Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in comments
Search in excerpt
Search in posts
Search in pages
Search in groups
Search in users
Search in forums
Filter by Categories
450
597
598
93
Actu
Actu
AG2016 ateliers
AG2017
Assemblée Génerale
Campagne
Convergence
Edito
Editorial
Education et recherche
Etat de l'art
Europe
Evénément
Events
Featured
Formation
GA2018
International
International @fr
Mediterranée
nc
Newsletter
Politiques publiques
Politiques publiques
Ressources
Solikon2015
UniverSSE2017
Video @fr
Programme radio: les cent ans de l’OIT

2019 marque l’année du centenaire de la création de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Le texte fondateur insiste en particulier sur la justice sociale comme condition d’une « paix universelle et durable » et appelle les États à mettre en place un « régime de travail réellement humain ».

Face aux attaques répétées contre le droit du travail et les droits de l’homme, au prétexte renouvelé des nouvelles technologies, La Constitution de l’OIT et ses missions sont plus que jamais d’actualité. 

Nous avons rassemblé dans une émission sur viziradio, un peu pêle-mêle, des lectures, des pièces sonores, des documentaires et des musiques qui évoquent ces questions. Le lien entre le travail et la guerre, l’aliénation et la domination, mais aussi les enjeux d’émancipation.

Une création de Laura Aufrère et Marie Limoujoux 

Ressources spéciale Elections européennes (en collaboration avec socioeco.org)

Que dit la documentation sur les politiques en faveur de l’économie sociale et solidaire au niveau européen ?Parmi les enjeux que l’on retrouve dans la documentation sous le mot-clé : L’économie sociale dans l’Union européenne (EU) , on peut citer : le développement durable, la justice sociale, l’immigration, les fonds européens en faveur de l’ESS, les entreprises d’insertion et la commande publique, les entreprises sociales, les coopératives, les nouveaux indicateurs de richesse

Mais aussi :

le Rôle des territoires

la Culture

l’Agroécologie

Pour une vue d’ensemble des Politiques de l’Europe :

Ou

des propositions

Bonne lecture !

Alternatives urbaines : une nouvelle cartographie pour partager les initiatives de villes transformatrices
urban alternatives

Urban Alternatives est une collaboration entre des militant.es municipalistes, des universitaires, des gouvernements locaux, des groupes de réflexion et des ONG. Les collaborateurs fondateurs comprennent des participants de : Madrid 129, European Alternatives, Transnational Institute, Habitat International Coalition, MISTRA Urban Futures, Sheffield University Urban Institute, Université d’Aalborg, RIPESS Europe, P2P Foundation, Commons Network et Global Platform for the Right to the City.

Ce projet de cartographie cherche à comprendre et à cartographier les initiatives qui émergent des nombreux mouvements sociaux urbains qui revendiquent le droit à la ville, occupent l’espace urbain, exigent la justice sociale, la participation démocratique, des espaces culturels et des transformations économiques. Largement caché à notre conscience collective, cet ensemble d’actions distribuées et émergentes a démontré qu’il est non seulement possible de penser à des alternatives au paradigme néolibéral, mais que ces alternatives existent déjà. Notre collaboration a deux types d’objectifs :.

  1. Créer la plus grande visibilité possible pour une transformation urbaine positive, qui révéle les dimensions communes d’un mouvement urbain émergent. Nous voulons documenter – et prouver – que le changement est possible ;
  2. Créer un processus continu pour développer des perspectives et des compréhensions communes, soutenir le transfert de connaissances entre un groupe diversifié d’acteurs, et fournir des opportunités pour des projets partagés et des campagnes communes.

Mis en lumière par le mouvement des places et l’occupation de l’espace public (de Tahrir à Puerta del Sol et Plaça de Catalunya, Taksim ou Mong Kok), on assiste à une vague d’initiatives  » par le bas  » et  » par le côté  » qui cherchent à transformer notre environnement urbain. Ces initiatives – de la remunicipalisation démocratique de la production d’énergie à la mise en place de mécanismes d’élaboration de politiques citoyennes, en passant par la création de coopératives de travail associé pour aider à accueillir efficacement les réfugiés – ont toutes un point commun. Non seulement elles s’opposent à la financiarisation croissante de l’économie et à la marchandisation de l’espace urbain, mais le font en faisant confiance à notre propre capacité de générer des projets, des politiques et des prototypes novateurs qui nous permettent de vivre nos vies en commun.

Voir le site web: www.urbanalternatives.org

Plus d’agriculteurs, une meilleure nourriture : Nyéléni ECA publie le rapport sur la politique agricole de l’UE (CAP)
More farmers better food CAP

Les petits agriculteurs durables devraient être placés au cœur de la politique agricole de l’UE, selon un nouveau document publié en Mars 2019 par la plateforme Nyeleni pour la souveraineté alimentaire en Europe et en Asie centrale. Cette publication, qui a fait l’objet d’une publication très bien documentée, représente la position d’une coalition paneuropéenne d’agriculteurs, de paysans, de pasteurs, de pêcheurs, de peuples indigènes et d’organisations environnementales sur la politique agricole commune (PAC) de l’UE.

Le rapport souligne la situation alarmante des zones rurales et du système alimentaire dans l’UE :
Entre 2005 et 2016, le nombre d’exploitations agricoles de moins de 50 hectares a diminué de 29,4%. Plus de 4 millions d’exploitations ont disparu en seulement 10 ans.
Un nombre croissant de travailleurs saisonniers et souvent migrants souffrent de conditions de travail et de vie épouvantables.
La pollution liée aux produits agrochimiques continue d’avoir un impact négatif sur la santé publique – les résidus chimiques présents dans les aliments, les nitrates et les eaux de ruissellement du phosphore polluent les eaux et les sols.
Des niveaux élevés d’utilisation d’antibiotiques dans l’élevage d’animaux entraînent une résistance aux antimicrobiens.
La chaîne alimentaire industrielle génère environ 88 millions de tonnes de déchets alimentaires par an.
La PAC a rendu l’UE extrêmement dépendante des importations bon marché en provenance de régions aux normes environnementales et sociales bien moins strictes.

Stanka Becheva, militante pour la souveraineté alimentaire des Amis de la Terre Europe, a déclaré :
« Alors que le monde est confronté à de multiples crises environnementales et sociales, dont beaucoup sont directement liées à la manière dont nous nous nourrissons, les politiciens européens doivent écouter les petits agriculteurs durables qui peuvent aider à résoudre la crise climatique et l’effondrement du monde naturel. Les systèmes alimentaires qu’ils créent fournissent des aliments sains, abordables et locaux aux consommateurs, respectent la nature et le climat, et créent des emplois sûrs et dignes. »

Présentant la partie du rapport centrée sur les besoins de la PAC pour réussir cette transition, Geneviève Savigny, agricultrice et représentante de la Coordination européenne Via Campesina[2], affirme que  » la PAC doit apporter aux petits producteurs durables le soutien politique, économique et social adéquat dont ils ont besoin. Cela implique des prix équitables, la fixation d’un plafond pour les paiements directs et une redistribution de l’aide. Actuellement, moins de 2 % des bénéficiaires de la PAC reçoivent 30 % du budget total des paiements directs. Cela doit changer. Il faut consacrer davantage d’argent au développement rural et mettre en avant une approche collective de projets où l’agroécologie paysanne est encouragée. Et pour notre jeunesse ? Le soutien aux nouveaux agriculteurs pendant les premières années de leur activité est essentiel. »

« Ce rapport montre également les avantages environnementaux et sociaux de nouveaux partenariats locaux entre producteurs et consommateurs. Il arrive à point nommé pour montrer qu’un nouveau contrat social entre les producteurs de denrées alimentaires et les sociétés qu’ils nourrissent est très attendu et qu’il est urgent », déclare Judith Hitchman de URGENCI, le réseau international des mouvements agricoles soutenus par la Communauté.

Télécharger le rapport (en anglais) ici.

Ressources de février 2019 (en collaboration avec socioeco.org)

Pour le mois de février voici quelques suggestions à lire et à voir …

  • UNE ÉCONOMIE SANS PROPRIÉTAIRES ? Mathieu Vanvelde, 2018 [lire]
  • Genre et espaces publics : Des villes pour toutes et tous, Françoise Kemajou, Note d’analyse, 2019 [lire]
  • Des entreprises sobres et responsables Crise climatique, crise du capitalisme, Swann Bommier, Cécile Renouard, La vie des Idées, 2019 [lire]
  • « Faire de la démocratie une démarche permanente » avec Open Source Politics, Initiatives inspirantes du labo de l’ESS,2019 [lire]

Publications

  • Au-delà de la propriété Pour une économie des communs, Benoît Borritz, 2018 [lire]

Vidéos

  • Quel changement d’échelle pour l’ESS ? Jean Louis Laville nous propose une conférence vidéo en trois parties réalisée à l’occasion du FRESS 2018 , sur le thème :  » ESS, quel changement d’échelle ? L’enjeu d’un nouveau rapport entre société civile et pouvoirs publics. » [lire]
Les médias indépendants parlent de l’ESS
Cover of Stir Magazine Winter 2019

Les médias indépendants sont proches de l’ESS, souvent par leurs statuts et surtout par les valeurs qu’ils défendent. Mais comment l’abordent-ils? Voilà une sélection d’articles de médias indépendants des trois derniers mois. Vous pouvez aussi les retrouver sur la carte de socioeco.org : Journaliste des solutions.(Les articles sont situés sur la ville où se déroule l’expérience ou, en cas d’article généraliste, dans la ville où siège le média).

Comme vous le verrez, les articles sont dans leur langue d’origine, diversité des pays d’Europe oblige. Pour le grec, pour lequel le journal Efsyn est particulièrement présent avec parfois plusieurs articles par semaine sur l’ESS, un résumé en anglais est inclus. Cela vous permettra de percevoir quelles sont les thématiques traitées par ces médias: développement durable, réfugiés, autogestion, coopératives, agriculture bio, etc.  N’hésitez surtout pas à nous faire parvenir un article ou le site d’un media pour améliorer la carte et notre connaissance de l’ESS. Ecrire à Françoise Wautiez : fwautiez[at]socioeco.org

Image : Couverture de Stir Magazine, Winter 19

Français

  • Les luttes non-violentes de Rajagopal, activiste indien bientôt à Paris Michel Bernard, Anne-Sophie Clémençon, Article de Reporterre, 22 nov 2018 [lire]
  • Étude de chaîne de valeur soja biologique au Togo, Pierre W. Johnson, Article de Transition et Coopération Pierre Johnson, 2018 [lire]
  • « Nous sommes une start-up anarcho-communiste » : Coopcycle auto-organise les coursiers à vélo, Benoît Borritz, Article de Basta!, 16 janvier 2019 [lire]
  • Ethique Les baskets Veja tiennent-elles leurs promesses ?, Justin Délépine, Article de Alternatives économiques, 29/01/2019, [lire]

English

  • Creating a Solidarity Economy Giving Project, Cheyenna Layne Weber, Article in Philantrhopy Women, 28 January 2019 [lire]
  • Beyond the Market: Housing Alternatives from the Grassroots, H. Jacob Carlson, Marnie Brady, Gianpaolo Baiocchi, Article of Dissent Magazine, Fall 2018[lire]
  • Stir Magazine: winter edition 2019: Looking back, looking forwards [lire]

Espagnol

  • Mercados sociales, la unión hace la fuerza, Brenda Chávez, Artículo de El Salto,23/12/2018 [lire]
  • Más allá del mercado: alternativas de vivienda desde las bases, H. Jacob Carlson, Marnie Brady, Gianpaolo Baiocchi, Artículo de El Salto,18/12/2018[lire]

Catalan

  • Mas Corcó: el pagès que fa de forner i el forner que fa de pagès, Articulo de Setembre, 05/01/2019 [Lire]

Italiano

  • “Se trovare soluzioni all’interno del sistema è impossibile, forse è meglio cambiare il sistema”, Pietro Raitano, Articolo de Altreconomia, 1 gennaio 2019 [lire]

Grec

  • ΚΑΛΟ: επένδυση για δίκαιη ανάπτυξη (ESS: investir pour une croissance juste)
    Aristotélis Andréou
    Article of EFSYN, 15/12/2018 [lire]
  • Το εναλλακτικό μοντέλο των πέντε ηπείρων (The alternative model of the five continents)
    Lena Kyriakidi
    Article of EFSYN, 10/12/2018 [lire]
  • Το εργοστάσιο που παράγει… αλληλεγγύη (The factory that produces … solidarity)
    Kostís Roússos, Vangélis Vragotéris, Cháris Malamídis
    Article of EFSYN, 10/12/2018 [lire]
  • Στήριξη με τρία κλικ (in three clicks)
    Article of EFSYN, 08/12/2018  [lire]
  • Προστατεύοντας τους σπόρους ως κοινό αγαθό (Protecting seeds as a common good)
    Lena Kyriakidi
    Article of EFSYN, 26/11/2018  [lire]
  • Ανοιχτή μέρα περμακουλτούρας στο χωράφι της Νέας Γουινέας (Open day in the field at the New Guinea farm)
    Article of EFSYN, 21/11/2018 [lire]
Lancement du livre « Peer to Peer: The Commons Manifesto »
février 14, 2019
0

Article de la Fondation P2P

QUAND : 21 mars 2019 @ 17h00 – 19h00
OÙ : Université de Westminster (salle UG05) ; 309 Regent St ; Marylebone, Londres W1B 2HT ; Royaume-Uni
COÛT : Gratuit
Michel Bauwens, Vasilis Kostakis & Alex Pazaitis (Fondation P2P) – Lancement du livre’Peer to Peer. The Commons Manifesto’ (University of Westminster Press)

Depuis que Marx a identifié les usines de fabrication de Manchester comme le plan directeur de la nouvelle société capitaliste, il n’y a pas eu de transformation plus profonde des fondamentaux de notre vie sociale. Alors que le capitalisme est confronté à une série de crises structurelles, une nouvelle dynamique sociale, politique et économique émerge : le peer to peer.  Qu’est-ce que le peer to peer ? Pourquoi est-il essentiel à la construction d’un avenir centré sur les communs ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Telles sont les questions auxquelles ce séminaire tente de répondre.

Biographie
Michel Bauwens est le fondateur de la Fondation P2P et travaille en collaboration avec un groupe mondial de chercheurs dans l’exploration de la production par les pairs, la gouvernance et la propriété des communs.
Vasilis Kostakis est professeur de gouvernance P2P à l’Université de technologie de Tallinn et professeur associé à l’Université Harvard. Il est également professeur invité à l’Université Autonome de Barcelone. Vasilis est le fondateur du laboratoire P2P et le membre principal de la Fondation P2P.
Alex Pazaitis est membre de base du laboratoire P2P et chercheur junior au département Ragnar Nurkse de l’université technologique de Tallinn.

Tout ce que vous vouliez savoir sur l’ESS…

Par Josette Combes.

Le Manuel de l’autre économie en est à sa deuxième édition. Réalisé par Eric Dacheux et Daniel Goujon, il est à mettre entre toutes les mains, Celles des étudiants de Master en premier lieu, pour lesquels il sera une source abondante de références, définitions, rappels historiques,, mises en perspective, et propositions théoriques. Mais plus encore, c’est un ouvrage de vulgarisation au sens noble du terme, qui offre l’opportunité, maintenant que le terme économie solidaire circule dans tous les sens – souvent hélas à contre sens, à chaque citoyen de se familiariser avec cette économie, ses fondements et son potentiel, pour qu’elle se développe au-delà du cercle restreint (bien qu’en expansion) de ses pratiquants.

On commencera cette recension -une fois n’est pas coutume- par la dernière phrase de l’ouvrage : « l’économie solidaire nous invite maintenant à nous libérer des chaînes économiques qui entravent encore notre liberté et à prendre pleinement notre place: acteur et non plus victime économique ». (212)

Comment parvenir à ce miracle ? En instaurant une démocratie délibérative par la mise en œuvre d’espaces publics de proximité où sont débattues les décisions économiques qui concernent non pas seulement les agents économiques « obéissant à la loi du marché »mais un ensemble beaucoup plus complexe incluant le consommateur à qui est destiné la production sans oublier (ce qui est trop souvent le cas), la nature dont sont extraits les matériaux, l’air et l’eau qui subissent les artefacts éventuellement délétères et la cohésion sociale impactée par les effets du système.

Dans un premier temps l’ouvrage se coltine cette question essentielle: qu’est-ce que l’économie et notamment qu’est ce que l’économie solidaire

Les auteurs s’attachent d’emblée à souligner que l’économie solidaire est une science sociale et qu’elle ne peut s’appréhender que par une approche pluridisciplinaire et non par le seul prisme mathématique cher aux tenants de l’économie orthodoxe qui mesure essentiellement les flux financiers et évalue la rentabilité à la seule aune du profit. Or, comme le font très justement remarquer Dacheux et Goujon, l’économie ne se réduit pas à la confrontation de l’offre et de la demande, il existe toute une économie qui passe sous les radars du PIB et qui cependant permet à une société de perdurer voire constitue le socle ‘l’étage du rez-de-chausée  » comme le définit Braudel. Leur démonstration passe en revue l’approche micro (la rareté ) et l’approche macro (la monnaie) et un certain nombre de théoriques économiques De façon générale les systèmes se situent entre deux pôles : l’organisation libérale où « seuls rentreront dans un cycle économique les biens qui ont une demande permettant d’engager un facteur travail avec surplus, ce surplus étant nécessaire à la rémunération du capital engagé (70); « l’organisation étatique où le pouvoir prend de façon interventionniste et autoritaire toutes les décisions économiques (70). Or il y a bien d’autres richesses en dehors des richesses économiques -richesses sociales, richesses culturelles, richesses naturelles- qui échappent à la production et à la mesure monétaire » (71). L’économie solidaire constitue un troisième pôle qui impulse un rééquilibrage des politiques publiques, la société civile élaborant des propositions et invitant les responsables politiques à les soutenir dans leurs réalisations. Cette dimension démocratique s’articule avec une dimension symbolique (solidarité, relier sans lier) et une limitation sinon la suppression de l’usage spéculatif de la monnaie. L’économie solidaire recherche une troisième voie entre « individualisme méthodologique niant les contraintes sociales et un holisme niant les marges de manœuvre individuelles » il s’agit de constituer des ressources relationnelles permettant l’émergence d’une intelligence collective orientée vers la mise en œuvre du bien commun..

L’économie solidaire , une solution à la crise démocratique.

Pour entamer leur deuxième partie, les auteurs posent un postulat : la démocratie est en crise, les systèmes qui bon an mal an permettaient la cohésion sociale ne correspondent plus aux réalités du temps, notamment après plus de 40 années de dérégulation libérale . Pour analyser le terme même de démocratie, il faut s’appuyer sur une notion récemment introduite dans la réflexion politique, (même si son émergence naît au siècle des Lumières, notamment avec Kant,) celle de « l’espace public »selon le terme d’Habermas (85). Une société se construit dans la conjugaison et / ou l’affrontement de trois ordres qui la fondent : le politique, l’économique et le symbolique. La démocratie n’est pas un donné immuable mais un « dessein » en évolution . Si l’économie solidaire revendique sa dimension démocratique il faut alors qu’elle articule les trois ordres sans que l’un d’eux ne prédomine au risque d’un déséquilibre, celui dont pâtissent précisément les sociétés actuelles par hypertrophie de l’économique au détriment des deux autres dimensions. L’ordre politique étant le lieu de la construction de la norme, l’existence d’un espace public de délibération peut générer un pouvoir communicationnel afin de peser sur l’organisation sociale . Cet espace caractérisé par « des horizons ouverts, poreux et mobiles » est le lieu potentiel d’une réflexion collective orientée vers le bien public, un lieu d’incarnation des subjectivités, de négociations subtiles entre parties prenantes d’un territoire circonscrit. C’est ainsi « le lieu de légitimation du politique, le fondement de la communauté politique et le lieu de leur mise en scène. (92).

Le rôle de l’économie solidaire dans la vitalité de l’espace public est essentiel. Les citoyens, acteurs de l’innovation sociale et économique sollicitent leurs interlocuteurs politiques pour faire évoluer les configurations décisionnaires, leur composition (participation des citoyens), leurs orientations (modification des options économiques ) et leur culture (inversion des propositions du bas vers le haut en rupture avec la culture de la verticalité surplombante, ). On trouvera ici de nombreux exemples de réseaux agissant dans ce sens ainsi que les diverses déclinaisons que cela entraîne..

L’économie solidaire, une utopie en actes

Si la loi ne suffit pas seule à maintenir le vivre ensemble(104), le ciment qui lie une communauté repose en grande partie sur son adhésion à des univers symboliques, rôle joué par la religion dans la plupart des sociétés . En revanche dans les sociétés laïcisées, les registres du symbolique ont évolué et sont multiformes (art, culture, sciences, mythologies) et on pourrait ajouter les modes au sens de Barthes. Quant à l’utopie elle souffre d’un déficit de crédit dû à l’échec des tentatives antérieures de renouvellement des sociétés (socialismes divers et variés) ou du caractère inaccessible de ses élucubrations.

Or, sa fonction même est de résistance aux idéologies et mythologies établies non pour les abattre mais pour les dépasser en démontrant l’obsolescence de certains paradigmes pour les remplacer par de nouveaux, en fait issus d’une nouvelle rationalité. L’économie solidaire « est un projet d’approfondissement de la démocratie visant à développer la participation au sein de la société civile, à associer les citoyens aux décisions au sein du système politique et à étendre la démocratie au sein même du système économique » (…) une utopie, un projet de société, faisant du débat démocratique la pierre angulaire du vivre ensemble.. (113). Il ne s’agit pas d’abattre un système pour le remplacer par un nouveau dont il faudrait tout inventer mais bien de le faire évoluer grâce à l’implication des citoyens dans la décision politique et économique dont ils sont exclus dans le système actuel.. Cela vaut à l’économie solidaire d’être accusée par les extrémistes de tiédeur et par les tièdes d’extrémiste (115)

L’économie solidaire c’est de l’économie réelle?

L’analyse de Dacheux et Goujon fait appel aux notions de circuits économiques (une triangulation entre production, revenu, dépense). Ils mettent en exergue l’affaiblissement du pouvoir des salariés et des syndicats face aux ruptures aménagées par la mondialisation et la mise en concurrence des territoires et des humains et ils passent en revue les différentes théories de la justice notamment celle de Rawls (123, 124). Pour l’économie solidaire, il s’agit de sortir de la bipolarisation libéralisme versus keynésianisme en s’inscrivant soit en rupture avec ces logiques, (alternatives) soit en atténuant leurs effets (adaptation). Ces positionnements impliquent dans tous les cas une volonté d’engagement citoyen, une responsabilité sociale échappant à la logique marchande sans pour autant reposer sur une réglementation par l’État des échanges. (129). La logique de rentabilité économique s’efface pour suivre une logique d’utilité sociale.

A plusieurs reprises il est rappelé que la sphère économique ne se limite pas à celle des flux financièrs, qu’il existe des activités qui sont de production et d’échange sans médiation de la monnaie (notamment, note de l’auteure, la sphère domestique assurée majoritairement et gratuitement par les femmes) . A cet égard, l’économie solidaire renouvelle l’usage de la monnaie, en créant des investissements éthiques, des monnaies sociales, des zones de gratuité,etc. Il s’agit de limiter la monnaie à sa fonction d’échange à rebours de la financiarisation absurde qui met en danger les équilibres économiques et humains actuellement.. L’économie solidaire est plus que réelle puisqu’elle recompose les liens entre les ordres politique / économique/ symbolique et si son poids économique est encore très faible, son pouvoir de démonstration de sa capacité à redonner du sens aux échanges humains est sans aucun doute essentiel.

Le chapitre 7 dédié à la place de l’économie solidaire en Europe souffre d’une mise à jour sur ses récents développements. Si le constat sur la panne de la vision européenne est pertinent, les auteurs auraient dû revoir leurs références. Ainsi,le RIPESS Europe est-il considéré comme sur le point de d’être formalisé alors que le réseau a désormais 7 ans d’existence et a accompagné la mise en route de développements en Grèce, dans les pays de l’Est et du Nord où l’économie solidaire n’était pas structurée. Il rassemble des réseaux de 17 pays européens dont certains animent des regroupements élargis à leur région comme la Finlande en Scandinavie ou la Croatie dans les Balkans.

De même le défaut de reliance avec les mouvements sociaux est démenti par toute une série de convergences dans lesquelles aussi bien les réseaux nationaux et européens sont impliqués. Au niveau international, l’ESS existe sous de multiples formes et intitulés dans tous les pays avec des transmissions de modèles d’un continent à l’autre (les tekei japonais ont inspiré les amap et les CSA, les entreprises récupérées argentines ont inspiré les reprises d’entreprises en Europe, les incubateurs d’entreprises du Brésil se sont acclimatés en Europe). Au-delà, la task force de l’ONU consacre une partie de ses travaux à l’ESS, le BIT reconnaît à l’économie solidaire une fonction de maintien en quantité et qualité de l’emploi et y consacre en partie son université ILO.

C’est évidemment la limite d’un tel exercice. la théorie a vocation à voyager relativement bien dans le temps mais l’histoire du développement change par définition au fur et mesure du temps . Si l’économie solidaire est encore souvent une économie de survie, on voit de plus en plus des entreprises qui fonctionnent bien, rémunèrent correctement leurs membres tout en maintenant une gouvernance démocratique. Ce n’est pas une économie que de services et les principes fondamentaux ne représentent pas un handicap à l’établissement d’entreprises industrielles, même si on ne peut envisager ici une industrie de l’armement ! L’économie solidaire représente, comme le soulignent les auteurs un nouveau modèle de développement et il suffit de recenser les initiatives qui se multiplient dans les pays du Sud pour le constater.

On ne commentera pas ici le chapitre sur les forces et les faiblesses de l’économie solidaire puisqu’à nouveau le chapitre souffre d’un défaut d’actualisation notamment parce que les lignes ont bougé entre les partisans et les détracteurs de l’ESS. Ainsi la réflexion sur la décroissance infuse auprès des acteurs de l »économie solidaire qui dans certains cas pratiquaient la décroissance sans se revendiquer de cette idéologie. Ainsi le changement d’imaginaire cher à Latouche est-il intégré dans le discours actuel de l’ESS. De même l’économie des conventions n’est-elle pas si. éloignée de l’évolution de l’ESS. A cet endroit, on distinguera les « querelles de chapelles théoriques » des évolutions sur le terrain qui sont par définition toujours en avance puisque la théorie est le ressaisissement d’un réel en continuelle évolution grâce, il est vrai, à l’effet miroir des concepts. Les faiblesses de l’ESS sont réelles mais elles ont changé de registre. Une des principales reste la difficulté à régler la bonne distance entre marché, Etat et réciprocité. et articuler militantisme politique, actions économiques et projet utopique, tout en évitant l’écueil des contradictions entre les discours et la pratique, la pratique et la théorie, le projet de société qu’elle porte et les évolutions massives de la société actuelle (189)

L’ouvrage se clôt sur un éloge du délibéralisme dont l’économie solidaire serait un fer de lance introduisant dans le jeu social à la fois une remise en cause des fondements de la science économique qui place le marché « hors sol en quelque sorte » fonctionnant sur des logiques étrangères à toute prise en compte des humains et de leurs territoires de vie. Opposant Hayek le théoricien ultralibéral à Mauss et son essai sur le don les auteurs déclarent que les lois du marché sont une fiction entretenue pour justifier les exactions commises en son nom, alors que l’économie est le fruit de décisions humaines orientées. La théorie délibérative considère que lorsqu’il s’agit des affaires communes, les citoyens forment leurs opinions et leurs volontés dans la discussion collective et que l’intérêt général qui en résulte est le produit d’une délibération collective permettant l’obtention d’un consensus autour du meilleur argument.

Les communautés de travail en recherche de nouveaux modes d’élaboration des décisions inventent des méthodes de concertation sur un mode horizontal qui faute d’évacuer la difficile question de l’égalité dans la capacité communicationnelle usent de modes relationnels qui offrent au moins l’opportunité d’un accès à l’information nécessaire à la décision, permettant que les décisions actées engendrent une vraie dynamique d’investissement des acteurs dans la réalisation des objectifs.

Se libérer de la dictature du marché et soumettre les marchés aux lois démocratiques, c’est in fine l’objectif central de l’économie solidaire, un objectif largement partagé par beaucoup de mouvements sociaux qu’ils soient écologistes, anticolonialistes, féministes, autogestionnaires . C’est pourquoi l’économie solidaire dessine un futur propice à l’émancipation .

Le manuel de l’autre économie est donc à mettre entre toutes les mains, celles des convertis, acteurs de son développement, celles de citoyens qui ignorent absolument ce que le terme signifie et même celle de ses contempteurs qui pourraient éventuellement réviser leur jugement. A noter qu’il est muni d’un glossaire utile pour décrypter les termes techniques qu’on y rencontre et d’une liste d’initiatives dont certaines ont disparu tandis que d’autres plus récentes devraient y figurer. mais à l’ère des réseaux sociaux et des cartographies électroniques, on peut suivre ces évolutions sur les sites dédiés comme celui du RIPESS, socioeco.org

.

Eric Dacheux, Daniel Goujon

Principes d’économie solidaire.Manuel de l’autre économie

Ellipses Marketing 2° édition 24 juillet 2018

Prix éditeur : 26€00

Pages : 252

Isbn : 9782340027275

Economies transformatrices : que nous disent les documents?
décembre 13, 2018
0
de www.enchange.com

Comme l’explique l’article « Le processus de confluence du FSM Barcelone 2020 des économies transformatrices a commencé« , le FSM de Barcelone sera axé sur les économies transformatrices.

Mais qu’entendons-nous par « économies transformatrices » ? Si nous souhaitons répondre depuis l’ESS, un petit tour sur socioeco.org s’impose. Une simple recherche dans le moteur de recherche nous indique que nous pouvons y trouver environ 700 documents qui utilisent le mot « transformation » dans les différentes langues. Pour affiner la recherche, nous pouvons utiliser le mot-clé : Nouveau paradigme de transformation, qui regroupe ceux qui nous intéressent et que nous présentons ici, utilisés dans le sens de changement social et politique. Dans les mots de Ruben Suriñac, dans son livre Economias transformadoras de Barcelona, “les mouvements et phénomènes de l’économie transformatrice sont toutes les propositions de réorganisation socio-économique qui introduisent une critique du modèle économique dominant et formulent des propositions de changement socio-économique (tant en théorie qu’en pratique) qui, à différents degrés, tentent de transformer ce modèle ou, tout du moins, d’en prévenir ou en atténuer les effets négatifs”. Il cite, pour Barcelone, les mouvements de la décroissance, l’économie du bien commun, les communs, l’économie féministe et du care, l’économie sociale, l’ESS. Et les phénomènes de l’économie collaborative, communautaire, de la consommation responsable, de l’économie circulaire, de l’entrepreneuriat social, de l’innovation sociale et de la responsabilité sociétale.

Voici quelques exemples de documents que vous pouvez consulter dans les 3 langues du RIPESS:

En espagnol,

nous trouvons, outre le livre cité plus haut, les documents liés au Forum des Economies Transformatrices lui-même  et souvent au REAS et à la XES:

mais aussi

Si las experiencias basadas en la ES lograran conectarse e intercooperar entre ellas dentro del modelo del consumo responsable, serian capaces de alterar las condiciones perversas del mercado actual.

En Amérique Latine, les documents se réfèrent à la transformation sociale, l’action pour la transformation, le paradigme de changement transformateur ou comme une forme de résistance au capitalisme.

Plantea que es el sentido de la transformación deseada, y desde esa definición amplia, qué política social o socioeconómica contribuyen a esa transformación.

et n’oublions pas le slogan du dernier FSM :

En anglais,

nous trouvons le concept de « transformational or transformative change « , en particulier utilisé par l’UNRISD :

Mais aussi les documents suivants associés avec les communs et la décroissance :

  • Commoning as a Transformative Social Paradigm , 2016 – David Bollier (USA)Brisk overview of the commons, commoning, and their great potential in helping build a new society. becoming stewards of natural systems, and mutualizing the benefits of shared resources.
  • Initiatives, Chains and Networking for Transformation , Degrowth in movement(s): Solidarity Economy (Germany) – 2017 – Dagmar Embshoff, Clarita Müller-Plantenberg,, Giuliana Giorgi How is the relation between the degrowth movement and other social movements and perspectives?

En français,

les auteurs parlent du potentiel de transformation de l’économie collaborative, des innovations sociales, de la décroissance, des communs ou de la transformation du capitalisme :

Les médias indépendants parlent de l’ESS

Les médias indépendants sont proches de l’ESS, souvent par leurs statuts et surtout par les valeurs qu’ils défendent. Mais comment l’abordent-ils? Voilà une sélection d’articles de médias indépendants des trois derniers mois. Vous pouvez aussi les retrouver sur la carte de socioeco.org : Journaliste des solutions.(Les articles sont situés sur la ville où se déroule l’expérience ou, en cas d’article généraliste, dans la ville où siège le média).

Comme vous le verrez, les articles sont dans leur langue d’origine, diversité des pays d’Europe oblige. Pour le grec, pour lequel le journal Efsyn est particulièrement présent avec parfois plusieurs articles par semaine sur l’ESS, un résumé en anglais est inclus. Cela vous permettra de percevoir quelles sont les thématiques traitées par ces médias: développement durable, réfugiés, autogestion, coopératives, agriculture bio, etc.  N’hésitez surtout pas à nous faire parvenir un article ou le site d’un media pour améliorer la carte et notre connaissance de l’ESS. Ecrire à Françoise Wautiez : fwautiez[at]socioeco.org

Image de Terra Nuova

Français
  • Se déplacer en milieu rural : ces territoires enclavés qui développent des alternatives sociales et solidaires
    Sophie Chapelle
    Article de Basta!, 16 novemnre 2018 [lire]
  • A Clermont-Ferrand, le succès d’une grande librairie reprise en coopérative par ses salariés
    Sophie Chapelle
    Article de Basta!, 19 octobre 2018 [lire]
Espagnol
  • Nace el Foro de Consumo Responsable de Zaragoza, que velará por la extensión de políticas sostenibles y saludables a nivel local
    Artículo de Arainfo, 16 de noviembre 2018
    2018 [lire]
  • La Contratación Pública Responsable estrena nueva web y se abre a la participación de las personas usuarias
    Artículo de Arainfo, 13 de noviembre 2018 [lire]
  • Comercio Justo y Economía Solidaria, valores compartidos
    Artículo de El Salto,30/10/2018 [lire]
  • El Ayuntamiento de Zaragoza aprueba la primera Estrategia de impulso a la Economía Social de la ciudad
    Artículo de Arainfo, 22 de octubre 2018 [lire]
Catalan
  • Jordi Via, excomissionat d’ESS a l’Ajuntament de Barcelona: balanç d’una experiència, moment i perspectives
    Pep Valenzuela
    articulo de Malarrassa, 16/11/2018 [lire]
Anglais
  • Why Co-ops and Community Farms Can’t Close the Racial Wealth Gap
    Zenobia Jeffries
    Article of Yes! Mafazine, Nov 09, 2018 [lire]
Italien
  • Un modello 100% biologico e’ possibile: l’esempio del Sikkim
    Articolo de Terra Nuova, 16 ottobre 2018 [lire]
  • L’economia per un mondo nuovo
    articolo de Comune.info, 11 ottobre 2018 [lire]
Grec
  • Οι άνθρωποι της Κ.ΑΛ.Ο. προχωρούν με προβλήματα αλλά και αισιοδοξία (The SSE people are moving with both problems and optimism)
    Ioanna Sotirchou
    Article of EFSYN, 12/11/2018 [lire]
  • Επιχορηγήσεις για υφιστάμενους φορείς Κ.ΑΛ.Ο.(Grants for existing SSE organizations)
    Article of EFSYN, 09/11/2018 [lire]
  • Στο Βελβεντό ο πρώτος αυτοδιαχειριζόμενος υδροηλεκτρικός σταθμός (In Velvento the first self-managed hydroelectric power station)
    Article of EFSYN, 04/11/2018 [lire]
  • Κοινωνικός αντίκτυπος για Κ.ΑΛ.Ο. (Social Impact of SSE)
    Ioanna Sotirchou
    Article of EFSYN, 29/10/2018 [lire]
  • Ροκάνι: ΚΟΙΝΣΕΠ για την κυκλική οικονομία (Rokani: in a circular economy)
    Aphrodite Tziantzi
    Article of EFSYN, 29/10/2018 [lire]
  • Οι εναλλακτικές στον καπιταλισμό είναι ήδη εδώ, ήταν πάντα εδώ! (Alternatives to capitalism are already here, they’ve always been here!)
    Hara Kouki
    Article of EFSYN, 15/10/2018 [lire]
  • Κουκάκι: η Κ.ΑΛ.Ο ξορκίζει το κακό (Koukaki: SSE excuses the evil)
    Aphrodite Tziantzi
    Article of EFSYN, 08/10/2018 [lire]
  • Συνεταιριστές όλης της Ελλάδας, συνεργαστείτε! (« Co-operatives all over Greece, work together! »)
    Aphrodite Tziantzi
    Article of EFSYN, 01/10/2018 [lire]
  • Κριτική και προτάσεις για να βελτιωθούν οι νόμοι για την ΚΑΛΟ (Criticism and suggestions to improve the laws for SSE)
    Ioanna Sotirchou
    Article of EFSYN, 1/10/2018 [lire]
  • «Ευρώπη, ήρθε η ώρα να τελειώσει η εξάρτηση από την ανάπτυξη!»(« Europe, it’s time for development dependency to end! »)
    Article of EFSYN, 24/09/2018 [lire]

 

Aller à la barre d’outils