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L’UFISC et ses membres vous donnent rendez-vous à Avignon en Juillet 2019

Cette année encore pendant le festival d’Avignon, l’UFISC propose plusieurs temps forts, rencontres, ateliers et formations les 11, 15 et 17 juillet à la salle ISTS, Ceci dans le cadre de la Maison des professionnels du Spectacle Vivant et du Village des professionnels du OFF, et notamment un temps fort organisé en lien avec le Collectif pour démarche de progrès par les droits culturels et Opale CRDLA-Culture.

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Solidarity Oxford cartographie l’économie solidaire de la ville

Solidarity Oxford est un site web et une carte numérique qui ont été produits dans le cadre du projet pilote Mapping the Solidarity Economy in Oxford de la Solidarity Economy Association.

Oxford (UK) dispose d’un grand nombre d’organisations, de projets et de personnes qui travaillent pour créer une ville juste et durable. Qu’il s’agisse de boutiques d’échange, de cercles de garde d’enfants, de coopératives d’habitation ou de fermes communautaires, nous avons un réseau prospère d’initiatives qui répondent aux besoins de nos collectivités d’une manière qui accorde la priorité aux gens et à notre environnement.

Partout dans le monde, une telle activité est connue sous le nom d’économie solidaire. Dans de nombreuses villes et pays – de New York à Barcelone, du Mali au Brésil – les initiatives d’économie solidaire jouent un rôle fondamental dans la vie des gens.

New York, un groupe de personnes s’est réuni pour créer une carte de leur économie solidaire, et cette carte a contribué à rendre les communautés de leur ville plus connectées, leurs projets et initiatives plus forts, et a aidé davantage de personnes à accéder aux produits et services dont elles ont besoin de manière éthique et durable.

Nous avons cherché à savoir si la création d’une carte à Oxford est tout aussi utile pour nos collectivités.

Une grande partie de la mission de SEA est de renforcer l’économie solidaire au Royaume-Uni et d’encourager un plus grand nombre de personnes à s’informer et à se soutenir dans leur région. Notre projet pilote Mapping the Solidarity Economy in Oxford vise à célébrer ce qui est important dans les communautés de notre ville et à montrer comment les différents projets, initiatives et organisations contribuent à créer un monde plus juste et durable.

Ensemble, nous créons une économie alternative fondée sur la coopération et l’autodétermination, qui donne à chacun les moyens d’agir, indépendamment de sa race, de son orientation sexuelle, de son sexe ou de ses antécédents, et qui a à cœur la santé et le bien-être des gens et de la planète.

Notre vision à plus long terme est également de montrer comment l’économie solidaire qui existe dans les communautés, les villes et les régions du Royaume-Uni fait partie d’un mouvement beaucoup plus vaste de personnes dans le monde entier, qui travaillent toutes à transformer notre système économique en un système qui fonctionne pour tous.

Téléchargez notre rapport sur le projet pilote

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Ce que nous avons appris de la 10e Académie d’ESS de l’OIT
ILO SSE Academy Turin 2019

Par Elena Tzamouranou, DOCK (Grèce)

Plusieurs membres de Ripess Europe ont participé à la 10ème édition de l’Académie de l’OIT sur l’ESS qui s’est tenue à Turin, Italie, du 3 au 7 juin 2019. Nous avons élargi nos connaissances conceptuels et discuté de l’ESS et de l’avenir du travail avec plus de 100 personnes du monde entier responsables de la promotion de l’ESS, notamment des décideurs politiques, des praticiens, des chercheurs et des représentants d’organisations de travailleurs et d’employeurs.

Un aperçu des questions abordées

Le programme très bien organisé et diversifié comprenait des discussions sur les politiques dans différents pays et contextes, les défis et les opportunités, des visites d’étude, mais portait aussi sur la façon dont l’économie sociale et solidaire est liée aux questions sociales et environnementales, telles que les soins, l’économie informelle, verte, rurale et l’égalité des sexes.

Les trois principaux thèmes clés abordés et liés à l’économie sociale et solidaire ont été :

Ce que nous avons appris

  • l’avenir du travail
  • l’approche d’une technologie avec ‘l’humain aux manettes
  • l’inclusion sociale des groupes vulnérables

Bien que chaque séance et discussion comportait des informations et des conclusions utiles, nous avons choisi de nous concentrer sur certains points que nous considérons fondamentaux :

  • Comme on a pu le voir dans plusieurs cas, deux conditions préalables doivent être remplies pour que l’ESS soit visible et se développe au niveau national : une législation adécuate et des instruments financiers porteurs.
  • Le développement de l’ESS au niveau national est significatif mais pas suffisant. Elle nécessite également la participation des autorités locales, car de nombreuses villes connaissent une transition dans leur paysage social et économique. Des exemples des différentes réalités locales sont les villes de : Milan (Italie), Amsterdam (Pays-Bas), Guro (Séoul) et Kef (Tunisie)
  • La question de la définition de l’ESS reste d’actualité et fait toujours l’objet de débats créatifs ! Quatre possibilités de définition de l’ESS ont été évoquées par Marcelo Vieta :

◦ S’adapte au système capitaliste ; comble les lacunes dues à la diminution de l’État et aux inégalités croissantes (vision néolibérale)

◦ Réforme ou atténue le système capitaliste (vision social-démocrate)

◦ Repense et reconfigure la vie socio-économique (vision révolutionnaire)

◦ Activités et atouts communautaires déjà existants, faisant croître l’ESS en tant que pluralité de l’économie dans « diverses économies » (voir : Elgue,2015 ; J.K. Gibson-Graham, 2005 ; Miller, 2010 ; EURICSE ; EMES ; CIRIEC, etc.)

Pour lire notre point de vue sur les convergences et les différences entre les concepts, les définitions et les cadres conceptuels, veuillez consulter la Vision Global de RIPESS (2015):

  • L’importance de l’éducation et de la formation dans l’ESS et dans les matières liées à l’ESS a été soulignée comme un besoin par la majorité des participants à différentes occasions lors de la 10ème Académie de l’OIT.
  • Un autre point est de savoir si le secteur privé pourrait jouer un rôle positif dans la transformation du modèle socio-économique. Quelques exemples de collaboration au-delà des frontières du secteur privé et non privé ont été présentés. De tels exemples pourraient-ils constituer des modèles durables ou dans quelle mesure de telles collaborations sont-elles impératives ?

Conclusion

L’ESS ne garantit pas que tout sera parfait (Jean Fabre) ! En effet, comme nous l’avons souligné à de nombreuses reprises lors de l’Académie de l’OIT, travailler différemment, partager la propriété et l’autogestion est un impératif, mais cela ne change pas à lui seul le paradigme socio-économique. Nous devons déplacer l’attention de l’entreprise vers la communauté et penser d’une manière complètement différente (comme Jason Nardi l’a souligné).

À quoi ressemble une initiative ou une coopérative réussie ? Définissons-nous le succès par le nombre de membres ? Définissons-nous le succès par le bénéfice généré l’année précédente ? La durabilité, ce n’est pas seulement être rentable aujourd’hui, c’est aussi être durable sur les plans économique, social et environnemental. Nous devons redéfinir la réussite. Le succès peut et doit être défini par le changement social, les résultats sociaux et l’impact social de l’activité économique.

De plus, nous devons nous concentrer sur les communautés : sur les besoins du territoire, sur la façon de transformer nos économies dans chaque contexte différent et non nous baser sur un modèle de marché indéterminé. Ce n’est qu’alors que nous pourrons vraiment changer le paradigme d’un paradigme axé sur la croissance et le marché à un paradigme de bien-être communautaire, et c’est là la véritable transformation que nous attendons.

L’académie de l’OIT a été organisée par le Centre international de formation de l’OIT (ITCILO). Partenaires : Le Ministère italien du travail et des politiques sociales et ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale, l’Institut européen de recherche sur l’entreprise coopérative et sociale (EURICSE), le Centre international de recherche en économie sociale et coopérative (CIRIEC) et la Fondazione Italia Sociale.
Pour accéder aux documents de la 10e édition de l’Académie de l’OIT sur l’ESS, veuillez consulter le site de l’Academie.

Conférence internationale de l’UNTFSSE sur le rôle de l’ESS dans la mise en œuvre des ODD
ess_odd

Du 24 au 26 juin 2019, le RIPESS était à Genève (Suisse) pour assister à cette importante conférence internationale où les participants ont discuté les résultats et le rôle de l’Économie Sociale Solidaire (ESS) dans la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD)

Comment l’Économie Sociale Solidaire (ESS) peut-elle contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) ? Les projets locaux d’ESS peuvent-ils avoir un impact sur le développement mondial ? Les réponses à ces questions et à bien d’autres était discutées lors de la Conférence internationale Les membres du RIPESS ont présenté plusieurs communications et organisé la session parallèle « Construire le mouvement ESS du local au global ».

Ce fut l’occasion d’expliquer le modèle de développement alternatif préconisé par le RIPESS, ainsi que le processus de convergence mondiale qui est actuellement promu avec le Forum social mondial des économies transformatrices 2020.

Et puis, nous avons eu deux présentations des membres du RIPESS. Tout d’abord, Yvon Poirier de RIPESS North America a présenté l’étude de cas « Association for Sarva Seva Farms – ASSEFA-India : 50 ans de développement durable ». Vous pouvez consulter le document complet ici

Ensuite, Denison Jayasooria, Président de l’ASEC – RIPESS Asie, a présenté  » Community Forestry Projects in Malaysia : Participation de la population à la mise en œuvre des DSD « . Le document complet est disponible ici

La deuxième journée a débuté par la présentation de Judith Hitchman, présidente d’Urgenci, Community Supported Agriculture around the world et membre du conseil d’administration du RIPESS, intitulée  » How Community Supported Agriculture contributes to the realisation of Solidarity Economy in the SDGs « . Elle a montré les ramifications profondes qui sont possibles dans le secteur spécifique de l’agriculture soutenue par la communauté et les GDS. Le texte intégral de l’article peut être consulté ici.

Lors de la séance de clôture, Judith, Denison et Laura Cicciarelli, membres du RIPESS, ont souligné les principaux messages des deux derniers jours avec l’OCDE et l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD).

Dans l’ensemble, l’évaluation faite lors de la séance de clôture est que, tout au long des deux jours de la conférence, la contribution de l’ESS à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement a été soulignée dans les études de cas présentées.

Pour l’avenir, il a été convenu que l’UNTFSSE, à laquelle le RIPESS contribue activement, transmet des messages du terrain et se prépare à travailler sur une résolution de l’ONU sur le #ESS.

Vous pouvez retrouver les vidéos des différentes sessions #SSE4SDGS sur la page Facebook de l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD).

DOCK (Grèce) devient centre officiel de soutien à l’ESS

Depuis le mois d’avril, DOCK et 16 autres entités de l’ESS de Grèce fonctionnent comme centres officiels de soutien à l’ESS, une action financée par le gouvernement grec et l’UE.

L’objectif principal de cette action est le financement de centres de soutien pour fournir des services gratuits aux personnes ou entités qui souhaitent développer une activité économique dans le domaine de l’ESS, soit en fournissant des informations générales et une documentation d’introduction aux personnes intéressées, soit en apportant un soutien et des conseils personnalisés aux personnes déjà économiquement actives en ESS.

Ayant déjà soutenu dix de ces initiatives et groupes d’ESS au stade de l’idée initiale, l’objectif lors de la mise en œuvre de cette action est de contribuer à rendre l’ESS plus visible en renforçant et valorisant les initiatives et leurs populations.

Elections européennes : la vision de l’Europe, à travers le commerce équitable et l’ESS

Le 10 mai 2019, en collaboration avec Bostani (une communauté de producteurs-consommateurs qui fonctionne dans le cadre d’une production et d’une consommation durables et responsables) et dans le cadre de notre participation aux élections européennes  » Fair Times Campaign « , le membre grec du RIPESS Europe DOCK a organisé la manifestation  » Trade Fair, Live Fair  » à Athènes, un débat public sur la vision européenne, de justice économique et de durabilité environnementale

Les intervenantes invitées, Francesca Guibilo pour la WFTO (World Fair Trade Organisation) et Marketa Vinkelhoferova de Fair&Bio coop / Ripess EU (République tchèque) ont fait part de leur expérience dans ces domaines. Francesca a fait une présentation de l’histoire du commerce équitable et a informé sur la stratégie du WFTO dans la construction d’alliances et de réseaux en Europe et dans le monde, tandis que Marketa a donné quelques exemples et illustré des pratiques dans lesquelles la relation commerce équitable et SSE est de plus en plus présente.

Elles se sont focalisées sur une meilleure compréhension de l’histoire et des progrès du mouvement du commerce équitable en ce qui concerne le développement des réseaux dans différentes pratiques dans le monde, mais aussi sur la manière dont les politiques publiques de production et consommation durables sont appliquées dans le contexte actuel et comment elles devraient évoluer dans l’avenir en Europe.

10e Académie de l’OIT : de l’avenir du travail au changement de l’économie par l’ESS

Par Nora Inwinkl / Solidarius Italia

Du 3 au 7 juin s’est tenue à Turin la 10ème Académie d’économie sociale et solidaire de l’Organisation Internationale du Travail. Elle était co-organisée par l’Organisation internationale du travail, qui célébrait cette année son premier siècle d’existence. Pour ce qui est de l’avenir du travail, il s’agissait d’une occasion offerte aux personnes intéressées ou déjà engagées dans la promotion de l’ESS dans le monde, y compris les décideurs, les praticiens, les chercheurs, les représentants des travailleurs et des organisations d’employeurs, d’échanger sur la nécessité d’influencer l’économie dans une perspective durable. Plus de 100 personnes du monde entier y ont participé (à l’exception de l’Océanie), avec leurs connaissances, traditions, cultures, cadres et besoins différents. Grâce à un partenariat avec les organisateurs, quatre membres du réseau RIPESS Europe du Portugal, de la Grèce et de l’Italie ont pu y assister, ainsi que Beatrice Alain (Chantier de l’économie sociale, Québec) et Jason Nardi (coordinateur RIPESS) qui ont été parmi les intervenants invités.

Le pivot de l’Académie reflétait notre situation du marché et du travail, en se concentrant sur les défis auxquels nous sommes confrontés dans plusieurs domaines : économie, technologie, environnement, changement climatique, démocratie, participation, et autres. Malgré la diversité des participants, tant en termes d’origines que d’orientations professionnelles, tous se sont accordés sur un point spécifique et essentiel : le système dans lequel nous vivons n’est pas du tout durable et les solutions préconisées par les différents gouvernements et les principaux acteurs ne sont pas pertinentes. Pour cette raison, l’Académie a mis en avant plusieurs enjeux importants qui englobent différentes formes d’entreprises et/ou d’organisations de l’ESS (OESS – Organisations de l’économie sociale et solidaire), le cadre juridique existant ou qui pourrait être promu dans différents pays au niveau local et national, les mécanismes et outils financiers, et plus encore.

Le rapport intitulé  » Travailler pour bâtir un avenir meilleur  » rédigé par la Commission mondiale sur l’avenir du travail a servi d’illustration du modèle de travail préconisé. Il s’agit d’un  » agenda centré sur l’être humain pour l’avenir du travail qui renforce le contrat social en plaçant les personnes et leur travail au centre de la politique économique et sociale et des pratiques commerciales « .

Il est important de s’éloigner de l’échelle locale et, en particulier, de l’expertise et des pratiques locales, en mettant en évidence les spécificités de chaque territoire. Au cours de ces cinq jours, de nombreux praticiens ont présenté leurs initiatives et leurs expériences, partageant leurs connaissances et différentes formes d’innovation et recevant plusieurs commentaires et suggestions. Des expériences différentes se sont développées dans des territoires différents mais toutes guidées par des valeurs et des principes similaires, ceux du paradigme de l’ESS, en contraste avec ceux du néolibéralisme.

L’importance des « pratiques » a été soulignée avec les champs d’études organisés lors de la deuxième journée dans les villes de Turin, Ivrea et Cuneo. Elle a donné l’occasion aux participants de découvrir la mise en œuvre de l’ESS à travers des expériences vertueuses.

Il reste encore un long chemin à parcourir et probablement l’une des choses à améliorer est la construction d’un vocabulaire commun et d’un cadre commun pour mettre en œuvre et développer l’ESS d’une manière transversale et transectorielle. Il est important de travailler dans les deux sens : du bas vers le haut, en mettant en œuvre et en soutenant les initiatives locales, et du haut vers le bas, en travaillant avec les autorités locales et nationales pour promouvoir les lois et politiques d’ESS. Ainsi, comme l’a dit un participant lors de la plénière de clôture, nous devons travailler sur « l’ESS dans toutes les politiques ».

 » Vers un nouveau système économique  » : le RIPESS Europe à la 7e Conférence du CIRIEC

Cette année, la conférence du CIRIEC s’est tenue à Bucarest, Roumanie, du 6 au 9 juin 2019 avec un titre ambitieux :  » Vers un nouveau système économique « . Le CIRIEC (Centre international de recherche et d’information sur l’économie publique, sociale et coopérative) est un réseau d’organisations scientifiques et de recherche internationales, créé en 1947.

Dražen Šimleša, notre coordinateur du réseau, a représenté le RIPESS Europe à plusieurs sessions ainsi qu’à la Commission scientifique internationale « Economie sociale et coopérative » du CIRIEC et a pris part à la réunion qui a eu lieu avant l’ouverture officielle du congrès.

C’était une occasion spéciale puisque, pour la première fois, la conférence a été organisée en Europe centrale et orientale, une région du continent qui a ses propres défis et opportunités historiques pour l’ESS, étant donné que l’économie sociale et solidaire apporte un nouveau paradigme de gouvernance fondé sur la démocratie et la participation.

Les participant.es ont discuté du rôle de l’ESS et des défis mondiaux actuels, avec une  » vision transformationnelle « , se concentrant sur des thèmes tels que les entreprises détenues par les travailleurs et l’avenir du travail décent, la durabilité, la souveraineté alimentaire, les écosystèmes de l’ESS – gouvernance, réseaux, visibilité et politiques. Ainsi, un bon endroit pour que le RIPESS soit parmi les 250 autres participants du monde entier.

Nous espérons que cela rapprochera les praticiens et les militants des mouvements sociaux pour l’ESS avec un secteur scientifique qui peut nous soutenir dans ses recherches et analyses.

Voir le programme et certaines interventions ici.

La monnaie locale citoyenne comme contrat économique de quartier

par Jean Rossiaud & Antonin Calderon (Monnaie Léman / APRES-GE)

Dans ce quatrième chapitre de la série que nous avons entamée en octobre, sur le thème des « monnaies locales », après un exposé général des avantages et des défis des monnaies locales à travers l’exemple du Léman (octobre 2018), des pistes de collaborations et des synergies entre monnaie locale et l’agriculture contractuelle de proximité (ACP) (décembre 2018), et de l’intérêt des monnaies locales comme outils de développement des filières économiques agricoles (février 2019), nous vous proposons aujourd’hui de partir non plus des filières, mais des territoires (des quartiers, des villages, etc.) pour construire des circuits courts et nous inscrire collectivement dans la transition.

La crise climatique nous ramène au bon sens en nous rendant attentifs au fait qu’il est absurde d’un point de vue écologique, économique et social de consommer, à Genève ou à Paris, des tomates récoltées en Hollande, mise en boîte en Roumanie et dont les boîtes elles-mêmes ont été produites en Asie du Sud-Est. La libre circulation des marchandises, notamment dans le domaine agricole, a induit la spécialisation économique de régions entières et augmenté la dépendance face aux traders et aux grands distributeurs. La mise en concurrence de tous les territoires du monde produit partout localement une grande vulnérabilité économique et sociale ; elle n’est ni durable écologiquement ni pérenne économiquement. C’est pour cela que nous en revenons aux « circuits courts ».

Il est courant de qualifier de « circuits courts », les circuits de distribution, le plus souvent agricoles, où n’opère qu’un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur, qu’il s’agisse de vente directe (cf. notre article sur les ACP, déc. 2018), ou indirecte.

Aujourd’hui, il y a une demande croissante de « circuits courts », car les consommActeurs et consommActrices que nous sommes désirent protéger leur santé en même temps que leur environnement. Mais historiquement, les circuits courts étaient la règle, notamment juste hors des murs des villes, comme à Genève sur la Plaine de Plainpalais ou à Paris, les villages maraîchers pour approvisionner les halles et les marchés urbains.

Cependant l’idée de « circuits courts », dans sa renaissance contemporaine, renvoie à la représentation du « Small is Beautiful » (de l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher) et de l’auto-organisation territoriale, comme l’imagine Hans Widmer (P.M.) où les « voisinages » sont à la fois des bassins de vie économiques et sociaux « à échelle humaine » et des espaces politiques de gouvernance de communs.

La monnaie locale un outil de révolution douce

Dans cet esprit, l’échelle du quartier (ou du village) est la plus petite échelle où opèrent à la fois : une convivialité partagée, une diversité des lieux d’activités, de détente, de culture, de rencontres, de travail, des services de proximité de qualité, et une gouvernance démocratique des communs.

Dans ce contexte, la monnaie locale (même une monnaie de quartier) fonctionne comme « carte d’identité » d’un projet « politique » collectif pour la relocalisation de l’économie, la valorisation des circuits courts et la responsabilité sociale et environnementale des producteurs, consommateurs et distributeurs (« quand je paie en monnaie locale, je démontre que je suis de celles et ceux qui agissent pour la transition écologique, économique et sociale »). Cette identification au monde de Demain, se fait de manière non conflictuelle avec le monde d’hier. Affirmative plutôt que défensive, cette posture énonce qu’« il existe des solutions immédiates et concrètes aux dérèglements climatiques et aux crises systémiques; je fais ma part, dans un projet collectif ».

Mais la monnaie locale est bien plus que la carte d’identité de la transition. Elle met en place ipso facto les processus économiques, commerciaux et financiers, qui induisent une solidarité mécanique, automatique, machinale entres les producteurs, les distributeurs et les consommateurs (que ceux-ci se connaissent ou s’apprécient ne change rien à l’affaire), produisant une richesse locale collective, qui ne peut s’échapper du territoire donné, et ne peut pas être captée par les marchés financiers hors sol.

Reconstruire les filières du producteur au consommateur, comme nous l’avons proposé dans un article précédent, février 2019, c’est important, mais reconstruire les solidarités économiques territoriales, sur la base des quartiers et des villages, l’est peut-être encore davantage.

Renverser la logique d’achat, de distribution et de vente pour inscrire l’acte économique dans une stratégie collective et de moyen terme est la clé que propose la monnaie locale pour rouvrir la porte de la prospérité territoriale. Et cette option est valable, dans tous les quartiers, où que ce soit sur la planète : tout le monde a un intérêt direct à renforcer les interactions économiques locales, qui vont augmenter les chiffres d’affaires des entreprises et commerces locaux, augmenter l’emploi et les salaires, générer des impôts qui seront réinvestis localement.

Les monnaies locales sont donc des outils idéaux pour rendre l’économie plus résiliente partout, grâce à un maillage serré, transparent et diversifié des acteurs économiques, tout en augmentant la plus-value sociale et environnementale. En sortant de la concurrence généralisée, elles contribuent ainsi à renforcer la souveraineté alimentaire et économique partout, à lutter contre le chômage de masse, à diminuer les inégalités territoriales, et donc les migrations économiques. Solution locale et universelle, la monnaie locale relève en douceur les défis climatiques et socio-économiques globaux.

Du contrat social au contrat économique de quartier

Le contrat social, celui qui depuis Rousseau nous permet de nous penser comme « des communautés de destin » doit être refondé. Les Etats-Nations sont des territoires trop grands pour constituer des bassins de vie, gouvernables comme des communs territoriaux, et trop petits, pour faire face aux défis planétaires. Il s’agit désormais d’articuler les échelles de production et de gouvernance.

Dans cette optique, le quartier peut être considéré comme la brique de base de l’économie planétaire. Mais comme nous ne croyons pas aux vertus de l’autarcie, et que nous nous reconnaissons dans l’universalité de la communauté humaine sur l’ensemble de la planète, nous sommes attachés à l’articulation des bassins de vie, du local au global : là encore différentes monnaies, correspondant à différents échelles territoriales pourraient être un outil intéressant permettant cette articulation. La question à résoudre est celle de leur interopérabilité (1).

Revenons à nos quartiers. Nous pensons donc ici que la monnaie locale constitue le fondement d’un contrat de quartier, qui vise à la souveraineté économique et à la gestion partagée de la prospérité produite.

Mais de quelle économie parle-t-on ? Un réseau de producteurs et de consommateurs locaux, qui décident de travailler ensemble, dès aujourd’hui sur le moyen / long terme, parce qu’ils savent que le système qu’ils cogèrent fidélise leurs clientèles en baissant les coûts de réclame, assure la pérennité de leurs fournisseurs et de la qualité des biens et services achetés, permet une gestion optimale des flux et des stocks et offre des facilités financières (notamment des lignes de crédit de fonctionnement à taux 0, si on adopte un système de crédit mutualisé).

De plus, que nous soyons des consommateurs, des entreprises, des commerces ou des collectivités publiques, la monnaie locale nous oblige à penser les implications de nos achats quotidiens sur notre bien vivre ensemble. C’est la culture de l’économie et de la durabilité qui se réinvente dans le même mouvement.

Les acteurs-types des filières économiques du quartier

Sans vouloir être exhaustifs, nous présentons des acteurs-types qui contribuent à faire des quartiers des lieux de bien-vivre et d’action citoyenne, et qui ont un intérêt immédiat et concret à utiliser la monnaie locale comme catalyseur et articulateur de leurs activités au sein de leur quartier.

Les coopératives d’habitation sont les actrices centrales de la circulation monétaire d’un quartier. Dans un quartier, soit on y habite, soit on y travaille, soit les deux. S’il est possible de payer les loyers pour les logements et les arcades/bureaux en monnaie locale (même partiellement), c’est une bonne partie des revenus des habitants qui se trouve relocalisés dans le quartier, surtout si ceux-ci ont été rémunérés en partie en monnaie locale. De plus, les coopératives peuvent développer des services annexes pour leurs membres, comme le partage de voiture.

Les habitants ont intérêt à pouvoir profiter de commerces de proximité de qualité. Même si pour cela, il faut mutualiser certains frais et imaginer, avec les bailleurs, des péréquations des loyers pour encourager des activités socialement ou écologiquement utiles, mais moins viables économiquement en centre ville.

L’épicerie ou le supermarché participatif et coopératif

Une épicerie ou un supermarché participatif permet de revisiter le concept de commerce de proximité. Les foyers-membres d’une coopérative alimentaire sont appelés à contribuer à hauteur de quelques heures par mois au fonctionnement de l’entreprise (caisse, mise en rayon, stock, livraisons, mais aussi événements pour le quartier, accompagnement de personnes âgées ou avec handicap, etc.) en échange de produits dont la marge prélevée se trouve abaissée grâce à la contribution collective.

La monnaie locale peut concrètement encourager les habitant-e-s et les entreprises du quartier à préférer ce mode de distribution à l’acheminement classique des produits agroalimentaires. Parallèlement, des contrats se concluent entre collectifs de paysans et épiceries, afin de pouvoir coordonner les plans de culture (production adaptée et variée) sans « contraindre » les consommateurs dans leur choix. Cette vision est en lien directe avec celle de l’agriculture contractuelle de proximité (ACP, AMAP), à la différence que le contrat est décalé du producteur au distributeur, diluant la contrainte de choix sur la communauté et non plus l’individu.

L’auberge du quartier a comme particularité de proposer des repas préparés par des habitant-e-s, coordonnées par un-e aubergiste professionnel-e. Chaque habitant-e intéressé.e par le concept s’inscrit pour participer à l’élaboration d’un repas. Avec le nombre de personnes, les contributions sont très espacées, mais un repas de qualité est proposé chaque jour, à un prix très accessible et dans un esprit convivial. Un quartier a besoin d’artisans : boucher, cordonnier, fromager, boulanger, etc. Dans les villes modernes, ces artisans ont progressivement disparu au profit de grandes entreprises proposant ces services à moindre coût, mais cette situation a induit une perte en matière de convivialité et de qualité de vie. Il est possible d’aider la redynamisation des métiers de proximité grâce à la monnaie locale.

Une fois encore, en effet, l’utilisation de lignes de crédit en monnaie locale (crédit mutualisé) par les artisans est possible pour une partie de leur salaire, le paiement de leur loyer et le remboursement des investissements (installations, machines), pour autant que les membres de la communauté de paiement en question l’acceptent. Les artisans peuvent ainsi descendre en négatif jusqu’à leur limite « plancher » dans les premiers mois ou années d’exploitation, puis remonter petit à petit, au moment où les recettes le permettent.

La même logique mutualiste peut s’applique aux bibliothèques d’objets et d’outils ou aux ressourceries, qui valorisent les déchets, en compost ou en fil plastique pour imprimante 3D. Les sources de revenu pour ces nouveaux métiers de la récupération, de la réparation, de la réutilisation, de la réinvention et du recyclage (les 5 R de l’écologie industrielle et de l’économie circulaire) peuvent être très importantes pour les quartiers.

Dans ce contexte, les collectivités publiques ont un intérêt évident à repenser leurs achats en fonction d’une logique de proximité. En renforçant le présence d’entreprises sur leur territoire, elles obtiennent davantage de rentrées fiscales, et en même temps remplissent plus aisément leurs missions de politiques publiques en matière de promotion économique, de solidarité sociale et de lutte contre le réchauffement climatique (impact carbone).

Le contrat économique de quartier serait – dans cet esprit – le moment où ces différents acteurs se mettent autour d’une table et calculent ensemble les flux inter-entreprises qui pourraient s’effectuer en monnaie locale, et qui constitueraient la trame de fond de ce filet économique de proximité, celui qui donne du travail au plus grand nombre en produisant davantage de richesse collective. Sur cette base, il serait même possible d’imaginer une coopérative intégrale (qui intégrerait la comptabilité des heures de bénévolat), et qui pourrait générer un revenu universel… mais cela serait l’objet d’au moins deux prochains chapitres.

(1) Sur le plan technique, nous avons résolu la difficulté : notre portefeuille multi-monnaie, Biletujo (portemonnaie en Esperanto), permet l’interopérabilité. Mais comment établir un « taux de conversion », un taux de change entre monnaies locales citoyennes, , sans retomber dans le système monétaire actuel, qui fait de la monnaie une marchandise sur laquelle il est toujours possible de spéculer ? Ce sera l’objet d’un prochain épisode dans la poursuite de cette série.

TAPAS – There Are Platforms as AlternativeS

Le projet TAPAS est un programme de recherche financé par le ministère français du Travail et le ministère des Solidarités et de la Santé, dirigé conjointement par le CEPN (Centre d’économie et de gestion de l’Université Paris 13 – UMR CNRS 7234) et l’association, Coop des Communs.

Créée en 2016, La Coop des Communs regroupe des praticien.nes du commun, de l’ESS, des chercheur.euses et des acteurs publics. Son objectif est de contribuer à la construction d’un écosystème favorable à l’éclosion de communs. « Alliés, Communs et ESS peuvent former, non des solutions résiduelles, mais de véritables piliers d’un développement soutenable dans une vision plurielle de l’économie » (Extrait du rapport d’activité 2017). La Coop des Communs est organisée en groupes de travail, parmi lesquels figure le groupe Plateformes en Communs. Ce dernier s’est constitué autour de plateformes numériques ouvertes sur les pratiques coopératives, et afin « d’associer un ensemble d’acteurs, en émergence ou existants, partageant ces valeurs, au sein d’une communauté ouverte » d’une part et de « construire une boîte à outils mutualisée, à visée opérationnelle et permettant l’appropriation des nouvelles possibilités de pair à pair offertes par le numérique » (Extrait du rapport d’activité 2017). Le groupe se donne pour objet de créer, animer et outiller la communauté de plateformes structurées autour d’une charte éthique fondée sur cinq principes : gouvernance inclusive, partage équitable de la valeur, éthique des données, production de communs, coopération entre les membres.

Le projet met au centre des analyses l’étude empirique de neuf plateformes de l’ESS, analysant les mécanismes de fond de l’économie sociale et solidaire qu’elles développent. Le travail théorique permettra de proposer une typologie des plateformes collaboratives en fonction des modèles économiques sur lesquels elles sont assises et des modes de traitement des contributeur.trices au fonctionnement de la plateforme qu’elles proposent. L’accent sera mis sur la conjugaison de ces deux dimensions ainsi que sur les solutions et innovations socioéconomiques permettant de dépasser les obstacles rencontrés par les acteurs. La description du projet est en français mais les résultats seront également disponibles en anglais.

Voir le projet : https://cepn.univ-paris13.fr/tapas/

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