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L’Intergroupe Economie Sociale du Parlement Européen renouvelé

par Jason Nardi

Avec les dernières élections européennes, le groupe interparlementaire de l’économie sociale a terminé son mandat et un nouvel intergroupe a dû être formé. En tant que RIPESS Europe, nous avons soutenu la campagne menée par Social Economy Europe pour le renouvellement de l’engagement de certains des députés européens nouvellement élus et non pas seulement une répétition des précédents. Dans la communication que nous avons envoyée en octobre dernier, nous avons plaidé pour un programme beaucoup plus ambitieux, un programme de transformation, qui prendrait en considération non seulement les questions sectorielles (comme les réformes du troisième secteur, les modèles d’entreprise, la création d’emplois ou les marchés publics qui incluent les entreprises d’économie sociale), mais aussi un changement plus structurel dans le commerce, la coopération, le climat et la justice environnementale, ainsi que dans les finances. Et comme le terme « économie et finance sociales et solidaires » a maintenant été largement adopté à tous les niveaux des Nations Unies, (ainsi que dans les législations cadres locales et nationales), nous avons proposé que ce terme soit harmonisé et devienne partie intégrante du renouvellement de l’intergroupe et de son plan d’action.

Avec la nouvelle Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen et des commissaires comme Nicolas Schmit (Luxembourg, Emploi) et l’agenda européen Green Deal pour une Europe sociale forte pour des transitions justes (https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/fs_20_49), nous avons le sentiment qu’il y a maintenant un certain espoir de pousser pour un agenda plus transformateur. Nous aimerions que l’Integroupe représente véritablement cet espoir, cette ambition et cet engagement. Nous nous sommes engagés à travailler collectivement sur ces questions, en impliquant un mouvement beaucoup plus large que l’ESS, qui est également en pleine expansion (y compris dans les pays d’Europe centrale et orientale) et avec des contacts avec des députés européens dans plusieurs pays européens.

Voici les nouvelles de la première réunion du nouvel integroupe (de Social Economy Europe).

Article de Social Economy Europe

Le mardi 21 janvier 2020, la première réunion interne de l’intergroupe renouvelé sur l’économie sociale (SEIG) a eu lieu au Parlement européen à Bruxelles pour nommer les coprésidents et les vice-présidents de l’intergroupe et pour élaborer une stratégie pour les cinq prochaines années.

Cinq membres du Parlement européen ont été nommés coprésidents du SEIG, parmi lesquels Patrizia Toia (S&D, IT), Sven Giegold (Verts/ALE, DE), Leopoldo López (PPE, ES), Monica Semedo (Renew, LU) et Manon Aubry (GUE/NGL, FR). En outre, l’intergroupe a nommé les députés Leszek Miller (S&D, PL) et Jordi Cañas (Renew, ES) comme vice-présidents et a convenu de nommer trois autres députés respectivement du PPE, des Verts/ALE et de la GUE/NGL, dans les prochaines semaines.

L’intergroupe s’est également mis d’accord sur une stratégie pour les cinq prochaines années. Au moment où la Commission européenne vient d’annoncer le lancement d’un plan d’action européen pour l’économie sociale en 2021, dans sa communication « Une Europe sociale forte pour des transitions justes », le SEIG entend coopérer avec le président Von der Leyen, le vice-président Dombrovskis, et les commissaires Schmit et Breton pour concevoir ensemble une politique efficace, qui jouera un rôle clé dans la construction d’une économie qui fonctionne pour les personnes et pour la planète.

L’Occitanie se mobilise pour le FSMET de Barcelone

Par Josette Combes

En Occitanie (France) un Forum de 2 jours, les 22 et 23 novembre à l’Université Jean Jaurès à Toulouse, a rassemblé environ 90 structures de l’ESS,​​ 4 collectivités locales et 4 réseaux ESS. Le programme comportait 5 conférences, 4 cercles de convergence et 16 ateliers. Environ 20 intervenants ont contribué aux conférences dont 7 chercheurs et chercheuses.

Parmi les quelques 1500 visiteurs, des groupes de visiteurs sont venus de différents horizons (Sciences Politiques Bordeaux, Terre de Convergences dans le Gard, Délégation de Marseille), un réseau national et un réseau international et quatre représentants d’institutions locales. Quarante stands présentaient les acteurs de l’ESS de l’Occitanie. Vingt bénévoles ont assuré la fluidité de la logistique et trois restaurateurs (Ludi Monde, Curupira et la Kasbah) ont permis aux participants de prendre leurs repas, même si l’affluence a débordé les prévisions. Plus de 250 jeunes étudiants ont participé aux tables rondes et divers ateliers. Enfin un concert dont la chanteuse est une franco brésilienne a offert un interlude joyeux. Elle a assuré la traduction lors de l’intervention de Monica Benicio, la compagne de Mariella Franco, militante assassinée le 15 mars 1918 à Rio de Janeiro (dont les assassins ne risquent pas d’être poursuivis tant que Bolsonaro sera au pouvoir).

On a pu constater une grande participation des bénévoles, et des visiteurs dans ce lieu confortable et accessible avec beaucoup d’espaces disponibles, une bonne animation des cercles d’acteurs, une programmation riche et de qualité. En particulier le Flashlab (présentation des initiatives en cours de réalisation ou toutes neuves), son format, sa richesse, les échanges ont été une réussite.

Il faut souligner l’énergie donnée par la perspective de Barcelone, la dimension internationale, le croisement des 4 thématiques, la qualité des conférences. Au total un événement joyeux, porteur d’une forte émulation, riche en émotion, en particulier l’intervention de Monica Benicio au cours de la conférence sur l’écoféminisme présentant la situation au Brésil.

Ce Forum s’inscrivait dans le cycle de mobilisation pour le FSMET de Barcelone.

Les prochaines dates en Occitanie liées à la convergence vers le FSMET et les économies transformatrices sont les suivantes : deux temps politiques publiques-territoire ex-Languedoc avec Terre de Convergences, Démocratie Ouverte, La Région Citoyenne – territoire ex-Midi Pyrénées; – un temps économie et féminisme à Toulouse (21 mars); une intervention avec l’UFISC à Gignac le 30 mai; deux dates à caler dans l’Ariège et l’Aude; – un temps agroécologie territoire ex-Languedoc; – un temps Haute-Garonne avec FREDD (Film, Recherche et Développement Durable).

Le MES Occitanie envisage de réaliser un fascicule qui reprendrait les matériaux issus du FRESS (théorie + retours d’expériences des acteurs) et qui valoriserait les économies transformatrices dans la région Occitanie.

La création d’une délégation occitane pour représenter la région lors du FSMET avec des citoyens, élus, acteurs ESS et chercheurs va s’appuyer sur un questionnaire auprès de nombreux acteurs des économies transformatrices sur le territoire occitan pour récolter des informations sur leurs pratiques, les inciter à venir au FSMET et à y proposer des animations.

On peut retrouver les conférences filmées sur ce lien.

Échec et espoir après le Sommet sur le climat de Madrid
Sommet sur le climat de MadridSommet sur le climat de Madrid

La Conférence Internationale COP25 a eu lieu à Madrid (Espagne) du 2 au 13 décembre 2019. Jason Nardi, du RIPESS EU et Coordinateur du RIPESS Intercontinental, était présent et a participé à la « Table ronde de haut niveau sur l’économie circulaire » où il a soutenu que nous avons besoin d’une approche radicalement différente de l’économie.

Écrit par Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental

La 25e Conférence des Nations Unies sur le climat s’est tenue à Madrid (au lieu de Santiago du Chili, où elle devait avoir lieu) du 2 au 13 décembre : deux semaines de négociations entre les représentants des quelque 200 pays parties à la CCNUCC, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Lors de cette COP25, les Etats devaient finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris signé en 2015, qui est censé être pleinement opérationnel à partir de 2020. En outre, ils devaient augmenter l’ambition de leurs engagements de réduction des émissions, qui sont actuellement totalement insuffisants pour atteindre les objectifs et éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique. Les négociations se sont terminées plus de deux jours après le calendrier prévu, avec un accord vraiment faible et un échec important.

La COP25 a été célébrée à la fin d’une année caractérisée par une forte mobilisation des jeunes, qui a porté l’attention sur la crise climatique et l’inaction des États à des niveaux jamais atteints auparavant. Un demi-million de personnes sont descendues dans la rue à Madrid le vendredi 6 décembre, appelant à la justice climatique et à la responsabilité des gouvernements mondiaux. Elle a été suivie par le Sommet social sur le climat, l’événement de la société civile qui a vu plus de 300 débats promus par des activistes du monde entier pour proposer des solutions alternatives, qui s’est terminé par une déclaration intitulée :  » Le monde s’est réveillé face à l’urgence climatique « .

Parmi les nombreux espaces du Sommet social, il y a eu la Minga Indígena, organisée par des représentants de communautés autochtones pour parler des impacts du changement climatique sur leurs territoires. Même si les négociations officielles se sont déplacées en Europe, la société civile sud-américaine n’a pas renoncé à son espace d’expression et à Santiago, les deux réunions prévues de la Cumbre de los Pueblos et de la Cumbre Social por la Acción Climática ont été célébrées.

Le RIPESS a participé à la fois à la COP25 officielle (voir ci-dessous l’intervention de Jason Nardi, coordinateur du RIPESS Intercontinental, au débat de haut niveau sur  » l’économie circulaire, les villes et les bâtiments  » en collaboration avec FMDV et ICLEI) et au Sommet social sur le climat, à plusieurs réunions organisées par des alliés tels qu’ECOLISE et des membres comme REAS Madrid.

La COP de l’année prochaine, prévue à Glasgow entre le 9 et le 19 novembre 2020, sera le test final pour les gouvernements du monde entier. La mobilisation de nos réseaux, mouvements et organisations à tous les niveaux est plus cruciale que jamais pour mettre de plus en plus de pression sur les représentants politiques et les gouvernements qui se retirent d’assumer leurs responsabilités et de continuer à poursuivre un modèle économique polluant, extractiviste et destructeur, au lieu de prendre des mesures réelles pour le changer. Et nous devons lier cette mobilisation aux  » économies transformatrices  » qui se réuniront à Barcelone lors du FSMET (25-28 juin 2020).

Dans ce sens, le nombre d’actions en justice intentées par des citoyens et des organisations contre des États et des entreprises pollueuses se multiplie, appelant à la justice climatique et à la protection des droits humains fondamentaux – le récent cas gagné par la fondation Urgenda contre le gouvernement des Pays-Bas est exemplaire.

Mais les actions positives entreprises au niveau local et le potentiel de collaborations trans-locales, impliquant des villes qui investissent dans l’économie circulaire et sociale solidaire, où des citoyens organisés, des gouvernements et des entreprises responsables et d’autres parties prenantes peuvent collaborer pour construire le système économique et la société résistante au climat dont nous avons besoin de toute urgence, sont encore plus prometteurs.


Table ronde de haut niveau sur l’économie circulaire : Les villes et les bâtiments comme agents de l’action climatique

Discours de Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental 

Les trois quarts de l’utilisation des ressources et des émissions de gaz à effet de serre proviennent déjà des villes, et les tendances en matière d’urbanisation, de motorisation, de population et de croissance économique feront encore augmenter ces chiffres si nous ne devenons pas plus intelligents et plus durables dans notre façon de vivre, de consommer, de nous déplacer et de produire. De nombreuses villes sont confrontées à une grave pollution de l’air, de l’eau et des déchets, conséquence directe de modes de consommation et de production non durables, ce qui fait de la santé des citoyens un impératif clé pour l’action.

Pourtant, la clé pour libérer le potentiel des villes va bien au-delà : il s’agit d’accroître l’ambition politique, d’instaurer une collaboration constructive entre les différents niveaux et secteurs de gouvernement, de mettre en place des politiques novatrices en matière de logement, d’urbanisme et de climat, de mettre en place des incitations économiques solides et d’améliorer la planification urbaine. C’est l’action intégrée et coordonnée des parties prenantes telles que les innovateurs, les décideurs, les investisseurs, les promoteurs, entre autres, qui permettra d’accélérer l’impact pour aider à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

(De l’introduction à la Table Ronde)

1) De la  » Smart  » à la ville collectivement intelligente

Beaucoup, sinon la plupart, des grandes villes actuelles sont écologiquement non durables et socialement injustes (concentration des émissions, pollution, logements de mauvaise qualité, non résilientes et très dépendantes de la fourniture centralisée – comme l’énergie, les déchets, les transports, etc). Ils ont été planifiés ou transformés autour de modèles à forte intensité de carbone et axés sur le marché, excluant de nombreux habitants et leurs communautés, en particulier ceux qui vivent dans des économies informelles comme la majorité des réalités du Sud (60 % en moyenne). Si les villes sont comme des organismes, elles ne devraient croître que jusqu’à leur limite naturelle, biorégionales, vivables et capables d’un avenir. Peut-être moins  » intelligentes  » et plus intelligentes collectivement.

C’est pourquoi d’autres approches plus écosystémiques et plus équitables sont nécessaires : L’Economie Sociale Solidaire (ESS) et la finance sont basées sur l’économie circulaire, de bas en haut, avec des solutions innovantes et éprouvées depuis longtemps, adaptées à des contextes très différents. Elles se font avec une intelligence collective, coopérative et partagée et une utilisation efficace des ressources existantes, recréant des filières agro-écologiques et relocalisées.

La croissance économique linéaire extractive dérégulée et la concurrence mondiale du  » libre marché  » financiarisé sont parmi les causes profondes de l’urgence écologique et climatique dans laquelle nous nous trouvons, sans parler des inégalités et des écarts de pauvreté qu’elles génèrent.

L’écologisation de la croissance économique ne la rend pas plus durable et une véritable économie circulaire est incompatible avec le système économique actuel. Nous avons besoin d’une transition juste vers une économie vivante, où nous produisons et consommons moins, réutilisons, réparons, redistribuons et régénérons davantage. Une économie « circulaire » sans droits économiques et sociaux n’est pas viable.

2) Inclure les communautés marginalisées et les travailleurs informels dans la dynamique circulaire

Les travailleurs informels représentent 50 à 80 pour cent des emplois (indépendants) urbains du Sud. Pourtant, ils sont largement exclus des infrastructures et des services publics, des espaces publics et des marchés publics. Ils contribuent déjà à une économie circulaire résiliente à faible émission de carbone, mais ils sont rarement reconnus, soutenus ou se voient offrir des moyens financiers, à commencer par les femmes, qui représentent la moitié de la population.

Nous avons besoin d’une approche radicalement différente de l’économie, basée sur une appropriation décentralisée et collective, une organisation et une gestion coopératives et démocratiques, des chaînes d’approvisionnement courtes et des circuits économiques solidaires locaux. Cette approche a fait ses preuves dans de nombreux cas partout dans le monde.

Il existe des milliers d’exemples où la collaboration entre des entreprises et des finances informelles, de l’économie solidaire et coopérative avec les gouvernements locaux a réussi à donner des réponses aux questions sociales, urbaines et environnementales – et à contribuer à une activité humaine à faible émission de carbone.

Quelques exemples :

Bamako au Mali a travaillé sur la transformation de 50.000 tonnes de déchets solides en engrais et en énergie. La municipalité, les structures d’ESS et les organisations paysannes sont toutes impliquées. Les déchets pour le compostage sont récupérés sur les marchés, dans les écoles, etc. c’est au début mais c’est prometteur.

A Solapur, en Inde, la coopérative de logement des travailleurs beedi et textiles dirigée par des femmes, avec le syndicat des travailleurs, a construit près de 16.000 maisons (et 30.000 autres sont en cours de construction) faites pour les conditions climatiques locales, avec des matériaux d’origine locale, la participation des travailleurs, qui de la location de huttes de taudis sont devenus propriétaires de leurs maisons durables dans une ville qu’ils ont construite, avec le soutien du gouvernement local et avec les services communautaires, les écoles, les hôpitaux et le marché local des agriculteurs (ils ont remporté le prix Transformative Cities Award, 2018).

3) Le droit à la ville et le nouvel agenda urbain

C’est ce que nous appelons le droit à la ville reconnu par le nouvel Agenda urbain d’Habitat III : une planification urbaine participative par et pour les personnes et les communautés, des villes inclusives, justes et durables, la création d’espaces décommodifiés pour les circuits économiques locaux, la souveraineté alimentaire et énergétique et les biens communs urbains. Et des alliances plus larges, telles que celles entre les villes (comme iclae) ou construites entre les États et l’ONU, comme l’Alliance mondiale lancée par la France.

Pour ce faire, il faut avoir la volonté politique et le courage de (re)municipaliser les services publics et les infrastructures essentielles, avec des partenariats publics-communautaires et un contrôle et une gestion démocratiques : permettre des coopératives d’habitation et des fiducies foncières communautaires, une eau contrôlée par les citoyens, une production d’énergie décentralisée, une mobilité partagée et publique, une gestion circulaire des déchets et des alternatives à faible émission et résilientes pour le secteur du bâtiment et de la construction, avec un accent particulier sur l’utilisation de matériaux et de connaissances locales, des fabriques et des espaces de fabrication communautaires et l’inclusion des groupes de population les plus vulnérables.

Les solutions axées sur le marché ont échoué dans la plupart des cas – il est temps d’agir en redonnant le contrôle aux gens, pour une société juste, socialement inclusive et saine.

C’est ce qu’est et devrait être l’économie circulaire.

Economie solidaire partout: les défis de la nouvelle décennie

Par Josette Combes

Pour cette première Newsletter de l’année 2020, les membres du Comité de coordination du RIPESS Europe vous présentent leurs voeux pour vos initiatives d’essaimage de la solidarité dans un contexte qui demande de chacun de nous beaucoup de pugnacité et de sagesse pour résister aux tendances destructrices d’un monde en plein bouleversement.

Que souhaiter au tournant d’une nouvelle décennie ? L’abandon des armes nucléaires, la fin du climato-scepticisme et la mise en route de mesures réelles et efficaces pour inverser la tendance actuelle d’une dégradation des conditions de vie de l’ensemble des espèces y compris la nôtre, la prise de conscience de l’obscénité des fortunes des ploutocrates comparées aux niveaux effarants de la misère dans tous les pays qui subissent la prédation et le dévoiement de leurs richesses, le changement culturel qui abat les frontières et les murs pour permettre d’établir égalité et fraternité entre les peuples. Autant de vœux pieux mais qu’on ne peut s’empêcher de formuler à l’orée d’une année nouvelle.

En attendant, le RIPESS Europe poursuit son entreprise pacifique de plaidoyer pour un monde où ces voeux deviendraient l’ordinaire du monde.

Le Comité de coordination a fait sa rentrée au cours d’une rencontre dédiée à l’élaboration de la stratégie pour l’année en cours et au-delà. Elle a eu lieu à Elne où nous nous retrouvons chaque année en janvier à l’invitation d’Eric Lavilunnière dont la connaissance de cette région de France nous permet d’y rencontrer quelques unes de ses figures du développement local.

Au nombre des chantiers du réseau, le FSMET représente un des enjeux les plus saillants de cette nouvelle année. Il aura lieu du 25 au 28 juin 2020 à Barcelone. Tous nos membres sont invités à promouvoir au cours de leurs manifestations ce Forum qui a pour objectif principal de favoriser la rencontre, la mise en dialogue et l’élaboration de stratégies communes entre les mouvements qui construisent ici et maintenant des économies pour lutter contre la déliquescence actuelle et proposer des solutions d’avenir.

En Occitanie le Forum régional s’était donné cette mission. L’édition 2019 a accueilli plus de 1500 personnes. Ce temps fort d’information et de mobilisation permet au MES Occitanie d’envisager d’organiser un bus en juin pour transporter les acteurs de l’ESS de la région vers Barcelone.

Le site du FSMET est d’ores et déjà prêt à enregistrer les propositions d’ateliers ou d’animations.

En Italie les 18 et 19 janvier le réseau italien de l’ESS, le RIES s’est officiellement constitué à Rome après une longue maturation. Une nouvelle réjouissante. Tous nos souhaits de réussite à ce réseau avec lequel nous communiquons d’ores et déjà grâce aux membres italiens déjà impliqués dans le RIPESS EU.

A Madrid le sommet international sur le climat s’est tenu pendant que des mouvements sociaux comme Extinction Rébellion (entre autres) organisaient une animation off. Jason Nardi a participé à une table ronde sur l’économie circulaire et des membres du RIPESS ou des alliés se sont distribués dans divers ateliers.

L’Europe met au point le Green deal et l’Intergroup du Parlement Européen sur l’Economie Sociale manifeste également son intention de promouvoir une économie respectueuse de la Planète.

Soyons optimistes et espérons que cette nouvelle année verra se déclencher les actions urgentes pour réaliser le programme d’une terre pacifiée. Economie solidaire partout!

Nouveau logo pour les 25 ans du REAS
janvier 24, 2020
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Article de REAS, janvier 2020

REAS red de redes a 25 ans et nous voulons le partager et le célébrer avec tout le monde, en particulier avec toutes les entités et les personnes qui font partie de ce réseau, celles qui avec leur activité et leurs pratiques le rendent possible et nous donnent du sens.

Ainsi commence une année de célébrations où nous voulons partager les nombreux et riches moments qui nous ont amenés ici ; les débats et les rencontres, les propositions et les actions, les succès et les erreurs…, tout ce qui, en somme, constitue notre trajectoire. Se regarder de l’intérieur pour se retrouver et continuer à se connaître, une étape indispensable pour continuer à construire une histoire commune. Et faire la fête. Parce que nous avons tant accompli en ce quart de siècle, et cela mérite une célébration en grande pompe !

Comme première petite action, nous avons voulu nous doter d’un nouveau logo pour encadrer ce qui va suivre. Par un vote collectif, nous avons choisi le nouveau logo que nous présentons ici, grâce à ceux qui l’ont rendu possible !

Sous cette icône, nous inclurons une série de réunions et d’actions que nous préparons pour cet anniversaire que nous espérons présenter bientôt. Il s’agit, bien entendu, d’un processus ouvert et participatif, c’est pourquoi nous invitons les réseaux, les organisations et les individus à proposer leurs activités et à façonner collectivement ce programme de célébration.

Nous restons donc attentifs au fait que, dans ces 25 années de notre parcours, il y a les graines de toutes les personnes qui font partie de REAS et nous voulons donc le célébrer avec toutes celles-ci…

#HacemosREAS

#REAS25Años

RIES : Création à Rome d’un réseau italien pour l’économie solidaire
RIES Roma founding meeting

Le 18 et 19 janvier 2020, le nouveau réseau national italien a été fondé, réunissant des associations, réseaux et entreprises de tout le pays qui partagent les valeurs et les pratiques de l’économie solidaire.

La nouvelle association compte 22 membres fondateurs qui ont signé le samedi 18 janvier à Rome les termes du réseau italien pour l’économie solidaire (RIES). Le nouveau Réseau marque un point d’arrivée et un tournant fondamental pour le mouvement italien de l’Economie Solidaire qui, depuis une vingtaine d’années, fonctionne à travers un réseau informel, le RES, et qui, après un long débat, a choisi de s’assembler en une seule et unique entité.

Le RIES sera donc l’association de référence et le lieu de rencontre de plusieurs entités animées par des principes et des objectifs communs, capables à la fois de traiter avec les institutions et les organismes publics et d’entrer en relation avec la société civile, dans le but de promouvoir et de diffuser la culture et les pratiques de l’Economie Solidaire.

L’événement a réuni une quarantaine de participants. Le samedi après-midi a été consacré à mettre en place l’assemblée fondatrice et à composer les différents comités élus. Le lendemain, l’assemblée a ouvert la discussion à toutes les organisations intéressées par une éventuelle adhésion au réseau. Le débat fût très animé et de nombreuses idées et attentes ont émergé ; elles serviront de base aux orientations stratégiques et au plan de travail de l’association dans différents domaines : identité et vision, parcours unitaires, mise en réseau des territoires, modèles d’économie solidaire, finance éthique, formation, relations avec d’autres mouvements nationaux et internationaux.

L’objectif final annoncé consiste à promouvoir une alternative au système économique et financier dominant et une réponse à la situation de crise économique, environnementale, sociale et culturelle croissante.

Les 22 membres fondateurs du RIES, Réseau italien pour l’économie solidaire, sont: DES MODENA, GASTORINO, CAES, DESR PARCO SUD, ALTRO MODO FLEGREO, ASSOBOTTEGHE, FEDERAZIONE PER L’ECONOMIA DEL BENE COMUNE ITALIA, AERES VENEZIA, FONDAZIONE FINANZA ETICA, RES LOMBARDIA, CO-ENERGIA, GAS NETWORK PATTANTI MARCHE, EQUO GARANTITO, CRESER, MERCATO & CITTADINANZA (network CS Bergamo), BILANCI DI JUSTIZIA 2.0, DES ALTRO TIRRENO, OLTRE MERCATO SALENTO, SOLIDARIUS ITALIA, ASS. DEGROWTH, FAIRWATCH, OLTRECONFIN.

Les 9 membres du nouveau conseil d’administration du RIES sont : Jason Nardi, Patrizio Monticelli, Domenico Maffeo, Davide Biolghini, Adanella Rossi, Virginia Meo, Diego Moratti, Pietro Negri, Maria Teresa Pecchini.

Photo d’Alberta Cardinali et Riccardo Troisi

Une délégation de Croatie à Genève pour diffuser l’ESS en Europe !

Article de Après-GE, Chambre de l’Economie Sociale et Solidaire Genevoise.

Dans le cadre du projet européen de coopération Suisse-Croatie auquel participe APRES-GE, une délégation d’une quinzaines de représentant-e-s de deux villes croates Ludbreg et Pregrada est venu découvrir et s’inspirer du réseau genevois de l’Économie sociale et solidaire, les 28-30 octobre 2019.

Dans le cadre de ce projet, une délégation croate de 14 personnes a visité Genève du 28 au 30 octobre dernier. Elle a été composée des maires des deux villes, de fonctionnaires publics et de représentant.e.s de la société civile.

L’objectif de cette collaboration entre la Suisse et la Croatie est de présenter des entreprises genevoises de l’ESS, des fonctionnaires et des élu.e.s, afin que nos partenaires croates puissent s’inspirer des « bonnes pratiques » mises en œuvre dans notre canton. Cet objectif a été atteint. Nos partenaires nous ont fait part de leur grande satisfaction quant au programme qui leur a été préparé et sont partis motivé-e-s à mettre en place des solutions innovantes. Dans une deuxième étape, nous donnerons une formation en Croatie pour construire avec eux des projets concrets. Dans une troisième et dernière étape, nous participerons à une Conférence internationale sur la nouvelle économie à Zagreb. Nous prévoyons une petite délégation genevoise pour cette occasion. Finalement, la Chambre de l’ESS pourrait viser à appuyer la création d’un réseau ESS en Croatie en transmettant nos compétences en la matière et en renforçant nos liens à long terme, sous la forme de partenariats entre entreprises ESS suisses et croates, voire entre municipalités.

Nous tenons à remercier Jean Rossiaud et Lina Yanez du Bureau d’études LES IDEES – membre d’APRES-GE – de mener à bien le suivi de ce projet pour la Chambre de l’ESS.
Une partie du mandat est d’ailleurs versée en Léman, notre monnaie locale.

Appel à Communication RIUESS 2020

Économie sociale et solidaire et Développement durable : des approches pertinentes pour le vingt-et-unième siècle ?

RIUESS Clermont-Ferrand

Du 27 mai au 29 mai 2020

Clermont-Ferrand

Laboratoire organisateur :

Laboratoire Communication et Sociétés, Axe « Communication, innovation sociale et économie sociale et solidaire » – EA 7481 – Université Clermont Auvergne

Le but de ce vingtième colloque du RIUESS est d’interroger le concept de développement durable (DD) à l’aune des pratiques et des recherches de l’économie sociale et solidaire (ESS) et, inversement, de questionner les pratiques et les recherches en ESS à l’aune de cette notion plus politique que scientifique. Il s’agit, tout d’abord, dans ce colloque ouvert à toutes les SHS (économie, philosophie, science politique, sociologie, sciences de gestion, sciences de la communication, droit, géographie, anthropologie, etc.), de s’interroger sur le type de société pensé par les acteur·rices et les chercheur·ses de l’ESS et du DD : Œuvre-t-on dans le sens d’une adaptation du capitalisme aux contraintes écologiques ? Participe-t-on à la transformation d’un capitalisme extractif en un capitalisme vert et éthique ou souhaite-t-on la transition vers une société post-capitaliste ? Il s’agit, ensuite, dans un contexte international marqué par la montée des populismes, de s’interroger sur la dimension démocratique des changements à l’œuvre dans une globalisation destructrice de biodiversité et productrice d’inégalités qui ne font que croître. Il s’agit enfin, dans un monde en pleine mutation, où les médias et les réseaux sociaux numériques conditionnent notre accès au monde, de contribuer à une saine clarification du débat en s’efforçant d’expliciter les notions récentes et de caractériser les pratiques émergentes.

Les propositions de communications sont rédigées en français et peuvent prendre différentes formes (modélisation théorique, étude de cas, réflexion critique, témoignage d’acteur·rices, etc.). Elles doivent prioritairement s’inscrire dans un des cinq axes suivants, mais des communications hors axe peuvent être acceptées si elles s’inscrivent dans la thématique générale du colloque (les liens entre ESS et développement durable)

Axe I : Clarification et critique conceptuelle.

Comme le terme « Economie Sociale et Solidaire », le terme de « Développement Durable » réclame une clarification conceptuelle. L’ESS est-elle porteuse de modèles d’organisation et de gestion intégrant les logiques et dispositifs du DD ? Ou doit-on distinguer une ESS adaptée aux représentations du DD d’une ESS politique plus en phase avec les conceptions théoriques décroissantes ? Il s’agirait notamment ici de replacer les débats dans le contexte de l’émergence de ces deux notions et de la manière dont elles ont trouvé à s’articuler, mais aussi de comprendre les glissements sémantiques qui se sont opérés. Plus récemment, les deux approches ont connu de nombreuses variations. En témoigne la multiplication des théories, des projets et des mots qui les désignent. A l’heure où certains parlent d’effondrement, d’anthropocène ou de transition, à l’époque où un capitalisme numérique semble se différencier d’un capitalisme extractif, au moment où de nouvelles formes d’économie (collaborative, circulaire, etc.) et de nouvelles formes de résistance voient le jour (ZAD, décroissance, zone de gratuité, etc.), il semble en effet temps de redéfinir, de manière critique, les différents termes souvent employés comme synonymes dans l’espace médiatique. Il convient, également, de proposer des modélisations permettant de visualiser les ressemblances et les différences entre ces différentes notions. Tel est, en tout cas, l’objectif de cet axe qui s’efforcera également de mettre au centre de sa réflexion la question démocratique : peut-on avoir un développement durable sans une démocratie renouvelée et l’ESS peut-elle représenter ce nouveau projet démocratique ? L’ESS dans des zones non démocratiques est-elle encore de l’ESS ? Comment favoriser une participation démocratique des citoyen·nes aux enjeux actuels du DD et de l’ESS ?

Axe II : ESS et DD : Tensions et dissonances entre discours et pratiques

Il est souvent plus facile d’exprimer ce que n’est pas le développement durable (DD) que de le définir positivement. Son ambition originelle se focalise sur la conciliation problématique entre des intérêts économiques d’un régime plus responsable et vertueux et des impératifs de préservation des ressources. Les dimensions sociétales et démocratiques souffrent d’une insuffisante lisibilité et reconnaissance. Cette faiblesse apparaît d’autant plus préoccupante que le succès du DD doit pouvoir reposer sur une dynamique de solidarité, sur une prise de conscience des interdépendances et sur la participation de toutes et tous.

Ce défi est aussi celui que partagent les acteur·rices de l’économie sociale et solidaire (ESS) directement interpellés. Comment ces acteur·rices de l’ESS s’emparent du DD dans leur manière d’inventer des réponses concrètes par des projets de développement social et solidaire durable ? Comment les actions en faveur du DD des territoires ouvrent la voie aux initiatives émergentes de l’ESS ? S’agit-il d’expériences sociétales là aux d’autres y voient des opportunités expérimentales au service d’un capitalisme moral ou éthique? Comment l’ESS et le DD s’emparent-ils des questions de genre et d’égalité femme-homme? L’ESS peut-elle contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) ? Les ODD conduisent-ils à une normalisation et une banalisation des actions des organisations de l’ESS ? On l’aura compris, l’accent sera porté sur les convergences entre ESS et DD mais aussi sur les angles morts et leurs divergences dans les objectifs et les stratégies des un·es et des autres. Cet axe offre l’occasion de croiser le regard sur des travaux empiriques centrés sur les enjeux et les défis de la coopération entre les acteur·rices du DD et de l’ESS. La dimension internationale sera mise en valeur, notamment pour discuter de la place de la culture mais aussi de la décolonisation dans la coopération Nord/Sud et de l’émergence d’une citoyenneté.

Axe III : Territoires, communs et mondialisation de la solidarité.

L’ESS s’affirme souvent comme locale, territorialisée ; le développement durable souligne, lui, sa dimension globale. Comment articuler les deux ? Comment organiser des solidarités locales, voulues choisies, à l’heure où le changement climatique nous rappelle notre interdépendance de fait ? Comment, d’un côté, éviter les égoïsmes territoriaux, souvent nationaux d’ailleurs, promus par un populisme d’extrême droite et, de l’autre, construire des solidarités internationales qui ne soient plus basées sur un esprit et une culture de la bienfaisance, hérités d’un passé colonial qu’il convient de dépasser ? Comment rendre les territoires résilients ? Quels sont les espaces publics qui, à l’image des espaces publics de proximité chers à l’ESS, permettent aux habitant·es des différents territoires du globe de décider ensemble de la bonne échelle d’action ? De quel territoire parle-t-on ? Un territoire réceptacle de stratégies allochtones, extraverties et de capture d’activités ou de patrimoine s’affichant comme participant au DD (greenwashing) ou comme un territoire révélant des ressources au travers d’initiatives endogènes reposant sur les principes d’autonomisation territoriale, d’auto-organisation, de gratuité et de réciprocité, un commun ? Les communs, lorsqu’ils sont attachés à l’enjeu de la démocratie tout autant qu’à celui de l’écologie, peuvent-ils constituer un véhicule permettant de relier les dimensions locales et internationales, tout autant que de susciter des convergences entre différents formes et niveaux de solidarité ? Comment, dans ce contexte, s’articulent les traditions différentes, de l’ESS, du DD, de la solidarité internationale et du commerce équitable ? Comment aussi traiter, concrètement, les questions migratoires ? Sur ce dernier point, les études sur les migrations promeuvent aujourd’hui, pour en penser les liens financiers et humains, le concept de « translocal ». Elles substituent ce concept à celui de transnational afin d’indiquer que les solidarités associent des communautés locales ancrées dans des espaces différents. Ce faisant, elles ouvrent la perspective d’un translocalisme des territoires durables et solidaires qu’il convient d’explorer.

Axe IV : Pratiques émergentes et DD.

Les monnaies sociales, la consommation responsable, l’économie collaborative, l’économie circulaire, la finance participative, l’entrepreneuriat social, etc. toutes ces pratiques revendiquent une rupture avec le capitalisme actuel. Cependant, malgré la démultiplication d’initiatives citoyennes émergentes proposant des alternatives à l’économie capitaliste, la prégnance dans les imaginaires et dans les pratiques quotidiennes du sophisme marchand, empêche la valorisation et la viabilité de ces initiatives en les cantonnant dans les marges ou en les invisibilisant. Or, le potentiel transformateur de certaines d’entre elles est important à condition que l’on sache s’en saisir. Les pouvoirs publics peuvent avoir un rôle de facilitation pour permettre l’émergence et le développement de ces alternatives ou, au contraire, ils peuvent les entraver. Par ailleurs, si certaines de ces pratiques émergentes aspirent à proposer des modèles économiques alternatifs au capitalisme, d’autres en détournent les aspirations en créant des nouvelles niches de marché en phase avec les nouvelles demandes des consommateur·rices de plus en plus sensibles aux questions liées au développement durable. Les questions qui peuvent donc être abordées dans cet axe sont multiples : Qu’en est-il dans les faits de ces pratiques émergentes ? Quelles visions du DD portent-elles ? Quel renouvellement des pratiques démocratiques génèrent-elles ? Peut-on encore parler de développement durable, quand 98% de l’économie est une économie spéculative ? Quels rôles ont les pouvoirs publics pour faciliter ou entraver ces initiatives citoyennes ? Quels sont les risques d’une récupération marchande de ces pratiques ?

Axe V : Recherches-action en ESS et DD : enjeux épistémologiques, méthodologiques, éthiques et politiques

De la recherche-action (RA) définie par Kurt Lewin dans les années 1940 à la recherche-action-formation initiée par Desroche et développée par Draperi, en allant jusqu’aux recherches partenariales québécoises, les pratiques diffèrent grandement d’une discipline à une autre, d’un objet à un autre. Mais au-delà de ces différences, les acteurs et actrices qui s’inscrivent dans cette tradition de recherche poursuivent un double objectif de production de connaissances et de changement de la réalité par l’action ; ils et elles partagent le désir de transformer la société. En France, notre histoire institutionnelle et sociétale ne favorise pas ce type de recherches, alors même qu’elles semblent prometteuses pour accompagner les transitions en cours, qu’elles soient sociales, économiques ou environnementales. Cet axe propose d’approfondir les réflexions épistémologiques sur la ou les RA menées dans l’ESS ; d’interroger les conditions à remplir pour produire une connaissance valide et peser sur les processus de changement social à l’œuvre. Il propose également de questionner la posture des chercheur·ses issu·es de différentes disciplines et leur responsabilité sociale et sociétale : quels points de vigilance doivent avoir ces chercheur·ses en tête ? quels rôles endosser dans la coproduction de connaissances ? Cet axe propose, par ailleurs, de faire mieux connaître et reconnaître les RA dans le champ de l’ESS et du DD : quelles pratiques de collaboration entre chercheur·ses et acteur·rices se développent-elles ?  (ARUC au Québec, PICRI en France) ? Pour quels résultats ?

Calendrier

La date limite de réception des communications est fixée au 15 janvier 2020.

Ces propositions, de 1 200 mots maximum, doivent préciser le sujet, la méthodologie et l’apport, et, être envoyées à riuess2020@tutanota.com en précisant l’axe auquel elles sont destinées. Chaque proposition sera évaluée en double aveugle par le comité scientifique. Les propositions devront posséder deux éléments distincts :

1-Une fiche d’identification précisant le nom du ou des auteur·rices, ses qualités, le titre de l’intervention et un acronyme de cinq lettres.

2-La proposition proprement dite de 1 200 mots maximum identifiée par son seul acronyme précisant l’axe et comprenant une bibliographie indicative d’au moins cinq références.

Le comité scientifique fera parvenir sa réponse, acceptation ou refus, aux auteur·rices avant le 15 mars 2020. Les textes définitifs devront être envoyés au plus tard le 25 avril 2020.

Membres du comité scientifique (pressentis)

Bouchard Marie (Uqam, Québec), Bucolo Elisabetta (Cnam), Combes-Joret Monique (Université de Reims), Dacheux Eric (UCA), Defalvard Hervé (Université Marne la Vallée), Draperi Jean-François (Cnam), Eynaud Philippe (IAE de Paris), Bruno Frère (Université de Liège), Gianfaldoni Patrick (Université d’Avignon), Hiez David (Université du Luxembourg), Laville Jean-Louis (Cnam), Lhuillier Vincent (Université de Lorraine), Manoury Lucile (Université d’Avignon), Richez-Battesti Nadine (Université d’Aix-Marseille), Robin Yannig (Université de Bretagne Occidentale), Stoessel-Ritz Josiane (Université de Mulhouse), Pierre André Tremblay (Université du Québec à Chicoutimi).

Membres du comité d’organisation

Agbessi Eric (communication, UCA), Batisse Cécile (économiste, UCA), Bussière Alain (commerce équitable, UCA), Collet Raymond (Clermont Métropole), Corneloup Jean (culture récréative, UCA), Couturier Pierre (sociologue, UCA), Dacheux Eric (communication, UCA), Diemer Arnaud (centre Erasme, UCA), Duracka Nicolas (Centre innovation sociale), Garadin Laure (CRESS), Garlot Florine (doctorante UCA), Zumbo-Lebrument Cédrine (Gestion, ESC), Mulnet Didier (éducation au Développement durable, UCA), Tichit Ariane (économiste, UCA), Volat Geoffrey (doctorant UCA), Zouari Khaled (communication, UCA).

Pour tout renseignement :

Le responsable scientifique : riuess2020@tutanota.com

La secrétaire du laboratoire : Nathalie Policard : 04 73 40 85 19

Guide pour entreprendre en ESS avec une perspective de genre

Un article de RIPESS Intercontinental, 20 novembre 2019

Quartiers du Monde (QDM) publie le guide « Accompagnement à l’entrepreneuriat social et solidaire avec perspective de genre ». Ce document a pour objectif d’offrir des outils pour entreprendre autrement pour l’autonomie socio-économique des femmes.

Quartiers du Monde (QDM), ONG française de solidarité internationale et membre du groupe de travail du RIPESS « Femmes et l’ESS », publie le guide « Accompagnement à l’entrepreneuriat social et solidaire avec perspective de genre » dans le but de proposer des outils pour entreprendre autrement pour l’autonomie socio-économique des femmes. Ce guide est le produit d’une co-construction avec des organisations d’Amérique Latine, Afrique et de France.

Pourquoi les femmes accordent-elles plus d’attention à l’autre qu’elles n’en reçoivent ? La profonde inégalité dans l’utilisation des temps qui marquent nos sociétés doit nous interpeller tous et toutes. Notons que le temps des femmes est encore considéré comme une ressource inépuisable, une variable d’ajustement entre les logiques inconciliables de l’économie de marché et de la vie.

Il est donc essentiel de réfléchir à la manière de construire d’autres façons de faire de l’économie, à partir de la réflexion des femmes impliquées dans les entreprises de l’Économie Sociale Solidaire (ESS). Ainsi, ce guide a été créé sur la base du programme en réseau Sud-Sud-Nord « Femmes du monde : un réseau d’entrepreneures solidaires » et repose sur deux piliers : l’ESS et la perspective de genre (PG). Cette orientation vise à répondre à l’observation selon laquelle l’enregistrement d’une activité dans le domaine de l’ESS ne suffit pas à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes malgré les valeurs établies au sein de l’ESS.

Ainsi, en intégrant l’ESS dans une perspective de genre, ce guide suit une approche conceptuelle et une méthode d’intervention qui vise une réelle égalité entre les femmes et les hommes pour contrer les effets de certaines initiatives à travers l’intégration du genre, afin de transformer l’inégalité de genre générée par les systèmes patriarcaux et néolibéraux dans le monde.

Buts et objectifs

Le guide « Accompagnement à l’entrepreneuriat social et solidaire avec perspective de genre » permet la formation et le renforcement des compétences linguistiques qui accompagnent toute initiative entrepreneuriale sociale solidaire dans une perspective de genre des animateurs. Ainsi qu’une réflexion collective sur les problématiques abordées, qui place les femmes entrepreneures comme protagonistes dans chacune des étapes de leurs initiatives d’entreprise, de la création à la consolidation.

Le guide permet également aux entrepreneurs de prendre des décisions en fonction de leur territoire, en leur donnant une vision financière viable et une justice sociale, en tendant vers la transformation des activités économiques des femmes en initiatives commerciales viables et en créatrices de richesse collective.

Les principaux objectifs, tels que présentés lors d’un webinaire du groupe Femmes et ESS du RIPESS de fin 2017 sont les suivants :

  • Outiller et renforcer les capacités des facilitatrices/teurs, animateurs/trices et leader-e-s de groupes et de réseaux à l’accompagnement à l’entreprenariat sociale et solidaire avec perspective genre.
  • Outiller et renforcer les capacités des femmes au sein de collectifs ayant des activités génératrices de revenus et d’initiatives d’ESS avec PG.
  • Contribuer au renforcement et à la transformation des activités économiques des femmes vers, des initiatives entrepreneuriales viables et créatrices de richesse collective.

Il comporte 4 principales sections :

  1. Introduction à l’économie plurielle
  2. Préparation à l’entrepreneuriat
  3. Étapes de développement d’une initiative entrepreneuriale ESS avec perspective de genre
  4. Information et outils additionnels

Et chaque section inclue tant des propositions de dynamiques, des contenus descriptifs, des exemples réels, ainsi que des exercices et divers autres matériels additionnels sous forme de vidéos, fiches, etc.

Le guide peut être utilisé par différents collectifs, femmes ou mixtes, coopératives, organisations sociales, etc., et peut être mis en œuvre avec d’autres méthodes qui accompagnent les créations d’entreprenariat social solidaire, car sa contribution se concentre sur la transformation des femmes et des hommes.

Enfin, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’un guide et qu’il peut et doit être adapté à chaque contexte, car il représente une base solide pour l’évolution et le soutien des processus au moment de créer la justice et l’égalité dans les quartiers et communautés.

Les facilitateurs et facilitatrices qui utilisent ces ressources favorisent la discussion, la réflexion et la planification pour promouvoir une ESS plus inclusive, plus juste et plus égale entre les femmes et les hommes ; la chose la plus importante réside donc dans ce fait.

Le processus de réflexion et de travail derrière la mise en place du guide

Le guide est le résultat d’un processus de réflexion et d’apprentissage qui a duré soixante mois. Au cours de cette période, neuf associations de femmes et dix animatrices – présentes dans des quartiers populaires d’Amérique latine, d’Afrique de l’Est et du Nord de la France – ont travaillé à intégrer la perspective genre dans l’ESS à l’aide de divers outils.

Les référentes, la coordination internationale du programme et les facilitatrices se sont réunies lors de cinq rencontres présentielles formatives (en Bolivie 2017 et 2013, Maroc en 2014, en Colombie en 2015, à Paris en 2016).

De plus, elles se sont contactées de manière virtuelle, par l’intermédiaire du forum du réseau et d’une plateforme de webinaire, pour échanger sur l’application des outils, la pertinence et la réaction des femmes, ainsi que pour systématiser les apprentissages. Les ressources ont été coconstruites par toutes les parties prenantes, et les associations ont fait une adaptation culturelle et traduit dans leurs langues d’origine.

RIPESS et Quartier du Monde s’allient autour du guide

En 2018 une formation pilote à partir du guide a été réalisée au Mali, au sein du réseau d’ESS, RENAPESS.

Cette expérience a débouché sur une idée de projet conjointe entre RIPESS et Quartiers du Monde, en cours d’élaboration. L’idée centrale serait la formation de réseaux pilotes d’ESS du RIPESS dans l’approche de genre de divers pays et continents. Ce projet inclurait l’application des connaissances et des compétences acquises dans le fonctionnement même des réseaux, dans leurs activités d’accompagnement aux collectifs, et dans leur travail de plaidoyer sur l’ESS et le genre. Sans oublier la convergence avec d’autres mouvements d’économies transformatrices autour du sujet grâce aux visions et habilités acquises, en faisant écho à la dynamique actuelle de convergences des économies transformatrices auxquelles participent tant RIPESS que Quartiers du Monde (Forum Social Mondial des Économies Transformatrices)

Le RIPESS organise une tournée d’apprentissage et de formation croisée en économie solidaire aux Etats-Unis

Article du RIPESS International, 8 novembre 2011

Cette semaine, du 8 au 11 novembre, le groupe de travail Éducation du RIPESS organise une tournée pilote d’apprentissage et de formation croisée sur l’économie solidaire organisée par Cooperative Jackson (Etats-Unis) avec la participation de formateurs locaux et internationaux des Etats-Unis, d’Amérique latine et des Caraïbes, du Canada, d’Europe et d’Asie orientale.

L’objectif est de permettre un échange de connaissances entre les formateurs en économie solidaire (ES) et de travailler à l’élaboration d’un programme d’études en ES. Le format de la tournée d’apprentissage, basé sur une expérience locale de ES, et le développement du curriculum seront mis à la disposition d’autres réseaux et initiatives d’ES pour être utilisés et adaptés à leur contexte local. La compréhension de l’ES est un moyen de changer le paradigme économique et social capitaliste actuel vers un monde plus juste et durable.

Pendant ces quatre jours, les participants combineront l’apprentissage en classe pour fournir une base théorique, pratique et des stratégies d’organisation pour construire l’économie solidaire avec des visites de projets sur le terrain pour voir et s’engager dans des pratiques réelles d’économie solidaire.

Parmi les objectifs, ce projet veut piloter et co-développer un programme d’études en ES, ce qui comprend la création de matériel, des méthodologies et des lignes directrices, et animé par des éducateurs en ES du monde entier, ainsi que des gens de la Cooperation Jackson. Et aussi, pour se connecter et apprendre à se connaître et s’engager dans un processus de transformation personnelle : « nous connaître nous-mêmes en relation avec les autres – une compréhension du  » nous  » et de la mutualité ».

En étant une formation de formateurs, ce cours vise également à générer un dialogue de connaissances entre les formateurs qui sont connectés aux mouvements de base de l’ES du monde entier. En adoptant une approche d’éducation populaire, les participants commenceront par la connaissance de chacun d’entre eux et comprendront que chacun est un enseignant et un apprenant.

Cette approche, bien alignée sur l’ES en termes de principes, de fondements et de méthodes, est un processus d’analyse – recherche de modèles, accès à de nouvelles connaissances au besoin, élaboration d’une stratégie d’action, mise en œuvre de cette action, puis retour à une réflexion sur l’expérience, analyse, collecte de nouvelles connaissances pour transformer l’économie locale et mondiale en une société nouvelle fondée sur la justice, l’égalité et l’amour, etc.

L’objectif de l’éducation populaire est de s’engager dans un processus continu de réflexion et d’action afin de transformer la réalité par une libération économique, sociale et politique.

Cooperation Jackson, Mississippi (États-Unis)

Le cours est organisé par la Cooperation Jackson, un projet qui suscite beaucoup d’enthousiasme aux États-Unis et à l’échelle internationale, car il s’inscrit dans une vision plus large visant à transformer l’économie et la société locales et régionales par une stratégie politico-électorale, une organisation populaire par le biais d’assemblées populaires et la construction de l’ES par un réseau coopératif composé de quatre institutions interdépendantes : une fédération des coopératives locales de travail, un incubateur coopératif, un centre de formation et d’éducation coopératives et une banque ou institution financière coopérative.

Pour ces raisons, le groupe de travail sur l’éducation du RIPESS a décidé de collaborer avec Cooperation Jackson pour organiser ce cours et commencer à développer un programme d’économie solidaire qui pourra être utilisé dans le futur par des personnes du monde entier.

Matériel pédagogique sur l’ES disponible sur Socioeco

Le groupe de travail Éducation du RIPESS a dressé une liste du matériel de formation sur l’ES qui sera mis à la disposition de toute personne intéressée ou travaillant dans le domaine de l’ES et de l’éducation. Tout le matériel se trouve dans Socioeco, le centre de ressources du RIPESS et nous invitons tous les formateurs et les réseaux d’ES à envoyer du nouveau matériel à socioeco.org pour être inclus dans la section sur le matériel de formation en ES ou sur la carte spéciale des outils pédagogiques.

Le RIPESS publiera des mises à jour pendant le cours sur nos comptes de médias sociaux Twitter et Facebook. Restez donc à l’écoute pour suivre l’élaboration du programme d’études en ES et les apprentissages de tous les participants au cours de ces quatre journées intenses.

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