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Renforcer l’agriculture de proximité avec les Monnaies Locales
wikipedia

par Gaëlle Bigler (FRACP / URGENCI) & Jean Rossiaud (Monnaie Léman / APRES-GE)

Dans le dernier numéro de la Newsletter du RIPESS-Europe, nous vous proposions d’ouvrir une section / un blog régulier sur le thème des « monnaies locales », consacrée à l’exposé des avantages et des défis de cet outil au service de l’économie sociale et solidaire et des enjeux qui se posent tant sur le plan local qu’international à son développement. Nous prenions aussi le risque d’articles plus long, permettant d’aborder un peu plus en profondeur ce sujet à la fois nouveau et complexe. Le premier article portait sur l’exemple du Léman, la monnaie du bassin de vie franco-suisse autour du lac Léman, son fond de garantie et son système de crédit mutuel, ses billets et sa blockchain.

L’idée est de partir de notre expérience de terrain, pour imaginer comment construire, tant sur le plan transnational, que dans d’autres contextes géographiques locaux, toujours différents, des synergies entre des secteurs de l’ESS et les monnaies locales : la monnaie locale pouvant servir d’instrument à la fois pour construction de filières économiques (agricultures, informatiques, construction, etc.) et pour la promotions des échanges entre filières de l’ESS, et entre celles-ci et les collectivités publiques.

Dans ce numéro, Gaëlle Bigler et Jean Rossiaud ont co-rédigé ce deuxième article posant les bases d’une réflexion sur la pertinence de l’utilisation de monnaies complémentaires dans le développement d’une agriculture agroécologique, en partant de leur propre terrain, la Suisse romande.

***

Comme présenté dans l’article précédent, à l’instar de bien d’autres monnaies locales, le léman a été créé pour répondre localement à deux crises systémiques globales contemporaines : la crise financière et la crise climatique. La monnaie citoyenne a pour but de donner une véritable identité territoriale à l’économie dite de la transition, une économie post-extractiviste (post-carbone, post-nucléaire) et post-spéculative. Elle propose une solution immédiate et concrète pour relocaliser la production et la consommation et les orienter vers davantage de durabilité. En effet, elle favorise le développement d’un réseau denses d’entreprises, de commerces, de consommateurs et de collectivités publiques qui partagent ces principes, cette éthique et les idées de citoyenneté et d’engagement. Comme le disait un porte-parole de l’Eusko : quand vous sortez votre billet d’Eusko pour payer, c’est la « carte d’identité de la transition » que vous exhibez. Consommer au plus proche de chez soi, des aliments sains, dont on connaît la provenance, que nous avons peut-être contribué à produire ou à distribuer est une action qui gagne à être intégrée et articulée dans une perspective économique et financière plus large.

Depuis 2008, la Fédération Romande des ACP (FRACP) réunit une trentaine d’initiatives de toute la Suisse francophone. A l’origine « ACP » désigne l’Agriculture Contractuelle de Proximité, et par extension, ACP est utilisé pour toute initiative, association ou coopérative qui entre dans une démarche de partenariat entre un groupe de citoyens et des producteurs locaux pour un engagement social, économique et solidaire. Cet engagement réciproque, permet de recevoir, en général chaque semaine, les produits pour lesquels vous avez signé un contrat. C’est un système de vente en circuit-court, sans intermédiaire entre producteur et mangeur.

Les missions de la FRACP sont de rassembler, c’est-à-dire de renforcer les liens entre ACP ; d’accompagner, c’est-à-dire de partager les connaissances ; de soutenir les nouvelles ACP et celles en difficulté et de promouvoir, c’est-à-dire de sensibiliser et de défendre le modèle des ACP auprès du public et des autorités politiques.

Depuis quelques années la FRACP est membre actif du réseau international Urgenci pour l’agriculture soutenue par les citoyens. En effet les modèles développés en Suisse correspondent à la définition élaborée en commun par les membres d’une vingtaine de pays : L’agriculture soutenue par les citoyens (ASC) est un partenariat fondé sur des rapports humains directs entre des consommateurs et un ou plusieurs producteur(s), où les risques, responsabilités et bénéfices du travail agricole sont partagés dans le cadre d’un engagement mutuel sur le long terme.

Le réseau Urgenci est, lui-même, très actif dans le mouvement pour la souveraineté alimentaire et dans la promotion des partenariats locaux et solidaires, notamment au sein du Réseau Intercontinental de Promotion de l’Economie Sociale et Solidaire. 

Cet engagement pour le développement d’une agriculture locale, écologique, sociale, solidaire et à taille humaine pour assurer la souveraineté alimentaire, a amené la FRACP à participer à différents événements au niveau local, comme la journée de réflexion coordonnée par le programme Nourrir la Ville de Genève, à la campagne pour ajouter un article sur la souveraineté alimentaire dans la constitution suisse ; et au niveau international : participation à la rédaction d’un ouvrage sur les partenariats locaux et solidaires, co-rédaction de la Déclaration Européenne de l’Agriculture soutenue par les citoyens …  

Parmi les différentes thématiques de travail, autant au niveau local qu’au niveau international, se pose la question du développement des filières. Comment intégrer les boulangers, les bouchers et les autres artisans travaillant en amont ou en aval de la production agricole au sein des ACP ? Comment mieux intégrer les mangeurs, les décideurs politiques et les transformateurs à notre démarche, ce qui revient à se demander comment renforcer une économie sociale et solidaire dans notre territoire. Et c’est là que la monnaie locale est à envisager comme un outil simple et efficace pour répondre à cet ensemble de questions.

La monnaie locale offre des solutions qui répondent aux préoccupations des ACP :

  • les mangeurs que nous sommes sont également des citoyens et des acteurs économiques qui ont tout intérêt à renforcer la cohérence de leur démarche.

  • Les producteurs, les transformateurs et les revendeurs de type épicerie ont également tout intérêt à démontrer leur adhésion à la transition agricole et solidaire en acceptant la monnaie locale. Signer la charte d’adhésion leur permet de figurer sur une carte géoréférée et augmenter ainsi leur visibilité, face à un public grandissant de consommActeurs responsables.

  • Les collectivités publiques ont tout intérêt à conserver sur leur territoire des entreprises agricoles, artisanales ou des petites entreprises transformatrices, qui contribuent à la vie sociale et font rentrer des impôts locaux.

D’un point de vue financier, la monnaie locale multiplie votre capacité d’action sur le système que vous cherchez à promouvoir et crée davantage de richesse :

  • Quand vous changez 100 euros en monnaie locale, vos 100 euros vont grossir le fond de garantie, mis à disposition des investissements pour l’économie de la transition. De fait, vous avez épargné 100 euros pour des projets d’intérêt collectif et vous avez reçu de quoi consommer pour 100 euros en produits locaux, souvent de bien meilleure qualité que les produits industriels.

  • La vitesse de circulation d’une monnaie locale est estimée de 5 à 6 fois supérieure à la vitesse de circulation d’une devise ; c’est à dire qu’elle produit 5 à 6 fois plus de richesse dans l’économie réelle.

Ensuite, la monnaie locale  diminue votre participation involontaire ou parfois inconsciente au système économique mondial que vous trouvez souvent délétère : il est impossible de spéculer avec des euskos, des Bristol Pounds ou des lémans sur les marchés financiers de New York ou de Hong Kong, tandis qu’avec votre argent sur votre compte bancaire, c’est ce qui se fait constamment. Votre banquier prend alors plus de risque avec votre argent et contribue, par la recherche constante du rendement financier, à la surproduction et la surconsommation planétaire, qui détruisent la planète autant que les sociétés. Tout ce que vous chercher à contrecarrer en mangeant local et sain.

Par ailleurs, la monnaie locale, parce qu’elle ne peut pas être rechangée sans frais en devise oblige à rechercher des fournisseurs et à donc à intégrer les filières. Et c’est cela qui est le plus important. En stimulant la construction d’un réseau bien dense d’entreprises locales, les bassins de vie sont très résilients aux crises systémiques comme la crise de 1929 ou celle de 2008. Ces crises financières ne deviennent des crises économiques principalement parce qu’elles assèchent le crédit. Sans liquidité, plus de possibilité de payer ses fournisseurs, impossibilité de produire pour ses clients, et de répondre à une demande pourtant solvable, et faillites en série de filières entières de l’économie. Il n’y a qu’à étudier les crises argentine ou grecque pour s’en convaincre.

La monnaie locale lorsqu’elle fonctionne comme le Léman en crédit mutualisé permet à chaque entreprise d’avoir en permanence des lignes de crédit ouvertes automatiquement en cas de crise de liquidité. De plus, en cas de surplus de stock, c’est le même réseau qui peut être activé pour le déstockage.

Voilà pourquoi, la monnaie locale est un excellent outil pour renforcer la solidarité mécanique dans les filières, de la graine au pain, de la fourche à la fourchette, de l’orge à la pinte dans notre bistrot favori.

L’ESS est trop souvent encore cloisonnée. Chacun cultive son jardin et engrange ses bonnes pratiques dans des silos bien hermétiques. Pourtant l’économie, par définition, fait système. Et tout système n’est bon, parce qu’il fait système. A nous de construire un système écologique, social et solidaire qui nous permette de produire toujours plus de produits sains au plus près de chez nous.

C’est dans cet esprit que le léman et la FRACP démarrent une réflexion sur des collaborations et des synergies à développer entre monnaies locales et alimentation durable. Voici les premières thématiques que nous avons identifiées :

  • réflexion en termes de filière, pour chaque type de produit agricole : de la semence à la production, de la production à la transformation, de la transformation à la distribution, de la distribution à la consommation,

  • réflexion dans le cadre du Programme « Nourrir la ville » / Eating Cities : partir des territoires de quartiers et des communes pour construire les circuits courts et s’inscrire dans la transition,

  • réflexion à mener sur l’implication des collectivités publiques à la fois comme acteurs économiques dans les circuits courts ; et en tant que pouvoir public, dans le cadre des politiques publiques dans les domaines agricole, de la promotion économique, de l’alimentation et de la santé (cantines), du développement durable, et de la fiscalité.

  • rôle du porte-monnaie multi-monnaies, Biletujo (porte-monnaie en esperanto), pour l’importation de produits élaborés dans d’autres territoires, ou l’exportation de prodduits typiquement d’ici.

  • réflexion sur l’importance de travailler en réseau et d’ancrer cette réflexion dans le cadre institutionnel de l’ESS, et sur le plan international avec le RIPESS, mais également au-delà, en s’adressant à des acteurs économiques qui ne se reconnaissent pas dans l’ESS, mais qui en partagent pourtant la philosophie en œuvrant à la transition agricole, énergétique et économique.

Nous reprendrons assurément ces réflexions dans un prochain article. Vos remarques et questions en orienteront le contenu.

 

Conférence sur la Bonne Alimentation, Zagreb

Notre conférence sur la Bonne Alimentation a été organisée à Zagreb, devenant un événement de plusieurs jours — du 13 au 16 octobre 2018 — pour tous ceux et celles qui s’intéressent à une alimentation saine et de qualité, un modèle durable pour prendre soin du sol, la production d’aliments biologiques, les groupes alimentaires solidaires citoyens, la culture et l’échange de semences locales.

Tout d’abord, jeudi, la Coopérative pour une bonne économie a utilisé son panier vert hebdomadaire habituel pour faire entendre sa voix et susciter l’intérêt pour une campagne sur la bonne alimentation et la bonne agriculture. Vendredi, nous avons organisé dans le cinéma de la ville une projection publique d’un film sur la politique des semences et l’activisme. Le samedi a été la journée principale de la conférence, au cours de laquelle plus de 100 participants ont discuté et débattu des sujets mentionnés ci-dessus. De plus, nous avons organisé une foire d’échange de semences et un forum régional d’activisme alimentaire pour les gens de Serbie, Macédoine, Bosnie-Herzégovine et Croatie. Il est également intéressant de mentionner comment nous avons présenté à la conférence notre grande campagne et notre projet Banque de Semences Communautaire Croatie et nos partenaires de l’Arche de Noé ont expliqué les règles et les opportunités des semences biologiques fournies par la nouvelle directive européenne sur l’agriculture biologique.

Le lendemain, à notre écovillage, a eu lieu un atelier pratique sur la culture du sol avec des méthodes de compostage innovantes et enrichies pour 20 participants. Au total, 150 personnes ont participé à toutes les activités.

Le Pacte de croissance sur l’ESS: pas convainquant
décembre 14, 2018
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Communiqué commun Collectif des Associations Citoyennes / Mouvement pour l’Économie Solidaire
La présentation du plan du gouvernement français pour le « développement de l’ESS  » n’a pas convaincu les acteurs de terrain qui ont publié en commun une tribune pour faire savoir pourquoi ce plan ne correspond pas à leurs attentes.
« S’opposer sans se massacrer »: une proposition convivialiste
décembre 14, 2018
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Par Josette Combes.

Orchestrée par les membres du Club convivialiste, lui-même composé de deux cents intellectuels appartenant à divers réseaux scientifiques, universitaires, militants ont lancé Ah! Une nouvelle initiative de convergence « contre la folie des grandeurs, de l’argent, du pouvoir ou de l’idéologie » vient de paraître. Les mêmes Convivialistes viennent de publier dans l’Obs leur proposition de programme pour les Gilets Jaunes, le mouvement social qui agite l’actualité française depuis quatre semaines. On retiendra les quatre principes emblématiques des Convivialistes :

– le principe de commune humanité s’oppose à toutes les discriminations

– le principe de commune socialité affirme que la première richesse pour les humains est celle des rapports sociaux qu’ils entretiennent, la richesse de la convivance

– le principe de légitime individuation pose le droit de chaque humain à être reconnu dans sa singularité

– le principe d’opposition maîtrisée et créatrice affirme qu’il faut «s’opposer sans se massacrer» (M. Mauss).

http://www.lesconvivialistes.org

Rencontre Erasmus à Timisoara
orangesmile.com

Par Josette Combes.

Un projet Erasmus faisant suite au précédent centré sur l’inclusion de l’ESS dans les programmes de formation initiale et professionnelle réunit plusieurs membres du RIPESS Europe : CRIES (Roumanie), DOCKS (Grèce), MES (France), Solidarius (Italie), Technet (Allemagne) sous la coordination de APDES ( Portugal) et avec la contribution du RIPESS Europe. La première rencontre transnationale a eu lieu à Timisoara accueillie par le CRIES. Les projets européens font également l’objet de restrictions budgétaires à l’initiative en l’occurrence de l’Agence portugaise. La rencontre a été largement dédiée à l’ajustement du programme initialement prévu aux coupes faites dans le budget.

Le projet se déroulera sur trois ans. Ses objectifs sont les suivants:

  • Fournir des programmes d’études pour renforcer les compétences des formateurs des programmes d’insertion des jeunes sans emploi ni qualification.
  • Proposer l’ESS comme une innovation sociale-culturelle, interdisciplinaire porteuse d’occasions d’emploi notamment pour les personnes qui en sont les plus éloignées.
  • Sensibiliser sur l’ESS comme un secteur pourvoyeur d’emploi et un secteur intéressant en terme d’investissement professionnel et humain, en commençant par sensibiliser l’enseignement professionnel initial et continue, dans un cadre de développement local.

Chaque partenaire devra trouver des territoires de partenaires/parties prenantes/localement appartenant aux macro-régions différentes, qui sont disponibles pour s’impliquer dans le projet afin d’expérimenter les modules et participer à leur diffusion.

Le projet dans sa dernière année produira des outils de transmission et de communication dont une vidéo dans le but de promouvoir et disséminer la démarche à l’échelle européenne.**

Les projets communs sont un excellent support d’intercoopération entre les membres et de renforcement des actions sur les territoires grâce à la mise en circulation des savoirs et des compétences présents dans les organisations de chaque pays.

(** Pour info, les bibliographies recommandées pour chacun des modules IVET de la première étape se trouvent désormais sur socioeco.org

Ouverture de quatre nouveaux projets de coopératives de femmes dans la Fédération démocratique du nord de la Syrie (Rojava)

Co-operation in Mésopotamia est l’un des projets majeurs et les plus réussis de la Solidarity Economy Association (SEA) Son objectif est d’encourager la solidarité internationale et la formation continue sur l’économie coopérative largement dirigée par les femmes qui se développe, malgré la guerre en cours, dans la Fédération démocratique du nord de la Syrie, communément appelée Rojava.

Le projet a commencé avec un accent sur la recherche, la traduction et l’éducation, et au cours des trois dernières années, SEA a partagé plus de 300 articles sur le site Web, organisé environ 30 ateliers dans tout le Royaume-Uni, et développé des relations solides avec de nombreux partenaires, y compris les organismes économiques des femmes à Rojava, ainsi que les coopératives et organismes coopératifs au Royaume-Uni. Le projet a reçu un engagement extrêmement positif, et le mouvement coopératif britannique est maintenant beaucoup mieux informé au sujet de son homologue à Rojava.

Voici l’article du 23 octobre 2018

Ouverture de quatre nouveaux projets de coopératives de femmes dans la Fédération démocratique du nord de la Syrie (Rojava)

Plusieurs nouveaux projets de coopératives de femmes ont vu le jour dans la région de Jazira de la Fédération démocratique du nord de la Syrie (Rojava).

Les projets sont axés sur l’agriculture, l’élevage, l’alimentation et l’habillement, et contribueront encore davantage à la prospérité économique des femmes dans la région. Elles sont situées dans la ville de Hesekê et ont été élaborées par le Comité des femmes de la Direction de l’économie de Hesekê.

Les projets sont menés en coopération et comprennent :

  • Une ferme laitière dans le village El Silêymaniyê de Hesekê, construite par 11 femmes et active depuis le 1er septembre. Duha Mihemed, l’une des femmes impliquées dans le projet, a déclaré que c’était important pour l’esprit de partenariat et pour prévenir la fraude commerciale.
  • La cuisine Inanna, qui a ouvert ses portes dans le village El Kelase de Hesekê, où les femmes préparent des aliments pour l’hiver et les vendent bien en dessous des prix du marché, et préparent des repas quotidiens. L’un des partenaires du projet, Zêneb Umer, a déclaré qu’ils allégeaient un peu le fardeau des femmes.
  • La boulangerie Ishtar  dans le quartier El Nasre, ouverte par 8 femmes

Le Comité des femmes a également soutenu le développement de l’agriculture à Hesekê en distribuant la majeure partie des terres arables de la région à 300 femmes. Ces femmes ont commencé à produire des récoltes dans ces parcelles, et des puits seront également créés dans les jours à venir.

De plus, des génératrices ont été installées le long de plusieurs rues de la ville, fournissant de l’électricité à 130 maisons chacune.

L’administratrice du Comité des femmes, Cewhera Mihemed, a déclaré qu’elle lance de nouveaux projets pour développer l’économie des femmes dans la région par le biais des coopératives.

Córdoba (Espagne): Rencontre des Economies transformatrices (6-7 décembre, 2018)
The Telegraph

La RENCONTRE INTERNATIONALE DES ECONOMIES TRANSFORMATRICES a eu lieu les 6 et 7 décembre à Cordoue.

Le IIIème Congrès d’Economie Solidaire annoncé préalablement pour ces dates s’est transformé en un rendez-vous ouvert aux expériences d’autres pays grâce à la volonté des promoteurs de donner à cet espace une plus grande dimension, qui inclut des références internationales et met en relation les économies en mutation avec une perspective transnationale.

Organisée par REAS Andalucía et l’Université de Cordoue, la rencontre se concentrera sur l’analyse, la diffusion et la mise en relation de pratiques économiques transformatrices qui sont non seulement possibles et alternatives, mais qui pour beaucoup sont déjà en cours de mise en œuvre et capables de démontrer la validité des propositions qui placent les personnes au centre de leur développement en tant que protagonistes économiques. Reliées les unes aux autres parce que nous partageons des valeurs et une éthique commune qui prévaut sur l’intention de profit, les économies ransformatrices se réuniront à Cordoue à la fin de l’année pour s’engager avec les agents de l’ESS, les administrations publiques, les ONGs et les secteurs en développement, les entrepreneurs, et les personnes intéressées à faire de l’économie un moteur du changement social vers une coexistence plus humaine, une distribution plus juste et un monde évolué basé sur la durabilité environnementale et le souci pour la vie.

Plus d’ info sur:
Área de Cooperación y Solidaridad – Universidad de Córdoba
formacion.desarrollo@uco.es – (+34) 957 21 20 29
www.economiasolidaria.org/encuentro2018

Un expert de l’ONU sur la pauvreté met en garde contre le tsunami de la privatisation incontrôlée

Extrait du displaynews des Nations Unies

NEW YORK (19 octobre 2018) – La privatisation généralisée des biens publics dans de nombreuses sociétés élimine systématiquement la protection des droits de l’homme et marginalise davantage les personnes vivant dans la pauvreté, selon un nouveau rapport.(en anglais)

Philip Alston, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, a critiqué l’ampleur avec laquelle la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et même l’ONU elle-même ont activement encouragé la privatisation généralisée des services de base, sans tenir compte des implications en matière de droits humains ni des conséquences pour les pauvres. Il a également critiqué les groupes de défense des droits de l’homme qui n’ont pas réagi assez vigoureusement face aux défis qui en résultent.

« La privatisation de la justice pénale, de la protection sociale, des prisons, de l’éducation, des soins de santé de base et d’autres biens publics essentiels ne peut se faire au détriment de la protection des droits « , a déclaré M. Alston.

« Les États ne peuvent pas se soustraire à leurs obligations en matière de droits humains en déléguant des services et des fonctions de base à des entreprises privées dans des conditions qui, ils le savent, porteront atteinte à ces droits pour certaines personnes.

Il a noté que si  » les partisans présentent la privatisation comme une solution technique pour gérer les ressources et réduire les déficits budgétaires, elle est en fait devenue une idéologie de gouvernance qui dévalorise les biens publics, les espaces publics, la compassion et une série d’autres valeurs qui sont essentielles pour une société décente.

« Alors que les partisans de la privatisation insistent sur le fait qu’elle permet d’économiser de l’argent, d’améliorer l’efficacité et d’améliorer les services, les faits du monde réel remettent souvent en question ou contredisent ces affirmations « , a déclaré M. Alston.

La privatisation repose sur des hypothèses fondamentalement différentes de celles qui sous-tendent le respect des droits de l’homme, comme la dignité et l’égalité, a-t-il dit. Il donne inévitablement la priorité au profit et met de côté des considérations telles que l’égalité et la non-discrimination. Les détenteurs de droits sont transformés en clients, et ceux qui sont pauvres, nécessiteux ou en difficulté sont marginalisés ou exclus. Les critères relatifs aux droits de l’homme sont absents de presque tous les accords de privatisation, qui comportent rarement des dispositions prévoyant un suivi durable de leur impact sur la prestation de services et sur les pauvres.

« Les mécanismes actuels de responsabilisation en matière de droits de l’homme sont clairement inadaptés pour faire face aux défis d’une privatisation à grande échelle et généralisée », a déclaré M. Alston. « La communauté des droits humains ne peut plus ignorer les conséquences de la privatisation et doit reconsidérer radicalement son approche. »

Les acteurs des droits de l’homme devraient commencer par reprendre le haut niveau moral et réaffirmer le rôle central de concepts tels que l’égalité, la société, l’intérêt public et le partage des responsabilités, tout en contestant l’idée que la privatisation devrait être l’approche par défaut. « La communauté des droits de l’homme doit mettre au point de nouvelles méthodes pour faire face systématiquement aux implications plus larges de la privatisation généralisée et veiller à ce que les droits de l’homme et la responsabilité soient au centre des efforts de privatisation « , a déclaré Alston.

Il semble qu’il n’y ait pas de limites à ce que les États ont privatisé, a-t-il dit. Partout dans le monde, les institutions et les services publics ont été repris par des entreprises privées qui se consacrent à tirer profit des éléments clés des systèmes de justice pénale et des prisons, à dicter les priorités et les approches éducatives, à décider qui bénéficiera des interventions de santé et de la protection sociale et à choisir les infrastructures à construire, où et pour qui, souvent avec des conséquences graves pour les plus marginalisés. « Il existe un risque réel que les vagues de privatisation qui se sont succédées jusqu’à présent soient bientôt suivies d’un véritable tsunami », a déclaré M. Alston.

La privatisation de la protection sociale conduit souvent à mettre l’accent sur des préoccupations d’efficacité économique qui visent à réduire au minimum le temps passé par client, à clore les dossiers plus tôt, à générer des honoraires chaque fois que cela est possible et à s’occuper de ceux qui sont mieux lotis, poussant à la marge ceux qui ont moins de ressources et des problèmes plus complexes.

Commerce équitable et économie solidaire, des valeurs partagées
novembre 22, 2018
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Integrante del Co

El Salto Diario, blogs, article du 30 octobre 2018 par Coordinadora estatal del comercio justo

Récemment, à l’occasion du troisième anniversaire de l’adoption des Objectifs de Développement Durable par les Nations Unies, nous commerce équitable avons  présenté notre nouvelle Charte. C’est un texte dans lequel nous actualisons et réaffirmons nos principes et nos valeurs, et revendiquons la pertinence de ce mouvement d’économie solidaire face à l’augmentation scandaleuse des inégalités et de la dégradation de l’environnement.

Dans la nouvelle Charte (en espagnol et en anglais), qui a été approuvée par plus de 400 organisations dans le monde, le mouvement du commerce équitable dénonce l’échec du système néolibéral actuel, un modèle qui accroît les inégalités et la pauvreté. Face à cela, et face à l’utilisation intéressée et mal interprétée du terme commerce équitable par certains dirigeants politiques (voir Trump..), nous, le mouvement du commerce équitable, réaffirmons clairement ses valeurs, principes et pratiques. Avec la nouvelle Charte, le commerce équitable veut définir la direction dans laquelle il veut aller de l’avant. Et nous savons que, dans cette direction, nous allons rencontrer d’autres mouvements, d’autres groupes de personnes, d’autres revendications avec lesquelles nous avons beaucoup en commun.

L’un d’entre eux est l’économie solidaire. En effet, le commerce équitable est l’un des mouvements qui composent cette vision de l’économie qui fait des personnes, de l’environnement et du développement durable une référence prioritaire par rapport aux autres intérêts », comme on peut le lire dans la Charte de l’économie solidaire.

Les deux mouvements partagent également l’importance de redonner à l’économie son véritable but, c’est-à-dire celui de « fournir de manière durable les bases matérielles du développement personnel, social et environnemental de l’être humain ». De même, le commerce équitable face à la spéculation, les pratiques telles que les marchés à terme, les transactions commerciales sans produits, les stratégies financières qui ne cherchent que le profit économique au détriment de ceux qui les produisent, défendent le commerce comme un véritable échange de marchandises, est davantage une interaction entre les personnes basée sur le respect, la transparence et le dialogue. Bref, un commerce et une économie pour la vie, pour garantir une vie meilleure pour tous. Le commerce pour vivre, et non vivre pour faire du commerce.

Les six principes sur lesquels repose l’économie solidaire (en espagnol) sont étroitement liés à ceux du commerce équitable. Voyons voir.

Le premier des principes de l’économie solidaire est celui de l’équité, définie comme la  » valeur qui reconnaît tous les êtres humains comme sujets d’égale dignité et protège leur droit à ne pas être soumis « . (…) Une société plus juste est une société qui tient compte des différences entre les individus et les groupes. » Ce principe d’économie solidaire trouve sa concrétisation dans le commerce équitable dans son premier principe, qui souligne la situation désavantageuse dans laquelle se trouvent de nombreuses organisations de producteur.rices et repose sur l’idée qu’il est nécessaire de prendre en compte cette situation dans les relations commerciales afin de ne pas générer des situations d’abus de pouvoir ou d’exploitation.

L’économie solidaire établit comme deuxième valeur celle du travail compris comme  » un élément clé de la qualité de vie des individus, de la communauté et des relations économiques entre citoyens, peuples et Etats « . En ce sens, l’économie solidaire souligne l’importance de la dimension humaine, sociale, politique, économique et culturelle du travail qui permet de développer les capacités des personnes.

Le commerce équitable inclut également le travail selon cette même philosophie, en tant qu’élément qui doit garantir une vie digne. Un travail qui est aussi compris comme une façon de participer à la société. C’est particulièrement important pour les femmes. Le commerce équitable encourage leur travail dans les organisations et leur participation à la prise de décision. Dans de nombreux pays et communautés où la majorité des femmes vivent reléguées à l’espace domestique et familial, favoriser leur activité productive en dehors du foyer est non seulement un moyen d’augmenter leurs revenus mais surtout de leur donner un nouveau rôle dans la société, d’améliorer leur image de soi et de changer la vision du reste de la société en relation quant au rôle des femmes. Ce changement de mentalité transforme progressivement la société.

« Nous considérons – affirme la Charte de l’Economie Solidaire – que toute notre activité productive et économique est liée à la nature, donc notre alliance avec elle et la reconnaissance de ses droits est notre point de départ. Pour le commerce équitable, la durabilité environnementale est également un aspect clé. Il ne pourrait en être autrement si nous gardons à l’esprit que pour ceux qui cultivent la terre, c’est leur mode de vie fondamental. En outre, les communautés agricoles et artisanales vivant dans les zones rurales sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. C’est pourquoi le développement de méthodes de production respectueuses de la nature et la mise en place de mesures de lutte contre le changement climatique est un aspect fondamental du commerce équitable.

La valeur de la coopération dans l’économie solidaire se définit comme l’importance de  » construire collectivement un modèle de société fondé sur un développement local harmonieux, des relations commerciales équitables, l’égalité, la confiance, la coresponsabilité, la transparence, le respect… « . On trouve des termes presque identiques entre les principes du commerce équitable pour définir ce que devraient être les organisations et les relations entre les entités de production et d’achat, qui prennent la forme de pratiques telles que des relations commerciales à long terme, éviter la concurrence déloyale ou le préfinancement des commandes.

Une autre des valeurs du modèle qui défend l’Economie Solidaire est celle de ne pas avoir de but lucratif, en lien avec la finalité essentielle de ce mouvement qui n’est autre que « le développement intégral, collectif et individuel des personnes ». Le moyen d’y parvenir serait « la gestion efficace de projets économiquement viables dont les bénéfices sont réinvestis et redistribués ». Un but et des moyens qui sont exactement les mêmes dans le commerce équitable. Ainsi, par exemple, les organisations de producteurs réinvestissent les bénéfices supplémentaires et la « prime » dans l’organisation elle-même ou développent différents projets éducatifs, sociaux, sanitaires ou d’infrastructure dans leur communauté. La décision sur l’utilisation des prestations ou de la prime est prise de manière démocratique, avec la participation des travailleurs. Ainsi, le commerce équitable est également lié au dernier des principes de l’économie solidaire, le numéro 6 « Engagement pour l’environnement », qui est spécifié dans « la participation au développement local durable et communautaire du territoire ».

Nous ne voulons pas nous étendre plus longuement, mais si nous continuons à analyser les détails des Chartes de l’Economie Solidaire et du Commerce Equitable, nous trouverons beaucoup plus d’affinités. Des affinités qui constituent notre principal atout, qui constituent notre principale force pour construire la société globale dont tout le monde a besoin.

De nouvelles énergies et une nouvelle équipe au sein du Comité International URGENCI

Communiqué de presse, 12 novembre 2018

Plus de 300 délégués du réseau URGENCI International Community Supported Agriculture (CSA) représentant plus de 2 millions de membres du monde entier viennent de passer trois jours à Thessalonique (Grèce) pour la 7ème rencontre du réseau Urgenci International CSA, ainsi que la 4ème réunion européenne et la 2ème réunion du réseau méditerranéen.

La première journée a été consacrée à trois volets internationaux : justice alimentaire et économie solidaire, plaidoyer et praticiens.

Ces pistes ont été reprises lors de la deuxième journée qui comprenait 30 ateliers différents sur ce qui précède, ainsi que des pistes dédiées pour le réseau Méditerranéen, La Pêche Soutenue par la Communauté, une piste pour les débutants, le partage d’expériences, la construction de réseaux,  la formation et  la justice sociale. Les vastes alliances et coalitions qu’ URGENCI a construites au fil des ans ont trouvé un écho dans de nombreuses sessions, tout comme la nécessité d’améliorer la communication sur nos nombreuses réalisations et travaux.

La richesse des contenus et l’enthousiasme ainsi que l’ouverture d’esprit et le respect se sont reflétés dans les travaux de la troisième journée consacrée à l’Assemblée Générale d’URGENCI, où un nouveau plan triennal a été élaboré. C’est aussi le reflet de l’avènement d’URGENCI en tant que mouvement social mondialement reconnu et d’une gouvernance de plus en plus démocratique et participative.

L’Assemblée générale s’est également penchée sur les moyens d’assurer la stabilité financière par le biais d’une nouvelle structure de cotisations qui permettra au réseau de résister aux pressions exercées par les insuffisances potentielles des projets et les crises financières qui pourraient résulter du modèle actuel fondé sur les projets, et d’élaborer une nouvelle approche pour renforcer progressivement la résilience collective.

Le Comité international fraîchement élu reflète bien la volonté d’URGENCI de continuer à grandir comme un effort encore plus inclusif et collectif. C’est une équipe plus jeune et plus diversifiée que jamais, tout en reflétant l’équilibre producteur-consommateur ainsi que l’équilibre entre les genres qui font également partie des valeurs fondamentales d’Urgenci. Il comprend Judith Hitchman (Irlande) et Shi Yan (Chine) comme co-présidents, Isa Alvarez (Espagne) comme vice-présidente et Denis Carel (France), Ariel Molina (Brésil), Qiana Mickie (Etats-Unis), Veikko Heinz (Allemagne), Simon Todzro (Togo) et Shimpei Murakami (Japon). Zsofia Perenyi (Hongrie) a été réélue Expert spécial sur l’éducation et la formation. La création spontanée d’un nouveau représentant spécial pour la Pêche soutenue par la communauté est le reflet de l’enthousiasme et de la détermination de construire un réseau frère sous la bannière URGENCI sur ce thème. La pêche soutenue par la Communauté est déjà bien développée en Amérique du Nord et est de plus en plus reconnue en Europe ! Et Elizabeth Henderson (US) continuera également en tant que présidente d’honneur dl’URGENCI.

Le nouveau plan de travail comprend un accent particulier sur chaque continent, avec des sujets clés qui se transformeront en nouvelles propositions de projets et actions au cours des trois prochaines années.

Tout ce travail a été rendu possible grâce au Comité de pilotage dédié et à l’équipe locale d’AGROECOPOLIS dirigée par Jenny Gkiougki. De nombreuses activités parallèles ont été menées, allant de très belles oeuvres d’art qui consistaient en cartes postales à envoyer à la FAO, à personnaliser des t-shirts et faire un échange de graines sous forme de mandala. La réunion a également été soutenue par un groupe de 20 interprètes professionnels bénévoles et par l’équipe des systèmes d’interprétation alternatifs COATI, qui ont rendu la communication possible.Ce sont des acteurs clés dans toutes les grandes réunions des mouvements sociaux, ils et elles contribuent à rendre notre travail possible au-delà des frontières !

 

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