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Les monnaies citoyennes renforcent les filières agricoles

par Antonin Calderon & Jean Rossiaud (Monnaie Léman/ APRES-GE,
en collaboration avec Gaëlle Bigler (FRACP / URGENCI)

Voici le troisième numéro de la série que nous avons entamée en octobre, sur le thème des « monnaies locales », après un exposé général des avantages et des défis des monnaies locales à travers l’exemple du Léman (octobre 2018) et des pistes de collaborations et des synergies entre monnaie locale et alimentation durable (décembre 2018), nous vous proposons aujourd’hui de réfléchir en termes de filière, pour différents type de produits agricoles, et en partant une nouvelle fois de l’expérience genevoise : de la semence à la production, de la production à la transformation, de la transformation à la distribution, de la distribution à la consommation. Les cinq filières agricoles clés sur lesquelles le Léman et la Chambre de l’Economie sociale et solidaire (APRES-GE) travaillent actuellement sont les suivantes :

La bière : du houblon à la pinte

Les légumes : de la fourche à la fourchette

Le pain : de la graine au pain

Le bois : de l’arbre au stère

Le vin : du pied au verre

Chaque filière présente ses particularités, et chaque acteur – chaque maillon de la filière – sa réalité et ses enjeux propres. C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de rassembler les différents acteurs d’une filière autour de la même table, afin de réfléchir ensemble aux flux de valeur – et aux flux monétaires qui en découlent – actuels et potentiels. Nombreux sont les acteurs économiques qui n’ont généralement pas le temps de prendre ce recul. La monnaie locale offre aux producteurs une belle opportunité de renforcer les liens entre eux, et entre eux et les consommateurs, et ainsi de consolider l’économie locale, face à la concurrence des marchés globalisés. Le service apporté par la monnaie locale est la « facilitation économique » : c’est une forme de courtage qui permet aux producteurs de mieux choisir leurs fournisseurs locaux, et en cas de surproduction d’écouler les stocks dans la communauté de paiement.

La filière bière : du houblon à la pinte

Prenons l’exemple de la filière bière pour illustrer nos propos. Le développement des brasseries artisanales est actuellement en pleine expansion et leur fonctionnement est aisément modélisable. Les principaux maillons de cette chaîne sont : les paysans, les malteries, les brasseries, les distributeurs, ainsi que les bars, restaurants ou épiceries. Le schéma ci-dessous nous en donne une illustration.

Si vous l’ignorez encore, sachez que la bière est constituée à 90% d’eau, qui sert de base à l’ajout du malt, du houblon, puis de la levure. A cela peut s’ajouter des ingrédients supplémentaires, comme du café, des fruits, des épices ou autres condiments ou aromates.

Les agriculteurs (1) cultivent les céréales, qui seront ensuite transformés en malt par la malterie (2). Parallèlement, le houblon (2’), une plante grimpante, doit être cultivé et ses fleurs récoltées puis séchées ; la levure (2’’) doit être produite, généralement en laboratoire.

Ces trois ingrédients sont utilisés par les brasseries artisanales (3), avec de l’eau, pour la production de la bière. D’autres biens sont également nécessaires à la production de la bière, notamment les bouteilles, les capsules, les étiquettes, la colle, et l’eau bien sûr. Ces produits sont considérés comme secondaires dans la filière de production de la bière, même s’ils sont évidemment nécessaires. De plus en plus souvent les brasseries récupèrent leurs bouteilles, par le biais d’un système de consigne, et les réutilisent.

Ensuite, les distributeurs (4) se chargent d’acheminer les boissons produites dans les bars, les restaurants et les épiceries (5), où ils sont vendus à la consommation, et notamment aux employé·e·s (6) des diverses entreprises de la filière de la bière. En effet, une partie des consommateurs de bière travaillent dans la filière.

Il faudrait également intégrer une nouvelle activité dans cette filière de la bière : les champignonnières (4’). Elles travaillent avec les brasseries, en récupérant le malt usagé (les drêches) pour l’utiliser comme substrat sur lequel pousseront les champignons (notamment des shiitakes et des pleurotes). La récupération du substrat est actuellement à l’étude pour être utilisé comme emballage de protection, pour ses propriétés de légèreté et d’amortissement des chocs.

Tous ces acteurs ont également des coûts de locaux, d’énergie, de machines de production et de transport, d’informatique, d’impressions et d’administration. C’est ce que nous appelons le réseau secondaire de fournisseurs.

Le schéma suivant résume le réseau primaire de la filière bière, en modélisant les flux de biens/services, ainsi que les flux monétaires qui permettent ces échanges.

La mise en relation économique

La monnaie locale est avant tout un outil de mise en lien économique entre les acteurs d’une filière. Si les acteurs sont convaincus de l’intérêt de créer une économie locale forte, ils n’ont pas toujours ni le temps, ni l’énergie, ni même les connaissances suffisantes pour analyser l’ensemble des flux actuels et potentiels dans leur propre filière économique. Pressés par les contraintes économiques de court terme et le manque de liquidités, ils vont le plus souvent au plus rapide et au moins cher, alors que leur véritable intérêt économique, à moyen ou long terme, serait de privilégier une approche concertée et solidaire, par exemple dans un système de crédit mutualisé.

Travailler dans leur propre monnaie locale incite les acteurs économiques à prendre conscience des spécificités et des contraintes diverses au sein de la filière et met chacun en relation commerciale avec ses potentiels fournisseurs et clients : le paysan avec la malterie, la malterie avec les brasseries, les distributeurs avec les brasseries, et les bars, les restaurants et les épiceries avec les distributeurs.

L’enjeu n’est pas seulement économique et écologique. Certes, il permet d’augmenter les volumes d’activité de chacun et la richesse produite sur le territoire ; et la mise en valeur de ce territoire, dans les circuits courts, renforce la résilience économique et la durabilité écologique (baisse de l’émission de CO2). Sur le plan social et politique, le réseau économique ainsi créé rompt l’isolement de chaque acteur et c’est le tissu social qui s’en retrouve renforcé. Ensemble, il sera plus facile de défendre ses intérêts collectifs et de devenir des parties prenantes des politiques publiques en matière de promotion de l’agriculture locale.

De la liquidité monétaire pour les filières

Le système de crédit mutualisé proposé par une monnaie locale complémentaire comme le Léman dans la région lémanique permet un apport de liquidités important dans les filières économiques. En effet, chaque acteur se voit octroyer une ligne de crédit de fonctionnement (actuellement entre LEM 1’000.- et LEM 20’000.-, en fonction de sa taille) utilisable sans taux d’intérêt et de manière illimitée tant que celui-ci reste en dessous du seuil établi. L’ensemble de la filière concernée voit donc son potentiel d’échange économique augmenter à hauteur de la somme des limites de crédit de l’ensemble de ses acteurs.

Ce système ancestral de la mutualisation du crédit, qui a pratiquement disparu aujourd’hui, avalé par le système bancaire contemporain, est pourtant un système très simple et très stable. Le réseau dans son ensemble est par définition toujours totalement équilibré « à zéro » : la somme des montants positifs est toujours égale à la somme des montants négatifs, et il n’y a pas de création monétaire. Plus la monnaie tourne et plus de la richesse est produite. Le manque de liquidité est un frein à l’activité. Le crédit mutualisé remplace donc très avantageusement le crédit bancaire.

Le crédit bancaire classique coûte cher – quand il est octroyé, car souvent les banques refusent le risque. Il surenchérit les produits, car il faut bien inclure de coût de l’argent (l’intérêt) dans le prix de vente, et fragilise le vendeur sur un marché concurrentiel occupé par des grands groupes qui cassent les prix.

En travaillant en monnaie locale, on recrée une économie parallèle, et on échappe à la pression des grands groupes et des produits étrangers. Se mettre à la monnaie complémentaire, pour les filières agricoles notamment, doit être vu comme une stratégie de survie et de développement. Mais il faut jouer le jeu tous ensemble, entreprises, salariés et consommateurs, pour que la monnaie puisse continuer à irriguer en continu l’économie locale, sans stagner dans des goulets d’étranglement.

Vers une irrigation saine des filières

L’enjeu principal est donc d’éviter la formation de poches de rétention de monnaie locale, qui témoignent d’un blocage économique. Un tel blocage est salutaire s’il permet à l’acteur en question de se questionner sur ses partenaires qui n’acceptent pas la monnaie locale. Il serait peut-être temps d’en changer, et d’opter pour des fournisseurs qui s’inscrivent également dans la logique re-localisation et de responsabilité sociale et environnementale.

C’est là qu’entrent en jeu les services des « facilitateurs » de la monnaie locale : ils travaillent de concert avec les entreprises à intégrer les fournisseurs à la communauté de paiement, s’ils remplissent les conditions de la charte et, sinon, à dénicher de nouveaux partenaires.

Les poches de monnaie locale sont par contre problématiques, si les entreprises ne peuvent remettre dans le circuit autant de monnaie qu’elles en acceptent : la monnaie perd alors sa fonction première qui est de fluidifier les échanges. Le risque de dévaluation de la monnaie (elle va s’échanger en dessous de sa valeur officielle, par exemple 120 unités vont être demandées pour un bien/service qui en vaut 100 en monnaie étatique) est ainsi important.

Deux types d’acteurs peuvent se retrouver structurellement à cette place de « goulet d’étranglement ». Premièrement, l’entreprise qui occuperait une place centrale dans la filière, et possèderait pas ou trop peu de substituts. Dans la filière « bière », il s’agit de la malterie, avec laquelle toutes les brasseries locales ont intérêt à travailler en monnaie locale. Deuxièmement, l’entreprise qui se trouve en « bout de filière ». Dans notre exemple, il s’agit du paysan qui cultive les céréales qui seront ensuite transformées en malt. Le schéma suivant expose cette problématique de poche de rétention de monnaie locale en bout de filière.

Pour ces deux cas, il existe une réponse simple sur le plan théorique, mais qu’il n’est pas si aisé de mettre en pratique, car elle demande déjà un réseau économique dense : le paiement d’une partie des salaires en monnaie locale. La masse monétaire redistribuée mensuellement est cependant un puissant levier de dynamisation de l’économie locale et durable par la consommation. C’est ce que le schéma ci-dessous explique.

Nous avons donc vu que les producteurs des filières agricoles ont un intérêt certain à utiliser la monnaie locale pour résister à la concurrence des grands groupes et des producteurs étrangers. Cependant, ce succès repose sur l’équilibre des flux. Le renforcement de l’économie locale requiert donc de l’organisation et de la patience, car il s’agit de faire entrer l’ensemble de ses acteurs dans la communauté de paiement dans un cercle vertueux.

C’est à la monnaie locale d’effectuer ce travail de facilitation économique et de mutualisation du crédit, et il faut lui en donner les moyens. Une fois ce travail réalisé, de la même manière que l’on poserait un système d’irrigation dans une culture, la monnaie peut alors circuler de manière vertueuse en créant de la valeur dans l’économie locale et durable, et en renforçant la résilience économique, face aux crises financières systémiques. 2008 devrait nous servir de leçon !

Dans une prochaine lettre d’information, nous prendrons l’exemple d’une ou de plusieurs entreprises particulières et de la manière dont elles utilisent quotidiennement la monnaie locale pour donner du sens à leur travail : un sens économique bien sûr, mais aussi le sentiment de participer pleinement à l’amélioration du bien commun.

Avril 2019: vers le Forum social mondial des économies transformatrices
FSMET meeting

Barcelone, les 5, 6 et 7 avril 2019. Rencontre de travail au cours de laquelle chaque axe développera une dynamique visant à préciser les objectifs et les priorités à travailler et à élargir la portée des entités impliquées. Des plans de travail seront convenus, le modèle de gouvernance sera validé et les prochaines étapes à suivre seront définies.

Participant.es : entités liées aux différents axes, des représentant.es des réseaux et mouvements sociaux au niveau local et international

Nous avons l’intention de faire du processus, de l’objectif. Nous entamons un processus de confluences, tant au niveau local qu’international, des initiatives, mouvements et façons de comprendre l’économie qui ont pour objectif commun la construction d’une véritable alternative transformatrice du système économique et financier capitaliste actuel.

Nous voulons faire de ce Forum une agora. Nous ne voulons pas nous limiter à la célébration d’un événement vitrine où seuls des experts prennent la parole, mais nous souhaitons discuter ensemble du type d’économie que nous voulons. Nous ne voulons pas non plus simplement discuter et rêver cet « autre monde possible », parce que nous savons qu’il existe déj, par l’intermédiaire des milliers d’initiatives qui construisent des alternatives. Nous voulons trouver des stratégies communes pour nous rendre visibles, articulées et efficaces. qui se multiplient.

Nous voulons que cet événement soit durable, qu’il y ait une continuité au-delà du Forum 2020, tant au niveau local qu’international. Pour ce faire, il reste à s’assurer que ce processus se construise à partir des territoires et de créer des espaces pour l’articulation en face à face et virtuelle au niveau local, et qui créent une continuité dans le temps en tant qu’espaces d’échange d’informations. de confluence et de transformation.

Nous voulons faire connaître les économies transformatrices et atteindre tout le monde, ceux et celles qui n’en font pas encore partie. Pour y parvenir, nous croyons qu’il est nécessaire que le Forum dispose d’un réseau de médias indépendants et animés du même esprit et qui puissent diffuser le processus, et assurer un effet multiplicateur.

Plus d’informations seront bientôt disponibles sur http://transformadora.org/

De nouvelles énergies et une nouvelle équipe au sein du Comité International URGENCI

Communiqué de presse, 12 novembre 2018

Plus de 300 délégués du réseau URGENCI International Community Supported Agriculture (CSA) représentant plus de 2 millions de membres du monde entier viennent de passer trois jours à Thessalonique (Grèce) pour la 7ème rencontre du réseau Urgenci International CSA, ainsi que la 4ème réunion européenne et la 2ème réunion du réseau méditerranéen.

La première journée a été consacrée à trois volets internationaux : justice alimentaire et économie solidaire, plaidoyer et praticiens.

Ces pistes ont été reprises lors de la deuxième journée qui comprenait 30 ateliers différents sur ce qui précède, ainsi que des pistes dédiées pour le réseau Méditerranéen, La Pêche Soutenue par la Communauté, une piste pour les débutants, le partage d’expériences, la construction de réseaux,  la formation et  la justice sociale. Les vastes alliances et coalitions qu’ URGENCI a construites au fil des ans ont trouvé un écho dans de nombreuses sessions, tout comme la nécessité d’améliorer la communication sur nos nombreuses réalisations et travaux.

La richesse des contenus et l’enthousiasme ainsi que l’ouverture d’esprit et le respect se sont reflétés dans les travaux de la troisième journée consacrée à l’Assemblée Générale d’URGENCI, où un nouveau plan triennal a été élaboré. C’est aussi le reflet de l’avènement d’URGENCI en tant que mouvement social mondialement reconnu et d’une gouvernance de plus en plus démocratique et participative.

L’Assemblée générale s’est également penchée sur les moyens d’assurer la stabilité financière par le biais d’une nouvelle structure de cotisations qui permettra au réseau de résister aux pressions exercées par les insuffisances potentielles des projets et les crises financières qui pourraient résulter du modèle actuel fondé sur les projets, et d’élaborer une nouvelle approche pour renforcer progressivement la résilience collective.

Le Comité international fraîchement élu reflète bien la volonté d’URGENCI de continuer à grandir comme un effort encore plus inclusif et collectif. C’est une équipe plus jeune et plus diversifiée que jamais, tout en reflétant l’équilibre producteur-consommateur ainsi que l’équilibre entre les genres qui font également partie des valeurs fondamentales d’Urgenci. Il comprend Judith Hitchman (Irlande) et Shi Yan (Chine) comme co-présidents, Isa Alvarez (Espagne) comme vice-présidente et Denis Carel (France), Ariel Molina (Brésil), Qiana Mickie (Etats-Unis), Veikko Heinz (Allemagne), Simon Todzro (Togo) et Shimpei Murakami (Japon). Zsofia Perenyi (Hongrie) a été réélue Expert spécial sur l’éducation et la formation. La création spontanée d’un nouveau représentant spécial pour la Pêche soutenue par la communauté est le reflet de l’enthousiasme et de la détermination de construire un réseau frère sous la bannière URGENCI sur ce thème. La pêche soutenue par la Communauté est déjà bien développée en Amérique du Nord et est de plus en plus reconnue en Europe ! Et Elizabeth Henderson (US) continuera également en tant que présidente d’honneur dl’URGENCI.

Le nouveau plan de travail comprend un accent particulier sur chaque continent, avec des sujets clés qui se transformeront en nouvelles propositions de projets et actions au cours des trois prochaines années.

Tout ce travail a été rendu possible grâce au Comité de pilotage dédié et à l’équipe locale d’AGROECOPOLIS dirigée par Jenny Gkiougki. De nombreuses activités parallèles ont été menées, allant de très belles oeuvres d’art qui consistaient en cartes postales à envoyer à la FAO, à personnaliser des t-shirts et faire un échange de graines sous forme de mandala. La réunion a également été soutenue par un groupe de 20 interprètes professionnels bénévoles et par l’équipe des systèmes d’interprétation alternatifs COATI, qui ont rendu la communication possible.Ce sont des acteurs clés dans toutes les grandes réunions des mouvements sociaux, ils et elles contribuent à rendre notre travail possible au-delà des frontières !

 

Alternatiba 2018 : nous sommes la dernière génération qui peut sauver la Planète

[Par Jason Nardi, Solidarius Italia – coordination de RIPESS Europe]

Sous la pluie battante, la ville de Bayonne (au Pays Basque français) n’en est pas moins belle et pleine de vie : le dimanche 7 octobre, le « Village des Alternatives » était partout dans la vieille ville, avec des centaines de personnes dans les rues et sur les places consacrées aux nombreuses pratiques « alternatives » existantes – dont la plupart sinon toutes relèvent de l’économie sociale solidaire – qui sont non seulement possibles mais qui sont de plus en plus utilisées par un public de plus en plus nombreux. Solutions collectives d’énergies renouvelables, mobilité partagée (le symbole d’Alternatiba est un tandem – et le tour à vélo qui a impliqué des milliers de personnes à travers la France, la Suisse et la Belgique a été un succès, il est arrivé à Bayonne le 6), production agroécologique alimentaire et distribution collaborative, la monnaie sociale Eusko (avec sa version papier et électronique) et la banque éthique, mais aussi le logement communautaire et coopératif, une forte présence éco-féministe (dans les rues et les débats) et une attention particulière à la crise migratoire, qu’entraîne l’actuelle économie dominante de  » croissance  » et le réchauffement climatique qu’elle engendre.

Ce dernier est le thème principal sous-jacent de ce Festival, lancé il y a 5 ans à Bayonne par le groupe de citoyens Bizi, plein de « gens normaux » et de jeunes, de familles, et bien sûr de militants – qui ont débattu ensemble avec un riche programme (ainsi que des événements culturels et artistiques). Si l’urgence d’un changement radical et systémique a été clairement perçue par tous les participant.es, l’atmosphère conviviale et festive a donné beaucoup d’espoir et d’énergie renouvelée. Sauver la planète n’est plus une option – le moment est venu de s’engager : « changer le système, pas le climat ».

Extrait de l’article Climat : 15 000 personnes à Bayonne pour la sortie du rapport 1,5 °C du GIEC

Plus de 15 000 personnes ont rejoint Bayonne ce week-end pour une importante mobilisation sur le climat. Les deux jours marqués par l’arrivée du Tour Alternatiba, un gigantesque village des alternatives, des conférences et une ambiance d’émulation populaire se sont conclus par un manifeste à engager dès à présent la métamorphose immédiate des territoires. Parmi elles, près de 200 personnalités, scientifiques, responsables politiques et associatifs, artistes, anciens ministres. En duplex depuis la Corée du Sud, Valérie Masson-Delmotte, membre du comité scientifique du GIEC, a donné au public rassemblé à Bayonne la primeur de l’adoption du rapport 1,5 °C et encouragé la poursuite des actions citoyennes comme le Tour Alternatiba.

A la veille de la sortie du rapport 1,5 °C du GIEC, Bayonne a permis de délivrer un message fort. Le manifeste final, lu par Gaby, jeune lycéenne de Poitiers et Moriba, jeune guinéen sauvé de la noyade par un bateau de secours maritime en traversant la Méditerranée, seize ans tous les deux, a lancé un vibrant appel à la métamorphose immédiate de nos territoires.

Avec près de 50 conférences (auxquelles ont participé 6263 personnes) sur des enjeux aussi fondamentaux que le bilan climat et transition énergétique du gouvernement actuel, les freins à la transition, la relocalisation de l’économie, le financement de la transition, les transports, les énergies renouvelables, la solidarité et la justice climat, ce week-end a également constitué un apport aux réflexions en cours. Des alternatives concrètes comme le fournisseur d’électricité 100 % renouvelable Enercoop ou l’eusko, déjà première monnaie locale d’Europe en volume de monnaie en circulation, qui a franchi ce même week-end le cap de 1 million d’euskos, ont démontré la possibilité qu’ont les alternatives à changer d’échelle.

Cette effervescence citoyenne à Bayonne reflète ce qui a été constaté sur les 4 mois du passage du Tour Alternatiba où au total plus de 77 000 personnes ont montré leur détermination à agir pour changer concrètement les choses. Sous des airs de grande fête populaire, Alternatiba 2018 a une fois de plus confirmé que l’enjeu crucial de la lutte contre le dérèglement climatique est non seulement un défi vital que des dizaines de milliers de citoyen.nes sont prêts à relever, mais également le socle pour des sociétés plus soutenables et désirables.

Texte du Manifeste ici.

Vidéos et photos ici.

Bilbao: Le RIPESS au Forum Mondial de l’économie sociale GSEF 2018

Le Global Social Economy Forum GSEF 2018 s’est tenu à Bilbao (1 au 3 octobre 2018). C’est la quatrième édition après Séoul 2 fois et Montréal 2016. Il a réuni plus de 1700 personnes venues de 84 pays. A noter qu’un nombre important de maires et responsables de collectivités territoriales avaient fait le voyage pour témoigner de leur implication dans l’ESS. C’est un des axes forts du GSEF, de lier l’évolution du développement des villes à l’Economie sociale. Notons au passage que l’intitulé « économie sociale » a largement prédominé dans le discours, le terme solidarité étant dans certaines cultures considéré comme superflu parce qu’inclus. Néanmoins, le terme ESS à été utilisé dans plusieurs instances, soit en plénière soit dans les ateliers. Ce point peut et a donné lieu à quelques polémiques. On sait que pour le RIPESS, le terme de solidarité est central parce qu’il renvoie à une philosophie de contestation radicale du modèle ultra libéral en vigueur dans l’économie mondialisée. Le titre du Forum, « Valeurs et compétitivité pour un développement local inclusif et durable », voulu fortement par le gouvernement de Bilbao, a aussi été débattu.

Mondragon, partenaire de la manifestation, est un exemple emblématique du coopérativisme, et de l’économie sociale conçue comme un complexe systémique visant l’autonomie dans un contexte de résistance, à l’époque de sa création, au franquisme. M. Iñigo Ucin, Président du Conseil Général de Mondragon a présenté son expérience globale (production, finance, formation, distribution) et invité à des visites de terrain.

Les ateliers sur des thèmes très variés proposaient une large gamme d’expériences, ce qui constitue toujours un temps de stimulation de l’optimisme et l’occasion de rencontres qui pourront se prolonger dans le temps par des collaborations fructueuses. Le RIPESS a été présent avec plusieurs membres de tous le continents. L’opportunité de se mettre en contact direct avec des représentants de collectivités publiques et de la Commission Européenne a été bien saisie.

Au cours d’une session dédiée, il y a eu la lecture d’une déclaration préparée par REAS Euskadi et RIPESS sur l’ESS transformatrice, qui vise une réel changement systémique. Au cours de la cérémonie, des personnes de plusieurs cultures et continents ont lu le texte en 4 langues.

Au cours de la même session, Jason Nardi pour le RIPESS, Julia Grannel pour la XES et Carlos Askunze coordinateur du REAS Euskadi ont annoncé la préparation du Forum Social Mondial des Economies Transformatrices. Un premier temps préparatoire aura lieu en avril 2019 à Barcelone et l’édition finale de ce Forum mondial est prévu en 2020. La session s’est achevée par un « picoteo » (une sorte d’apéritif dînatoire) convié par le REAS à Hika Ateneo un lieu alternatif de Bilbao.

Dans la session de clôture Margeritte Mendell (Université de Concordia, Montréal) a usé d’un oxymore pour signifier que le personnel politique et aussi de la recherche universitaire, devrait assouplir les cadres et les règles qui étouffent l’initiative de terrain. Elle a recommandé « l’institutionnalisation de la flexibilité ».

Jason Nardi a été l’un des trois mandatés pour lire la déclaration finale du GSEF après avoir participé à sa rédaction. Une déclaration des jeunes qui ont participé au forum a été aussi présentée .

La prochaine édition du GSEF devrait avoir lieu à Ciudad de Mexico en 2020.

Europe, le temps est venu pour te libérer de ta dépendance à la croissance : Appel

Article de Mediapart, 18 septembre 2018

Cette semaine, scientifiques, politiques et décideurs se réunissent à Bruxelles pour une conférence historique1, organisée conjointement par des mandataires politiques du Parlement Européen issus de cinq partis politiques différents, de concert avec des syndicats et des Organisations Non-Gouvernementales. L’objectif de l’événement est d’explorer la possibilité d’une ‘économie post-croissance‘ en Europe.

Au cours des sept décennies passées, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) s’est dressée comme l’objectif économique premier des nations européennes. Mais si nos économies ont grandi, l’impact négatif sur l’environnement a augmenté en rapport. Nous dépassons aujourd’hui l’espace de fonctionnement sécurisé pour l’humanité sur cette planète et il n’y a aucun signe que l’activité économique soit en voie de découplage avec l’usage des ressources ou la pollution, à l’échelle qui serait requise. En parallèle, aujourd’hui, résoudre les problèmes sociaux au sein des pays européens ne demande pas plus de croissance économique : cela implique plutôt une distribution plus juste du revenu et de la richesse déjà acquis.

La croissance économique devient également plus difficile à atteindre notamment du fait du déclin des gains de productivité, de la saturation des marchés et de la dégradation écologique. Si les tendances actuelles persistent, la croissance économique européenne pourrait bien s’enrayer définitivement dans moins d’une décennie. Aujourd’hui la réponse politique consiste principalement à essayer d’entretenir la croissance par la dette, l’affaiblissement des régulations environnementales, l’extension des heures de travail et des coupes dans les systèmes de protection sociale. Cette recherche agressive pour de la croissance économique à tout prix divise la société, crée de l’instabilité économique et affaiblit la démocratie.

Les élites et les décideurs n’ont pas investi encore ces questions. Le processus « Au-delà du PIB (Beyond GDP) » de la Commission Européenne s’est affaibli au fil du temps pour devenir « Le PIB et au-delà (GDP and Beyond) ». Le mantra officiel demeure la croissance économique — corrigée comme ‘soutenable’, ‘verte’ ou ‘inclusive’ — mais d’abord et avant tout, la croissance. Même les Objectifs de Développement Durable de l’Organisation des Nations-Unies incluent la poursuite de la croissance comme l’un des buts pour tous les pays, en dépit de la contradiction fondamentale entre croissance et soutenabilité.

La bonne nouvelle est qu’au sein de la société civile et des sphères scientifiques, un mouvement post-croissance a émergé. Il porte différents noms suivant les lieux : décroissance, Postwachstum, steady-state ou doughnut economics, prosperity without growth, pour n’en nommer que quelques-uns. Depuis 2008, les conférences internationales sur la Décroissance ont régulièrement réuni des milliers de participants. Une initiative globale, l’Alliance de l’économie du bien-être, établit depuis peu les connections entre ces mouvements, tandis que depuis peu un réseau de recherche européen fédère – entres autres activités de recherche – les travaux sur les ‘modèles macroéconomiques écologiques’ alternatifs. Ces travaux suggèrent qu’il est possible d’améliorer la qualité de vie, de restaurer le monde vivant, de réduire les inégalités et de fournir des emplois décents en nombre suffisant sans recourir à la croissance économique, sous condition de configurer des politiques publiques qui nous libèrent de notre dépendance actuelle à la croissance.

Parmi les mesures proposées se trouvent la limitation de l’utilisation des ressources naturelles, des dispositions fiscales progressives pour endiguer la marée montante des inégalités, ou une réduction graduelle du temps de travail. Ainsi, la tendance dans l’utilisation des ressources pourrait être inversée par une taxe carbone dont les revenus pourraient être utilisés pour financer une allocation universelle ou d’autres programmes sociaux. Introduire à la fois une allocation universelle et un revenu maximum réduirait encore davantage les inégalités sociales, tout en aidant à redistribuer le travail social et en brisant les asymétries de pouvoir qui affaiblissent nos démocraties. De nouvelles technologies pourraient être utilisées pour réduire le temps de travail et améliorer la qualité de vie, au lieu de conduire à licencier en masse et augmenter les profits d’un petit nombre de privilégiés.

Étant donné l’ampleur des enjeux, il serait irresponsable que les acteurs politiques et les décideurs n’explorent pas les possibilités d’un avenir post-croissance. La Conférence qui se tient à Bruxelles est un coup d’envoi prometteur, mais des engagements bien plus importants sont nécessaires. En tant que groupe de scientifiques concernés – travaillant tant dans les domaines des sciences naturelles que des sciences humaines et sociales – et issus des 28 États-membres, nous appelons l’Union Européenne, ses institutions et États-membres à:

1.    Mettre en place une commission spéciale sur les avenirs post-croissance au niveau du Parlement Européen. Cette commission doit débattre activement de l’avenir de la croissance, proposer des politiques publiques alternatives et reconsidérer la poursuite de la croissance en tant qu’objectif politique général.

2.    Incorporer des indicateurs alternatifs dans le cadre macroéconomique de l’Union Européenne et de ses États-membres. Les politiques économiques doivent être évaluées en fonction de leur impact sur le bien-être humain, l’utilisation des ressources naturelles, les inégalités sociales et la génération d’emplois décents. Dans les processus de prise de décision, ces indicateurs doivent avoir une priorité supérieure au PIB.

3.    Transformer le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) en un Pacte de Stabilité et de Bien-être. Le PSC est un jeu de règles visant à limiter les déficits gouvernementaux et les dettes nationales. Il doit être révisé pour que les États-membres répondent aux besoins fondamentaux de leurs citoyens, tout en ramenant l’utilisation des ressources naturelles et la production de déchets à un niveau soutenable.

4.    Établir dans chaque État-membre un Ministère de la Transition Économique. Une nouvelle économie axée directement sur le bien-être humain et écologique peut offrir un avenir bien meilleur que celui qui dépend structurellement de la croissance économique.

Dr Dan O’Neill, Professeur, University of Leeds, Dr Federico Demaria, Chercheur et Dr Giorgos Kallis, Professeur, Universitat Autònoma de Barcelona, Dr Kate Raworth, auteur de ‘Doughnut Economics’, Dr Tim Jackson, Professeur, University of Surrey, Dr Jason Hickel, maître de conférence, University of London, Dr Marta Conde, Présidente de Research & Degrowth.

La présente lettre ouverte a été signée par plus de 240 scientifiques aussi bien européens qu’internationaux. Pour en consulter la liste complète ainsi que la liste des publications en langues étrangère cliquez ici
Vous pouvez aussi la signer ici
Elle a été publié en anglais sur The Guardian, puis en français d’abord sur Libération.

Premiers signataires Français :

Serge Latouche, Professeur émérite, Université Paris Sud , Dominique Méda, Professeur, Université Paris Dauphine, Jean Gadrey, Professeur, Université de Lille,  Aurore Lalucq, Co-Directrice, Institut Veblen, François Schneider, Chercheur, Research & Degrowth, Fabrice Flipo, Professeur, Institut Mines Télécom-BS et LCSP Paris 7 Diderot, Geneviève Azam, Professeur, Université Jean Jaurès, Vincent Liegey, chercheur et co-auteur d’Un Projet de Décroissance (Editions Utopia).

1 Retrouver les programmes et la liste des organisateurs et partenaire : https://www.postgrowth2018.eu

Plus d’infos sur les conférences internationales de la Décroissance ici.
Retrouvez aussi notre Appel-Décroissance : bientôt il sera trop tard… Que faire à court et long terme ?

 

I Congrès international en Afrique : Vivre la coopération et la citoyenneté mondiale

La Campagne pour un Curriculum global d’économie sociale solidaire vous invite à leur
I Congrès International en Afrique
VIVRE LA COOPÉRATION ET LA CITOYENNETÉ MONDIALE
les 9, 10 et 11 décembre 2018
Kibera (Camp Rowallan, Nairobi), Kenya

VENEZ ACCOMPAGNER LE PRINCIPE D’UBUNTU – «JE SUIS CE QUE JE SUIS POUR CE QUE NOUS SOMMES TOUS» ET CONSTRUIRE DES HISTOIRES DE COOPÉRATION, DE DURABILITÉ ET DE PAIX
Rencontrons et connectons-nous avec des activistes sociaux d’Afrique, des Amériques et d’Europe qui développent des pratiques durables et alternatives aux modes dominants d’économie, d’éducation et de culture.

Nous appelons tous ceux et celles qui participent à des processus éducatifs formels, non formels et informels visant la citoyenneté planétaire et la transformation de la réalité, en renforçant la solidarité, les économies non patriarcales et non coloniales, à participer au Congrès international d’économie solidaire en Afrique, VIVRE LA COOPERATION ET LA CITOYENNETÉ MONDIALE de la campagne pour un Curriculum global d’Economie Sociale Solidaire. L’événement, annoncé lors du Forum social mondial de Salvador, au Brésil, en mars 2018, est organisé par le Centre Amani Kibera pour l’éducation à la paix à travers le Deportivo, à Kibera, Nairobi, Kenya et veut contribuer à la réalisation de l’Agenda 2030 et des Objectifs de Développement Durable.
Pendant trois jours, nous rencontrerons des initiatives citoyennes à Kibera, la plus grande favela du Kenya, où la coopération et la solidarité visent à garantir les droits au logement, à la nourriture, à l’eau, à l’éducation, au sport et à la paix. Nous écouterons des histoires d’expériences dans le domaine de l’éducation pour l’économie solidaire et la citoyenneté mondiale, par des activistes et des théoriciens du Kenya, du Rwanda, de Tanzanie, d’Ouganda et de pays des Amériques et d’Europe. Nous participerons à des groupes de travail thématiques sur les axes de la Conférence – Culture de la paix, Sports pour la paix, Jeunesse, Femmes, Connaissances ancestrales, Durabilité et Territoires, toujours dans la perspective de promouvoir de nouvelles économies coopératives solidaires. L’événement – qui sera diffusé sur Internet en tant qu’activité de vulgarisation du Forum social mondial – aboutira à la publication d’un magazine en ligne, basé sur les contributions à cette conférence et les projets de coopération des membres de la société civile mondiale présents. , au niveau local, régional et international.

Pour plus d’information sur la campagne Curriculum Global : http://curriculumglobaleconomiasolidaria.com/

Pour plus d’information sur l’événement: http://curriculumglobaleconomiasolidaria.com/espanol/historia/congreso-internacional-viviendo-la-cooperacion-y-la-ciudadania-global/

Et si les coopératives étaient l’avenir de la presse ?
Résumé de l’article :Et si les coopératives étaient l’avenir de la presse ?, par Pauline Porro, Ina Global, 30 août 2018

 

Crédit :
Ina. Illustration  Martin Vidberg

La presse est en crise et cherche à réinventer son modèle économique. L’article fait un tour d’horizon des entreprises de médias en France qui ont fait le choix du statut coopératif.

Parmi les 35 047 cartes de presse attribuées en France en 2017, 32 seraient des entreprises de presse, 6 en Scic (société coopérative d’intérêt collectif) et 26 en Scop (société coopérative participative) (comprenant des agences de presse et les activités d’édition de journaux, périodiques et revues), soit 228 salariés.

Au regard de leur fonctionnement, qui repose sur la mutualisation des moyens de collecte de l’information, en particulier à l’international, la coopérative est un statut particulièrement adapté aux agences de presse. Ainsi, l’Associated Press a un statut coopératif, à l’instar de l’agence allemande Deutsche Presse-Agentur, ou de Reuters jusqu’à son entrée en bourse en 1984. Mais à l’opposé des agences de presse, où le choix du statut de coopérative se justifie par une certaine rationalité économique, le choix de ce statut pour un média hors agence relève davantage d’une mise en conformité avec des valeurs, notamment celle de l’ESS. Mais peut être aussi le fruit d’une histoire : en effet, à la sortie de la Seconde guerre mondiale, les coopératives ou les Sapo (société anonyme à participation ouvrière) sont nombreuses au sein de la presse issue de la Résistance .

Le statut de coopérative a des répercussions concrètes d’une part

– sur l’implication forte des équipes qui se retrouvent à la fois salariés et détenteurs de capital ;

– explique la résilience de ces entreprises souvent supérieures à la moyenne nationale, faisant preuve d’une constitution de réserves les bonnes années et d’une gestion prudente, non contaminée par la recherche du bénéfice à tout crins ;

– une sauvegarde des emplois dans des situations où des entreprises dites classiques auraient recours à des licenciements.

Cependant, lorsque des investissements lourds sont nécessaires – transition numérique par exemple — le modèle coopératif peut devenir une faiblesse, en particulier au sein d’un milieu aussi concurrentiel. Par ailleurs, il entraîne aussi des difficultés soulevées par le montage, le formalisme et les délais pour s’installer qui peuvent s’avérer dissuasives pour mener à bien un tel projet. Des pistes d’autres statuts sont actuellement explorées pour garantir aux salariés une place dans les organes de gouvernance, s’assurer de l’indépendance éditoriale tout en s’inscrivant dans la philosophie d’une société coopérative.

RIPESS au FSM2018
FSM / WSF 2018

Le Forum Social Mondial 2018 se tiendra du 13 au 17 mars 2018 à Salvador de Bahia au Brésil. Plusieurs membres du RIPESS LAC y participeront, ainsi que le RIPESS Europe et la XES, qui présenteront le Forum Social Thématique des Économies du Changement prévu à Barcelone en 2019.

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Premier retour sur le colloque « Europe & ESS » (12 janvier 2018) à Lille

Avec près de 170 participants, et des débats d’une grande densité, le colloque « Europe & ESS, l’heure est venue ! » est une réussite et un fort encouragement à poursuivre le travail engagé.

Une matinée dense a permis de dresser le paysage de la question de l’économie sociale et solidaire au niveau européen. La présentation d’une cartographie réalisée pour mettre en évidence les différentes approches de l’économie sociale et solidaire dans les différents pays de l’Union, la présentation du rapport du groupe d’experts auprès de la Commission Européenne, les témoignages de collectivités impliquées dans des projets d’économie sociale et solidaire à dimension ou financements européens, l’intervention de RIPESS Europe (voir ici) et enfin des paroles fortes d’experts sur ces questions et de la représentante de la Commission, Ulla Engelmann et d’une parlementaire européenne, Marie-Christine Vergiat, ont permis de poser l’ensemble des enjeux autour de ce sujet.

Un déjeuner assuré par plusieurs traiteurs de l’économie solidaire et dans un espace qui présentait différents projets européens a permis une poursuite des échanges.

L’après-midi s’est organisé autour de 4 ateliers pour creuser les enjeux du matin et permettre des échanges avec l’ensemble des participants à partir de témoignages plus concrets : marchés publics responsables, transition écologique, co-construction et communs, montage d’un projet européen.
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