Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in comments
Search in excerpt
Search in posts
Search in pages
Search in groups
Search in users
Search in forums
Filter by Categories
450
597
598
93
Actu
Actu
AG2016 ateliers
AG2017
Assemblée Génerale
Campagne
Convergence
Edito
Editorial
Education et recherche
Etat de l'art
Europe
Evénément
Events
Featured
Formation
GA2018
International
International @fr
Mediterranée
nc
Newsletter
Politiques publiques
Politiques publiques
Ressources
Solikon2015
UniverSSE2017
Video @fr
NESI Forum 2019: de 2030 à aujourd’hui
NESI Forum_ giant_map

Le RIPESS a soutenu et participé au deuxième Forum NESI qui a eu lieu du 24 au 26 avril à Malaga, en Espagne. L’événement a été surtout consacré aux ODDs de l’ONU et à la façon de créer un monde où ceux-ci seront effectivement mis en oeuvre d’ici 2030.

Six axes principaux ont été développés au cours du Forum : l’avenir de la finance, l’avenir de l’énergie, l’avenir de l’urbanisme et du logement, la souveraineté alimentaire et l’agroécologie, l’avenir du travail, les textiles durables.

Drazen Simlesa a participé en tant que représentant du RIPESS Europe et a été l’un des principaux contributeurs dans le domaine de la souveraineté alimentaire et de l’agroécologie.

Avec 500 participants du monde entier, le forum NESI est l’un des rassemblements les plus importants d’individus et d’organisations s’occupant du développement des nouvelles économies.

Les ateliers étaient particulièrement intéressants en tant que modèle Horizon, afin que chaque secteur puisse cartographier les défis actuels, déterminer l’orientation que nous souhaitons donner d’ici 2030 et enfin ce dont nous avons besoin pour y parvenir.

Plus d’info: NESI Forum

Programme radio: les cent ans de l’OIT

2019 marque l’année du centenaire de la création de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Le texte fondateur insiste en particulier sur la justice sociale comme condition d’une « paix universelle et durable » et appelle les États à mettre en place un « régime de travail réellement humain ».

Face aux attaques répétées contre le droit du travail et les droits de l’homme, au prétexte renouvelé des nouvelles technologies, La Constitution de l’OIT et ses missions sont plus que jamais d’actualité. 

Nous avons rassemblé dans une émission sur viziradio, un peu pêle-mêle, des lectures, des pièces sonores, des documentaires et des musiques qui évoquent ces questions. Le lien entre le travail et la guerre, l’aliénation et la domination, mais aussi les enjeux d’émancipation.

Une création de Laura Aufrère et Marie Limoujoux 

Les grandes entreprises et les organisations de l’ESS relèvent-elles le défi des ODD ?

La mesure du développement durable et l’établissement de rapports à ce sujet se sont beaucoup améliorés au cours des dernières décennies, mais sont-ils adaptés aux défis du XXIe siècle et aux Objectifs de Développement Durable ? Cette conférence internationale qui aura lieu à Genève les 3 et 4 juin 2019, sera l’occasion pour les principales parties prenantes des institutions des Nations Unies, des organes nationaux de décision politique et des praticiens dans les domaines de la mesure et de l’établissement de rapports de discuter des meilleures pratiques, des principales préoccupations et des moyens de mieux prendre en compte les dimensions sociales du développement durable.

 » Le FSMET 2020 veut créer un espace ouvert de dialogue et de construction entre ceux et celles qui pratiquent une autre économie « 

Entretien avec Jason Nardi, Coordinateur Intercontinental du RIPESS, à propos du Forum Social Mondial des Économies Transformatrcies (FSMET 2020).

La première réunion préparatoire du Forum Social Mondial des Économies Transformatives (FSMET 2020) a eu lieu à Barcelone du 5 au 7 avril 2019 et servira mettre en place les bases du processus qui nous mènera jusqu’en mai 2020, date de la réunion principale.

Le RIPESS, en tant que Réseau Intercontinental pour la Promotion de l’Économie Sociale Solidaire, est l’un des trois réseaux promouvant ce processus, avec le Réseau des réseaux d’économie alternative et solidaire d’Espagne (Reas) et le Réseau catalan d’économie solidaire (XES). Nous avons donc interviewé Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental, pour expliquer pourquoi il a été décidé de promouvoir le FSMET 2020, les objectifs poursuivis et les opportunités offertes au RIPESS pour participer au processus.

Pourquoi le RIPESS est-il l’un des réseaux moteurs du FSMET 2020 ?

Le RIPESS est un réseau composé de différents réseaux, plates-formes, campagnes et initiatives très hétérogènes dans le monde. Parmi les différents pays et continents, nous trouvons des expériences qui s’identifient à l’économie sociale et solidaire (ESS) plus centrées sur l’aspect communautaire, d’autres qui se concentrent sur l’aspect commercial du développement local et coopératif, d’autres encore qui s’intéressent davantage au soins des personnes, à la défense des droits et de la nature et à la façon dont nous pouvons repenser l’économie pour préserver l’environnement où nous vivons et promouvoir une vie plus libre et digne.

C’est pourquoi le RIPESS, en tant qu’entité de coordination, est ouvert aux différentes manières d’interpréter une autre économie, de se rencontrer et de travailler ensemble avec d’autres visions et d’autres mouvements alternatifs à l’économie de marché néolibérale dominante, qui est contraire aux valeurs que nous représentons.

Ainsi, dans différents espaces de dialogue avec d’autres mouvements, nous avons vu combien de fois il y a non seulement des luttes communes, mais aussi des complémentarités et des possibilités de coopération pour avoir une voix plus forte qui peut se multiplier et être reconnue comme une voix plurielle des citoyens qui cherchent une autre société.

Quel est le point de départ du FSMET 2020 ?

Il y a un besoin de passer à un autre niveau. Il ne s’agit pas d’une croissance économique des activités de l’économie solidaire, mais une croissance intellectuelle, de notre expérience et de notre capacité à influencer la société.

Ainsi, un forum comme celui-ci est une tentative de créer un espace ouvert entre ceux qui pratiquent une autre économie. Ce n’est pas seulement imaginer ou théoriser. Il ne s’agit pas d’une rencontre d’économistes hétérodoxes, mais une rencontre entre réseaux et expériences qui pratiquent une autre économie.

Pourquoi un processus comme le FSMET 2020 est-il nécessaire pour des mouvements qui construisent une autre économie ?

Pour le RIPESS, l’idée de confluence est à la base de notre approche stratégique de ces dernières années. Le RIPESS est la fille de la confluence de mouvements sociaux, comme le Forum Social Mondial ou d’autres espaces entre mouvements, qui luttent pour la souveraineté alimentaire aux Nations Unies et entre les différentes manières de valoriser les traditions et l’innovation sociale.

Mais ces espaces mondiaux de partage de luttes et de propositions, de campagnes et de solutions ne sont pas nombreux. Et il n’est pas facile de les organiser parce que chaque initiative, chaque réseau, chaque organisation a sa structure, sa culture de travail, de rencontre, sa modalité de participation et parfois, si un espace n’est pas bien perçu comme ouvert et accueillant, les gens ne participent pas.

C’est ce qui est arrivé au Forum Social Mondial, qui a commencé comme un véritable espace pour partager des luttes globales entre mouvements très locaux, mais avec une forte orientation politique. Cependant, faute de capacité à organiser ces espaces, il s’est transformé en un espace qui n’est ni un mouvement, ni un véritable lieu de confluence.

Que manquait-il alors ?

Il manquait une approche plus spécifique que de reconnaître que nous avons des problèmes mondiaux communs, mais que nous sommes déjà en train de construire des solutions et que nous pouvons les mutualiser dans une modalité de communauté open source. Et que nous devons travailler pour surmonter les difficultés que nous avons à organiser ces espaces.

En fait, en ce sens, je considère le RIPESS comme un agent provocateur. Parmi les réseaux dans lesquels nous sommes impliqués dans le monde entier, nous voyons de plus en plus de secteurs différents qui se reconnaissent comme faisant partie de l’ESS. Non pas parce que nos principes d’ESS ont été modifiés ou étendus, mais parce que ce sont les mêmes producteurs et, surtout, les consommateurs qui sont aujourd’hui plus conscients de l’interconnexion entre les différents niveaux.

Par conséquent, pour le RIPESS, le FSMET 2020 est une occasion très importante de pratiquer le réseautage alternatif, les affaires, la communauté et les soins de la vie, ce qui est la caractéristique de l’ESS. Nous croyons que cette approche de réseautage et de confluence peut être transférée à d’autres plans et c’est notre contribution.

Comment intégrer différentes visions du monde dans l’ESS ?

Je pense que nous devons nous permettre d’être positivement contaminés par les innovations qui, ces dernières années, se sont considérablement développées dans différentes parties du monde. Les propositions des économies féministes, par exemple, qui ne sont pas seulement une exigence de justice de genre, mais une vision différente de la manière d’organiser la société, le travail, les soins, la relation entre les personnes, etc.

Cela doit être intégré et faire partie d’une vision de l’ESS, non seulement parce que c’est un principe, un droit fondamental, mais aussi parce que cela fait partie de la solution.

Quelque chose de semblable se produit avec les visions indigènes sur la façon d’organiser une économie résiliente, respectueuse de la mère terre et de son caractère sacré, qui n’est pas religieuse au sens occidental du terme, mais comprise comme une cosmovision. Cette vision plus large et plus globale est une contribution très importante à toutes les initiatives que nous promouvons chaque jour par des coopératives de personnes qui travaillent ensemble horizontalement.

Le FSMET 2020 a son premier grand événement cette semaine à Barcelone, que va-t-il se passer à partir de maintenant ?

Le Forum fait partie du processus plus général du FSM parce qu’il partage avec lui non seulement le fait que ce sont des mouvements sociaux qui sont à la base de la transformation, mais aussi que nous ne voulons pas créer un nouveau réseau de réseaux ou un mouvement politique -ce qui ne veut pas dire que nous ne faisons pas de politique.

L’objectif est donc de créer un espace qui permette l’échange stratégique de la co-construction avec un processus à long terme. Et le Forum est un moment de ce processus, qui est une activité à construire ensemble sans être une entité unique qui fait le programme et décide de tout, mais non plus avec une autogestion totale.

Et dans quel but ?

L’objectif principal ici est celui de la confluence. Pourquoi la confluence ? Voir quel est le minimum dénominateur commun multiplicateur qui nous permet de construire un agenda d’action commun, selon la définition de Carlos Askunze.

Si ce processus fonctionne réellement, comme nous l’espérons, en 2020 après une année d’interaction virtuelle au niveau international et de confluences locales ou translocales, nous ferons déjà une proposition qui sera validée au Forum et qui serait une sorte de programme politique d’un mouvement de mouvements, un mouvement pluriel. Telle est l’ambition de ce processus.

Comment le RIPESS aborde-t-il sa participation au Forum et au processus, et comment va-t-il fonctionner ?

Nous serons présents pour contribuer, mais surtout pour profiter d’une rencontre avec d’autres organisations qui peuvent contribuer à notre travail sur des questions sur lesquelles nous travaillons comme l’approche genre, les politiques publiques locales et internationales, les médias ou comment localiser les objectifs de développement durable (ODD), entre autres.

Dans le même temps, nous tenterons de donner une perspective spécifique sur la réorganisation des circuits économiques. Si nous voulons vraiment transformer l’économie, nous devons non seulement produire différemment, plus écologiquement, avec plus de droits, etc., mais nous devons aussi repenser la relation entre la production et la consommation, et la façon dont la distribution de la richesse est transformée.

Cela implique de repenser les systèmes publics et communautaires. Par exemple, quelle formule pouvons-nous appliquer lorsqu’il y a des services qui ont été privatisés, en gardant à l’esprit que nous ne voulons pas non plus qu’ils soient entièrement contrôlés par l’État ? Ou comment nous pouvons réimaginer économiquement le commerce international, les migrations ou les relations entre communautés qui ne sont pas dans la même biorégion.

Je crois que cela fait partie de la vision globale du RIPESS et que, par conséquent, nous pouvons apporter des idées et des formules de l’approche d’une économie solidaire de libération. Comme le défend Euclide Mance, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, où l’économie est une modalité de contrôle et de soumission, l’économie peut encore être un moyen de libération.

Enfin, le FSMET 2020 est aussi l’occasion pour le RIPESS de se renouveler, de se repenser, d’entrer en contact avec des réalités inconnues, avec des organisations et de nouveaux territoires pour nous. Par conséquent, du point de vue d’un réseau qui promeut un mouvement pour une autre économie, c’est une grande opportunité de connaître, de contribuer et d’être connu.

Écrit par Gabriel Boichat, RIPESS.

10ème Académie sur l’ESS de l’OIT, Turin, juin 2019

Économie sociale et solidaire. Un programme centré sur l’humain pour l’avenir du travail

L’Académie sur l’économie sociale et solidaire (ESS) vous donnera des idées pratiques pour stimuler l’innovation sociale par le biais de l’ESS. C’est un forum interactif et multidisciplinaire dans lequel les professionnels, les décideurs et les chercheurs pourront partager des idées novatrices et des expériences réelles.

Découvrez comment l’économie sociale et solidaire peut contribuer au développement de l’Agenda du travail décent dans votre pays.

Des outils, méthodes et stratégies pour adapter les initiatives sur l’avenir du travail au contexte local

– la numérisation du travail

– l’économie des seniors

– le travail décent pour les réfugiés

Des approches centrées sur l’humain pour l’élaboration de politiques innovatrices

Comment l’ESS s’intègre dans les questions sociales, y compris l’économie des soins, l’agriculture sociale et l’égalité des genres

Pour plus d’informations : https://readymag.com/ITCILO/1329313/what/

Date limite d’inscription: 30 avril 2019

Avril 2019: vers le Forum social mondial des économies transformatrices
FSMET meeting

Barcelone, les 5, 6 et 7 avril 2019. Rencontre de travail au cours de laquelle chaque axe développera une dynamique visant à préciser les objectifs et les priorités à travailler et à élargir la portée des entités impliquées. Des plans de travail seront convenus, le modèle de gouvernance sera validé et les prochaines étapes à suivre seront définies.

Participant.es : entités liées aux différents axes, des représentant.es des réseaux et mouvements sociaux au niveau local et international

Nous avons l’intention de faire du processus, de l’objectif. Nous entamons un processus de confluences, tant au niveau local qu’international, des initiatives, mouvements et façons de comprendre l’économie qui ont pour objectif commun la construction d’une véritable alternative transformatrice du système économique et financier capitaliste actuel.

Nous voulons faire de ce Forum une agora. Nous ne voulons pas nous limiter à la célébration d’un événement vitrine où seuls des experts prennent la parole, mais nous souhaitons discuter ensemble du type d’économie que nous voulons. Nous ne voulons pas non plus simplement discuter et rêver cet « autre monde possible », parce que nous savons qu’il existe déj, par l’intermédiaire des milliers d’initiatives qui construisent des alternatives. Nous voulons trouver des stratégies communes pour nous rendre visibles, articulées et efficaces. qui se multiplient.

Nous voulons que cet événement soit durable, qu’il y ait une continuité au-delà du Forum 2020, tant au niveau local qu’international. Pour ce faire, il reste à s’assurer que ce processus se construise à partir des territoires et de créer des espaces pour l’articulation en face à face et virtuelle au niveau local, et qui créent une continuité dans le temps en tant qu’espaces d’échange d’informations. de confluence et de transformation.

Nous voulons faire connaître les économies transformatrices et atteindre tout le monde, ceux et celles qui n’en font pas encore partie. Pour y parvenir, nous croyons qu’il est nécessaire que le Forum dispose d’un réseau de médias indépendants et animés du même esprit et qui puissent diffuser le processus, et assurer un effet multiplicateur.

Plus d’informations seront bientôt disponibles sur http://transformadora.org/

2ème Conférence int. « ESS & Communs » : appel à contributions
Solidarity Economy city P2P

Vous trouverez en annexe l’appel à contributions pour la deuxième édition de la conférence internationale « Economie sociale et solidaire et Communs », qui se tiendra du 6 au 8 novembre 2019 à l’Instituto Universitário de Lisboa (ISCTE-IUL) à Lisbonne, Portugal. Le thème général de l’édition de cette année est « Contributions à l’approfondissement de la démocratie ». Veuillez soumettre vos propositions par courriel à ssecommons.cei@iscte-iul.pt . La date limite de soumission est le 31 mai 2019.

Renforcer l’agriculture de proximité avec les Monnaies Locales
wikipedia

par Gaëlle Bigler (FRACP / URGENCI) & Jean Rossiaud (Monnaie Léman / APRES-GE)

Dans le dernier numéro de la Newsletter du RIPESS-Europe, nous vous proposions d’ouvrir une section / un blog régulier sur le thème des « monnaies locales », consacrée à l’exposé des avantages et des défis de cet outil au service de l’économie sociale et solidaire et des enjeux qui se posent tant sur le plan local qu’international à son développement. Nous prenions aussi le risque d’articles plus long, permettant d’aborder un peu plus en profondeur ce sujet à la fois nouveau et complexe. Le premier article portait sur l’exemple du Léman, la monnaie du bassin de vie franco-suisse autour du lac Léman, son fond de garantie et son système de crédit mutuel, ses billets et sa blockchain.

L’idée est de partir de notre expérience de terrain, pour imaginer comment construire, tant sur le plan transnational, que dans d’autres contextes géographiques locaux, toujours différents, des synergies entre des secteurs de l’ESS et les monnaies locales : la monnaie locale pouvant servir d’instrument à la fois pour construction de filières économiques (agricultures, informatiques, construction, etc.) et pour la promotions des échanges entre filières de l’ESS, et entre celles-ci et les collectivités publiques.

Dans ce numéro, Gaëlle Bigler et Jean Rossiaud ont co-rédigé ce deuxième article posant les bases d’une réflexion sur la pertinence de l’utilisation de monnaies complémentaires dans le développement d’une agriculture agroécologique, en partant de leur propre terrain, la Suisse romande.

***

Comme présenté dans l’article précédent, à l’instar de bien d’autres monnaies locales, le léman a été créé pour répondre localement à deux crises systémiques globales contemporaines : la crise financière et la crise climatique. La monnaie citoyenne a pour but de donner une véritable identité territoriale à l’économie dite de la transition, une économie post-extractiviste (post-carbone, post-nucléaire) et post-spéculative. Elle propose une solution immédiate et concrète pour relocaliser la production et la consommation et les orienter vers davantage de durabilité. En effet, elle favorise le développement d’un réseau denses d’entreprises, de commerces, de consommateurs et de collectivités publiques qui partagent ces principes, cette éthique et les idées de citoyenneté et d’engagement. Comme le disait un porte-parole de l’Eusko : quand vous sortez votre billet d’Eusko pour payer, c’est la « carte d’identité de la transition » que vous exhibez. Consommer au plus proche de chez soi, des aliments sains, dont on connaît la provenance, que nous avons peut-être contribué à produire ou à distribuer est une action qui gagne à être intégrée et articulée dans une perspective économique et financière plus large.

Depuis 2008, la Fédération Romande des ACP (FRACP) réunit une trentaine d’initiatives de toute la Suisse francophone. A l’origine « ACP » désigne l’Agriculture Contractuelle de Proximité, et par extension, ACP est utilisé pour toute initiative, association ou coopérative qui entre dans une démarche de partenariat entre un groupe de citoyens et des producteurs locaux pour un engagement social, économique et solidaire. Cet engagement réciproque, permet de recevoir, en général chaque semaine, les produits pour lesquels vous avez signé un contrat. C’est un système de vente en circuit-court, sans intermédiaire entre producteur et mangeur.

Les missions de la FRACP sont de rassembler, c’est-à-dire de renforcer les liens entre ACP ; d’accompagner, c’est-à-dire de partager les connaissances ; de soutenir les nouvelles ACP et celles en difficulté et de promouvoir, c’est-à-dire de sensibiliser et de défendre le modèle des ACP auprès du public et des autorités politiques.

Depuis quelques années la FRACP est membre actif du réseau international Urgenci pour l’agriculture soutenue par les citoyens. En effet les modèles développés en Suisse correspondent à la définition élaborée en commun par les membres d’une vingtaine de pays : L’agriculture soutenue par les citoyens (ASC) est un partenariat fondé sur des rapports humains directs entre des consommateurs et un ou plusieurs producteur(s), où les risques, responsabilités et bénéfices du travail agricole sont partagés dans le cadre d’un engagement mutuel sur le long terme.

Le réseau Urgenci est, lui-même, très actif dans le mouvement pour la souveraineté alimentaire et dans la promotion des partenariats locaux et solidaires, notamment au sein du Réseau Intercontinental de Promotion de l’Economie Sociale et Solidaire. 

Cet engagement pour le développement d’une agriculture locale, écologique, sociale, solidaire et à taille humaine pour assurer la souveraineté alimentaire, a amené la FRACP à participer à différents événements au niveau local, comme la journée de réflexion coordonnée par le programme Nourrir la Ville de Genève, à la campagne pour ajouter un article sur la souveraineté alimentaire dans la constitution suisse ; et au niveau international : participation à la rédaction d’un ouvrage sur les partenariats locaux et solidaires, co-rédaction de la Déclaration Européenne de l’Agriculture soutenue par les citoyens …  

Parmi les différentes thématiques de travail, autant au niveau local qu’au niveau international, se pose la question du développement des filières. Comment intégrer les boulangers, les bouchers et les autres artisans travaillant en amont ou en aval de la production agricole au sein des ACP ? Comment mieux intégrer les mangeurs, les décideurs politiques et les transformateurs à notre démarche, ce qui revient à se demander comment renforcer une économie sociale et solidaire dans notre territoire. Et c’est là que la monnaie locale est à envisager comme un outil simple et efficace pour répondre à cet ensemble de questions.

La monnaie locale offre des solutions qui répondent aux préoccupations des ACP :

  • les mangeurs que nous sommes sont également des citoyens et des acteurs économiques qui ont tout intérêt à renforcer la cohérence de leur démarche.

  • Les producteurs, les transformateurs et les revendeurs de type épicerie ont également tout intérêt à démontrer leur adhésion à la transition agricole et solidaire en acceptant la monnaie locale. Signer la charte d’adhésion leur permet de figurer sur une carte géoréférée et augmenter ainsi leur visibilité, face à un public grandissant de consommActeurs responsables.

  • Les collectivités publiques ont tout intérêt à conserver sur leur territoire des entreprises agricoles, artisanales ou des petites entreprises transformatrices, qui contribuent à la vie sociale et font rentrer des impôts locaux.

D’un point de vue financier, la monnaie locale multiplie votre capacité d’action sur le système que vous cherchez à promouvoir et crée davantage de richesse :

  • Quand vous changez 100 euros en monnaie locale, vos 100 euros vont grossir le fond de garantie, mis à disposition des investissements pour l’économie de la transition. De fait, vous avez épargné 100 euros pour des projets d’intérêt collectif et vous avez reçu de quoi consommer pour 100 euros en produits locaux, souvent de bien meilleure qualité que les produits industriels.

  • La vitesse de circulation d’une monnaie locale est estimée de 5 à 6 fois supérieure à la vitesse de circulation d’une devise ; c’est à dire qu’elle produit 5 à 6 fois plus de richesse dans l’économie réelle.

Ensuite, la monnaie locale  diminue votre participation involontaire ou parfois inconsciente au système économique mondial que vous trouvez souvent délétère : il est impossible de spéculer avec des euskos, des Bristol Pounds ou des lémans sur les marchés financiers de New York ou de Hong Kong, tandis qu’avec votre argent sur votre compte bancaire, c’est ce qui se fait constamment. Votre banquier prend alors plus de risque avec votre argent et contribue, par la recherche constante du rendement financier, à la surproduction et la surconsommation planétaire, qui détruisent la planète autant que les sociétés. Tout ce que vous chercher à contrecarrer en mangeant local et sain.

Par ailleurs, la monnaie locale, parce qu’elle ne peut pas être rechangée sans frais en devise oblige à rechercher des fournisseurs et à donc à intégrer les filières. Et c’est cela qui est le plus important. En stimulant la construction d’un réseau bien dense d’entreprises locales, les bassins de vie sont très résilients aux crises systémiques comme la crise de 1929 ou celle de 2008. Ces crises financières ne deviennent des crises économiques principalement parce qu’elles assèchent le crédit. Sans liquidité, plus de possibilité de payer ses fournisseurs, impossibilité de produire pour ses clients, et de répondre à une demande pourtant solvable, et faillites en série de filières entières de l’économie. Il n’y a qu’à étudier les crises argentine ou grecque pour s’en convaincre.

La monnaie locale lorsqu’elle fonctionne comme le Léman en crédit mutualisé permet à chaque entreprise d’avoir en permanence des lignes de crédit ouvertes automatiquement en cas de crise de liquidité. De plus, en cas de surplus de stock, c’est le même réseau qui peut être activé pour le déstockage.

Voilà pourquoi, la monnaie locale est un excellent outil pour renforcer la solidarité mécanique dans les filières, de la graine au pain, de la fourche à la fourchette, de l’orge à la pinte dans notre bistrot favori.

L’ESS est trop souvent encore cloisonnée. Chacun cultive son jardin et engrange ses bonnes pratiques dans des silos bien hermétiques. Pourtant l’économie, par définition, fait système. Et tout système n’est bon, parce qu’il fait système. A nous de construire un système écologique, social et solidaire qui nous permette de produire toujours plus de produits sains au plus près de chez nous.

C’est dans cet esprit que le léman et la FRACP démarrent une réflexion sur des collaborations et des synergies à développer entre monnaies locales et alimentation durable. Voici les premières thématiques que nous avons identifiées :

  • réflexion en termes de filière, pour chaque type de produit agricole : de la semence à la production, de la production à la transformation, de la transformation à la distribution, de la distribution à la consommation,

  • réflexion dans le cadre du Programme « Nourrir la ville » / Eating Cities : partir des territoires de quartiers et des communes pour construire les circuits courts et s’inscrire dans la transition,

  • réflexion à mener sur l’implication des collectivités publiques à la fois comme acteurs économiques dans les circuits courts ; et en tant que pouvoir public, dans le cadre des politiques publiques dans les domaines agricole, de la promotion économique, de l’alimentation et de la santé (cantines), du développement durable, et de la fiscalité.

  • rôle du porte-monnaie multi-monnaies, Biletujo (porte-monnaie en esperanto), pour l’importation de produits élaborés dans d’autres territoires, ou l’exportation de prodduits typiquement d’ici.

  • réflexion sur l’importance de travailler en réseau et d’ancrer cette réflexion dans le cadre institutionnel de l’ESS, et sur le plan international avec le RIPESS, mais également au-delà, en s’adressant à des acteurs économiques qui ne se reconnaissent pas dans l’ESS, mais qui en partagent pourtant la philosophie en œuvrant à la transition agricole, énergétique et économique.

Nous reprendrons assurément ces réflexions dans un prochain article. Vos remarques et questions en orienteront le contenu.

 

Ouverture de quatre nouveaux projets de coopératives de femmes dans la Fédération démocratique du nord de la Syrie (Rojava)

Co-operation in Mésopotamia est l’un des projets majeurs et les plus réussis de la Solidarity Economy Association (SEA) Son objectif est d’encourager la solidarité internationale et la formation continue sur l’économie coopérative largement dirigée par les femmes qui se développe, malgré la guerre en cours, dans la Fédération démocratique du nord de la Syrie, communément appelée Rojava.

Le projet a commencé avec un accent sur la recherche, la traduction et l’éducation, et au cours des trois dernières années, SEA a partagé plus de 300 articles sur le site Web, organisé environ 30 ateliers dans tout le Royaume-Uni, et développé des relations solides avec de nombreux partenaires, y compris les organismes économiques des femmes à Rojava, ainsi que les coopératives et organismes coopératifs au Royaume-Uni. Le projet a reçu un engagement extrêmement positif, et le mouvement coopératif britannique est maintenant beaucoup mieux informé au sujet de son homologue à Rojava.

Voici l’article du 23 octobre 2018

Ouverture de quatre nouveaux projets de coopératives de femmes dans la Fédération démocratique du nord de la Syrie (Rojava)

Plusieurs nouveaux projets de coopératives de femmes ont vu le jour dans la région de Jazira de la Fédération démocratique du nord de la Syrie (Rojava).

Les projets sont axés sur l’agriculture, l’élevage, l’alimentation et l’habillement, et contribueront encore davantage à la prospérité économique des femmes dans la région. Elles sont situées dans la ville de Hesekê et ont été élaborées par le Comité des femmes de la Direction de l’économie de Hesekê.

Les projets sont menés en coopération et comprennent :

  • Une ferme laitière dans le village El Silêymaniyê de Hesekê, construite par 11 femmes et active depuis le 1er septembre. Duha Mihemed, l’une des femmes impliquées dans le projet, a déclaré que c’était important pour l’esprit de partenariat et pour prévenir la fraude commerciale.
  • La cuisine Inanna, qui a ouvert ses portes dans le village El Kelase de Hesekê, où les femmes préparent des aliments pour l’hiver et les vendent bien en dessous des prix du marché, et préparent des repas quotidiens. L’un des partenaires du projet, Zêneb Umer, a déclaré qu’ils allégeaient un peu le fardeau des femmes.
  • La boulangerie Ishtar  dans le quartier El Nasre, ouverte par 8 femmes

Le Comité des femmes a également soutenu le développement de l’agriculture à Hesekê en distribuant la majeure partie des terres arables de la région à 300 femmes. Ces femmes ont commencé à produire des récoltes dans ces parcelles, et des puits seront également créés dans les jours à venir.

De plus, des génératrices ont été installées le long de plusieurs rues de la ville, fournissant de l’électricité à 130 maisons chacune.

L’administratrice du Comité des femmes, Cewhera Mihemed, a déclaré qu’elle lance de nouveaux projets pour développer l’économie des femmes dans la région par le biais des coopératives.

Córdoba (Espagne): Rencontre des Economies transformatrices (6-7 décembre, 2018)
The Telegraph

La RENCONTRE INTERNATIONALE DES ECONOMIES TRANSFORMATRICES a eu lieu les 6 et 7 décembre à Cordoue.

Le IIIème Congrès d’Economie Solidaire annoncé préalablement pour ces dates s’est transformé en un rendez-vous ouvert aux expériences d’autres pays grâce à la volonté des promoteurs de donner à cet espace une plus grande dimension, qui inclut des références internationales et met en relation les économies en mutation avec une perspective transnationale.

Organisée par REAS Andalucía et l’Université de Cordoue, la rencontre se concentrera sur l’analyse, la diffusion et la mise en relation de pratiques économiques transformatrices qui sont non seulement possibles et alternatives, mais qui pour beaucoup sont déjà en cours de mise en œuvre et capables de démontrer la validité des propositions qui placent les personnes au centre de leur développement en tant que protagonistes économiques. Reliées les unes aux autres parce que nous partageons des valeurs et une éthique commune qui prévaut sur l’intention de profit, les économies ransformatrices se réuniront à Cordoue à la fin de l’année pour s’engager avec les agents de l’ESS, les administrations publiques, les ONGs et les secteurs en développement, les entrepreneurs, et les personnes intéressées à faire de l’économie un moteur du changement social vers une coexistence plus humaine, une distribution plus juste et un monde évolué basé sur la durabilité environnementale et le souci pour la vie.

Plus d’ info sur:
Área de Cooperación y Solidaridad – Universidad de Córdoba
formacion.desarrollo@uco.es – (+34) 957 21 20 29
www.economiasolidaria.org/encuentro2018

Aller à la barre d’outils