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Appel ouvert pour l’initiative Transformative Cities 2020

Depuis 2017, l’initiative Transformative Cities célèbre les collectifs du monde entier qui se sont attelés à la transformation de leur communauté avec le Prix du choix du public Transformative Cities.
Les lauréats de l’année dernière sont devenus une source d’inspiration mondiale :

  • La campagne “Our Water Our Rights” a résisté avec succès à la privatisation de l’eau à Lagos, au Nigeria.
  • En Espagne, Barcelona Energia a éclairé les maisons avec de l’énergie renouvelable et s’est opposée au pouvoir des entreprises.
  • Au Mexique, la Cooperación Comunitaria A.C. a travaillé avec les techniques traditionnelles de la communauté et a reconstruit ses maisons après qu’un tremblement de terre les ait détruites.
  • Au Kenya, le projet de gestion des déchets de Dajopen a transformé les déchets en nutriments précieux qui ont régénéré le sol.

Aujourd’hui, commence la collecte de nouveaux exemples inspirants de transformation en 2020 : un appel ouvert pour trouver celles et ceux qui sont les leaders locaux du changement mondial.
C’est peut-être votre collectif ! Posez votre candidature ici pour le prix Transformative Cities Peoples Choice Award 2020. Ou peut-être connaissez-vous d’autres collectifs qui devraient être initiés à cette opportunité. Ayez la gentillesse de partager avec eux cet appel ouvert.

Trois histoires clés pour chaque catégorie seront choisies par des évaluateurs et évaluatrices experts dans différents domaines. Ces 12 histoires feront l’objet d’une large promotion, car le prix est destiné à faire connaître les initiateurs les plus inspirants à un public aussi large que possible. En tant que finaliste de l’édition 2020, votre histoire sera incluse dans l’Atlas des utopies 2020, qui cette année présentera tous les finalistes des trois éditions à ce jour. Une mosaïque inspirante de véritables utopies transformatrices.

Le but n’est pas de créer une concurrence entre les différentes pratiques politiques, mais plutôt de mettre en lumière les pratiques transformatrices et d’encourager leur diffusion au niveau international.

Prêt, partez, appliquez et partagez !

Projet Erasmus + BUSSE & Forum sur la souveraineté alimentaire en Pologne
BUSSE - Building up SSE

Elena Tzamouranou, qui travaille à Dock, membre grecque de RIPESS Europe, nous raconte :

“Il y a quelques jours, nous avons fait un voyage de 3 jours à Varsovie, en Pologne, dans le cadre du programme BUSSE (Construire l’ESS) auquel nous participons. Le programme est une collaboration stratégique des acteurs de l’ESS pour le développement de l’innovation et l’échange de bonnes pratiques, tout en visant à diffuser les pratiques et les activités de l’ESS, en fournissant des connaissances, des aptitudes et des compétences pertinentes.

BUSSE est sur le point de développer un programme de formation innovant en 4 modules et du matériel de soutien pertinent pour les formateurs et les stagiaires. Les modules de formation sont les suivants:

1) Le développement et Conversion d’un vecteur en un projet d’ESS

2) valorisation des Communautés dans le cadre de l’ESS

3) Principes de L’ESS dans les coopératives

4) Pratiques de l’ESS basées sur les valeurs de la Souveraineté alimentaire

Les deux premiers jours ont été consacrés au programme BUSSE, notamment au travail sur les 4 modules tels qu’ils ont été formés jusqu’à présent, à la discussion des défis qui se sont présentés, à l’identification des lacunes et à l’amélioration de celles-ci.

Le troisième jour, nous avons visité la coopérative de Dobrze en Pologne, qui possède deux épiceries dans le centre de Varsovie, et nous avons échangé nos expériences sur des questions telles que la gouvernance, la participation, l’organisation et le fonctionnement d’une coopérative alimentaire.

Par la suite, nous avons visité le 2e Forum polonais sur la souveraineté alimentaire. Nous avons participé à l’atelier sur la mise en réseau pour les partenariats régionaux et interrégionaux. L’atelier comprenait trois axes principaux :

1) Valorisation de l’ESS grâce à des programmes régionaux,

2) Synergies pour la souveraineté alimentaire et l’éducation agro-écologique et

3) Synergies entre les réseaux d’alimentation alternative.

Nous tenons à remercier nos partenaires du projet BUSSE, Ekumenická Akademie (République tchèque), Dobrze (Pologne), Utopia (Ukraine), Ksoe (Autriche) pour l’opportunité d’apprendre et de discuter sur l’économie sociale et solidaire en Europe centrale et orientale et pour toute l’expérience que nous avons acquise sur les sujets mentionnés ci-dessus”.

Vous travaillez dans la formation dans le domaine de l’ESS ?

Vous faites face à la question de la souveraineté alimentaire ?

Vous voulez en savoir plus sur le programme et ses modules de formation ?

Si oui, veuillez vous rendre sur la page du programme

Empatheast, l’imagination radicale

EMPATHEAST est le forum international annuel de l’Association Ideas Factory (Sofia, Bulgarie) pour un changement social mené par l’empathie. Sa 4e édition en 2019 (1-3 novembre) a attiré la communauté locale en faveur d’un changement social conscient dans la ville de Plovdiv et l’a mêlé aux perspectives plus larges des faiseurs de changement du monde entier. Le thème profondément inspitant d’EMPATHEAST 2019 était “Imagination radicale : les sorties de secours d’un monde en désordre”.
Un riche panel de conférences avec des intervenants de Bulgarie, d’Inde, d’Italie, de Hongrie et du Royaume-Uni a eu lieu le premier jour du forum. Ils et elles ont abordé un large éventail de sujets et de choix qui déterminent notre vie quotidienne en tant que créateurs et consommateurs : le potentiel de l’art en tant que force communautaire radicale, le mode de vie alternatif dans les villages bulgares, des exemples de modèles de solidarité dans le monde entier, l’écriture créative en tant qu’action “militante”, la manière de gérer les relations de pouvoir dans le travail culturel et les solutions pratiques à la pauvreté énergétique.


Parmi les conférencier.es figuraient Istvan Sczakats (directeur de la Fondation AltArt et de la Fabrica de Pensule à Cluj (Roumanie), Jason Nardi (Italie), membre du conseil d’administration de l’un des plus grands réseaux d’économie solidaire au monde – RIPESS, Will Buckingham et Hannah Stevens (Wind&Bones) – des écrivains britanniques socialement engagés qui parcourent le monde et enseignent la narration (storytelling) pour le changement social, et Vera Petkanchin – une entrepreneure sociale de Junior Achievement (Bulgarie).


Un autre moment fort du programme a été la demi-journée de discussion World Café sur les brillantes opportunités pour l’avenir des villages bulgares. Des jeunes locaux, des personnes âgées de villages de toute la Bulgarie et des représentants d’ONG et d’institutions ont discuté ensemble des solutions stratégiques et pratiques aux problèmes existants des zones rurales en Bulgarie. Un groupe de réflexion rural a été créé par les participants du World Café.
Le forum a réuni environ 300 personnes pendant les trois jours de son déroulement. Il a complètement transformé 3 espaces publics bien connus de Plovdiv – la Poste centrale, la Maison de la Science et de la Technique et le bâtiment de Total Sport & Squash dans le bâtiment d’une ancienne usine de tabac.

Article du forum international pour le changement social http://empatheast.org/.

Le RIPESS contribue aux dialogues politiques du GSEF – le Forum Mondial de l’Economie Sociale – en Europe et en Amérique Latine
GSEF Liverpool UK November 2019

Les Dialogues sur la politique régionale du GSEF sont organisés pour promouvoir l’échange de connaissances entre les décideurs politiques et les principaux acteurs de l’ESS. Le RIPESS a participé aux deux dialogues dans le but de contribuer à la promotion de l’ESS et d’apporter la vision des projets locaux d’ESS aux forums internationaux.

RIPESS EU a rejoint la 3ème édition du Dialogue politique européen organisé par le Forum Mondial de l’Economie Sociale (GSEF), nos partenaires et collaborateurs de longue date.

Cette année, le Dialogue a eu lieu à Liverpool, au Royaume-Uni, les 18 et 19 novembre 2019, sur le thème ‘Construire la diversité et l’inclusion par l’économie sociale et solidaire’. Les intervenants ont participé à un débat riche et ouvert autour de cette problématique, qui s’est concentré sur trois sujets majeurs :

  • Comment les gouvernements locaux doivent faire évoluer leurs démarches vers une véritable inclusion
  • Aller au-delà de la notion d’inclusion grâce à des pratiques et des politiques innovantes d’insertion professionnelle
  • L’économie sociale et solidaire : une force motrice au service des futurs dirigeants

En tant que RIPESS Europe, nous avons présenté notre activité en nous basant principalement sur le troisième thème, mais bien entendu en lien avec tous les domaines importants de l’ESS. En ce qui concerne le déroulement de l’événement, il a été organisé en partenariat avec la LCRCA (Liverpool City Region Combined Authority) et l’Université de Liverpool. Les organisateurs se sont d’ailleurs révélés être de formidables hôtes.

Le lendemain de la conférence, une visite des acteurs de l’ESS a été organisée à travers la ville. La région de Liverpool est en effet une scène d’ESS dynamique et vivante qui emploie plus de 40 000 personnes dans des organisations d’ESS. Nous avons visité le Kuumba Imani Millenium Centre, principal lieu local d’activisme communautaire, le Baltic Creative CIC, une zone unique de convergence des jeunes entreprises de création et start-ups, qui met l’accent sur la propriété et le partage, et le Homebaked Bakery and Community Land Trust, un lieu d’inspiration (où nous avons dégusté la meilleure tarte au monde) qui mène une lutte étonnante contre l’embourgeoisement et l’assaut des capitaux spéculatifs sur les terres et les maisons.

Rédigé par Alfonso Cotera (RIPESS LAC) et Drazen Simlesa (RIPESS EU)

Réunion nationale CSA en Norvège

Article de Urgenci, Par Alexandra Devik, Organic Norway

(Photo de couverture : Travail de groupe, discussion des stratégies de communication dans les CSA norvégiens. Crédit photo : Organic Norway)

Le mouvement CSA en Norvège s’accroît d’année en année. En décembre 2019, il y avait 82 CSA actifs dans le pays. Étant donné que la Norvège est un petit pays qui ne compte qu’environ 5,3 millions d’habitants et qu’environ 3 % de la superficie du pays est adaptée à l’agriculture, le nombre de CSA est relativement élevé par rapport aux pays voisins. Chaque année, le réseau informel se réunit pour obtenir les dernières informations sur le modèle CSA en Norvège et pour apprendre et s’inspirer des meilleures pratiques des uns et des autres.

Réunion annuelle le 15 novembre à Oslo

L’événement le plus important pour les CSA en Norvège est la réunion nationale organisée par Organic Norway, qui coordonne le réseau informel des CSA. Au total, 60 personnes ont été réunies pour s’inspirer, se tenir au courant, acquérir de nouvelles connaissances et créer des réseaux. Au total, 21 CSA étaient représentés, souvent avec 2 ou 3 personnes de chaque CSA. La plupart des CSA norvégiens produisent des légumes, mais quelques-uns ont également une production de viande et de produits laitiers. 4.300 parts ont été vendues dans les CSA norvégiens en 2018, et près de 9500 personnes se sont alimentés à partir de ces parts.

A l’ordre du jour

La journée a commencé par les salutations des deux syndicats d’agriculteurs qui regroupent tous les agriculteurs de Norvège. Le chef du syndicat des petits agriculteurs a déclaré “Les CSA sont de bonnes arènes pour l’acquisition de connaissances pour les consommateurs et consommatrices qui se préoccupent de la production alimentaire, de la provenance des aliments et de la quantité de travail nécessaire pour réussir dans la production alimentaire ! Ces consommateurs/trices représentent une alliance importante pour nous qui travaillons dans l’agriculture”.

D’autres sujets ont été abordés : comment garantir une économie durable, comment travailler sur le recrutement de membres pour les CSA et comment réussir la communication au sein du CSA. Il a également été question de deux projets de recherche récents et d’informations sur les travaux en cours sur la manière d’impliquer la production laitière et de viande dans le modèle de CSA.

Mise en réseau et partage d’expériences

Il existe un large éventail de CSA différents en Norvège, mais il y a toujours beaucoup à apprendre les uns des autres. De nombreux CSA norvégiens sont organisés par les consommateurs et consommatrices et engagent un jardinier pour la production de légumes dans les villes ou à proximité, tandis que d’autres sont basés autour d’une ferme traditionnelle déjà existante avec une production à grande échelle combinée avec un petit nombre de preneurs de parts. D’autres ont développé leur ferme pour en faire un jardin marqué où l’on cultive une variété de cultures et où les consommateurs et consommatrices participent au partage des risques. Il est toujours très utile de travailler en groupe et d’échanger des pratiques et des idées lors de la réunion du réseau national. Après le programme officiel, la plupart des participant.es se sont retrouvé.es pour une pizza végétarienne biologique et ont continué à échanger tout au long de la soirée.

Échec et espoir après le Sommet sur le climat de Madrid
Sommet sur le climat de MadridSommet sur le climat de Madrid

La Conférence Internationale COP25 a eu lieu à Madrid (Espagne) du 2 au 13 décembre 2019. Jason Nardi, du RIPESS EU et Coordinateur du RIPESS Intercontinental, était présent et a participé à la « Table ronde de haut niveau sur l’économie circulaire » où il a soutenu que nous avons besoin d’une approche radicalement différente de l’économie.

Écrit par Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental

La 25e Conférence des Nations Unies sur le climat s’est tenue à Madrid (au lieu de Santiago du Chili, où elle devait avoir lieu) du 2 au 13 décembre : deux semaines de négociations entre les représentants des quelque 200 pays parties à la CCNUCC, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Lors de cette COP25, les Etats devaient finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris signé en 2015, qui est censé être pleinement opérationnel à partir de 2020. En outre, ils devaient augmenter l’ambition de leurs engagements de réduction des émissions, qui sont actuellement totalement insuffisants pour atteindre les objectifs et éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique. Les négociations se sont terminées plus de deux jours après le calendrier prévu, avec un accord vraiment faible et un échec important.

La COP25 a été célébrée à la fin d’une année caractérisée par une forte mobilisation des jeunes, qui a porté l’attention sur la crise climatique et l’inaction des États à des niveaux jamais atteints auparavant. Un demi-million de personnes sont descendues dans la rue à Madrid le vendredi 6 décembre, appelant à la justice climatique et à la responsabilité des gouvernements mondiaux. Elle a été suivie par le Sommet social sur le climat, l’événement de la société civile qui a vu plus de 300 débats promus par des activistes du monde entier pour proposer des solutions alternatives, qui s’est terminé par une déclaration intitulée :  » Le monde s’est réveillé face à l’urgence climatique « .

Parmi les nombreux espaces du Sommet social, il y a eu la Minga Indígena, organisée par des représentants de communautés autochtones pour parler des impacts du changement climatique sur leurs territoires. Même si les négociations officielles se sont déplacées en Europe, la société civile sud-américaine n’a pas renoncé à son espace d’expression et à Santiago, les deux réunions prévues de la Cumbre de los Pueblos et de la Cumbre Social por la Acción Climática ont été célébrées.

Le RIPESS a participé à la fois à la COP25 officielle (voir ci-dessous l’intervention de Jason Nardi, coordinateur du RIPESS Intercontinental, au débat de haut niveau sur  » l’économie circulaire, les villes et les bâtiments  » en collaboration avec FMDV et ICLEI) et au Sommet social sur le climat, à plusieurs réunions organisées par des alliés tels qu’ECOLISE et des membres comme REAS Madrid.

La COP de l’année prochaine, prévue à Glasgow entre le 9 et le 19 novembre 2020, sera le test final pour les gouvernements du monde entier. La mobilisation de nos réseaux, mouvements et organisations à tous les niveaux est plus cruciale que jamais pour mettre de plus en plus de pression sur les représentants politiques et les gouvernements qui se retirent d’assumer leurs responsabilités et de continuer à poursuivre un modèle économique polluant, extractiviste et destructeur, au lieu de prendre des mesures réelles pour le changer. Et nous devons lier cette mobilisation aux  » économies transformatrices  » qui se réuniront à Barcelone lors du FSMET (25-28 juin 2020).

Dans ce sens, le nombre d’actions en justice intentées par des citoyens et des organisations contre des États et des entreprises pollueuses se multiplie, appelant à la justice climatique et à la protection des droits humains fondamentaux – le récent cas gagné par la fondation Urgenda contre le gouvernement des Pays-Bas est exemplaire.

Mais les actions positives entreprises au niveau local et le potentiel de collaborations trans-locales, impliquant des villes qui investissent dans l’économie circulaire et sociale solidaire, où des citoyens organisés, des gouvernements et des entreprises responsables et d’autres parties prenantes peuvent collaborer pour construire le système économique et la société résistante au climat dont nous avons besoin de toute urgence, sont encore plus prometteurs.


Table ronde de haut niveau sur l’économie circulaire : Les villes et les bâtiments comme agents de l’action climatique

Discours de Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental 

Les trois quarts de l’utilisation des ressources et des émissions de gaz à effet de serre proviennent déjà des villes, et les tendances en matière d’urbanisation, de motorisation, de population et de croissance économique feront encore augmenter ces chiffres si nous ne devenons pas plus intelligents et plus durables dans notre façon de vivre, de consommer, de nous déplacer et de produire. De nombreuses villes sont confrontées à une grave pollution de l’air, de l’eau et des déchets, conséquence directe de modes de consommation et de production non durables, ce qui fait de la santé des citoyens un impératif clé pour l’action.

Pourtant, la clé pour libérer le potentiel des villes va bien au-delà : il s’agit d’accroître l’ambition politique, d’instaurer une collaboration constructive entre les différents niveaux et secteurs de gouvernement, de mettre en place des politiques novatrices en matière de logement, d’urbanisme et de climat, de mettre en place des incitations économiques solides et d’améliorer la planification urbaine. C’est l’action intégrée et coordonnée des parties prenantes telles que les innovateurs, les décideurs, les investisseurs, les promoteurs, entre autres, qui permettra d’accélérer l’impact pour aider à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

(De l’introduction à la Table Ronde)

1) De la  » Smart  » à la ville collectivement intelligente

Beaucoup, sinon la plupart, des grandes villes actuelles sont écologiquement non durables et socialement injustes (concentration des émissions, pollution, logements de mauvaise qualité, non résilientes et très dépendantes de la fourniture centralisée – comme l’énergie, les déchets, les transports, etc). Ils ont été planifiés ou transformés autour de modèles à forte intensité de carbone et axés sur le marché, excluant de nombreux habitants et leurs communautés, en particulier ceux qui vivent dans des économies informelles comme la majorité des réalités du Sud (60 % en moyenne). Si les villes sont comme des organismes, elles ne devraient croître que jusqu’à leur limite naturelle, biorégionales, vivables et capables d’un avenir. Peut-être moins  » intelligentes  » et plus intelligentes collectivement.

C’est pourquoi d’autres approches plus écosystémiques et plus équitables sont nécessaires : L’Economie Sociale Solidaire (ESS) et la finance sont basées sur l’économie circulaire, de bas en haut, avec des solutions innovantes et éprouvées depuis longtemps, adaptées à des contextes très différents. Elles se font avec une intelligence collective, coopérative et partagée et une utilisation efficace des ressources existantes, recréant des filières agro-écologiques et relocalisées.

La croissance économique linéaire extractive dérégulée et la concurrence mondiale du  » libre marché  » financiarisé sont parmi les causes profondes de l’urgence écologique et climatique dans laquelle nous nous trouvons, sans parler des inégalités et des écarts de pauvreté qu’elles génèrent.

L’écologisation de la croissance économique ne la rend pas plus durable et une véritable économie circulaire est incompatible avec le système économique actuel. Nous avons besoin d’une transition juste vers une économie vivante, où nous produisons et consommons moins, réutilisons, réparons, redistribuons et régénérons davantage. Une économie « circulaire » sans droits économiques et sociaux n’est pas viable.

2) Inclure les communautés marginalisées et les travailleurs informels dans la dynamique circulaire

Les travailleurs informels représentent 50 à 80 pour cent des emplois (indépendants) urbains du Sud. Pourtant, ils sont largement exclus des infrastructures et des services publics, des espaces publics et des marchés publics. Ils contribuent déjà à une économie circulaire résiliente à faible émission de carbone, mais ils sont rarement reconnus, soutenus ou se voient offrir des moyens financiers, à commencer par les femmes, qui représentent la moitié de la population.

Nous avons besoin d’une approche radicalement différente de l’économie, basée sur une appropriation décentralisée et collective, une organisation et une gestion coopératives et démocratiques, des chaînes d’approvisionnement courtes et des circuits économiques solidaires locaux. Cette approche a fait ses preuves dans de nombreux cas partout dans le monde.

Il existe des milliers d’exemples où la collaboration entre des entreprises et des finances informelles, de l’économie solidaire et coopérative avec les gouvernements locaux a réussi à donner des réponses aux questions sociales, urbaines et environnementales – et à contribuer à une activité humaine à faible émission de carbone.

Quelques exemples :

Bamako au Mali a travaillé sur la transformation de 50.000 tonnes de déchets solides en engrais et en énergie. La municipalité, les structures d’ESS et les organisations paysannes sont toutes impliquées. Les déchets pour le compostage sont récupérés sur les marchés, dans les écoles, etc. c’est au début mais c’est prometteur.

A Solapur, en Inde, la coopérative de logement des travailleurs beedi et textiles dirigée par des femmes, avec le syndicat des travailleurs, a construit près de 16.000 maisons (et 30.000 autres sont en cours de construction) faites pour les conditions climatiques locales, avec des matériaux d’origine locale, la participation des travailleurs, qui de la location de huttes de taudis sont devenus propriétaires de leurs maisons durables dans une ville qu’ils ont construite, avec le soutien du gouvernement local et avec les services communautaires, les écoles, les hôpitaux et le marché local des agriculteurs (ils ont remporté le prix Transformative Cities Award, 2018).

3) Le droit à la ville et le nouvel agenda urbain

C’est ce que nous appelons le droit à la ville reconnu par le nouvel Agenda urbain d’Habitat III : une planification urbaine participative par et pour les personnes et les communautés, des villes inclusives, justes et durables, la création d’espaces décommodifiés pour les circuits économiques locaux, la souveraineté alimentaire et énergétique et les biens communs urbains. Et des alliances plus larges, telles que celles entre les villes (comme iclae) ou construites entre les États et l’ONU, comme l’Alliance mondiale lancée par la France.

Pour ce faire, il faut avoir la volonté politique et le courage de (re)municipaliser les services publics et les infrastructures essentielles, avec des partenariats publics-communautaires et un contrôle et une gestion démocratiques : permettre des coopératives d’habitation et des fiducies foncières communautaires, une eau contrôlée par les citoyens, une production d’énergie décentralisée, une mobilité partagée et publique, une gestion circulaire des déchets et des alternatives à faible émission et résilientes pour le secteur du bâtiment et de la construction, avec un accent particulier sur l’utilisation de matériaux et de connaissances locales, des fabriques et des espaces de fabrication communautaires et l’inclusion des groupes de population les plus vulnérables.

Les solutions axées sur le marché ont échoué dans la plupart des cas – il est temps d’agir en redonnant le contrôle aux gens, pour une société juste, socialement inclusive et saine.

C’est ce qu’est et devrait être l’économie circulaire.

Bergame, une rencontre entre formateurs, enrichie de visites inspirantes et joyeuses

Par Josette Combes

Les membres du programme Erasmus SSE IVET 21 se sont réunis à Bergame du 14 au 18 octobre pour une semaine de travail commun sur la construction d’un module de formation de formateurs. Celui-ci est destiné à transmettre les fondamentaux de l’Économie sociale et solidaire au sein des formations initiales et professionnelles des pays participant à ce programme. Le projet a débuté par une phase d’étude sur la présence et la qualité des enseignements d’ESS au sein des formations initiales et professionnelles qui a montré qu’ils en étaient le plus souvent absents.

La phase 2 du programme est de concevoir un module de transfert des informations essentielles pour former les formateurs afin qu’ils l’insèrent dans leurs cursus. A la fin de la formation, les formateurs devraient connaître l’ESS, ses principes et ses valeurs, mais aussi ses pratiques, comprendre le rôle que l’ESS peut jouer dans le développement local de leur communauté comme vecteur de changement, voir l’avenir du monde du travail en ESS, participer activement à un processus de formation continue et dynamique.

Il ne s’agit pas seulement de transmettre des contenus mais également ( et plus encore) de proposer des méthodologies et des postures qui illustrent le positionnement de l’ESS à l’égard des valeurs de base telles que la démocratie au travail, le respect et l’accueil de chacun, le principe de coopération et la mise en synergie des compétences.

Les participants ont donc partagé leurs matériaux à partir d’une trame élaborée par Technet, Dock, et Solidarius qui en assurait également l’accueil et l’animation.

Le processus participatif a permis à partir de trames de réflexion collective de recueillir les apports de chaque participant qui seront revus et validés par le groupe. Ainsi a été élaboré un outil pour soutenir l’observation des expériences de terrain que le groupe a eu le privilège de rencontrer grâce à la proximité de Solidarius avec les acteurs. Le choix de Bergame était motivé par cela car la ville et sa région sont riches d’expériences d’économie solidaire très structurées et mises en réseau.

Ainsi avons nous visité la Cooperativa Ruah, une recyclerie qui emploie des personnes en difficulté d’insertion et notamment des migrants. Une journée entière a été consacrée à la visite de la coopérative IRIS, créée en 1978 par un petit groupe qui souhaitait promouvoir l’agriculture de qualité et la consommation de proximité et qui s’est dotée ensuite d’une usine de transformation afin de contrôler d’un bout à l’autre la chaîne de production. Nous avons rencontré un de ses fondateurs, Maurizio Gritta au sein d’une usine nouvellement aménagée, hyper moderne. Il nous a fait part de l’historique de la coopérative qui a organisé pragmatiquement son évolution tout en maintenant les principes essentiels qui étaient à l’origine du groupe d’acteurs initiaux : ne pas empoisonner la terre, créer des emplois en particulier pour les femmes, entretenir une relation directe avec les consommateurs, maintenir la propriété collective des moyens de production considérés comme un bien commun. Un objectif central est aussi d’assurer un juste prix pour le producteur et le consommateur. En suivant, la visite à la ferme a permis de mieux comprendre le lien entre toutes les activités, notamment celles qui consistent à faire connaître l’économie solidaire par le biais d’interventions auprès d’enfants de 7 à 11 ans dans leurs écoles, assurer la relève en quelque sorte.

Après un délicieux repas pris sur place, nous avons été en lien électronique avec un des responsables de la Banca Etica qui nous a présenté les différences qui distinguent cette banque du système bancaire traditionnel, la non spéculation, le prêt et un accompagnement spécifique aux personnes que le système ordinaire rejette, une transparence de la gouvernance, un éventail des salaires beaucoup plus resserré.

Les soirées ont été l’occasion de bénéficier de l’accueil de lieux également coopératifs où nous avons pris de nos repas tout en faisant connaissance de personnes engagées dans l’ESS : Circolino un restaurant coopératif situé dans la Citta Alta, après un petit tour dans cette partie ancienne et fortifiée de la ville. La Cooperativa Sociale Arete d’agriculture biologique, la Porta del Parco un complexe agricole situé sur le territoire de la Municipalité de Hub et aux portes du Parc Régional des Collines, composé d’un vignoble, d’une zone verte qui abrite des jardins sociaux et collectifs et une structure utilisée comme restaurant et point de vente de produits locaux et biologiques.

Partout, nous avons pu apprécier outre l’investissement des acteurs dans le développement d’activités sociales et écologiques, la gentillesse, la convivialité et la gaieté qui règnent dans tous ces lieux et il faut avouer que c’est réconfortant après des journées de travail intense dédiées à la transmission de notre objet commun, l’économie solidaire.

1Technet /Allemagne, MES/ France, Dock / Grèce, Solidarius / Italie, APDES/ Portugal, CRIES / Roumanie, RIPESS EU

Rencontre de l’Impact Social, 28 novembre 2019 à Villeneuve d’Ascq, France
L’impact social au-delà des chiffres
Les partenaires du projet européen VISES organisent leurs 3èmes rencontres de l’impact social : “L’impact social au-delà des chiffres “.
Cet évènement se tiendra le jeudi 28 novembre 2019 de 9h30 à 14h à Villeneuve d´Ascq.

Après 4 ans de recherche-action, les partenaires du projet européen VISES dévoilent leurs résultats. Entreprises-testeuses, centres de recherche, fédérations d’entreprises d’économie sociale et solidaire de France et de Belgique vous expliqueront ce qu’ils ont apporté au projet et en quoi VISES leur a été utile ! Sera également présent le TIESS (Territoires Innovants en Economie Sociale et Solidaire – centre de transfert Québécois en innovation sociale), qui nous partagera sa vision de l’évaluation de l’impact social, l’idée étant d’ouvrir la réflexion sur une vision commune de l’impact social, au delà des frontières.
Pour plus d’infos sur le projet Vises, n’hésitez pas à vous rendre sur le site dédié : http://www.projetvisesproject.eu/

Pour vous inscrire ou pour plus d’informations, contacter l’Apes – Olivia Ruel-Mailfert : oliviamailfert@apes-hdf.org

Le FSMET se tiendra du 25 au 28 juin 2020 à Barcelone

Le Forum Social Mondial des Économies transformatrices se tiendra du 25 au 28 juin 2020 à Barcelone. C’est ce qui a été décidé par les membres de la convergence locale de Barcelone, hôtesse de la manifestation, composée d’un groupe d’activistes issu.e.s de différents secteurs des économies transformatrices (économies féministes, souveraineté alimentaire et agroécologie, pro-communs et économie sociale et solidaire, commerce équitable et finances éthiques, entre autres).

La date a été choisie en tenant compte des calendriers des manifestations internationales auxquelles participent les différents réseaux faisant partie du Comité de Coordination et anime le processus au niveau international, de manière à ce que ces activités n’empiètent pas les unes sur les autres, et afin donc de favoriser la participation du plus grand nombre de personnes possible.

Avec un calendrier de neuf mois, les membres de la convergence de Barcelone et ceux, celles du Comité de Coordination s’organisent déjà dans différentes commissions de travail pour assumer des tâches telles que la logistique, les contenus du Forum, la communication ou encore l’accueil des participant.e.s du monde entier qui viendront à Barcelone pour participer aux rencontres.

Le FSMET veut être aussi le rendez-vous de la diversité où les cinq continents soient largement représentés et les collectifs présents le plus nombreux possible, avec par exemple, la paysannerie, les peuples autochtones, les LGTBI, les mouvements féministes, les mouvements de la jeunesse, les mouvements spirituels, les mouvements de squatters et squatteuses, ceux du monde de l’éducation, de l’économie du numérique, du journalisme alternatif ou du monde du travail tels que syndicats et unions de travailleuses et travailleurs.

L’idée est de faire connaître les projets d’économies transformatrices qui existent déjà et qui démontrent qu’il existe une alternative au modèle capitaliste. Ces rencontres cherchent en outre à construire des ponts entre des entités, des organisations ou des réseaux issus de toute la planète.

Il se veut également un espace utile pour l’interconnexion et la convergence des différents mouvements des économies transformatrices, où un agenda mondial commun soit défini à partir de l’engagement des collectifs et des accords spécifiques qui assurent la poursuite du mouvement après le processus de convergence.

Pour relever ces défis, le FSMET inclura une programmation basée sur différents itinéraires avec entre autres des ateliers, des conférences-débats, une programmation culturelle, des espaces dédiés à la créativité, la participation virtuelle ou encore des espaces pour enfants.

Pour suivre l’actualité du Forum, comment s’inscrire, les espaces de participation virtuelle, les événements locaux de convergences, des vidéos, voir https://transformadora.org/fr

Pour plus d’informations sur la réunion de juillet et la composition du nouveau Comité de Coordination de l’événement, voir https://transformadora.org/fr/node/241

Urgence climatique, réponses et alternatives de l’économie sociale et solidaire
Foto Blog El Salto Diario

Blog El Salto Diario, 19/09/2019, Comisiön de Ecología de la Red de Economía Solidaria de Cataluña (XES)

Avec la grève du climat du 27 septembre et la semaine d’actions prévue pour la semaine précédente à l’horizon, nous réfléchissons sur le rôle de l’économie solidaire dans ces mobilisations et sa capacité à contribuer à progresser vers des sociétés post-carbone plus durables et solidaires.

Il nous reste 11 ans (seulement) pour atteindre la limite de température globale admissible de la planète, et une fois dépassée, elle conduira à un changement irréversible et sans précédent du climat de la Terre qui constituera une menace pour les générations futures. Tel était le message d’urgence fort des Nations Unies (ONU) après sa 73e réunion de haut niveau sur le climat et le développement durable en mars dernier. (…)

Les impacts générés par le changement climatique sont directs et indirects, et liés à l’activité humaine, selon les preuves scientifiques. Les écosystèmes naturels sont étroitement liés à cette activité.

Face à cela, plusieurs Etats et Administrations du monde entier ont déclaré l’Urgence Climatique, un total d’environ 800, chiffre en croissance continue depuis que la ville de Darebin, Australie, a déclaré en 2016 pour la première fois cet état d’Urgence Climatique.

Parallèlement à ces prises de position institutionnelles, divers mouvements sociaux et écologiques, les syndicats, les administrations et, bien sûr, l’économie sociale et solidaire (ESS) s’articulent et se mobilisent pour réaliser des actions d’impact qui contribuent au changement de paradigme nécessaire pour affronter cette urgence. L’appel à une grève contre le changement climatique du 27 septembre et les mobilisations prévues pour la semaine du 20 au 27 septembre en sont la preuve, et de nombreux mouvements et organisations travaillent pour faire de ces appels un succès.

Mais quelle signification cela a-t-il de déclarer l’urgence climatique? L’alerte que les mouvements sociaux et environnementaux du monde mettent à l’ordre du jour de l’agenda public a-t-elle la même stratégie pour mettre un terme au changement climatique ?Est-il possible de promouvoir la paix, la prospérité et les Objectifs de Développement Durable dans un monde capitaliste global, basé sur une croissance économique linéaire, qui ne prend pas en compte les limites de la planète ? Les Objectifs de Développement Durable favorisent-ils réellement une Economie Sociale, juste, équitable et démocratiquement radicale dans le monde ?

Une ESS pour la transition éco-sociale

Face à toutes ces questions, les entités qui promeuvent l’écologie au sein de l’économie sociale et solidaire ont leurs propositions. L’ESS fait partie de l’ensemble des économies en transformation qui sont érigées comme un modèle économique alternatif au modèle capitaliste dominant et qui donnent la priorité au bien-être des personnes et de leur environnement. Ils sont donc les plus aptes à apporter une solution efficace pour réduire les impacts socio-environnementaux que notre société a générés et qui sont à l’origine de la situation d’urgence climatique actuelle.

L’ESS comprend une grande variété d’initiatives qui développent une activité économique à partir d’une base collective avec une volonté claire de contribuer à la transformation de notre société, intégrant des critères sociaux et environnementaux dans ses valeurs, son organisation et ses activités.

Au sein de l’ESS, on trouve des formules aussi diverses que des coopératives, des fondations et même des associations, qui incorporent un certain niveau de professionnalisme. Ainsi, le lien avec les mouvements sociaux de base est très étroit, dans la mesure où certaines initiatives naissent de la main de personnes liées à ces mouvements, qui décident de faire un pas de plus pour la mise en œuvre de leurs revendications sociales et environnementales, la réalisation de projets ou services liés à ces revendications ou simplement le développement d’une activité économique avec une approche plus durable.

L’ESS est une pratique économique développée dans différents secteurs de l’économie, tels que : la communication, l’énergie, la mobilité, l’agroécologie, l’alimentation, la consommation, etc. Nombre de ces initiatives sont des exemples clairs de réussite, comme la coopérative de consommation d’énergie renouvelable Som Energia, dont le travail contribue à la lutte contre le changement climatique. Issue du monde universitaire et étroitement liée aux mouvements sociaux, elle compte 60 270 membres. C’est une expérience qui permet aussi de donner aux gens les moyens de consommer des sources d’énergie renouvelables et même de participer à la production d’énergie elle-même, soit dans des installations collectives, soit comme prosommateur.

L’ESS est donc l’occasion de construire des modèles socio-économiques qui contribuent à la transition vers la société post-carbone vers laquelle nous nous dirigeons. Mais il peut y avoir de nombreuses sociétés post-carbone et diverses transitions pour les atteindre. Nous avons besoin que cette transition écologique soit l’occasion de construire des sociétés plus justes, plus équitables et plus démocratiques. Et ce processus de transition doit être rapide, car nous avons peu de temps, et s’il n’est pas mené par l’économie sociale et solidaire et d’autres alternatives, les grandes entreprises le feront.

Mais l’économie sociale et solidaire est-elle prête ? Il est important que le tissu de l’ESS se pose cette question, et considère les transitions comme une grande opportunité pour accélérer et développer ces alternatives qui ont été cultivées depuis des années. Car si nous ne parvenons pas à construire cet espace nécessaire à partir de l’ESS, nous risquons de nous retrouver avec des scénarios indésirables, de plus en plus inégaux et avec une croissance des écofascismes.

Des défis à l’horizon

Nous avons plusieurs défis à relever pour renforcer l’ESS face à la situation d’urgence climatique. Nous devons faire de la transition écologique l’épine dorsale de nos stratégies de promotion et de renforcement de l’ESS, ce qui implique, par exemple, de donner la priorité aux secteurs stratégiques pour la transition.

D’autre part, nous devons orienter l’ESS vers sa croissance, afin de générer des alternatives larges et reproductibles qui peuvent concurrencer les grandes entreprises. De même, nous devons influencer le modèle éducatif et culturel, qui promeut l’individualisme, en encourageant la coopération et la solidarité, et approfondir les liens et les alliances qui peuvent être tissés entre les initiatives économiques transformatrices et les mouvements sociaux qui luttent pour les droits sociaux, l’environnement et les urgences climatiques.

Mais, en plus des actions de transformation quotidienne que nous apportons de l’ESS dans la poursuite de la décarbonisation de nos vies et de nos activités, le grand défi est d’extrapoler ces modèles opérationnels plus écologiques et démocratiques au reste de la société. Et nous devons commencer par les entités sociales, les coopératives et les entreprises de l’ESS elles-mêmes, qui n’ont pas encore intégré une vision plus écologique et plus respectueuse de l’environnement dans leurs activités. C’est d’ailleurs l’un des objectifs pour lesquels est née la Commission Ecologie de la XES (Xarxa d’Economia Solidaria de Catalunya) : “renforcer la dimension écologique de l’économie sociale et solidaire”.

Il y a encore un long chemin à parcourir avec tout l’univers de l’ESS et des mouvements climatiques et, comme nous le soulignons, il faut l’étendre à l’ensemble de la société, étant donné l’urgence du problème et la nécessité d’apporter des réponses à court terme aux urgences climatiques.

Dans ce processus, les prochains appels à la mobilisation pour la justice climatique afin de sensibiliser et de générer le changement de paradigme nécessaire pour passer à une société et une économie décarbonisées seront essentiels. Dans ces mobilisations, nous allons rassembler des entités et des personnes diverses, et les entités de l’Economie Sociale et Solidaire doivent jouer un rôle clé comme moteur de ce changement de paradigme global.

Par conséquent, nous assumons comme nôtre la déclaration d’urgence climatique (en espagnol), et nous appelons à une mobilisation active et une participation massive à la grève mondiale du 27 septembre prochain, ainsi qu’aux activités de cette première vague de mobilisations, prévues depuis le 20 septembre.

Parce que l’économie sociale et solidaire sera durable et équitable ou elle ne le sera pas.
Car ce n’est qu’avec un engagement ferme et clair en faveur d’une économie décarbonisée que nous pourrons voir le monde dans lequel nous voulons vivre.
Nous nous retrouverons sur la Vague !

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