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10e Académie de l’OIT : de l’avenir du travail au changement de l’économie par l’ESS

Par Nora Inwinkl / Solidarius Italia

Du 3 au 7 juin s’est tenue à Turin la 10ème Académie d’économie sociale et solidaire de l’Organisation Internationale du Travail. Elle était co-organisée par l’Organisation internationale du travail, qui célébrait cette année son premier siècle d’existence. Pour ce qui est de l’avenir du travail, il s’agissait d’une occasion offerte aux personnes intéressées ou déjà engagées dans la promotion de l’ESS dans le monde, y compris les décideurs, les praticiens, les chercheurs, les représentants des travailleurs et des organisations d’employeurs, d’échanger sur la nécessité d’influencer l’économie dans une perspective durable. Plus de 100 personnes du monde entier y ont participé (à l’exception de l’Océanie), avec leurs connaissances, traditions, cultures, cadres et besoins différents. Grâce à un partenariat avec les organisateurs, quatre membres du réseau RIPESS Europe du Portugal, de la Grèce et de l’Italie ont pu y assister, ainsi que Beatrice Alain (Chantier de l’économie sociale, Québec) et Jason Nardi (coordinateur RIPESS) qui ont été parmi les intervenants invités.

Le pivot de l’Académie reflétait notre situation du marché et du travail, en se concentrant sur les défis auxquels nous sommes confrontés dans plusieurs domaines : économie, technologie, environnement, changement climatique, démocratie, participation, et autres. Malgré la diversité des participants, tant en termes d’origines que d’orientations professionnelles, tous se sont accordés sur un point spécifique et essentiel : le système dans lequel nous vivons n’est pas du tout durable et les solutions préconisées par les différents gouvernements et les principaux acteurs ne sont pas pertinentes. Pour cette raison, l’Académie a mis en avant plusieurs enjeux importants qui englobent différentes formes d’entreprises et/ou d’organisations de l’ESS (OESS – Organisations de l’économie sociale et solidaire), le cadre juridique existant ou qui pourrait être promu dans différents pays au niveau local et national, les mécanismes et outils financiers, et plus encore.

Le rapport intitulé  » Travailler pour bâtir un avenir meilleur  » rédigé par la Commission mondiale sur l’avenir du travail a servi d’illustration du modèle de travail préconisé. Il s’agit d’un  » agenda centré sur l’être humain pour l’avenir du travail qui renforce le contrat social en plaçant les personnes et leur travail au centre de la politique économique et sociale et des pratiques commerciales « .

Il est important de s’éloigner de l’échelle locale et, en particulier, de l’expertise et des pratiques locales, en mettant en évidence les spécificités de chaque territoire. Au cours de ces cinq jours, de nombreux praticiens ont présenté leurs initiatives et leurs expériences, partageant leurs connaissances et différentes formes d’innovation et recevant plusieurs commentaires et suggestions. Des expériences différentes se sont développées dans des territoires différents mais toutes guidées par des valeurs et des principes similaires, ceux du paradigme de l’ESS, en contraste avec ceux du néolibéralisme.

L’importance des « pratiques » a été soulignée avec les champs d’études organisés lors de la deuxième journée dans les villes de Turin, Ivrea et Cuneo. Elle a donné l’occasion aux participants de découvrir la mise en œuvre de l’ESS à travers des expériences vertueuses.

Il reste encore un long chemin à parcourir et probablement l’une des choses à améliorer est la construction d’un vocabulaire commun et d’un cadre commun pour mettre en œuvre et développer l’ESS d’une manière transversale et transectorielle. Il est important de travailler dans les deux sens : du bas vers le haut, en mettant en œuvre et en soutenant les initiatives locales, et du haut vers le bas, en travaillant avec les autorités locales et nationales pour promouvoir les lois et politiques d’ESS. Ainsi, comme l’a dit un participant lors de la plénière de clôture, nous devons travailler sur « l’ESS dans toutes les politiques ».

« Vers un nouveau système économique  » : Le RIPESS Europe à la 7e Conférence internationale de recherche du CIRIEC

Cette année, la conférence du CIRIEC s’est tenue à Bucarest, Roumanie, du 6 au 9 juin 2019 avec un titre ambitieux :  » Vers un nouveau système économique « . Le CIRIEC (Centre international de recherche et d’information sur l’économie publique, sociale et coopérative) est un réseau d’organisations scientifiques et de recherche internationales, créé en 1947.

Dražen Šimleša, notre coordinateur du réseau, a représenté le RIPESS Europe à plusieurs sessions ainsi qu’à la Commission scientifique internationale « Economie sociale et coopérative » du CIRIEC et a pris part à la réunion qui a eu lieu avant l’ouverture officielle du congrès.

C’était une occasion spéciale puisque, pour la première fois, la conférence a été organisée en Europe centrale et orientale, une région du continent qui a ses propres défis et opportunités historiques pour l’ESS, étant donné que l’économie sociale et solidaire apporte un nouveau paradigme de gouvernance fondé sur la démocratie et la participation.

Les participant.es ont discuté du rôle de l’ESS et des défis mondiaux actuels, avec une  » vision transformationnelle « , se concentrant sur des thèmes tels que les entreprises détenues par les travailleurs et l’avenir du travail décent, la durabilité, la souveraineté alimentaire, les écosystèmes de l’ESS – gouvernance, réseaux, visibilité et politiques. Ainsi, un bon endroit pour que le RIPESS soit parmi les 250 autres participants du monde entier.

Nous espérons que cela rapprochera les praticiens et les militants des mouvements sociaux pour l’ESS avec un secteur scientifique qui peut nous soutenir dans ses recherches et analyses.

Voir le programme et certaines interventions ici.

La monnaie locale citoyenne comme contrat économique de quartier

par Jean Rossiaud & Antonin Calderon (Monnaie Léman / APRES-GE)

Dans ce quatrième chapitre de la série que nous avons entamée en octobre, sur le thème des « monnaies locales », après un exposé général des avantages et des défis des monnaies locales à travers l’exemple du Léman (octobre 2018), des pistes de collaborations et des synergies entre monnaie locale et l’agriculture contractuelle de proximité (ACP) (décembre 2018), et de l’intérêt des monnaies locales comme outils de développement des filières économiques agricoles (février 2019), nous vous proposons aujourd’hui de partir non plus des filières, mais des territoires (des quartiers, des villages, etc.) pour construire des circuits courts et nous inscrire collectivement dans la transition.

La crise climatique nous ramène au bon sens en nous rendant attentifs au fait qu’il est absurde d’un point de vue écologique, économique et social de consommer, à Genève ou à Paris, des tomates récoltées en Hollande, mise en boîte en Roumanie et dont les boîtes elles-mêmes ont été produites en Asie du Sud-Est. La libre circulation des marchandises, notamment dans le domaine agricole, a induit la spécialisation économique de régions entières et augmenté la dépendance face aux traders et aux grands distributeurs. La mise en concurrence de tous les territoires du monde produit partout localement une grande vulnérabilité économique et sociale ; elle n’est ni durable écologiquement ni pérenne économiquement. C’est pour cela que nous en revenons aux « circuits courts ».

Il est courant de qualifier de « circuits courts », les circuits de distribution, le plus souvent agricoles, où n’opère qu’un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur, qu’il s’agisse de vente directe (cf. notre article sur les ACP, déc. 2018), ou indirecte.

Aujourd’hui, il y a une demande croissante de « circuits courts », car les consommActeurs et consommActrices que nous sommes désirent protéger leur santé en même temps que leur environnement. Mais historiquement, les circuits courts étaient la règle, notamment juste hors des murs des villes, comme à Genève sur la Plaine de Plainpalais ou à Paris, les villages maraîchers pour approvisionner les halles et les marchés urbains.

Cependant l’idée de « circuits courts », dans sa renaissance contemporaine, renvoie à la représentation du « Small is Beautiful » (de l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher) et de l’auto-organisation territoriale, comme l’imagine Hans Widmer (P.M.) où les « voisinages » sont à la fois des bassins de vie économiques et sociaux « à échelle humaine » et des espaces politiques de gouvernance de communs.

La monnaie locale un outil de révolution douce

Dans cet esprit, l’échelle du quartier (ou du village) est la plus petite échelle où opèrent à la fois : une convivialité partagée, une diversité des lieux d’activités, de détente, de culture, de rencontres, de travail, des services de proximité de qualité, et une gouvernance démocratique des communs.

Dans ce contexte, la monnaie locale (même une monnaie de quartier) fonctionne comme « carte d’identité » d’un projet « politique » collectif pour la relocalisation de l’économie, la valorisation des circuits courts et la responsabilité sociale et environnementale des producteurs, consommateurs et distributeurs (« quand je paie en monnaie locale, je démontre que je suis de celles et ceux qui agissent pour la transition écologique, économique et sociale »). Cette identification au monde de Demain, se fait de manière non conflictuelle avec le monde d’hier. Affirmative plutôt que défensive, cette posture énonce qu’« il existe des solutions immédiates et concrètes aux dérèglements climatiques et aux crises systémiques; je fais ma part, dans un projet collectif ».

Mais la monnaie locale est bien plus que la carte d’identité de la transition. Elle met en place ipso facto les processus économiques, commerciaux et financiers, qui induisent une solidarité mécanique, automatique, machinale entres les producteurs, les distributeurs et les consommateurs (que ceux-ci se connaissent ou s’apprécient ne change rien à l’affaire), produisant une richesse locale collective, qui ne peut s’échapper du territoire donné, et ne peut pas être captée par les marchés financiers hors sol.

Reconstruire les filières du producteur au consommateur, comme nous l’avons proposé dans un article précédent, février 2019, c’est important, mais reconstruire les solidarités économiques territoriales, sur la base des quartiers et des villages, l’est peut-être encore davantage.

Renverser la logique d’achat, de distribution et de vente pour inscrire l’acte économique dans une stratégie collective et de moyen terme est la clé que propose la monnaie locale pour rouvrir la porte de la prospérité territoriale. Et cette option est valable, dans tous les quartiers, où que ce soit sur la planète : tout le monde a un intérêt direct à renforcer les interactions économiques locales, qui vont augmenter les chiffres d’affaires des entreprises et commerces locaux, augmenter l’emploi et les salaires, générer des impôts qui seront réinvestis localement.

Les monnaies locales sont donc des outils idéaux pour rendre l’économie plus résiliente partout, grâce à un maillage serré, transparent et diversifié des acteurs économiques, tout en augmentant la plus-value sociale et environnementale. En sortant de la concurrence généralisée, elles contribuent ainsi à renforcer la souveraineté alimentaire et économique partout, à lutter contre le chômage de masse, à diminuer les inégalités territoriales, et donc les migrations économiques. Solution locale et universelle, la monnaie locale relève en douceur les défis climatiques et socio-économiques globaux.

Du contrat social au contrat économique de quartier

Le contrat social, celui qui depuis Rousseau nous permet de nous penser comme « des communautés de destin » doit être refondé. Les Etats-Nations sont des territoires trop grands pour constituer des bassins de vie, gouvernables comme des communs territoriaux, et trop petits, pour faire face aux défis planétaires. Il s’agit désormais d’articuler les échelles de production et de gouvernance.

Dans cette optique, le quartier peut être considéré comme la brique de base de l’économie planétaire. Mais comme nous ne croyons pas aux vertus de l’autarcie, et que nous nous reconnaissons dans l’universalité de la communauté humaine sur l’ensemble de la planète, nous sommes attachés à l’articulation des bassins de vie, du local au global : là encore différentes monnaies, correspondant à différents échelles territoriales pourraient être un outil intéressant permettant cette articulation. La question à résoudre est celle de leur interopérabilité (1).

Revenons à nos quartiers. Nous pensons donc ici que la monnaie locale constitue le fondement d’un contrat de quartier, qui vise à la souveraineté économique et à la gestion partagée de la prospérité produite.

Mais de quelle économie parle-t-on ? Un réseau de producteurs et de consommateurs locaux, qui décident de travailler ensemble, dès aujourd’hui sur le moyen / long terme, parce qu’ils savent que le système qu’ils cogèrent fidélise leurs clientèles en baissant les coûts de réclame, assure la pérennité de leurs fournisseurs et de la qualité des biens et services achetés, permet une gestion optimale des flux et des stocks et offre des facilités financières (notamment des lignes de crédit de fonctionnement à taux 0, si on adopte un système de crédit mutualisé).

De plus, que nous soyons des consommateurs, des entreprises, des commerces ou des collectivités publiques, la monnaie locale nous oblige à penser les implications de nos achats quotidiens sur notre bien vivre ensemble. C’est la culture de l’économie et de la durabilité qui se réinvente dans le même mouvement.

Les acteurs-types des filières économiques du quartier

Sans vouloir être exhaustifs, nous présentons des acteurs-types qui contribuent à faire des quartiers des lieux de bien-vivre et d’action citoyenne, et qui ont un intérêt immédiat et concret à utiliser la monnaie locale comme catalyseur et articulateur de leurs activités au sein de leur quartier.

Les coopératives d’habitation sont les actrices centrales de la circulation monétaire d’un quartier. Dans un quartier, soit on y habite, soit on y travaille, soit les deux. S’il est possible de payer les loyers pour les logements et les arcades/bureaux en monnaie locale (même partiellement), c’est une bonne partie des revenus des habitants qui se trouve relocalisés dans le quartier, surtout si ceux-ci ont été rémunérés en partie en monnaie locale. De plus, les coopératives peuvent développer des services annexes pour leurs membres, comme le partage de voiture.

Les habitants ont intérêt à pouvoir profiter de commerces de proximité de qualité. Même si pour cela, il faut mutualiser certains frais et imaginer, avec les bailleurs, des péréquations des loyers pour encourager des activités socialement ou écologiquement utiles, mais moins viables économiquement en centre ville.

L’épicerie ou le supermarché participatif et coopératif

Une épicerie ou un supermarché participatif permet de revisiter le concept de commerce de proximité. Les foyers-membres d’une coopérative alimentaire sont appelés à contribuer à hauteur de quelques heures par mois au fonctionnement de l’entreprise (caisse, mise en rayon, stock, livraisons, mais aussi événements pour le quartier, accompagnement de personnes âgées ou avec handicap, etc.) en échange de produits dont la marge prélevée se trouve abaissée grâce à la contribution collective.

La monnaie locale peut concrètement encourager les habitant-e-s et les entreprises du quartier à préférer ce mode de distribution à l’acheminement classique des produits agroalimentaires. Parallèlement, des contrats se concluent entre collectifs de paysans et épiceries, afin de pouvoir coordonner les plans de culture (production adaptée et variée) sans « contraindre » les consommateurs dans leur choix. Cette vision est en lien directe avec celle de l’agriculture contractuelle de proximité (ACP, AMAP), à la différence que le contrat est décalé du producteur au distributeur, diluant la contrainte de choix sur la communauté et non plus l’individu.

L’auberge du quartier a comme particularité de proposer des repas préparés par des habitant-e-s, coordonnées par un-e aubergiste professionnel-e. Chaque habitant-e intéressé.e par le concept s’inscrit pour participer à l’élaboration d’un repas. Avec le nombre de personnes, les contributions sont très espacées, mais un repas de qualité est proposé chaque jour, à un prix très accessible et dans un esprit convivial. Un quartier a besoin d’artisans : boucher, cordonnier, fromager, boulanger, etc. Dans les villes modernes, ces artisans ont progressivement disparu au profit de grandes entreprises proposant ces services à moindre coût, mais cette situation a induit une perte en matière de convivialité et de qualité de vie. Il est possible d’aider la redynamisation des métiers de proximité grâce à la monnaie locale.

Une fois encore, en effet, l’utilisation de lignes de crédit en monnaie locale (crédit mutualisé) par les artisans est possible pour une partie de leur salaire, le paiement de leur loyer et le remboursement des investissements (installations, machines), pour autant que les membres de la communauté de paiement en question l’acceptent. Les artisans peuvent ainsi descendre en négatif jusqu’à leur limite « plancher » dans les premiers mois ou années d’exploitation, puis remonter petit à petit, au moment où les recettes le permettent.

La même logique mutualiste peut s’applique aux bibliothèques d’objets et d’outils ou aux ressourceries, qui valorisent les déchets, en compost ou en fil plastique pour imprimante 3D. Les sources de revenu pour ces nouveaux métiers de la récupération, de la réparation, de la réutilisation, de la réinvention et du recyclage (les 5 R de l’écologie industrielle et de l’économie circulaire) peuvent être très importantes pour les quartiers.

Dans ce contexte, les collectivités publiques ont un intérêt évident à repenser leurs achats en fonction d’une logique de proximité. En renforçant le présence d’entreprises sur leur territoire, elles obtiennent davantage de rentrées fiscales, et en même temps remplissent plus aisément leurs missions de politiques publiques en matière de promotion économique, de solidarité sociale et de lutte contre le réchauffement climatique (impact carbone).

Le contrat économique de quartier serait – dans cet esprit – le moment où ces différents acteurs se mettent autour d’une table et calculent ensemble les flux inter-entreprises qui pourraient s’effectuer en monnaie locale, et qui constitueraient la trame de fond de ce filet économique de proximité, celui qui donne du travail au plus grand nombre en produisant davantage de richesse collective. Sur cette base, il serait même possible d’imaginer une coopérative intégrale (qui intégrerait la comptabilité des heures de bénévolat), et qui pourrait générer un revenu universel… mais cela serait l’objet d’au moins deux prochains chapitres.

(1) Sur le plan technique, nous avons résolu la difficulté : notre portefeuille multi-monnaie, Biletujo (portemonnaie en Esperanto), permet l’interopérabilité. Mais comment établir un « taux de conversion », un taux de change entre monnaies locales citoyennes, , sans retomber dans le système monétaire actuel, qui fait de la monnaie une marchandise sur laquelle il est toujours possible de spéculer ? Ce sera l’objet d’un prochain épisode dans la poursuite de cette série.

TAPAS – There Are Platforms as AlternativeS

Le projet TAPAS est un programme de recherche financé par le ministère français du Travail et le ministère des Solidarités et de la Santé, dirigé conjointement par le CEPN (Centre d’économie et de gestion de l’Université Paris 13 – UMR CNRS 7234) et l’association, Coop des Communs.

Créée en 2016, La Coop des Communs regroupe des praticien.nes du commun, de l’ESS, des chercheur.euses et des acteurs publics. Son objectif est de contribuer à la construction d’un écosystème favorable à l’éclosion de communs. « Alliés, Communs et ESS peuvent former, non des solutions résiduelles, mais de véritables piliers d’un développement soutenable dans une vision plurielle de l’économie » (Extrait du rapport d’activité 2017). La Coop des Communs est organisée en groupes de travail, parmi lesquels figure le groupe Plateformes en Communs. Ce dernier s’est constitué autour de plateformes numériques ouvertes sur les pratiques coopératives, et afin « d’associer un ensemble d’acteurs, en émergence ou existants, partageant ces valeurs, au sein d’une communauté ouverte » d’une part et de « construire une boîte à outils mutualisée, à visée opérationnelle et permettant l’appropriation des nouvelles possibilités de pair à pair offertes par le numérique » (Extrait du rapport d’activité 2017). Le groupe se donne pour objet de créer, animer et outiller la communauté de plateformes structurées autour d’une charte éthique fondée sur cinq principes : gouvernance inclusive, partage équitable de la valeur, éthique des données, production de communs, coopération entre les membres.

Le projet met au centre des analyses l’étude empirique de neuf plateformes de l’ESS, analysant les mécanismes de fond de l’économie sociale et solidaire qu’elles développent. Le travail théorique permettra de proposer une typologie des plateformes collaboratives en fonction des modèles économiques sur lesquels elles sont assises et des modes de traitement des contributeur.trices au fonctionnement de la plateforme qu’elles proposent. L’accent sera mis sur la conjugaison de ces deux dimensions ainsi que sur les solutions et innovations socioéconomiques permettant de dépasser les obstacles rencontrés par les acteurs. La description du projet est en français mais les résultats seront également disponibles en anglais.

Voir le projet : https://cepn.univ-paris13.fr/tapas/

ESS & communs: 1er Master “Economie et gestion des communs” à Paris 13 – CEPN

Le parcours Économie et Gestion des Communs est la première et unique formation en France dédiée à l’économie politique des communs et à la gestion des organisations alternatives auxquelles ces communs donnent lieu.

Les communs couvrent un ensemble de ressources, de modes organisationnels et de transaction qui ne relèvent ni de l’économie publique ni de l’économie de marché. Ils réclament donc des régimes juridiques alternatifs à l’appropriation privée (ressources naturelles, connaissances); des formes d’organisation du travail et de coopération rompant avec la hiérarchie managériale de la forme capitaliste (le nouveau coopérativisme, l’économie collaborative et du partage, les groupes activistes) et adossées à des politiques sociales nouvelles ; des nouveaux modes de financement et d’échange en marge du système monétaire et financier dominant (monnaies alternatives, technologie du blockchain).

Cette formation s’appuie sur un important réseau d’intervenants professionnels et académiques spécialistes de ces secteurs émergents de l’activité économique et sociale.

Voir

6ème conférence du “Réseau pour la réglementation du le travail décent”, organisée par le BIT: «Le travail et le bien-être au XXIe siècle»

La conférence de 2017 avait exploré certaines des dimensions clés qui ont eu une incidence sur le monde du travail. La conférence de 2019 continuera à se concentrer sur l’avenir du travail afin de mieux comprendre quelles institutions innovantes et quelles politiques de transformation pourraient contribuer à assurer une société plus juste et équitable. Les communications sont invitées à proposer de nouvelles idées et politiques qui pourraient aider la communauté mondiale à façonner un meilleur avenir pour le travail, en mettant l’accent sur: (i) les transitions et les transformations du monde du travail; (ii) repenser le capitalisme; iii) le bien-être dans le monde du travail; et (iv) la construction et le renouvellement des institutions: un contrat social pour le 21ème siècle. Cette conférence contribuera aux débats mondiaux qui se déroulent à l’occasion du centième anniversaire du BIT (Bureau International du Travail) en 2019.

Certains membres du RIPESS Europe participeront à cette conférence et partageront des analyses concernant la contribution majeure de l’ESS à l’avenir du travail décent, face à la crise environnementale et capitalocène, et au défi de construire une solidarité entre les générations (et entre les régions du monde en voie de devenir structurellement plus âgées, ou plus jeunes).

À la suite de la contribution de RIPESS Europe à l’appel ouvert concernant le développement du Socle social Européen des Droits Sociaux, certains éléments communiqués au cours de cette conférence seront publiés dans le prochain bulletin du RIPESS Europe.

Pour plus d’informations : www.ilo.org/rdw2019

Projet européen sur la place de l’ESS dans la formation professionnelle (VET2 – 2018-2020) : le rapport « profil des formateurs »
ssevet2

L’un des principaux objectifs de ce projet “Erasmus + VET-2” (formation professionnelle – 2ème volet 2018 – 2020) est de développer un profil de compétences pour les formateurs et formatrices engagés dans les disciplines associées à l’ESS au sein des parcours des formations professionnalisantes. Ce rapport explore la possibilité d’intégrer les compétences des formateurs pour l’économie sociale solidaire dans les programmes de formation existants. Pour ce faire, les organisations et les réseaux qui mènent le projet – originaires de Grèce, d’Italie, de France, d’Allemagne, du Portugal et de Roumanie – ont participé à une enquête visant à explorer les éléments qui pourront être introduits dans le profil de compétences des formateur.rices spécifiques aux exigences de formation pour l’ESS.

Ainsi, dans ce rapport intitulé «Cartographie des compétences des formateurs et des programmes de formation existants pour l’ESS», les partenaires ont procédé à une analyse approfondie des états des lieux dans chaque pays, avec l’aide et les réponses des personnes les plus aptes à répondre: les formateurs et formatrices eux-mêmes. Des entretiens et des recherches documentaires ont été utilisés pour la collecte de données. Dévoilant les opportunités et les contraintes pour développer les programmes d’enseignement tournés vers l’ESS dans l’enseignement et la formation professionnels, ce rapport constitue une contribution importante pour les partenaires et le RIPESS Europe afin de remédier à l’inadéquation de la forme professionnelle vis à vis des besoins propres aux activités de l’ESS, s’adressant à tous les formateur.ricess potentiels.

La vision et les pratiques portés par le mouvement de l’ESS ouvrent de nouvelles voies pour penser et agir sur l’environnement, l’avenir du travail, le développement local, la responsabilité sociale, l’éducation, la formation, etc. Dans ce contexte, il existe de nombreuses possibilités pour une intégration plus poussée de l’ESS dans les formations et l’enseignement professionnel.

Voir aussi :

Le Forum social mondial des économies transformatrices. Promouvoir les synergies

La rencontre préparatoire au FSMET s’est tenue à Barcelone les 5,6 et 7 avril 2019. Elle a réuni plus de 300 personnes venues du monde entier même si pour plus de la moitié, elles venaient tout naturellement de Catalogne et d’Espagne. Pour les membres du RIPESS international, d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Amérique du Nord, d’Asie et plus nombreux d’Europe (18 pays représentés), cette rencontre a été une excellente occasion de partager leurs expériences avec des personnes œuvrant dans d’autres parties du monde et dans des domaines très diversifiés. Étaient présent.es des représentant.es de structures dédiées au développement des communs, à la défense de l’agroécologie, à la promotion de l’écoféminisme, de l’habitat écologique, des monnaies sociales et de la finance éthique, de l’éducation populaire, des médias alternatifs et bien sûr des réseaux d’économie sociale et solidaire.

Le lieu se prêtait bien à cette rencontre. L’université Aula Magna de Barcelone offrait des salles adaptées et surtout un espace extérieur propice aux échanges informels à l’occasion des repas. L’animation des nombreux ateliers était très structurée et en même temps trop floue par moments. Les participant.es ont considéré parfois que ce qui était proposé à la réflexion pré-formatait un peu trop le cours des débats. Il faut reconnaître que l’ambition de la rencontre exigeait de fait d’en prévoir le déroulement. L’ensemble a donné l’impression d’un potentiel prometteur mais auquel il manquait l’espace et le temps pour se déployer davantage.

Ce galop d’essai laisse augurer d’une suite riche en interactions mais aussi montre les difficultés à établir les convergences pourtant essentielles pour assurer un avenir aux espèces vivant sur la planète dont une partie de plus en plus importante est menacée d’extinction, et à terme l’espèce humaine elle-même. Même si une certaine prise de conscience commence à progresser, notamment au sein des jeunes générations, il est urgent de rassembler toutes les énergies pour faire basculer les paradigmes actuels de l’économie d’une course forcenée au profit vers une gestion raisonnée des ressources et un meilleur équilibre social et écologique. Ce sont tous les paramètres évoqués plus haut qui permettront ce changement d’orientation fondamental.

Toutes ces dimensions travaillées par des groupes de façon encore trop souvent considérée comme marginale ou expérimentale, se présentent encore comme parcellaires, morcelées. Rassemblées, elles forment une approche holistique cohérente dont chaque partie peut se considérer comme un acteur légitime. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre mais bien de proposer des actions concrètes, actuelles, efficaces, capables par leur démonstration d’entraîner l’adhésion d’une masse plus importante de gens qui deviendront eux-mêmes acteurs du changement. Enfin ces rencontres en offrant l’occasion d’échanges de savoirs et de savoir-faire, contribuent à renforcer dans leur détermination les activistes de tous ces réseaux et dans un contexte où les menaces de gouvernements autoritaires se multiplient, ce dernier point est loin d’être superflu.

Pour remplir son objectif, le FSMET doit se doter d’un pilotage plus « interculturel » articulant mieux les réseaux présents ce printemps à Barcelone, de façon à faire en sorte que tous ceux qui s’y sont rendus se sentent réellement partie prenante du processus.

ESS de la culture, culture de l’ESS, le colloque du RIUESS à Marne la Vallée, profond et joyeux.
Rencontre_RIUESS_ESS

Les 15,16 et 17 mai, le Réseau Interuniversitaire de l’Economie Sociale et Solidaire a tenu son colloque, accueilli cette fois par l’Université Paris -Est Marne la Vallée. Il s’agissait de la dix-neuvième édition de cette manifestation qui réunit tous les ans chercheur-cheuses et acteurs et actrices de l’ESS, cette année sous l’intitulé ESS de la culture, culture de l’ESS. Plus de 200 participant.es ont pu échanger au sein d’une université rénovée de frais, dans de très bonnes conditions de confort et accompagnés par une équipe réunissant personnels et étudiants de la Chaire d’économie sociale et solidaire, sous la bienveillante responsabilité d’Hervé Defalvard.

La conférence d’ouverture a été confiée à Farida Shaheed, directrice exécutive du centre de ressources Shirkat Gah-Women (Pakistan) et ancienne et première rapporteure spéciale sur les droits culturels) de l’ONU. Laura Aufrère à l’initiative de cette invitation a présenté Farida en soulignant l’importance de ses travaux pour l’intelligence des multiples dimensions des droits culturels.

Laura Aufrère et Farida Shaheed

Farida Shaheed, tout en se disant peu au fait, de ce qu’est l’ESS, a indiqué en préambule que le respect des droits humains est une base indéfectible d’une économie qui se dit solidaire. Les droits culturels autorisent le développement de visions du monde spécifiques et des modes de vivre qui en découlent. Selon la définition des Nations Unies il s’agit « du droit de chacun à prendre part à la vie culturelle et à bénéficier des progrès scientifiques et de leurs applications ». La culture n’est jamais statique, elle est toujours en évolution. De même aucune communauté ne peut être référée à une seule culture sachant qu’il existe toujours une culture dominante que le pouvoir impose au détriment de cultures dites minoritaires dont celles des femmes, des jeunes, des minorités ethniques etc. Les droits culturels incluent celui de critiquer, contredire et reformuler les paramètres de la culture dominante.

Selon Farida, on ne peut parler des droits culturels sans aborder la question du genre. Alors que les femmes jouent un rôle fondamental dans la transmission culturelle, leur influence dans la prise de décision est limitée et les règles peu ou pas du tout définies par les femmes. Elles affrontent différentes formes de violence pour des actes aussi simples que choisir si elle veulent se marier et avec qui, comment s’habiller et où elles ont le droit d’aller. Quand elles enfreignent ces règles, édictées sans leur avis, elles sont condamnés sous prétexte de trahison. C’est pourquoi il est urgent de changer de paradigme et de placer les femmes à égalité dans leur rôle de porte parole dans le cadre de ce qui doit être transmis ou abandonné d’une culture en rénovation. De même les jeunes ou les marginaux doivent retrouver un droit d’expression et d’influence.

Dans sa présentation, Farida Shaheed aborde également la question de l’accès aux technologies et le problème que pose le transfert des résultats de recherches menées dans le cadre de laboratoires publiques au profit d’intérêts publics. Par ailleurs elle souligne le danger encouru par les artistes dont l’expression peut être censurée parce qu’elle est perçue comme menaçante pour le statu quo culturel et ainsi le droit à l’expression artistique est liée au droit au rassemblement pacifique, la liberté d’association dont celui de fonder des syndicats, le droit à bénéficier des protections morales et matérielles liées à leurs production et le droit au loisir.

Il y a aussi une vraie demande de rétablissement de vérités historiques malmenées par « l’histoire officielle, notamment pour les peuples qui ont subi la colonisation. En conclusion, Farida insiste sur l’importance du respect de la diversité en utilisant la métaphore des dégâts que provoque la monoculture en agroécologie. L’écologie humaine a besoin d’espaces et de temps pour des échanges multidimensionnels.

Deux événements à venir ont été annoncés en plénière : le Forum Social Mondial des Économies Transformatrices en mai 2020, auquel le RIUESS s’associera et le 2ème forum international ESS « Co-construire la réciprocité dans les rapports nord-sud », qui se déroulera à Carthage (Tunisie) les 15-17 avril.

Il y a eu 10 ateliers soit 30 contributeurs en deux sessions, selon 5 axes principaux : les modes d’organisation de l’ESS dans et par la culture, les cultures de l’ESS entre pluralisme, isomorphisme et nouvelles voies, les alliances entre la culture et l’ESS, l’interculturel dans l’ESS, Minorité, diversité à la croisée de l’ESS et de la culture. (les contributions seront prochainement disponibles sur le site ainsi que sur socioeco.org.)

La table ronde animée par Patricia Coler (UFISC) Culture et territoire a permis d’examiner la place des accords locaux dans la dynamique des territoires.

Enfin les étudiants avaient organisé la soirée de gala avec projections de films et musique pour danser, une soirée très gaie. La vingtième rencontre est prévue les 27,28,29 mai 2020 à Clermont-Ferrand.

Les médias indépendants parlent de l’ESS

Les médias indépendants sont proches de l’ESS, souvent par leurs statuts et surtout par les valeurs qu’ils défendent. Mais comment l’abordent-ils? Voilà une sélection d’articles de médias indépendants des trois derniers mois. Vous pouvez aussi les retrouver sur la carte de socioeco.org : Journaliste des solutions.(Les articles sont situés sur la ville où se déroule l’expérience ou, en cas d’article généraliste, dans la ville où siège le média).

Comme vous le verrez, les articles sont dans leur langue d’origine, diversité des pays d’Europe oblige. Pour le grec, pour lequel le journal Efsyn est particulièrement présent avec parfois plusieurs articles par semaine sur l’ESS, un résumé en anglais est inclus. Cela vous permettra de percevoir quelles sont les thématiques traitées par ces médias: développement durable, réfugiés, autogestion, coopératives, agriculture bio, etc.  N’hésitez surtout pas à nous faire parvenir un article ou le site d’un media pour améliorer la carte et notre connaissance de l’ESS. Ecrire à Françoise Wautiez : fwautiez[at]socioeco.org

Photo de couverture de Reporterre L’eusko basque, première monnaie locale européenne

Français

  • [Tribune] Monnaies locales : 10 leviers pour les développer à grande échelle, Samuel Sauvage, Tribune de Social Alter, 01/03/2019 [lire]
  • L’eusko basque, première monnaie locale européenne, Chloé Rébillard, Article de Reporterre, 27 mars 2019 [lire]
  • L’industrie sociale et solidaire : mais si, c’est possible ! (Vitamine T), Article de The Conversation, 17/04/2019 [lire]
  • Le travail collectif est un principe fondateur de l’économie solidaire Hafid Azzouzi, Article de El Watan, 8 mai 2019 [lire]
  • Changer l’entreprise avec l’économie sociale et solidaire, Jerôme Saddier, Tribune de Alternatives Economiques, 23/05/2019 [lire]

Anglais

  • Using Employee Ownership to Build a More Equitable Future for Work Melissa Hoover, Article of Non Profit Quarterly, 2019 [lire]
  • Explosion of Interest in Worker Cooperatives Drives Economic Changes, Brian Van Slyke, Article of Truthout, 24/04/2019 [lire]
  • Unions and co-ops – a new way forward for workers?, Miles Hadfield, Article of thenews.coop, 29 April 2019 [lire]

Espagnol

  • Políticas para una economía más justa, democrática y sostenible Emma Gascó, Blog El Salto Diario, 9 de abril 2019 [lire]
  • Nace la Red de Economía Alternativa y Solidaria de Castilla-La Mancha, articulo de eldiario.es, 15/04/2019 [lire]
  • Este bloque de viviendas en Madrid demuestra que lo ecológico no es solo para ricos, Sara Acosta, articulo de eldiario.es, 14/04/2019 [lire]
  • Sobre la economía de la economía solidaria, Alfonso B. Bolado, articulo de eldiario.es, 26/04/2019 [lire]
  • Propiedad colectiva para evitar la especulación: así funcionan las cooperativas de vivienda en Uruguay, María García Arenales, articulo de eldiario.es, 19/04/2019 [lire]
  • Economía solidaria y cooperativas en Rojava, Artículo de Kaosenlared, 10 de mayo 2019 [lire]
  • Una cita mundial para fortalecer las economías transformadoras, Blog de El Salto, 29 de mayo 2019 [lire]

Catalan

  • L’habitatge cooperatiu arriba a Nou Barris per trencar esquemes Xavi Fernández de Castro, Articulo de El Mon, 26/03/2019 [lire]
  • L’Economia Solidària, un repte per assolir als Instituts de Secundària
    Blog de Pam a Pam, 1/04/2019 [lire]
  • Erika Licón: “Els procesos d’aprenentatge de l’Economia Social i Solidària és donen en l’acció”, Jordi de Miguel, Articulo de El Critic, 13/05/2019 [lire]

Portugais

  • Sem terra colhem 16 mil toneladas de arroz orgânico, Gilson Camargo, Articulo de Extra Classe, março 2019 [lire]

Grec

  • Συμμετοχικός σχεδιασμός (Participatory planning), Aphrodite Tziantzi, Article of EFSYN, 13/05/2019 [lire]
  • «Το κοινωνικό κράτος πρέπει να το διασφαλίζουν οι κυβερνήσεις» (« The welfare state must be guaranteed by governments »), Michael Angelos Konstantopoulos, Article of EFSYN, 08/04/2019 [lire]
  • Είναι χρήσιμο να είμαστε όλοι… Κ.ΑΛ.Ο.μαθημένοι! (It is helpful to be all … SSE), Ioanna Sotirchou, Article of EFSYN, 08/04/2019 [lire]
  • Η κοινωνική οικονομία πάνω από τις πολιτικές διαφωνίες (Social economy beypnd political disagreements), Michael Angelos Konstantopoulos, Article of EFSYN, 01/04/2019 [lire]
  • Ο κόσμος της αλληλεγγύης συναντήθηκε στη Γεωπονική (The world of solidarity meets agriculture), Aphrodite Tziantzin Article of EFSYN, 18/03/2019 [lire]
  • Οργάνωση «από τα κάτω» σε καιρό κρίσης (Organization « from the bottom » in a time of crisis), Ioanna Sotirchou, Article of EFSYN, 18/03/2019 [lire]
  • Το όραμα ενός αστέγου για ένα βιβλιοπωλείο και η αλληλεγγύη του κόσμου (The vision of a homeless for a bookstore and the solidarity of the world), Ioanna Sotirchou, Article of EFSYN, 04/03/2019 [lire]
  • Συμπόσιο για την Κοινωνία Πολιτών και την Κ.ΑΛ.Ο. (Symposium on Civil Society and SSE), Ioanna Sotirchou, Article of EFSYN, 04/03/2019 [lire]
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