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Mesurer et rendre compte du développement durable : Les grandes entreprises et les organisations de l’ESS relèvent-elles le défi des ODD ?

La mesure du développement durable et l’établissement de rapports à ce sujet se sont beaucoup améliorés au cours des dernières décennies, mais sont-ils adaptés aux défis du XXIe siècle et aux Objectifs de Développement Durable ? Cette conférence internationale qui aura lieu à Genève les 3 et 4 juin 2019, sera l’occasion pour les principales parties prenantes des institutions des Nations Unies, des organes nationaux de décision politique et des praticiens dans les domaines de la mesure et de l’établissement de rapports de discuter des meilleures pratiques, des principales préoccupations et des moyens de mieux prendre en compte les dimensions sociales du développement durable.

Un film d’animation sur la Banque Européenne d’Investissement (BEI)

Counter Balance a produit un petit film d’animation sur la Banque européenne d’investissement (BEI), visant à sensibiliser les citoyens de l’UE à la banque, à ses défis et aux améliorations possibles. La vidéo contient également un appel à l’action, afin de recueillir le soutien des citoyens sur notre Manifeste pour la réforme de la BEI, adressé aux candidats aux élections européennes et au prochain Parlement européen.

La vidéo est en anglais et a jusqu’à présent été sous-titrée dans 8 langues de l’UE.

Pour signer la pétition et obtenir plus d’info, aller sur https://www.counter-balance.org/your-eib/

Transformer l’Europe pour le monde que nous voulons
Drawing New World

Par Josette Combes

Tous les ans en janvier, le Comité de coordination du RIPESS Europe se réunit, accueilli par Eric Lavillunière dans le joli village d’Elne afin de travailler sur la stratégie du mouvement. Cette année deux sujets importants étaient à l’ordre du jour : les élections européennes qui auront lieu en mai et la rencontre de préparation du Forum Social Mondial des Économies Transformatrices (FSMET) en avril à Barcelone. Chacun est persuadé qu’une course de vitesse est entamée pour inverser le cours d’une économie outrageusement prédatrice du capital naturel de la planète engendrant des déséquilibres de plus en plus graves dans les relations des humains à leur biotope et entre eux. Le rôle du parlement européen devient fondamental pour harmoniser les réponses que les pays européens doivent mettre en place d’urgence pour lutter contre le changement climatique et les dérives autoritaires qui menacent la démocratie, en Europe mais pas seulement.

Depuis plusieurs années nous avons travaillé au rapprochement avec les élus locaux pour bâtir à partir des territoires des politiques publiques soutenant les initiatives citoyennes d’économie solidaire. Mais il est tout aussi fondamental de s’adresser aux responsables politiques européens pour qu’ils encouragent tous les dispositifs qui agissent positivement pour maintenir la santé démocratique et écologique des pays européens. Nous sommes en train d’élaborer un texte que chacun peut adresser à ses candidat.es pour les élections du Parlement Européen. Plus nous serons nombreux à le faire, plus il leur sera difficile d’en ignorer les revendications. On lira également à ce sujet la proposition d’Alain Caillé pour une « République européenne« .

Le RIPESS Europe participe aussi a une campagne pour ces élections sur la production et la consommation durable avec d’autres réseaux comme lz FTAO et IFOAM et avec Friends of the Earth et plusieurs autres organisations, nous avons élaboré un guide sur comment parler de « l’Europe que nous voulons ».

C’est également l’objectif central du FORUM SOCIAL MONDIAL DES ECONOMIES TRANSFORMATRICES de rassembler toutes les forces de résistance et de proposition pour un meilleur futur du monde. Prenez connaissance de l’appel à participation et retenez la date.

Heureusement, les initiatives ne manquent pas et sont revigorantes pour regonfler l’énergie et l’espoir. Qu’il s’agisse des monnaies locales, de l’énergie renouvelable, de l’organisation des communs, les mobilisations sont bien là.

Les projets européens qui permettent des coopérations entre membres sont centrés sur la transmission grâce à la formation. Il est essentiel de former de nouvelles générations pour continuer à inventer les solutions du futur.

Par ailleurs, au cours de la réunion à Elne, Jean Louis Laville , membre du Conseil consultatif du RIPESS EU, nous a rejoints pour envisager de quelle façon le Conseil Consultatif pouvait contribuer à la recherche au sein du réseau. On trouvera ici les liens vers 3 vidéos qu’il avait réalisées pour le Forum Régional de l’Economie Sociale et Solidaire, sur le « changement d’échelle« .Ce changement d’échelle doit être envisagé non comme une course à la croissance mais bien comme un processus intense de dissémination des fondamentaux de l’ESS pour qu’ils remplacent de façon virale la culture de la compétition, du profit à tout prix, des concentrations de pouvoir et de fortune au détriment de la qualité de vie de la majorité des humains.

Comment parler des sociétés que nous voulons en Europe – un nouveau guide
Europe we want

Nous croyons qu’il existe un appétit pour le changement et que trouver de nouveaux récits constitue une pièce importante du casse-tête.

Nous sommes heureux de partager avec vous un nouveau guide sur les façons de parler des sociétés durables, équitables, inclusives et démocratiques que nous voulons en Europe.

Ce guide a été élaboré par un ensemble de groupes de la société civile et de syndicats engagés dans la construction de sociétés meilleures en Europe.

Il résume les résultats d’une collaboration de six mois incluant des groupes de discussion dans cinq pays visant à trouver de nouveaux récits pleins d’espoir, et fait ces recommandations de base :  
– Créez des conversations.
– Rapprochez l’Europe des citoyens et de leurs communautés.
– Équilibrez l’urgence et l’espoir.
– Dirigez avec beaucoup d’empathie et des valeurs d’égalité.
– Encouragez la participation et mettez l’accent sur le pouvoir qu’ont les gens de changer les choses, mais, dans la mesure du possible, mettez l’accent sur la motivation empathique derrière la mobilisation.
– Soyez prudent lorsque vous parlez de la nécessité d’une  » plus grande participation « , cela peut rapidement conduire à des associations négatives avec des échecs démocratiques et la montée de l’extrême droite.
– Utilisez l’imagerie de la construction pour parler de la communauté, de la coopération et du soutien.
– Méfiez-vous de la difficulté de la reformulation, par exemple lorsque nous parlons de  » frontières ouvertes « , les gens entendent encore  » frontières « .
– Utilisez des exemples concrets et porteurs d’espoir de sociétés européennes plus humaines et plus égalitaires.

Lire l’intégralité des conclusions et recommandations à l’adresse suivante : www.foeeurope.org/how-to-talk-about-the-societies-we-want-in-Europe

Nos recommandations s’adressent aux militant.es, aux communicateurs, aux activistes et à tous ceux et celles qui veulent créer des occasions pour les citoyens d’avoir des conversations sur le type d’Europe dans laquelle ils/elles veulent vivre. Nous espérons que vous les utiliserez et les transmettrez.
Nous serions heureux d’avoir vos commentaires et d’entendre parler d’autres efforts visant à inspirer des conversations pleines d’espoir sur les sociétés que nous voulons. Vous pouvez nous contacter à new.narratives@protonmail.com

Avec espoir

Francesca Gater, Amis de la Terre Europe

Au nom de CONCORD – Confédération européenne des ONG d’urgence et de développement, Bureau de promotion du commerce équitable, Confédération européenne des syndicats, Lobby européen des femmes, Forum européen de la jeunesse, RIPESS EU-Solidarity Economy Europe, WeMove.eu et Public Interest Research Centre.

Ressources de février 2019 (en collaboration avec socioeco.org)

Pour le mois de février voici quelques suggestions à lire et à voir …

  • UNE ÉCONOMIE SANS PROPRIÉTAIRES ? Mathieu Vanvelde, 2018 [lire]
  • Genre et espaces publics : Des villes pour toutes et tous, Françoise Kemajou, Note d’analyse, 2019 [lire]
  • Des entreprises sobres et responsables Crise climatique, crise du capitalisme, Swann Bommier, Cécile Renouard, La vie des Idées, 2019 [lire]
  • « Faire de la démocratie une démarche permanente » avec Open Source Politics, Initiatives inspirantes du labo de l’ESS,2019 [lire]

Publications

  • Au-delà de la propriété Pour une économie des communs, Benoît Borritz, 2018 [lire]

Vidéos

  • Quel changement d’échelle pour l’ESS ? Jean Louis Laville nous propose une conférence vidéo en trois parties réalisée à l’occasion du FRESS 2018 , sur le thème :  » ESS, quel changement d’échelle ? L’enjeu d’un nouveau rapport entre société civile et pouvoirs publics. » [lire]
Les médias indépendants parlent de l’ESS
Cover of Stir Magazine Winter 2019

Les médias indépendants sont proches de l’ESS, souvent par leurs statuts et surtout par les valeurs qu’ils défendent. Mais comment l’abordent-ils? Voilà une sélection d’articles de médias indépendants des trois derniers mois. Vous pouvez aussi les retrouver sur la carte de socioeco.org : Journaliste des solutions.(Les articles sont situés sur la ville où se déroule l’expérience ou, en cas d’article généraliste, dans la ville où siège le média).

Comme vous le verrez, les articles sont dans leur langue d’origine, diversité des pays d’Europe oblige. Pour le grec, pour lequel le journal Efsyn est particulièrement présent avec parfois plusieurs articles par semaine sur l’ESS, un résumé en anglais est inclus. Cela vous permettra de percevoir quelles sont les thématiques traitées par ces médias: développement durable, réfugiés, autogestion, coopératives, agriculture bio, etc.  N’hésitez surtout pas à nous faire parvenir un article ou le site d’un media pour améliorer la carte et notre connaissance de l’ESS. Ecrire à Françoise Wautiez : fwautiez[at]socioeco.org

Image : Couverture de Stir Magazine, Winter 19

Français

  • Les luttes non-violentes de Rajagopal, activiste indien bientôt à Paris Michel Bernard, Anne-Sophie Clémençon, Article de Reporterre, 22 nov 2018 [lire]
  • Étude de chaîne de valeur soja biologique au Togo, Pierre W. Johnson, Article de Transition et Coopération Pierre Johnson, 2018 [lire]
  • « Nous sommes une start-up anarcho-communiste » : Coopcycle auto-organise les coursiers à vélo, Benoît Borritz, Article de Basta!, 16 janvier 2019 [lire]
  • Ethique Les baskets Veja tiennent-elles leurs promesses ?, Justin Délépine, Article de Alternatives économiques, 29/01/2019, [lire]

English

  • Creating a Solidarity Economy Giving Project, Cheyenna Layne Weber, Article in Philantrhopy Women, 28 January 2019 [lire]
  • Beyond the Market: Housing Alternatives from the Grassroots, H. Jacob Carlson, Marnie Brady, Gianpaolo Baiocchi, Article of Dissent Magazine, Fall 2018[lire]
  • Stir Magazine: winter edition 2019: Looking back, looking forwards [lire]

Espagnol

  • Mercados sociales, la unión hace la fuerza, Brenda Chávez, Artículo de El Salto,23/12/2018 [lire]
  • Más allá del mercado: alternativas de vivienda desde las bases, H. Jacob Carlson, Marnie Brady, Gianpaolo Baiocchi, Artículo de El Salto,18/12/2018[lire]

Catalan

  • Mas Corcó: el pagès que fa de forner i el forner que fa de pagès, Articulo de Setembre, 05/01/2019 [Lire]

Italiano

  • “Se trovare soluzioni all’interno del sistema è impossibile, forse è meglio cambiare il sistema”, Pietro Raitano, Articolo de Altreconomia, 1 gennaio 2019 [lire]

Grec

  • ΚΑΛΟ: επένδυση για δίκαιη ανάπτυξη (ESS: investir pour une croissance juste)
    Aristotélis Andréou
    Article of EFSYN, 15/12/2018 [lire]
  • Το εναλλακτικό μοντέλο των πέντε ηπείρων (The alternative model of the five continents)
    Lena Kyriakidi
    Article of EFSYN, 10/12/2018 [lire]
  • Το εργοστάσιο που παράγει… αλληλεγγύη (The factory that produces … solidarity)
    Kostís Roússos, Vangélis Vragotéris, Cháris Malamídis
    Article of EFSYN, 10/12/2018 [lire]
  • Στήριξη με τρία κλικ (in three clicks)
    Article of EFSYN, 08/12/2018  [lire]
  • Προστατεύοντας τους σπόρους ως κοινό αγαθό (Protecting seeds as a common good)
    Lena Kyriakidi
    Article of EFSYN, 26/11/2018  [lire]
  • Ανοιχτή μέρα περμακουλτούρας στο χωράφι της Νέας Γουινέας (Open day in the field at the New Guinea farm)
    Article of EFSYN, 21/11/2018 [lire]
Les monnaies citoyennes renforcent les filières agricoles

par Antonin Calderon & Jean Rossiaud (Monnaie Léman/ APRES-GE,
en collaboration avec Gaëlle Bigler (FRACP / URGENCI)

Voici le troisième numéro de la série que nous avons entamée en octobre, sur le thème des « monnaies locales », après un exposé général des avantages et des défis des monnaies locales à travers l’exemple du Léman (octobre 2018) et des pistes de collaborations et des synergies entre monnaie locale et alimentation durable (décembre 2018), nous vous proposons aujourd’hui de réfléchir en termes de filière, pour différents type de produits agricoles, et en partant une nouvelle fois de l’expérience genevoise : de la semence à la production, de la production à la transformation, de la transformation à la distribution, de la distribution à la consommation. Les cinq filières agricoles clés sur lesquelles le Léman et la Chambre de l’Economie sociale et solidaire (APRES-GE) travaillent actuellement sont les suivantes :

La bière : du houblon à la pinte

Les légumes : de la fourche à la fourchette

Le pain : de la graine au pain

Le bois : de l’arbre au stère

Le vin : du pied au verre

Chaque filière présente ses particularités, et chaque acteur – chaque maillon de la filière – sa réalité et ses enjeux propres. C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de rassembler les différents acteurs d’une filière autour de la même table, afin de réfléchir ensemble aux flux de valeur – et aux flux monétaires qui en découlent – actuels et potentiels. Nombreux sont les acteurs économiques qui n’ont généralement pas le temps de prendre ce recul. La monnaie locale offre aux producteurs une belle opportunité de renforcer les liens entre eux, et entre eux et les consommateurs, et ainsi de consolider l’économie locale, face à la concurrence des marchés globalisés. Le service apporté par la monnaie locale est la « facilitation économique » : c’est une forme de courtage qui permet aux producteurs de mieux choisir leurs fournisseurs locaux, et en cas de surproduction d’écouler les stocks dans la communauté de paiement.

La filière bière : du houblon à la pinte

Prenons l’exemple de la filière bière pour illustrer nos propos. Le développement des brasseries artisanales est actuellement en pleine expansion et leur fonctionnement est aisément modélisable. Les principaux maillons de cette chaîne sont : les paysans, les malteries, les brasseries, les distributeurs, ainsi que les bars, restaurants ou épiceries. Le schéma ci-dessous nous en donne une illustration.

Si vous l’ignorez encore, sachez que la bière est constituée à 90% d’eau, qui sert de base à l’ajout du malt, du houblon, puis de la levure. A cela peut s’ajouter des ingrédients supplémentaires, comme du café, des fruits, des épices ou autres condiments ou aromates.

Les agriculteurs (1) cultivent les céréales, qui seront ensuite transformés en malt par la malterie (2). Parallèlement, le houblon (2’), une plante grimpante, doit être cultivé et ses fleurs récoltées puis séchées ; la levure (2’’) doit être produite, généralement en laboratoire.

Ces trois ingrédients sont utilisés par les brasseries artisanales (3), avec de l’eau, pour la production de la bière. D’autres biens sont également nécessaires à la production de la bière, notamment les bouteilles, les capsules, les étiquettes, la colle, et l’eau bien sûr. Ces produits sont considérés comme secondaires dans la filière de production de la bière, même s’ils sont évidemment nécessaires. De plus en plus souvent les brasseries récupèrent leurs bouteilles, par le biais d’un système de consigne, et les réutilisent.

Ensuite, les distributeurs (4) se chargent d’acheminer les boissons produites dans les bars, les restaurants et les épiceries (5), où ils sont vendus à la consommation, et notamment aux employé·e·s (6) des diverses entreprises de la filière de la bière. En effet, une partie des consommateurs de bière travaillent dans la filière.

Il faudrait également intégrer une nouvelle activité dans cette filière de la bière : les champignonnières (4’). Elles travaillent avec les brasseries, en récupérant le malt usagé (les drêches) pour l’utiliser comme substrat sur lequel pousseront les champignons (notamment des shiitakes et des pleurotes). La récupération du substrat est actuellement à l’étude pour être utilisé comme emballage de protection, pour ses propriétés de légèreté et d’amortissement des chocs.

Tous ces acteurs ont également des coûts de locaux, d’énergie, de machines de production et de transport, d’informatique, d’impressions et d’administration. C’est ce que nous appelons le réseau secondaire de fournisseurs.

Le schéma suivant résume le réseau primaire de la filière bière, en modélisant les flux de biens/services, ainsi que les flux monétaires qui permettent ces échanges.

La mise en relation économique

La monnaie locale est avant tout un outil de mise en lien économique entre les acteurs d’une filière. Si les acteurs sont convaincus de l’intérêt de créer une économie locale forte, ils n’ont pas toujours ni le temps, ni l’énergie, ni même les connaissances suffisantes pour analyser l’ensemble des flux actuels et potentiels dans leur propre filière économique. Pressés par les contraintes économiques de court terme et le manque de liquidités, ils vont le plus souvent au plus rapide et au moins cher, alors que leur véritable intérêt économique, à moyen ou long terme, serait de privilégier une approche concertée et solidaire, par exemple dans un système de crédit mutualisé.

Travailler dans leur propre monnaie locale incite les acteurs économiques à prendre conscience des spécificités et des contraintes diverses au sein de la filière et met chacun en relation commerciale avec ses potentiels fournisseurs et clients : le paysan avec la malterie, la malterie avec les brasseries, les distributeurs avec les brasseries, et les bars, les restaurants et les épiceries avec les distributeurs.

L’enjeu n’est pas seulement économique et écologique. Certes, il permet d’augmenter les volumes d’activité de chacun et la richesse produite sur le territoire ; et la mise en valeur de ce territoire, dans les circuits courts, renforce la résilience économique et la durabilité écologique (baisse de l’émission de CO2). Sur le plan social et politique, le réseau économique ainsi créé rompt l’isolement de chaque acteur et c’est le tissu social qui s’en retrouve renforcé. Ensemble, il sera plus facile de défendre ses intérêts collectifs et de devenir des parties prenantes des politiques publiques en matière de promotion de l’agriculture locale.

De la liquidité monétaire pour les filières

Le système de crédit mutualisé proposé par une monnaie locale complémentaire comme le Léman dans la région lémanique permet un apport de liquidités important dans les filières économiques. En effet, chaque acteur se voit octroyer une ligne de crédit de fonctionnement (actuellement entre LEM 1’000.- et LEM 20’000.-, en fonction de sa taille) utilisable sans taux d’intérêt et de manière illimitée tant que celui-ci reste en dessous du seuil établi. L’ensemble de la filière concernée voit donc son potentiel d’échange économique augmenter à hauteur de la somme des limites de crédit de l’ensemble de ses acteurs.

Ce système ancestral de la mutualisation du crédit, qui a pratiquement disparu aujourd’hui, avalé par le système bancaire contemporain, est pourtant un système très simple et très stable. Le réseau dans son ensemble est par définition toujours totalement équilibré « à zéro » : la somme des montants positifs est toujours égale à la somme des montants négatifs, et il n’y a pas de création monétaire. Plus la monnaie tourne et plus de la richesse est produite. Le manque de liquidité est un frein à l’activité. Le crédit mutualisé remplace donc très avantageusement le crédit bancaire.

Le crédit bancaire classique coûte cher – quand il est octroyé, car souvent les banques refusent le risque. Il surenchérit les produits, car il faut bien inclure de coût de l’argent (l’intérêt) dans le prix de vente, et fragilise le vendeur sur un marché concurrentiel occupé par des grands groupes qui cassent les prix.

En travaillant en monnaie locale, on recrée une économie parallèle, et on échappe à la pression des grands groupes et des produits étrangers. Se mettre à la monnaie complémentaire, pour les filières agricoles notamment, doit être vu comme une stratégie de survie et de développement. Mais il faut jouer le jeu tous ensemble, entreprises, salariés et consommateurs, pour que la monnaie puisse continuer à irriguer en continu l’économie locale, sans stagner dans des goulets d’étranglement.

Vers une irrigation saine des filières

L’enjeu principal est donc d’éviter la formation de poches de rétention de monnaie locale, qui témoignent d’un blocage économique. Un tel blocage est salutaire s’il permet à l’acteur en question de se questionner sur ses partenaires qui n’acceptent pas la monnaie locale. Il serait peut-être temps d’en changer, et d’opter pour des fournisseurs qui s’inscrivent également dans la logique re-localisation et de responsabilité sociale et environnementale.

C’est là qu’entrent en jeu les services des « facilitateurs » de la monnaie locale : ils travaillent de concert avec les entreprises à intégrer les fournisseurs à la communauté de paiement, s’ils remplissent les conditions de la charte et, sinon, à dénicher de nouveaux partenaires.

Les poches de monnaie locale sont par contre problématiques, si les entreprises ne peuvent remettre dans le circuit autant de monnaie qu’elles en acceptent : la monnaie perd alors sa fonction première qui est de fluidifier les échanges. Le risque de dévaluation de la monnaie (elle va s’échanger en dessous de sa valeur officielle, par exemple 120 unités vont être demandées pour un bien/service qui en vaut 100 en monnaie étatique) est ainsi important.

Deux types d’acteurs peuvent se retrouver structurellement à cette place de « goulet d’étranglement ». Premièrement, l’entreprise qui occuperait une place centrale dans la filière, et possèderait pas ou trop peu de substituts. Dans la filière « bière », il s’agit de la malterie, avec laquelle toutes les brasseries locales ont intérêt à travailler en monnaie locale. Deuxièmement, l’entreprise qui se trouve en « bout de filière ». Dans notre exemple, il s’agit du paysan qui cultive les céréales qui seront ensuite transformées en malt. Le schéma suivant expose cette problématique de poche de rétention de monnaie locale en bout de filière.

Pour ces deux cas, il existe une réponse simple sur le plan théorique, mais qu’il n’est pas si aisé de mettre en pratique, car elle demande déjà un réseau économique dense : le paiement d’une partie des salaires en monnaie locale. La masse monétaire redistribuée mensuellement est cependant un puissant levier de dynamisation de l’économie locale et durable par la consommation. C’est ce que le schéma ci-dessous explique.

Nous avons donc vu que les producteurs des filières agricoles ont un intérêt certain à utiliser la monnaie locale pour résister à la concurrence des grands groupes et des producteurs étrangers. Cependant, ce succès repose sur l’équilibre des flux. Le renforcement de l’économie locale requiert donc de l’organisation et de la patience, car il s’agit de faire entrer l’ensemble de ses acteurs dans la communauté de paiement dans un cercle vertueux.

C’est à la monnaie locale d’effectuer ce travail de facilitation économique et de mutualisation du crédit, et il faut lui en donner les moyens. Une fois ce travail réalisé, de la même manière que l’on poserait un système d’irrigation dans une culture, la monnaie peut alors circuler de manière vertueuse en créant de la valeur dans l’économie locale et durable, et en renforçant la résilience économique, face aux crises financières systémiques. 2008 devrait nous servir de leçon !

Dans une prochaine lettre d’information, nous prendrons l’exemple d’une ou de plusieurs entreprises particulières et de la manière dont elles utilisent quotidiennement la monnaie locale pour donner du sens à leur travail : un sens économique bien sûr, mais aussi le sentiment de participer pleinement à l’amélioration du bien commun.

Le printemps démocratique de la Pologne : la lutte commence ici
Poland demo guardian

Article du Guardian, par Christian Davies, 30 janvier 2019

Quand Anna Gryta et Elżbieta Wąs ont lancé une campagne locale pour préserver une place publique dans le sud-est de la Pologne, elles n’avaient aucune idée que cela en ferait de puissants symboles du renouveau démocratique. Mais presque 10 ans après leur succès à Lubartów, les sœurs sont devenues des figures de proue pour des milliers de Polonais déterminés à assurer la gouvernance propre et démocratique qui leur avait été promise après l’effondrement du communisme il y a 30 ans.
C’est une révélation surprenante. Ces dernières années, la Pologne est devenue un symbole du populisme nationaliste, le parti au pouvoir, le parti Law and Justice, défiant les normes démocratiques européennes par ses attaques contre les médias et les tribunaux. Mais loin des feux de la rampe, il y a un mouvement populaire florissant contre les failles de la culture démocratique du pays dont se nourrissent les populistes. Des groupes restreints d’activistes civiques remportent succès après succès dans tout le pays sur une vaste gamme de questions différentes – de l’éducation sexuelle à la qualité de l’air et à la primauté du droit, des pistes cyclables et des espaces publics à la transparence et à la participation aux processus décisionnels locaux.
Lire l’article ici (en anglais).

L’économie solidaire montre son cœur
février 14, 2019
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La economia solidaria enseña el corazón 2018

Article de REAS, Red de Redes du 31 décembre 2018

Les entités de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) se sont soumises pour la quatrième année consécutive au Bilan Social, un processus participatif qui leur permet de réaliser un diagnostic de leur fonctionnement, outil indispensable pour définir des stratégies d’amélioration dans les domaines social et environnemental, et de pouvoir être chaque année plus cohérentes avec les principes fondateurs de l’ESS.

Par l’intermédiaire de ce processus de bilan social que les entités de l’ESS mènent depuis des années, l’objectif est de générer un processus collectif d’évaluation et de sensibilisation aux principes définis dans la Charte des principes de l’économie solidaire et qui marquent l’identité de toutes les entités qui font partie de l’ESS et qui font donc l’objet d’évaluation dans ce rapport. Les instruments et variables considérés dans l’outil utilisé ont un double objectif : promouvoir l’amélioration interne des organisations, et générer des rapports annuels agrégés avec lesquels rendre visible l’importance et la durabilité promues par les entreprises de l’ESS.

Depuis 2014, le REAS RdR a été mis en place, c’est un réseau représentatif de l’ESS qui rassemble près de 700 entreprises dans toute l’Espagne et qui promeut cet outil, un processus d’harmonisation au niveau de tout l’Etat des indicateurs de bilan social et des systèmes d’audit développés sur leurs différents territoires, grâce au travail conjoint développé par le groupe de travail sur l’audit social de REAS RdR.

Pour ce processus de confluence, la plate-forme technologique que XES (Xarxa de Economía Solidaria de Catalunya) avait développée dans le cadre de son projet « Enseña el corazón » a été adoptée en 2018. Cet outil informatique d’évaluation de l’impact et de la responsabilité des entités associées au XES, initié en 2008, permet aux entités associées ou liées à ce réseau de s’auto-évaluer sur la base de variables regroupées en différents blocs : performance économique, qualité professionnelle, démocratie, égalité, qualité du travail, environnement et engagement social.

lAu total, ce sont 446 entités de toute l’Espagne qui ont participé à l’Audit Social 2018 (dont les données correspondent à l’exercice 2017) (81 % d’entre elles sont membres de REAS). Elles ont atteint un chiffre d’affaires global de près de 457 millions d’euros et comptent près de 12 000 collaborateurs, 20 000 bénévoles et plus de 150 000 membres. Les résultats suivants peuvent être mis en évidence à partir du rapport global de ce processus d’auto-évaluation :
Équité : 58 % des femmes occupent des postes à responsabilité, l’écart salarial est de 2,7 et 63 % des entités favorisent un langage inclusif.
Travail : 74 % améliorent les formes légales de conciliation travail-vie personnelle, 50 % ont un règlement interne de gestion des relations de travail et 62 % créent des espaces pour l’attention émotionnelle et les soins aux travailleurs.
Durabilité environnementale : 91 % appliquent des critères de consommation responsable lors de l’achat de produits, 32 % sont des entités à gestion environnementale et 49 % utilisent des énergies renouvelables.
Coopération et engagement avec le local : 65% opèrent avec la finance éthique, 13% de leurs achats sont réalisés dans le cadre du Marché Social et 15% dans des entités à but non lucratif.
Non lucratif : 58% des revenus proviennent de la facturation contre 30% de subventions. En ce qui concerne la répartition des bénéfices, 75% vont aux réserves, à la compensation des pertes ou aux investissements propres, 13% aux initiatives pour la construction de biens communs et 4% aux investissements des entités financières de l’ESS.

Sur la base de ces données et d’autres données issues du Bilan Social 2018, il s’agit de donner de la visibilité à l’importance des entreprises de l’ESS en Espagne, mais surtout de faire comprendre aux citoyens dans quelle mesure ce type d’organisation représente un modèle économique plus responsable. Bien que ce rapport n’offre pas de comparaison entre les données proposées et celles qui seraient obtenues dans les entreprises en général, sa simple lecture fait ressortir la responsabilité des entités de l’ESS, du moins clairement dans de nombreux aspects analysés, tels que la participation, l’égalité et le souci du travailleur au sein des organisations, ou leur niveau de coopération et de préoccupation sociale.
Les outils et indicateurs proposés doivent continuer à être développés afin de fournir aux organisations qui y participent un outil utile pour l’autodiagnostic et l’identification des domaines importants à améliorer. REAS RdR espère que l’information obtenue contribuera à transférer aux citoyens les propositions qui sous-tendent le modèle d’économie sociale et alternative et la nécessité de continuer à parier pour ce modèle.

Avril 2019: vers le Forum social mondial des économies transformatrices
FSMET meeting

Barcelone, les 5, 6 et 7 avril 2019. Rencontre de travail au cours de laquelle chaque axe développera une dynamique visant à préciser les objectifs et les priorités à travailler et à élargir la portée des entités impliquées. Des plans de travail seront convenus, le modèle de gouvernance sera validé et les prochaines étapes à suivre seront définies.

Participant.es : entités liées aux différents axes, des représentant.es des réseaux et mouvements sociaux au niveau local et international

Nous avons l’intention de faire du processus, de l’objectif. Nous entamons un processus de confluences, tant au niveau local qu’international, des initiatives, mouvements et façons de comprendre l’économie qui ont pour objectif commun la construction d’une véritable alternative transformatrice du système économique et financier capitaliste actuel.

Nous voulons faire de ce Forum une agora. Nous ne voulons pas nous limiter à la célébration d’un événement vitrine où seuls des experts prennent la parole, mais nous souhaitons discuter ensemble du type d’économie que nous voulons. Nous ne voulons pas non plus simplement discuter et rêver cet « autre monde possible », parce que nous savons qu’il existe déj, par l’intermédiaire des milliers d’initiatives qui construisent des alternatives. Nous voulons trouver des stratégies communes pour nous rendre visibles, articulées et efficaces. qui se multiplient.

Nous voulons que cet événement soit durable, qu’il y ait une continuité au-delà du Forum 2020, tant au niveau local qu’international. Pour ce faire, il reste à s’assurer que ce processus se construise à partir des territoires et de créer des espaces pour l’articulation en face à face et virtuelle au niveau local, et qui créent une continuité dans le temps en tant qu’espaces d’échange d’informations. de confluence et de transformation.

Nous voulons faire connaître les économies transformatrices et atteindre tout le monde, ceux et celles qui n’en font pas encore partie. Pour y parvenir, nous croyons qu’il est nécessaire que le Forum dispose d’un réseau de médias indépendants et animés du même esprit et qui puissent diffuser le processus, et assurer un effet multiplicateur.

Plus d’informations seront bientôt disponibles sur http://transformadora.org/

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