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Comment parler des sociétés que nous voulons en Europe – un nouveau guide
Europe we want

Nous croyons qu’il existe un appétit pour le changement et que trouver de nouveaux récits constitue une pièce importante du casse-tête.

Nous sommes heureux de partager avec vous un nouveau guide sur les façons de parler des sociétés durables, équitables, inclusives et démocratiques que nous voulons en Europe.

Ce guide a été élaboré par un ensemble de groupes de la société civile et de syndicats engagés dans la construction de sociétés meilleures en Europe.

Il résume les résultats d’une collaboration de six mois incluant des groupes de discussion dans cinq pays visant à trouver de nouveaux récits pleins d’espoir, et fait ces recommandations de base :  
– Créez des conversations.
– Rapprochez l’Europe des citoyens et de leurs communautés.
– Équilibrez l’urgence et l’espoir.
– Dirigez avec beaucoup d’empathie et des valeurs d’égalité.
– Encouragez la participation et mettez l’accent sur le pouvoir qu’ont les gens de changer les choses, mais, dans la mesure du possible, mettez l’accent sur la motivation empathique derrière la mobilisation.
– Soyez prudent lorsque vous parlez de la nécessité d’une  » plus grande participation « , cela peut rapidement conduire à des associations négatives avec des échecs démocratiques et la montée de l’extrême droite.
– Utilisez l’imagerie de la construction pour parler de la communauté, de la coopération et du soutien.
– Méfiez-vous de la difficulté de la reformulation, par exemple lorsque nous parlons de  » frontières ouvertes « , les gens entendent encore  » frontières « .
– Utilisez des exemples concrets et porteurs d’espoir de sociétés européennes plus humaines et plus égalitaires.

Lire l’intégralité des conclusions et recommandations à l’adresse suivante : www.foeeurope.org/how-to-talk-about-the-societies-we-want-in-Europe

Nos recommandations s’adressent aux militant.es, aux communicateurs, aux activistes et à tous ceux et celles qui veulent créer des occasions pour les citoyens d’avoir des conversations sur le type d’Europe dans laquelle ils/elles veulent vivre. Nous espérons que vous les utiliserez et les transmettrez.
Nous serions heureux d’avoir vos commentaires et d’entendre parler d’autres efforts visant à inspirer des conversations pleines d’espoir sur les sociétés que nous voulons. Vous pouvez nous contacter à new.narratives@protonmail.com

Avec espoir

Francesca Gater, Amis de la Terre Europe

Au nom de CONCORD – Confédération européenne des ONG d’urgence et de développement, Bureau de promotion du commerce équitable, Confédération européenne des syndicats, Lobby européen des femmes, Forum européen de la jeunesse, RIPESS EU-Solidarity Economy Europe, WeMove.eu et Public Interest Research Centre.

Les monnaies citoyennes renforcent les filières agricoles

par Antonin Calderon & Jean Rossiaud (Monnaie Léman/ APRES-GE,
en collaboration avec Gaëlle Bigler (FRACP / URGENCI)

Voici le troisième numéro de la série que nous avons entamée en octobre, sur le thème des « monnaies locales », après un exposé général des avantages et des défis des monnaies locales à travers l’exemple du Léman (octobre 2018) et des pistes de collaborations et des synergies entre monnaie locale et alimentation durable (décembre 2018), nous vous proposons aujourd’hui de réfléchir en termes de filière, pour différents type de produits agricoles, et en partant une nouvelle fois de l’expérience genevoise : de la semence à la production, de la production à la transformation, de la transformation à la distribution, de la distribution à la consommation. Les cinq filières agricoles clés sur lesquelles le Léman et la Chambre de l’Economie sociale et solidaire (APRES-GE) travaillent actuellement sont les suivantes :

La bière : du houblon à la pinte

Les légumes : de la fourche à la fourchette

Le pain : de la graine au pain

Le bois : de l’arbre au stère

Le vin : du pied au verre

Chaque filière présente ses particularités, et chaque acteur – chaque maillon de la filière – sa réalité et ses enjeux propres. C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de rassembler les différents acteurs d’une filière autour de la même table, afin de réfléchir ensemble aux flux de valeur – et aux flux monétaires qui en découlent – actuels et potentiels. Nombreux sont les acteurs économiques qui n’ont généralement pas le temps de prendre ce recul. La monnaie locale offre aux producteurs une belle opportunité de renforcer les liens entre eux, et entre eux et les consommateurs, et ainsi de consolider l’économie locale, face à la concurrence des marchés globalisés. Le service apporté par la monnaie locale est la « facilitation économique » : c’est une forme de courtage qui permet aux producteurs de mieux choisir leurs fournisseurs locaux, et en cas de surproduction d’écouler les stocks dans la communauté de paiement.

La filière bière : du houblon à la pinte

Prenons l’exemple de la filière bière pour illustrer nos propos. Le développement des brasseries artisanales est actuellement en pleine expansion et leur fonctionnement est aisément modélisable. Les principaux maillons de cette chaîne sont : les paysans, les malteries, les brasseries, les distributeurs, ainsi que les bars, restaurants ou épiceries. Le schéma ci-dessous nous en donne une illustration.

Si vous l’ignorez encore, sachez que la bière est constituée à 90% d’eau, qui sert de base à l’ajout du malt, du houblon, puis de la levure. A cela peut s’ajouter des ingrédients supplémentaires, comme du café, des fruits, des épices ou autres condiments ou aromates.

Les agriculteurs (1) cultivent les céréales, qui seront ensuite transformés en malt par la malterie (2). Parallèlement, le houblon (2’), une plante grimpante, doit être cultivé et ses fleurs récoltées puis séchées ; la levure (2’’) doit être produite, généralement en laboratoire.

Ces trois ingrédients sont utilisés par les brasseries artisanales (3), avec de l’eau, pour la production de la bière. D’autres biens sont également nécessaires à la production de la bière, notamment les bouteilles, les capsules, les étiquettes, la colle, et l’eau bien sûr. Ces produits sont considérés comme secondaires dans la filière de production de la bière, même s’ils sont évidemment nécessaires. De plus en plus souvent les brasseries récupèrent leurs bouteilles, par le biais d’un système de consigne, et les réutilisent.

Ensuite, les distributeurs (4) se chargent d’acheminer les boissons produites dans les bars, les restaurants et les épiceries (5), où ils sont vendus à la consommation, et notamment aux employé·e·s (6) des diverses entreprises de la filière de la bière. En effet, une partie des consommateurs de bière travaillent dans la filière.

Il faudrait également intégrer une nouvelle activité dans cette filière de la bière : les champignonnières (4’). Elles travaillent avec les brasseries, en récupérant le malt usagé (les drêches) pour l’utiliser comme substrat sur lequel pousseront les champignons (notamment des shiitakes et des pleurotes). La récupération du substrat est actuellement à l’étude pour être utilisé comme emballage de protection, pour ses propriétés de légèreté et d’amortissement des chocs.

Tous ces acteurs ont également des coûts de locaux, d’énergie, de machines de production et de transport, d’informatique, d’impressions et d’administration. C’est ce que nous appelons le réseau secondaire de fournisseurs.

Le schéma suivant résume le réseau primaire de la filière bière, en modélisant les flux de biens/services, ainsi que les flux monétaires qui permettent ces échanges.

La mise en relation économique

La monnaie locale est avant tout un outil de mise en lien économique entre les acteurs d’une filière. Si les acteurs sont convaincus de l’intérêt de créer une économie locale forte, ils n’ont pas toujours ni le temps, ni l’énergie, ni même les connaissances suffisantes pour analyser l’ensemble des flux actuels et potentiels dans leur propre filière économique. Pressés par les contraintes économiques de court terme et le manque de liquidités, ils vont le plus souvent au plus rapide et au moins cher, alors que leur véritable intérêt économique, à moyen ou long terme, serait de privilégier une approche concertée et solidaire, par exemple dans un système de crédit mutualisé.

Travailler dans leur propre monnaie locale incite les acteurs économiques à prendre conscience des spécificités et des contraintes diverses au sein de la filière et met chacun en relation commerciale avec ses potentiels fournisseurs et clients : le paysan avec la malterie, la malterie avec les brasseries, les distributeurs avec les brasseries, et les bars, les restaurants et les épiceries avec les distributeurs.

L’enjeu n’est pas seulement économique et écologique. Certes, il permet d’augmenter les volumes d’activité de chacun et la richesse produite sur le territoire ; et la mise en valeur de ce territoire, dans les circuits courts, renforce la résilience économique et la durabilité écologique (baisse de l’émission de CO2). Sur le plan social et politique, le réseau économique ainsi créé rompt l’isolement de chaque acteur et c’est le tissu social qui s’en retrouve renforcé. Ensemble, il sera plus facile de défendre ses intérêts collectifs et de devenir des parties prenantes des politiques publiques en matière de promotion de l’agriculture locale.

De la liquidité monétaire pour les filières

Le système de crédit mutualisé proposé par une monnaie locale complémentaire comme le Léman dans la région lémanique permet un apport de liquidités important dans les filières économiques. En effet, chaque acteur se voit octroyer une ligne de crédit de fonctionnement (actuellement entre LEM 1’000.- et LEM 20’000.-, en fonction de sa taille) utilisable sans taux d’intérêt et de manière illimitée tant que celui-ci reste en dessous du seuil établi. L’ensemble de la filière concernée voit donc son potentiel d’échange économique augmenter à hauteur de la somme des limites de crédit de l’ensemble de ses acteurs.

Ce système ancestral de la mutualisation du crédit, qui a pratiquement disparu aujourd’hui, avalé par le système bancaire contemporain, est pourtant un système très simple et très stable. Le réseau dans son ensemble est par définition toujours totalement équilibré « à zéro » : la somme des montants positifs est toujours égale à la somme des montants négatifs, et il n’y a pas de création monétaire. Plus la monnaie tourne et plus de la richesse est produite. Le manque de liquidité est un frein à l’activité. Le crédit mutualisé remplace donc très avantageusement le crédit bancaire.

Le crédit bancaire classique coûte cher – quand il est octroyé, car souvent les banques refusent le risque. Il surenchérit les produits, car il faut bien inclure de coût de l’argent (l’intérêt) dans le prix de vente, et fragilise le vendeur sur un marché concurrentiel occupé par des grands groupes qui cassent les prix.

En travaillant en monnaie locale, on recrée une économie parallèle, et on échappe à la pression des grands groupes et des produits étrangers. Se mettre à la monnaie complémentaire, pour les filières agricoles notamment, doit être vu comme une stratégie de survie et de développement. Mais il faut jouer le jeu tous ensemble, entreprises, salariés et consommateurs, pour que la monnaie puisse continuer à irriguer en continu l’économie locale, sans stagner dans des goulets d’étranglement.

Vers une irrigation saine des filières

L’enjeu principal est donc d’éviter la formation de poches de rétention de monnaie locale, qui témoignent d’un blocage économique. Un tel blocage est salutaire s’il permet à l’acteur en question de se questionner sur ses partenaires qui n’acceptent pas la monnaie locale. Il serait peut-être temps d’en changer, et d’opter pour des fournisseurs qui s’inscrivent également dans la logique re-localisation et de responsabilité sociale et environnementale.

C’est là qu’entrent en jeu les services des « facilitateurs » de la monnaie locale : ils travaillent de concert avec les entreprises à intégrer les fournisseurs à la communauté de paiement, s’ils remplissent les conditions de la charte et, sinon, à dénicher de nouveaux partenaires.

Les poches de monnaie locale sont par contre problématiques, si les entreprises ne peuvent remettre dans le circuit autant de monnaie qu’elles en acceptent : la monnaie perd alors sa fonction première qui est de fluidifier les échanges. Le risque de dévaluation de la monnaie (elle va s’échanger en dessous de sa valeur officielle, par exemple 120 unités vont être demandées pour un bien/service qui en vaut 100 en monnaie étatique) est ainsi important.

Deux types d’acteurs peuvent se retrouver structurellement à cette place de « goulet d’étranglement ». Premièrement, l’entreprise qui occuperait une place centrale dans la filière, et possèderait pas ou trop peu de substituts. Dans la filière « bière », il s’agit de la malterie, avec laquelle toutes les brasseries locales ont intérêt à travailler en monnaie locale. Deuxièmement, l’entreprise qui se trouve en « bout de filière ». Dans notre exemple, il s’agit du paysan qui cultive les céréales qui seront ensuite transformées en malt. Le schéma suivant expose cette problématique de poche de rétention de monnaie locale en bout de filière.

Pour ces deux cas, il existe une réponse simple sur le plan théorique, mais qu’il n’est pas si aisé de mettre en pratique, car elle demande déjà un réseau économique dense : le paiement d’une partie des salaires en monnaie locale. La masse monétaire redistribuée mensuellement est cependant un puissant levier de dynamisation de l’économie locale et durable par la consommation. C’est ce que le schéma ci-dessous explique.

Nous avons donc vu que les producteurs des filières agricoles ont un intérêt certain à utiliser la monnaie locale pour résister à la concurrence des grands groupes et des producteurs étrangers. Cependant, ce succès repose sur l’équilibre des flux. Le renforcement de l’économie locale requiert donc de l’organisation et de la patience, car il s’agit de faire entrer l’ensemble de ses acteurs dans la communauté de paiement dans un cercle vertueux.

C’est à la monnaie locale d’effectuer ce travail de facilitation économique et de mutualisation du crédit, et il faut lui en donner les moyens. Une fois ce travail réalisé, de la même manière que l’on poserait un système d’irrigation dans une culture, la monnaie peut alors circuler de manière vertueuse en créant de la valeur dans l’économie locale et durable, et en renforçant la résilience économique, face aux crises financières systémiques. 2008 devrait nous servir de leçon !

Dans une prochaine lettre d’information, nous prendrons l’exemple d’une ou de plusieurs entreprises particulières et de la manière dont elles utilisent quotidiennement la monnaie locale pour donner du sens à leur travail : un sens économique bien sûr, mais aussi le sentiment de participer pleinement à l’amélioration du bien commun.

Le printemps démocratique de la Pologne : la lutte commence ici
Poland demo guardian

Article du Guardian, par Christian Davies, 30 janvier 2019

Quand Anna Gryta et Elżbieta Wąs ont lancé une campagne locale pour préserver une place publique dans le sud-est de la Pologne, elles n’avaient aucune idée que cela en ferait de puissants symboles du renouveau démocratique. Mais presque 10 ans après leur succès à Lubartów, les sœurs sont devenues des figures de proue pour des milliers de Polonais déterminés à assurer la gouvernance propre et démocratique qui leur avait été promise après l’effondrement du communisme il y a 30 ans.
C’est une révélation surprenante. Ces dernières années, la Pologne est devenue un symbole du populisme nationaliste, le parti au pouvoir, le parti Law and Justice, défiant les normes démocratiques européennes par ses attaques contre les médias et les tribunaux. Mais loin des feux de la rampe, il y a un mouvement populaire florissant contre les failles de la culture démocratique du pays dont se nourrissent les populistes. Des groupes restreints d’activistes civiques remportent succès après succès dans tout le pays sur une vaste gamme de questions différentes – de l’éducation sexuelle à la qualité de l’air et à la primauté du droit, des pistes cyclables et des espaces publics à la transparence et à la participation aux processus décisionnels locaux.
Lire l’article ici (en anglais).

L’économie solidaire montre son cœur
février 14, 2019
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La economia solidaria enseña el corazón 2018

Article de REAS, Red de Redes du 31 décembre 2018

Les entités de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) se sont soumises pour la quatrième année consécutive au Bilan Social, un processus participatif qui leur permet de réaliser un diagnostic de leur fonctionnement, outil indispensable pour définir des stratégies d’amélioration dans les domaines social et environnemental, et de pouvoir être chaque année plus cohérentes avec les principes fondateurs de l’ESS.

Par l’intermédiaire de ce processus de bilan social que les entités de l’ESS mènent depuis des années, l’objectif est de générer un processus collectif d’évaluation et de sensibilisation aux principes définis dans la Charte des principes de l’économie solidaire et qui marquent l’identité de toutes les entités qui font partie de l’ESS et qui font donc l’objet d’évaluation dans ce rapport. Les instruments et variables considérés dans l’outil utilisé ont un double objectif : promouvoir l’amélioration interne des organisations, et générer des rapports annuels agrégés avec lesquels rendre visible l’importance et la durabilité promues par les entreprises de l’ESS.

Depuis 2014, le REAS RdR a été mis en place, c’est un réseau représentatif de l’ESS qui rassemble près de 700 entreprises dans toute l’Espagne et qui promeut cet outil, un processus d’harmonisation au niveau de tout l’Etat des indicateurs de bilan social et des systèmes d’audit développés sur leurs différents territoires, grâce au travail conjoint développé par le groupe de travail sur l’audit social de REAS RdR.

Pour ce processus de confluence, la plate-forme technologique que XES (Xarxa de Economía Solidaria de Catalunya) avait développée dans le cadre de son projet « Enseña el corazón » a été adoptée en 2018. Cet outil informatique d’évaluation de l’impact et de la responsabilité des entités associées au XES, initié en 2008, permet aux entités associées ou liées à ce réseau de s’auto-évaluer sur la base de variables regroupées en différents blocs : performance économique, qualité professionnelle, démocratie, égalité, qualité du travail, environnement et engagement social.

lAu total, ce sont 446 entités de toute l’Espagne qui ont participé à l’Audit Social 2018 (dont les données correspondent à l’exercice 2017) (81 % d’entre elles sont membres de REAS). Elles ont atteint un chiffre d’affaires global de près de 457 millions d’euros et comptent près de 12 000 collaborateurs, 20 000 bénévoles et plus de 150 000 membres. Les résultats suivants peuvent être mis en évidence à partir du rapport global de ce processus d’auto-évaluation :
Équité : 58 % des femmes occupent des postes à responsabilité, l’écart salarial est de 2,7 et 63 % des entités favorisent un langage inclusif.
Travail : 74 % améliorent les formes légales de conciliation travail-vie personnelle, 50 % ont un règlement interne de gestion des relations de travail et 62 % créent des espaces pour l’attention émotionnelle et les soins aux travailleurs.
Durabilité environnementale : 91 % appliquent des critères de consommation responsable lors de l’achat de produits, 32 % sont des entités à gestion environnementale et 49 % utilisent des énergies renouvelables.
Coopération et engagement avec le local : 65% opèrent avec la finance éthique, 13% de leurs achats sont réalisés dans le cadre du Marché Social et 15% dans des entités à but non lucratif.
Non lucratif : 58% des revenus proviennent de la facturation contre 30% de subventions. En ce qui concerne la répartition des bénéfices, 75% vont aux réserves, à la compensation des pertes ou aux investissements propres, 13% aux initiatives pour la construction de biens communs et 4% aux investissements des entités financières de l’ESS.

Sur la base de ces données et d’autres données issues du Bilan Social 2018, il s’agit de donner de la visibilité à l’importance des entreprises de l’ESS en Espagne, mais surtout de faire comprendre aux citoyens dans quelle mesure ce type d’organisation représente un modèle économique plus responsable. Bien que ce rapport n’offre pas de comparaison entre les données proposées et celles qui seraient obtenues dans les entreprises en général, sa simple lecture fait ressortir la responsabilité des entités de l’ESS, du moins clairement dans de nombreux aspects analysés, tels que la participation, l’égalité et le souci du travailleur au sein des organisations, ou leur niveau de coopération et de préoccupation sociale.
Les outils et indicateurs proposés doivent continuer à être développés afin de fournir aux organisations qui y participent un outil utile pour l’autodiagnostic et l’identification des domaines importants à améliorer. REAS RdR espère que l’information obtenue contribuera à transférer aux citoyens les propositions qui sous-tendent le modèle d’économie sociale et alternative et la nécessité de continuer à parier pour ce modèle.

Lancement du livre « Peer to Peer: The Commons Manifesto »
février 14, 2019
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Article de la Fondation P2P

QUAND : 21 mars 2019 @ 17h00 – 19h00
OÙ : Université de Westminster (salle UG05) ; 309 Regent St ; Marylebone, Londres W1B 2HT ; Royaume-Uni
COÛT : Gratuit
Michel Bauwens, Vasilis Kostakis & Alex Pazaitis (Fondation P2P) – Lancement du livre’Peer to Peer. The Commons Manifesto’ (University of Westminster Press)

Depuis que Marx a identifié les usines de fabrication de Manchester comme le plan directeur de la nouvelle société capitaliste, il n’y a pas eu de transformation plus profonde des fondamentaux de notre vie sociale. Alors que le capitalisme est confronté à une série de crises structurelles, une nouvelle dynamique sociale, politique et économique émerge : le peer to peer.  Qu’est-ce que le peer to peer ? Pourquoi est-il essentiel à la construction d’un avenir centré sur les communs ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Telles sont les questions auxquelles ce séminaire tente de répondre.

Biographie
Michel Bauwens est le fondateur de la Fondation P2P et travaille en collaboration avec un groupe mondial de chercheurs dans l’exploration de la production par les pairs, la gouvernance et la propriété des communs.
Vasilis Kostakis est professeur de gouvernance P2P à l’Université de technologie de Tallinn et professeur associé à l’Université Harvard. Il est également professeur invité à l’Université Autonome de Barcelone. Vasilis est le fondateur du laboratoire P2P et le membre principal de la Fondation P2P.
Alex Pazaitis est membre de base du laboratoire P2P et chercheur junior au département Ragnar Nurkse de l’université technologique de Tallinn.

MECISE : les coopératives d’energie joignent leurs forces !
février 14, 2019
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Article de Enercoop du 29 janvier 2019

Depuis bientôt 4 ans, Enercoop et ses partenaires du projet européen REScoop MECISE travaillent ensemble au développement et au renforcement des projets citoyens d’énergie renouvelable en France, en Belgique, en Espagne et au Royaume-Uni.

Plus précisément, le projet vise à soutenir directement le développement de nouveaux projets citoyens de production d’énergie renouvelable ainsi qu’à explorer de nouvelles solutions innovantes de financement de ces projets au niveau européen.

Le projet REScoop MECISE (Renewable Energy Sources COOPeratives Mobilizing European Citizens to Invest in Sustainable Energy) est financé dans le cadre du programme Horizon 2020 de l’Agence européenne des petites et moyennes entreprises depuis début 2015. Il prendra fin le 28 février 2019 et les conclusions publiques de ce projet ont été présentées le 22 janvier lors d’une conférence au Musée des Sciences naturelles de Bruxelles (Belgique).

Cette conférence a été également l’occasion pour Enercoop et ses partenaires Courant d’Air (Belgique), Ecopower (Belgique), Energy4All (Royaume-Uni) et Som Energia (Espagne) d’annoncer officiellement la création de la coopérative européenne REScoop MECISE, ou Mutual for Energy Communities Investing in a Sustainable Europe (Mutuelle pour les Communautés Énergétiques Investissant dans une Europe durable). Cette coopérative européenne, aboutissement concret et pérenne du projet européen, a pour objet social de favoriser la transition énergétique européenne vers la démocratie énergétique.

À cet effet, la coopérative européenne va fournir des services de facilitation financière, principalement sous la forme d’apport de fonds propres aux projets de production d’énergie renouvelable et doit permettre de lever des fonds au niveau européen pour soutenir les coopératives d’énergie renouvelable en Europe

Allant plus loin que la simple coopération financière, REScoop MECISE s’inscrit clairement dans la logique d’économie sociale et solidaire en mettant les outils financiers directement au service de l’énergie citoyenne. Pour Enercoop, l’événement du 22 janvier marque à la fois l’aboutissement de plusieurs années de travail sur la conception de ce nouvel outil et le début d’une belle aventure de solidarité entre partenaires européens.

Vers une République européenne
février 14, 2019
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Deviant art by nederbirdhttps://www.deviantart.com/nederbird/art/European-Federation-98402973

Alain Caillé est professeur émérite de sociologie à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Il co-fonde le MAUSS (Mouvement Anti-utilitariste dans les sciences sociales) en 1981, et dirige la Revue du MAUSS depuis sa fondation. En juin 2013, Alain Caillé est à l’origine avec Marc Humbert, du Manifeste convivialiste, texte signé par une soixantaine de personnalités du monde entier. Il est l’animateur du mouvement des convivialistes (www.les convivialistes.org) et du Club des convivialistes.

Il y a longtemps que le projet européen ne fait plus rêver. Il était porteur de deux promesses. En dépassant les frontières des Etats-nations, il devait garantir une paix perpétuelle. En créant un grand marché, unifié par une monnaie commune, il devait assurer la prospérité économique. La première promesse peut sembler avoir été tenue, mais pour combien de temps ? L’Europe est en réalité divisée entre six ou sept blocs de pays, aux contours eux-mêmes instables, dont les intérêts sont profondément divergents. La règle de l’unanimité interdit tout projet politique consistant et par suite toute avancée concrète significative en quelque domaine que ce soit. Voilà qui n’est pas sans expliquer pourquoi la seconde promesse n’a guère été ou n’est plus tenue. Faute de politiques économique, financière, sociale, technique, énergétique, scientifique, diplomatique et militaire communes (sauf par bribes), l’Europe fait de moins en moins le poids face aux Marchés et aux paradis fiscaux, face aux Etats-Unis, à la Russie, et aux puissances émergentes, à la Chine, notamment, dont les visées hégémoniques ne sont plus un secret pour personne. L’Europe ne parle pas au monde et ne se parle même plus à elle-même.

Trois urgences

Bien sûr, on pourrait dire que, d’une part, il n’y a là qu’un juste rattrapage d’un déséquilibre historique passager, et, de l’autre, que l’Europe a toujours avancé lentement, et qu’il faut lui laisser du temps pour faire aboutir les multiples coopérations qui existent déjà dans de nombreux domaines. Le problème, c’est que nous n’avons absolument plus le temps, pour au moins trois raisons. Tout d’abord, si les peuples restent attachés à l’euro, partout la colère gronde en Europe contre la dégradation des conditions matérielles et morales d’existence. Et aussi, d’abord peut-être, contre le vide de sens, l’absence d’un projet mobilisateur. Ensuite, c’est dès aujourd’hui qu’il faut impulser une transition énergétique qui ne peut plus attendre. Si l’Europe ne s’en donne pas les bases institutionnelles, techniques, économiques et financières, elle perdra toute autonomie géopolitique, une autonomie qui ne peut s’appuyer que sur une bonne santé économique. Enfin, et c’est peut-être le plus grave : on le voit bien, partout dans le monde, et même au sein de l’Europe qui les a vu naître, l’adhésion aux valeurs démocratiques, – au respect du pluralisme, de la dignité humaine et de la liberté de penser -, est en régression constante. Si l’Europe n’est plus en mesure de porter et d’incarner ces valeurs, qui donc le fera à sa place ? Puisque l’idéal démocratique n’est pas suffisamment fort par lui-même, il faut que l’Europe qui s’en réclame, assume de devenir ou de redevenir forte pour se faire la championne d’un idéal de (re)civilisation face aux barbaries qui montent. 

Contours d’une République européenne

L’Europe a cru pouvoir dépasser la forme de l’Etat-nation. Or, partout dans le monde ce sont des nations qui s’affirment et s’affrontent. Et cela est vrai à nouveau à l’intérieur même de l’Europe. La raison en est que le cadre national est le seul à ce jour, où, dans les sociétés modernes, les citoyens se sentent solidaires les uns des autres, et protégés et rassurés par cette solidarité. Cette présomption de solidarité est irremplaçable. Pour autant, il serait dangereux, et impraticable, de vouloir en revenir aux formes traditionnelles de la nation qui reposaient sur l’identité imaginaire tendancielle entre un peuple, un territoire, une langue, une culture et une religion. Comment concilier ces deux exigences, celle de la solidarité et celle de la diversité, dans le cadre d’une Europe qui romprait avec la dénégation de la nation et de la force, toutes deux en réalité nécessaires à la réalisation de l’idéal démocratique ? La seule solution semble être de bâtir une méta-nation, une nation de nations, sous la forme d’une République européenne. Cette République serait de type confédéral pour laisser le plus de champ possible au principe de subsidiarité. Dotée d’une assemblée souveraine et d’un Sénat représentant à la fois les régions et les organismes de la société civile (syndicats, ONGs, associations, etc.), cette République serait dirigée par un gouvernement de taille restreinte, issu des gouvernements nationaux, ayant pour charge de mettre en œuvre les principes de politique économique, financière, sociale, technique, énergétique, scientifique, diplomatique et militaire communes adoptés par le parlement. Ce montage institutionnel pourrait être complété par une assemblée de citoyens tirés au sort (sorte de conférence de consensus permanente). Son rôle serait consultatif, mais cette assemblée aurait le pouvoir de soumettre à référendum celles de ses propositions qui n’auraient pas été prises en compte.

Six chantiers prioritaires

Une telle République européenne aurait six chantiers et six raisons d’être prioritaires :

– Le projet européen s’est d’abord incarné dans une communauté du charbon et de l’acier (la CECA). Le premier objectif de la République européenne serait de se donner les moyens de respecter les objectifs fixés à la Conférence de Paris et de réaliser une transition énergétique efficace et vertueuse.

– Pour cela il faut qu’elle représente un espace économique suffisamment important et fasse preuve d’une cohérence politique suffisamment affirmée pour pouvoir lutter efficacement contre les paradis fiscaux et les optimisations fiscales lorsqu’elles n’ont pour fonction que d’enrichir les plus riches au détriment des plus démunis.

– De même, il faut que cette République soit suffisamment forte pour pouvoir faire respecter ses propres normes comptables et juridiques (et non se les faire imposer par des cabinets privés), et s’assurer le contrôle sur toutes les « données » la concernant. L’importance de la bataille de l’Intelligence artificielle ne permet pas d’attendre.

– Pour s’assurer que la République européenne est bel et bien un espace de solidarité, et fonctionne donc comme une méta-nation, il faut qu’elle respecte la règle qui veut que seules les protections sociales les plus avancées peuvent être généralisées.

– Seule une République européenne sera en mesure de répondre à la fois efficacement et humainement à l’énorme afflux de migrants que la mondialisation néolibérale provoque. De même, seule une République européenne sera en mesure de répondre aux défis du terrorisme islamique radical.

– Enfin, alors que la pérennité du bouclier américain se fait problématique, il est indispensable de disposer d’une véritable Défense européenne. Une défense qui sera d’autant plus efficace qu’il sera clair que son seul objectif est d’assurer la paix mondiale.

Qui fera ou pourrait faire naître la République européenne ?

Le projet dont on vient de décrire les grandes lignes, en en restant au niveau de généralité souhaitable à ce stade, n’est pour l’instant porté par aucune des forces politiques existante en Europe. On comprend bien pourquoi : Ces forces politiques n’existent, ne jouent et ne pèsent qu’au plan national, pas du tout à celui de la méta-nation à faire advenir. Ce projet peut donc sembler totalement utopique et irréalisable. Faut-il rappeler, pourtant, qu’il était celui des pères fondateurs de l’Europe ? Un projet totalement oublié, et pourtant plus urgent que jamais. Car les peuples d’Europe n’ont plus le choix. S’unir, une fois pour toutes, ou périr. Sortir de l’Histoire et ne plus exister que dans le renoncement à tout ce à quoi ils ont cru. L’Europe est maintenant à la merci d’un pari. Renouer avec ce qu’elle a inventé, et l’actualiser, ou disparaître. Contribuer à l’invention de normes universalisables, devenir exemplaire, ou s’évanouir dans le chaos qui s’annonce. Le test, crucial qui est devant nous est celui-ci : les peuples d’Europe sauront-ils dépasser leur nationalisme et leur chauvinisme pour accéder à une nation de rang supérieur, ou préféreront-ils la régression ? Il faut, au moins, que la question leur soit posée en accédant à la visibilité médiatique. Elle ne pourra l’être ni par les représentants des entreprises, inféodées aux « marchés » (même ci ceux-ci sont souvent leur principal ennemi), ni, semble-t-il par les partis politiques actuels, cantonnés aux espaces nationaux. C’est donc à la société civique européenne, cette nébuleuse informelle, si vivante et protéiforme, d’associations, de coopératives de l’économie sociale et solidaire et d’ONGs de prendre le relais. C’est maintenant qu’il faut faire naître un débat qui puise redonner espoir aux peuples d’Europe. N’ont-ils pas en commun un passé, trop souvent meurtrier mais aussi plein de splendeurs artistiques, techniques, scientifiques et politiques (l’éclosion de la démocratie moderne…) ? Il leur reste à inventer leur avenir.

Qui serait partie prenante et constitutive de la République européenne ? Tous les Etats, les régions ou les peuples d’Europe qui le souhaitent. Mais il est clair que celle-ci ne pourrait pas voir le jour et atteindre une taille critique sans, au minimum, la participation de la France et de l’Allemagne, plus l’Italie et/ou l’Espagne. Clair, également, qu’un tel projet ne peut avoir véritablement de sens que s’il est suffisamment exemplaire sur au moins deux plans : sur celui de la préservation des équilibres écologiques, d’une part, sur celui de la réinvention et de la redynamisation d’un idéal démocratique, de l’autre.  La République européenne qu’il faut maintenant bâtir, portera le projet de renforcer un ordre mondial multilatéral pacifique et équitable. Elle se construira autour de politiques publiques communes visant le bien-être collectif, élaborées et évaluées de manière participative, assorties d’objectifs délibérés et partagés (écologie, énergie, lutte contre les inégalités et la pauvreté, etc.), et non plus comme corrélat du grand marché. 

Avril 2019: vers le Forum social mondial des économies transformatrices
FSMET meeting

Barcelone, les 5, 6 et 7 avril 2019. Rencontre de travail au cours de laquelle chaque axe développera une dynamique visant à préciser les objectifs et les priorités à travailler et à élargir la portée des entités impliquées. Des plans de travail seront convenus, le modèle de gouvernance sera validé et les prochaines étapes à suivre seront définies.

Participant.es : entités liées aux différents axes, des représentant.es des réseaux et mouvements sociaux au niveau local et international

Nous avons l’intention de faire du processus, de l’objectif. Nous entamons un processus de confluences, tant au niveau local qu’international, des initiatives, mouvements et façons de comprendre l’économie qui ont pour objectif commun la construction d’une véritable alternative transformatrice du système économique et financier capitaliste actuel.

Nous voulons faire de ce Forum une agora. Nous ne voulons pas nous limiter à la célébration d’un événement vitrine où seuls des experts prennent la parole, mais nous souhaitons discuter ensemble du type d’économie que nous voulons. Nous ne voulons pas non plus simplement discuter et rêver cet « autre monde possible », parce que nous savons qu’il existe déj, par l’intermédiaire des milliers d’initiatives qui construisent des alternatives. Nous voulons trouver des stratégies communes pour nous rendre visibles, articulées et efficaces. qui se multiplient.

Nous voulons que cet événement soit durable, qu’il y ait une continuité au-delà du Forum 2020, tant au niveau local qu’international. Pour ce faire, il reste à s’assurer que ce processus se construise à partir des territoires et de créer des espaces pour l’articulation en face à face et virtuelle au niveau local, et qui créent une continuité dans le temps en tant qu’espaces d’échange d’informations. de confluence et de transformation.

Nous voulons faire connaître les économies transformatrices et atteindre tout le monde, ceux et celles qui n’en font pas encore partie. Pour y parvenir, nous croyons qu’il est nécessaire que le Forum dispose d’un réseau de médias indépendants et animés du même esprit et qui puissent diffuser le processus, et assurer un effet multiplicateur.

Plus d’informations seront bientôt disponibles sur http://transformadora.org/

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