacer et de produire. De nombreuses villes sont confrontées à une grave pollution de l’air, de l’eau et des déchets, conséquence directe de modes de consommation et de production non durables, ce qui fait de la santé des citoyens un impératif clé pour l’action.

Pourtant, la clé pour libérer le potentiel des villes va bien au-delà : il s’agit d’accroître l’ambition politique, d’instaurer une collaboration constructive entre les différents niveaux et secteurs de gouvernement, de mettre en place des politiques novatrices en matière de logement, d’urbanisme et de climat, de mettre en place des incitations économiques solides et d’améliorer la planification urbaine. C’est l’action intégrée et coordonnée des parties prenantes telles que les innovateurs, les décideurs, les investisseurs, les promoteurs, entre autres, qui permettra d’accélérer l’impact pour aider à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

(De l’introduction à la Table Ronde)

1) De la  » Smart  » à la ville collectivement intelligente

Beaucoup, sinon la plupart, des grandes villes actuelles sont écologiquement non durables et socialement injustes (concentration des émissions, pollution, logements de mauvaise qualité, non résilientes et très dépendantes de la fourniture centralisée – comme l’énergie, les déchets, les transports, etc). Ils ont été planifiés ou transformés autour de modèles à forte intensité de carbone et axés sur le marché, excluant de nombreux habitants et leurs communautés, en particulier ceux qui vivent dans des économies informelles comme la majorité des réalités du Sud (60 % en moyenne). Si les villes sont comme des organismes, elles ne devraient croître que jusqu’à leur limite naturelle, biorégionales, vivables et capables d’un avenir. Peut-être moins  » intelligentes  » et plus intelligentes collectivement.

C’est pourquoi d’autres approches plus écosystémiques et plus équitables sont nécessaires : L’Economie Sociale Solidaire (ESS) et la finance sont basées sur l’économie circulaire, de bas en haut, avec des solutions innovantes et éprouvées depuis longtemps, adaptées à des contextes très différents. Elles se font avec une intelligence collective, coopérative et partagée et une utilisation efficace des ressources existantes, recréant des filières agro-écologiques et relocalisées.

La croissance économique linéaire extractive dérégulée et la concurrence mondiale du  » libre marché  » financiarisé sont parmi les causes profondes de l’urgence écologique et climatique dans laquelle nous nous trouvons, sans parler des inégalités et des écarts de pauvreté qu’elles génèrent.

L’écologisation de la croissance économique ne la rend pas plus durable et une véritable économie circulaire est incompatible avec le système économique actuel. Nous avons besoin d’une transition juste vers une économie vivante, où nous produisons et consommons moins, réutilisons, réparons, redistribuons et régénérons davantage. Une économie « circulaire » sans droits économiques et sociaux n’est pas viable.

2) Inclure les communautés marginalisées et les travailleurs informels dans la dynamique circulaire

Les travailleurs informels représentent 50 à 80 pour cent des emplois (indépendants) urbains du Sud. Pourtant, ils sont largement exclus des infrastructures et des services publics, des espaces publics et des marchés publics. Ils contribuent déjà à une économie circulaire résiliente à faible émission de carbone, mais ils sont rarement reconnus, soutenus ou se voient offrir des moyens financiers, à commencer par les femmes, qui représentent la moitié de la population.

Nous avons besoin d’une approche radicalement différente de l’économie, basée sur une appropriation décentralisée et collective, une organisation et une gestion coopératives et démocratiques, des chaînes d’approvisionnement courtes et des circuits économiques solidaires locaux. Cette approche a fait ses preuves dans de nombreux cas partout dans le monde.

Il existe des milliers d’exemples où la collaboration entre des entreprises et des finances informelles, de l’économie solidaire et coopérative avec les gouvernements locaux a réussi à donner des réponses aux questions sociales, urbaines et environnementales – et à contribuer à une activité humaine à faible émission de carbone.

Quelques exemples :

Bamako au Mali a travaillé sur la transformation de 50.000 tonnes de déchets solides en engrais et en énergie. La municipalité, les structures d’ESS et les organisations paysannes sont toutes impliquées. Les déchets pour le compostage sont récupérés sur les marchés, dans les écoles, etc. c’est au début mais c’est prometteur.

A Solapur, en Inde, la coopérative de logement des travailleurs beedi et textiles dirigée par des femmes, avec le syndicat des travailleurs, a construit près de 16.000 maisons (et 30.000 autres sont en cours de construction) faites pour les conditions climatiques locales, avec des matériaux d’origine locale, la participation des travailleurs, qui de la location de huttes de taudis sont devenus propriétaires de leurs maisons durables dans une ville qu’ils ont construite, avec le soutien du gouvernement local et avec les services communautaires, les écoles, les hôpitaux et le marché local des agriculteurs (ils ont remporté le prix Transformative Cities Award, 2018).

3) Le droit à la ville et le nouvel agenda urbain

C’est ce que nous appelons le droit à la ville reconnu par le nouvel Agenda urbain d’Habitat III : une planification urbaine participative par et pour les personnes et les communautés, des villes inclusives, justes et durables, la création d’espaces décommodifiés pour les circuits économiques locaux, la souveraineté alimentaire et énergétique et les biens communs urbains. Et des alliances plus larges, telles que celles entre les villes (comme iclae) ou construites entre les États et l’ONU, comme l’Alliance mondiale lancée par la France.

Pour ce faire, il faut avoir la volonté politique et le courage de (re)municipaliser les services publics et les infrastructures essentielles, avec des partenariats publics-communautaires et un contrôle et une gestion démocratiques : permettre des coopératives d’habitation et des fiducies foncières communautaires, une eau contrôlée par les citoyens, une production d’énergie décentralisée, une mobilité partagée et publique, une gestion circulaire des déchets et des alternatives à faible émission et résilientes pour le secteur du bâtiment et de la construction, avec un accent particulier sur l’utilisation de matériaux et de connaissances locales, des fabriques et des espaces de fabrication communautaires et l’inclusion des groupes de population les plus vulnérables.

Les solutions axées sur le marché ont échoué dans la plupart des cas – il est temps d’agir en redonnant le contrôle aux gens, pour une société juste, socialement inclusive et saine.

C’est ce qu’est et devrait être l’économie circulaire.

Levons-nous pour Rojava
Rise up for Rojava

Le RIPESS Europe rassemble des centaines d’initiatives agissant à travers l’économie solidaire, alliées pour développer la justice sociale et économique. En tant que réseau, nous rassemblons plus de 40 réseaux nationaux, sectoriels et intersectoriels dans plusieurs pays européens. 

L’expérience de Rojava, la “Fédération démocratique du nord de la Syrie”, incarne l’espoir par la coopération démocratique.

Les femmes et les hommes de Rojava ont montré au monde qu’il est possible d’organiser la justice sociale et économique en articulant des conseils, des communes et des coopératives autogérés. Démontrer qu’il est possible de construire une société multiethnique et multireligieuse. Démontrer qu’il est possible de mettre en œuvre un projet politique éco-féministe. 

Certains membres du RIPESS travaillent – directement ou indirectement – avec des groupes de Rojava, comme la Solidarity Economy Association (UK) qui participe à un projet appelé Coopération en Mésopotamie, “Favoriser la solidarité internationale entre le mouvement coopératif britannique et l’économie solidaire à prédominance féminine qui se crée dans le nord-est de la Syrie”.

La Turquie est maintenant prête à détruire le peuple de la Fédération démocratique de Rojava, et l’ISIS utilise les attaques turques comme insurrection.

Nous avons appris de la ténacité du peuple Rojava à organiser la justice et la liberté dans une société en guerre et dans une région attaquée de toutes parts. Nous avons appris des gens de Rojava le sens de la coopération et de l’émancipation.

Nous nous joignons aux mouvements démocratiques du monde entier pour résister et arrêter la guerre contre le peuple de Rojava : Levez-nous pour Rojava maintenant.>

Les membres de RIPESS Europe se mobilisent à propos des élections européennes
RIPESSEU members map

ROUMANIE: Le CRIES va promouvoir la consommation et la production durables dans la campagne pour le Parlement européen !

Dans le cadre de la campagne européenne #Trade Fair Live Fair, le CRIES et ses partenaires lanceront un débat sur l’importance de défendre un modèle de consommation et de production différents. Plus de 5.000 citoyen.nes, militant.es et politicien.nes seront impliqué.es dans différents événements tels que des ateliers thématiques, des conférences, des projections de films et des événements de rue.

Le 11 mai se dérouleront plusieurs activités liées à la journée mondiale du Commerce Equitable à Timisoara et à Iasi. En novembre 2019, nous organiserons à Bucarest la première édition du petit-déjeuner du commerce équitable, un événement qui réunira des décideurs roumains et européens, des ONG et des activistes.

La Roumanie est l’un des trois États membres de l’UE où plus d’un tiers de la population était menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale en 2017, avec une part de 35,7% (Eurostat). Même dans ce contexte, il est difficile de remettre en question le modèle de développement dominant ; la préoccupation générale est d’assurer une croissance économique plus forte qu’une croissance durable.

La thématique du commerce équitable n’est pas à l’ordre du jour politique des partis roumains. La participation à ce projet nous aidera à développer des activités éducatives, à initier le dialogue avec les citoyen.nes et les candidat.es. Nous espérons générer de nouvelles informations et de la motivation parmi les citoyens roumains afin de réclamer plus d’actions pour un développement durable”, dit Mihaela Vețan, présidente du CRIES – Centre de ressources pour les initiatives éthiques et solidaires.

FRANCE: Le RTES interpelle les candidats français au Parlement européen

Le Réseau des Territoires pour l’Economie Solidaire (RTES) lance un appelle aux candidats, sur la base des 10 propositions du RTES pour une Europe plus solidaire.

En partenariat avec ESS France et le Labo de l’ESS, des déjeuners ou petits-déjeuners sont organisés avec des candidat.es aux européennes, sur la base du plaidoyer ESS pour l’Europe issu des propositions des membres d’ESS France, de Social Economy Europe, du Labo de l’ESS et du RTES.

Le RTES participera au débat d’interpellation des candidats aux élections européennes organisé par Commerce Equitable France, le 13 mai 2019, sur la thématique Inégalités et changement climatique : Quelle Europe pour faire face à ces enjeux planétaires ?

FRANCE: Le MES souhaite interpeller les futur.es député.es européen.e.s sur dix points essentiels:

Lettre ouverte aux candidats elections européens 2019

ESPAGNE: Le REAS fait une série de propositions

Compte tenu de la série d’appels électoraux qui auront lieu au printemps 2019 dans l’État espagnol, à partir du réseau de réseaux REAS, une organisation indépendante composée de 18 réseaux sectoriels, et de l’État tout entier, nous voulons atteindre les partis politiques. les acteurs politiques, sociaux et le grand public dans notre cadre de propositions pour la construction d’une économie plus juste, démocratique et durable.

CATALOGNE: La XES lance une campagne pour l’ESS dans les municipalités

GRECE: DOCK lance la campagne Fair Times

En Grèce, par le biais de cette campagne, nous souhaitons informer les candidat.es de l’impact des politiques de production et de consommation inéquitables, non seulement à l’échelle mondiale, mais également sur les interactions avec la réalité en Grèce. Comme le démontre les ODD des Nations Unies, les problèmes sociaux, économiques et environnementaux sont universels. Cet universalisme requiert un engagement concerté en faveur de la mise en œuvre de politiques cohérentes pouvant profiter aux citoyen.nes grec.ques, aux Européen.nnes et à nos semblables dans le monde entier.

Fair Trade Hellas et Dock mettent en œuvre la campagne en Grèce. D’ici les élections européennes, il y aura des événements ouverts, des opportunités d’information et d’éducation sur les problèmes d’une économie équitable et solidaire et sur la défense de ces problèmes. En outre, nous appelons tous les députés à être informés des enjeux de la campagne, à se joindre à nous pour discuter de la manière dont ils peuvent également faire partie d’une campagne paneuropéenne qui nous concerne tous et toutes dans notre pays.

Le vendredi 10 mai à 18h30 à Impact Hub (Athènes), nous vous invitons à une journée consacrée au commerce équitable!

Voir: https://dock.zone/anakoinoseis-infopoint/i-panevropaiki-kampania-fair-times-ksekina-stin-ellada/

Fair Times : pour une Europe juste et durable

Fair Times est une campagne paneuropéenne coordonnée par cinq organisations en réseaux de la société civile appelant à un agenda européen de consommation et de production justes et durables.

Avec la FTAO, qui dirige le plaidoyer du mouvement mondial du commerce équitable au niveau de l’UE, IFOAM UE (organisation faîtière européenne pour l’alimentation et l’agriculture biologiques), CIDSE (famille internationale des organisations catholiques de justice sociale), RIPESS-Europe (réseau européen pour la promotion de l’économie sociale solidaire) et ECOLISE (réseau européen pour les initiatives communautaires
pour la durabilité et le changement climatique) représentent leurs mouvements respectifs à travers une campagne un peu différente.

La campagne s’articule autour d’un numéro spécial du journal ” The Fair Times ” de 2024, la fin de la prochaine législature du Parlement européen. Le journal vise à fournir des exemples de politiques que l’UE pourrait mettre en œuvre en matière de consommation et de production durables et espère inspirer les candidat.es à s’engager à prendre des mesures s’ils/elles sont élu.es.

Les monnaies citoyennes renforcent les filières agricoles

par Antonin Calderon & Jean Rossiaud (Monnaie Léman/ APRES-GE,
en collaboration avec Gaëlle Bigler (FRACP / URGENCI)

Voici le troisième numéro de la série que nous avons entamée en octobre, sur le thème des « monnaies locales », après un exposé général des avantages et des défis des monnaies locales à travers l’exemple du Léman (octobre 2018) et des pistes de collaborations et des synergies entre monnaie locale et alimentation durable (décembre 2018), nous vous proposons aujourd’hui de réfléchir en termes de filière, pour différents type de produits agricoles, et en partant une nouvelle fois de l’expérience genevoise : de la semence à la production, de la production à la transformation, de la transformation à la distribution, de la distribution à la consommation. Les cinq filières agricoles clés sur lesquelles le Léman et la Chambre de l’Economie sociale et solidaire (APRES-GE) travaillent actuellement sont les suivantes :

La bière : du houblon à la pinte

Les légumes : de la fourche à la fourchette

Le pain : de la graine au pain

Le bois : de l’arbre au stère

Le vin : du pied au verre

Chaque filière présente ses particularités, et chaque acteur – chaque maillon de la filière – sa réalité et ses enjeux propres. C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de rassembler les différents acteurs d’une filière autour de la même table, afin de réfléchir ensemble aux flux de valeur – et aux flux monétaires qui en découlent – actuels et potentiels. Nombreux sont les acteurs économiques qui n’ont généralement pas le temps de prendre ce recul. La monnaie locale offre aux producteurs une belle opportunité de renforcer les liens entre eux, et entre eux et les consommateurs, et ainsi de consolider l’économie locale, face à la concurrence des marchés globalisés. Le service apporté par la monnaie locale est la « facilitation économique » : c’est une forme de courtage qui permet aux producteurs de mieux choisir leurs fournisseurs locaux, et en cas de surproduction d’écouler les stocks dans la communauté de paiement.

La filière bière : du houblon à la pinte

Prenons l’exemple de la filière bière pour illustrer nos propos. Le développement des brasseries artisanales est actuellement en pleine expansion et leur fonctionnement est aisément modélisable. Les principaux maillons de cette chaîne sont : les paysans, les malteries, les brasseries, les distributeurs, ainsi que les bars, restaurants ou épiceries. Le schéma ci-dessous nous en donne une illustration.

Si vous l’ignorez encore, sachez que la bière est constituée à 90% d’eau, qui sert de base à l’ajout du malt, du houblon, puis de la levure. A cela peut s’ajouter des ingrédients supplémentaires, comme du café, des fruits, des épices ou autres condiments ou aromates.

Les agriculteurs (1) cultivent les céréales, qui seront ensuite transformés en malt par la malterie (2). Parallèlement, le houblon (2’), une plante grimpante, doit être cultivé et ses fleurs récoltées puis séchées ; la levure (2’’) doit être produite, généralement en laboratoire.

Ces trois ingrédients sont utilisés par les brasseries artisanales (3), avec de l’eau, pour la production de la bière. D’autres biens sont également nécessaires à la production de la bière, notamment les bouteilles, les capsules, les étiquettes, la colle, et l’eau bien sûr. Ces produits sont considérés comme secondaires dans la filière de production de la bière, même s’ils sont évidemment nécessaires. De plus en plus souvent les brasseries récupèrent leurs bouteilles, par le biais d’un système de consigne, et les réutilisent.

Ensuite, les distributeurs (4) se chargent d’acheminer les boissons produites dans les bars, les restaurants et les épiceries (5), où ils sont vendus à la consommation, et notamment aux employé·e·s (6) des diverses entreprises de la filière de la bière. En effet, une partie des consommateurs de bière travaillent dans la filière.

Il faudrait également intégrer une nouvelle activité dans cette filière de la bière : les champignonnières (4’). Elles travaillent avec les brasseries, en récupérant le malt usagé (les drêches) pour l’utiliser comme substrat sur lequel pousseront les champignons (notamment des shiitakes et des pleurotes). La récupération du substrat est actuellement à l’étude pour être utilisé comme emballage de protection, pour ses propriétés de légèreté et d’amortissement des chocs.

Tous ces acteurs ont également des coûts de locaux, d’énergie, de machines de production et de transport, d’informatique, d’impressions et d’administration. C’est ce que nous appelons le réseau secondaire de fournisseurs.

Le schéma suivant résume le réseau primaire de la filière bière, en modélisant les flux de biens/services, ainsi que les flux monétaires qui permettent ces échanges.

La mise en relation économique

La monnaie locale est avant tout un outil de mise en lien économique entre les acteurs d’une filière. Si les acteurs sont convaincus de l’intérêt de créer une économie locale forte, ils n’ont pas toujours ni le temps, ni l’énergie, ni même les connaissances suffisantes pour analyser l’ensemble des flux actuels et potentiels dans leur propre filière économique. Pressés par les contraintes économiques de court terme et le manque de liquidités, ils vont le plus souvent au plus rapide et au moins cher, alors que leur véritable intérêt économique, à moyen ou long terme, serait de privilégier une approche concertée et solidaire, par exemple dans un système de crédit mutualisé.

Travailler dans leur propre monnaie locale incite les acteurs économiques à prendre conscience des spécificités et des contraintes diverses au sein de la filière et met chacun en relation commerciale avec ses potentiels fournisseurs et clients : le paysan avec la malterie, la malterie avec les brasseries, les distributeurs avec les brasseries, et les bars, les restaurants et les épiceries avec les distributeurs.

L’enjeu n’est pas seulement économique et écologique. Certes, il permet d’augmenter les volumes d’activité de chacun et la richesse produite sur le territoire ; et la mise en valeur de ce territoire, dans les circuits courts, renforce la résilience économique et la durabilité écologique (baisse de l’émission de CO2). Sur le plan social et politique, le réseau économique ainsi créé rompt l’isolement de chaque acteur et c’est le tissu social qui s’en retrouve renforcé. Ensemble, il sera plus facile de défendre ses intérêts collectifs et de devenir des parties prenantes des politiques publiques en matière de promotion de l’agriculture locale.

De la liquidité monétaire pour les filières

Le système de crédit mutualisé proposé par une monnaie locale complémentaire comme le Léman dans la région lémanique permet un apport de liquidités important dans les filières économiques. En effet, chaque acteur se voit octroyer une ligne de crédit de fonctionnement (actuellement entre LEM 1’000.- et LEM 20’000.-, en fonction de sa taille) utilisable sans taux d’intérêt et de manière illimitée tant que celui-ci reste en dessous du seuil établi. L’ensemble de la filière concernée voit donc son potentiel d’échange économique augmenter à hauteur de la somme des limites de crédit de l’ensemble de ses acteurs.

Ce système ancestral de la mutualisation du crédit, qui a pratiquement disparu aujourd’hui, avalé par le système bancaire contemporain, est pourtant un système très simple et très stable. Le réseau dans son ensemble est par définition toujours totalement équilibré « à zéro » : la somme des montants positifs est toujours égale à la somme des montants négatifs, et il n’y a pas de création monétaire. Plus la monnaie tourne et plus de la richesse est produite. Le manque de liquidité est un frein à l’activité. Le crédit mutualisé remplace donc très avantageusement le crédit bancaire.

Le crédit bancaire classique coûte cher – quand il est octroyé, car souvent les banques refusent le risque. Il surenchérit les produits, car il faut bien inclure de coût de l’argent (l’intérêt) dans le prix de vente, et fragilise le vendeur sur un marché concurrentiel occupé par des grands groupes qui cassent les prix.

En travaillant en monnaie locale, on recrée une économie parallèle, et on échappe à la pression des grands groupes et des produits étrangers. Se mettre à la monnaie complémentaire, pour les filières agricoles notamment, doit être vu comme une stratégie de survie et de développement. Mais il faut jouer le jeu tous ensemble, entreprises, salariés et consommateurs, pour que la monnaie puisse continuer à irriguer en continu l’économie locale, sans stagner dans des goulets d’étranglement.

Vers une irrigation saine des filières

L’enjeu principal est donc d’éviter la formation de poches de rétention de monnaie locale, qui témoignent d’un blocage économique. Un tel blocage est salutaire s’il permet à l’acteur en question de se questionner sur ses partenaires qui n’acceptent pas la monnaie locale. Il serait peut-être temps d’en changer, et d’opter pour des fournisseurs qui s’inscrivent également dans la logique re-localisation et de responsabilité sociale et environnementale.

C’est là qu’entrent en jeu les services des « facilitateurs » de la monnaie locale : ils travaillent de concert avec les entreprises à intégrer les fournisseurs à la communauté de paiement, s’ils remplissent les conditions de la charte et, sinon, à dénicher de nouveaux partenaires.

Les poches de monnaie locale sont par contre problématiques, si les entreprises ne peuvent remettre dans le circuit autant de monnaie qu’elles en acceptent : la monnaie perd alors sa fonction première qui est de fluidifier les échanges. Le risque de dévaluation de la monnaie (elle va s’échanger en dessous de sa valeur officielle, par exemple 120 unités vont être demandées pour un bien/service qui en vaut 100 en monnaie étatique) est ainsi important.

Deux types d’acteurs peuvent se retrouver structurellement à cette place de « goulet d’étranglement ». Premièrement, l’entreprise qui occuperait une place centrale dans la filière, et possèderait pas ou trop peu de substituts. Dans la filière « bière », il s’agit de la malterie, avec laquelle toutes les brasseries locales ont intérêt à travailler en monnaie locale. Deuxièmement, l’entreprise qui se trouve en « bout de filière ». Dans notre exemple, il s’agit du paysan qui cultive les céréales qui seront ensuite transformées en malt. Le schéma suivant expose cette problématique de poche de rétention de monnaie locale en bout de filière.

Pour ces deux cas, il existe une réponse simple sur le plan théorique, mais qu’il n’est pas si aisé de mettre en pratique, car elle demande déjà un réseau économique dense : le paiement d’une partie des salaires en monnaie locale. La masse monétaire redistribuée mensuellement est cependant un puissant levier de dynamisation de l’économie locale et durable par la consommation. C’est ce que le schéma ci-dessous explique.

Nous avons donc vu que les producteurs des filières agricoles ont un intérêt certain à utiliser la monnaie locale pour résister à la concurrence des grands groupes et des producteurs étrangers. Cependant, ce succès repose sur l’équilibre des flux. Le renforcement de l’économie locale requiert donc de l’organisation et de la patience, car il s’agit de faire entrer l’ensemble de ses acteurs dans la communauté de paiement dans un cercle vertueux.

C’est à la monnaie locale d’effectuer ce travail de facilitation économique et de mutualisation du crédit, et il faut lui en donner les moyens. Une fois ce travail réalisé, de la même manière que l’on poserait un système d’irrigation dans une culture, la monnaie peut alors circuler de manière vertueuse en créant de la valeur dans l’économie locale et durable, et en renforçant la résilience économique, face aux crises financières systémiques. 2008 devrait nous servir de leçon !

Dans une prochaine lettre d’information, nous prendrons l’exemple d’une ou de plusieurs entreprises particulières et de la manière dont elles utilisent quotidiennement la monnaie locale pour donner du sens à leur travail : un sens économique bien sûr, mais aussi le sentiment de participer pleinement à l’amélioration du bien commun.

Avril 2019: vers le Forum social mondial des économies transformatrices
FSMET meeting

Barcelone, les 5, 6 et 7 avril 2019. Rencontre de travail au cours de laquelle chaque axe développera une dynamique visant à préciser les objectifs et les priorités à travailler et à élargir la portée des entités impliquées. Des plans de travail seront convenus, le modèle de gouvernance sera validé et les prochaines étapes à suivre seront définies.

Participant.es : entités liées aux différents axes, des représentant.es des réseaux et mouvements sociaux au niveau local et international

Nous avons l’intention de faire du processus, de l’objectif. Nous entamons un processus de confluences, tant au niveau local qu’international, des initiatives, mouvements et façons de comprendre l’économie qui ont pour objectif commun la construction d’une véritable alternative transformatrice du système économique et financier capitaliste actuel.

Nous voulons faire de ce Forum une agora. Nous ne voulons pas nous limiter à la célébration d’un événement vitrine où seuls des experts prennent la parole, mais nous souhaitons discuter ensemble du type d’économie que nous voulons. Nous ne voulons pas non plus simplement discuter et rêver cet “autre monde possible”, parce que nous savons qu’il existe déj, par l’intermédiaire des milliers d’initiatives qui construisent des alternatives. Nous voulons trouver des stratégies communes pour nous rendre visibles, articulées et efficaces. qui se multiplient.

Nous voulons que cet événement soit durable, qu’il y ait une continuité au-delà du Forum 2020, tant au niveau local qu’international. Pour ce faire, il reste à s’assurer que ce processus se construise à partir des territoires et de créer des espaces pour l’articulation en face à face et virtuelle au niveau local, et qui créent une continuité dans le temps en tant qu’espaces d’échange d’informations. de confluence et de transformation.

Nous voulons faire connaître les économies transformatrices et atteindre tout le monde, ceux et celles qui n’en font pas encore partie. Pour y parvenir, nous croyons qu’il est nécessaire que le Forum dispose d’un réseau de médias indépendants et animés du même esprit et qui puissent diffuser le processus, et assurer un effet multiplicateur.

Plus d’informations seront bientôt disponibles sur http://transformadora.org/

De nouvelles énergies et une nouvelle équipe au sein du Comité International URGENCI

Communiqué de presse, 12 novembre 2018

Plus de 300 délégués du réseau URGENCI International Community Supported Agriculture (CSA) représentant plus de 2 millions de membres du monde entier viennent de passer trois jours à Thessalonique (Grèce) pour la 7ème rencontre du réseau Urgenci International CSA, ainsi que la 4ème réunion européenne et la 2ème réunion du réseau méditerranéen.

La première journée a été consacrée à trois volets internationaux : justice alimentaire et économie solidaire, plaidoyer et praticiens.

Ces pistes ont été reprises lors de la deuxième journée qui comprenait 30 ateliers différents sur ce qui précède, ainsi que des pistes dédiées pour le réseau Méditerranéen, La Pêche Soutenue par la Communauté, une piste pour les débutants, le partage d’expériences, la construction de réseaux,  la formation et  la justice sociale. Les vastes alliances et coalitions qu’ URGENCI a construites au fil des ans ont trouvé un écho dans de nombreuses sessions, tout comme la nécessité d’améliorer la communication sur nos nombreuses réalisations et travaux.

La richesse des contenus et l’enthousiasme ainsi que l’ouverture d’esprit et le respect se sont reflétés dans les travaux de la troisième journée consacrée à l’Assemblée Générale d’URGENCI, où un nouveau plan triennal a été élaboré. C’est aussi le reflet de l’avènement d’URGENCI en tant que mouvement social mondialement reconnu et d’une gouvernance de plus en plus démocratique et participative.

L’Assemblée générale s’est également penchée sur les moyens d’assurer la stabilité financière par le biais d’une nouvelle structure de cotisations qui permettra au réseau de résister aux pressions exercées par les insuffisances potentielles des projets et les crises financières qui pourraient résulter du modèle actuel fondé sur les projets, et d’élaborer une nouvelle approche pour renforcer progressivement la résilience collective.

Le Comité international fraîchement élu reflète bien la volonté d’URGENCI de continuer à grandir comme un effort encore plus inclusif et collectif. C’est une équipe plus jeune et plus diversifiée que jamais, tout en reflétant l’équilibre producteur-consommateur ainsi que l’équilibre entre les genres qui font également partie des valeurs fondamentales d’Urgenci. Il comprend Judith Hitchman (Irlande) et Shi Yan (Chine) comme co-présidents, Isa Alvarez (Espagne) comme vice-présidente et Denis Carel (France), Ariel Molina (Brésil), Qiana Mickie (Etats-Unis), Veikko Heinz (Allemagne), Simon Todzro (Togo) et Shimpei Murakami (Japon). Zsofia Perenyi (Hongrie) a été réélue Expert spécial sur l’éducation et la formation. La création spontanée d’un nouveau représentant spécial pour la Pêche soutenue par la communauté est le reflet de l’enthousiasme et de la détermination de construire un réseau frère sous la bannière URGENCI sur ce thème. La pêche soutenue par la Communauté est déjà bien développée en Amérique du Nord et est de plus en plus reconnue en Europe ! Et Elizabeth Henderson (US) continuera également en tant que présidente d’honneur dl’URGENCI.

Le nouveau plan de travail comprend un accent particulier sur chaque continent, avec des sujets clés qui se transformeront en nouvelles propositions de projets et actions au cours des trois prochaines années.

Tout ce travail a été rendu possible grâce au Comité de pilotage dédié et à l’équipe locale d’AGROECOPOLIS dirigée par Jenny Gkiougki. De nombreuses activités parallèles ont été menées, allant de très belles oeuvres d’art qui consistaient en cartes postales à envoyer à la FAO, à personnaliser des t-shirts et faire un échange de graines sous forme de mandala. La réunion a également été soutenue par un groupe de 20 interprètes professionnels bénévoles et par l’équipe des systèmes d’interprétation alternatifs COATI, qui ont rendu la communication possible.Ce sont des acteurs clés dans toutes les grandes réunions des mouvements sociaux, ils et elles contribuent à rendre notre travail possible au-delà des frontières !

 

Aller à la barre d’outils