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Conférence internationale lancée par l’UNTFSSE sur le rôle de l’ESS dans la mise en œuvre des ODD
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Du 24 au 26 juin, le RIPESS sera à Genève (Suisse) pour assister à cette importante conférence internationale où les participants discuteront les résultats et le rôle de l’Économie Sociale Solidaire (ESS) dans la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD). Ne manquez pas tous les détails sur les objectifs de la conférence et la participation du RIPESS.

Comment l’Économie Sociale Solidaire (ESS) peut-elle contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) ? Les projets locaux d’ESS peuvent-ils avoir un impact sur le développement mondial ? Les réponses à ces questions et à bien d’autres seront discutées lors de la Conférence internationale « Mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable : Quel rôle pour l’Économie Sociale Solidaire «  qui se tiendra les 25 et 26 juin à Genève (Suisse). Les membres du RIPESS présenteront plusieurs communications et organiseront la session parallèle « Construire le mouvement ESS du local au global ».

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Elections européennes : La vision de l’Europe, à travers le commerce équitable et l’ESS

Le 10 mai 2019, en collaboration avec Bostani (une communauté de producteurs-consommateurs qui fonctionne dans le cadre d’une production et d’une consommation durables et responsables) et dans le cadre de notre participation aux élections européennes  » Fair Times Campaign « , le membre grec du RIPESS Europe DOCK a organisé la manifestation  » Trade Fair, Live Fair  » à Athènes, un débat public sur la vision européenne, de justice économique et de durabilité environnementale

Les intervenantes invitées, Francesca Guibilo pour la WFTO (World Fair Trade Organisation) et Marketa Vinkelhoferova de Fair&Bio coop / Ripess EU (République tchèque) ont fait part de leur expérience dans ces domaines. Francesca a fait une présentation de l’histoire du commerce équitable et a informé sur la stratégie du WFTO dans la construction d’alliances et de réseaux en Europe et dans le monde, tandis que Marketa a donné quelques exemples et illustré des pratiques dans lesquelles la relation commerce équitable et SSE est de plus en plus présente.

Elles se sont focalisées sur une meilleure compréhension de l’histoire et des progrès du mouvement du commerce équitable en ce qui concerne le développement des réseaux dans différentes pratiques dans le monde, mais aussi sur la manière dont les politiques publiques de production et consommation durables sont appliquées dans le contexte actuel et comment elles devraient évoluer dans l’avenir en Europe.

10e Académie de l’OIT : de l’avenir du travail au changement de l’économie par l’ESS

Par Nora Inwinkl / Solidarius Italia

Du 3 au 7 juin s’est tenue à Turin la 10ème Académie d’économie sociale et solidaire de l’Organisation Internationale du Travail. Elle était co-organisée par l’Organisation internationale du travail, qui célébrait cette année son premier siècle d’existence. Pour ce qui est de l’avenir du travail, il s’agissait d’une occasion offerte aux personnes intéressées ou déjà engagées dans la promotion de l’ESS dans le monde, y compris les décideurs, les praticiens, les chercheurs, les représentants des travailleurs et des organisations d’employeurs, d’échanger sur la nécessité d’influencer l’économie dans une perspective durable. Plus de 100 personnes du monde entier y ont participé (à l’exception de l’Océanie), avec leurs connaissances, traditions, cultures, cadres et besoins différents. Grâce à un partenariat avec les organisateurs, quatre membres du réseau RIPESS Europe du Portugal, de la Grèce et de l’Italie ont pu y assister, ainsi que Beatrice Alain (Chantier de l’économie sociale, Québec) et Jason Nardi (coordinateur RIPESS) qui ont été parmi les intervenants invités.

Le pivot de l’Académie reflétait notre situation du marché et du travail, en se concentrant sur les défis auxquels nous sommes confrontés dans plusieurs domaines : économie, technologie, environnement, changement climatique, démocratie, participation, et autres. Malgré la diversité des participants, tant en termes d’origines que d’orientations professionnelles, tous se sont accordés sur un point spécifique et essentiel : le système dans lequel nous vivons n’est pas du tout durable et les solutions préconisées par les différents gouvernements et les principaux acteurs ne sont pas pertinentes. Pour cette raison, l’Académie a mis en avant plusieurs enjeux importants qui englobent différentes formes d’entreprises et/ou d’organisations de l’ESS (OESS – Organisations de l’économie sociale et solidaire), le cadre juridique existant ou qui pourrait être promu dans différents pays au niveau local et national, les mécanismes et outils financiers, et plus encore.

Le rapport intitulé  » Travailler pour bâtir un avenir meilleur  » rédigé par la Commission mondiale sur l’avenir du travail a servi d’illustration du modèle de travail préconisé. Il s’agit d’un  » agenda centré sur l’être humain pour l’avenir du travail qui renforce le contrat social en plaçant les personnes et leur travail au centre de la politique économique et sociale et des pratiques commerciales « .

Il est important de s’éloigner de l’échelle locale et, en particulier, de l’expertise et des pratiques locales, en mettant en évidence les spécificités de chaque territoire. Au cours de ces cinq jours, de nombreux praticiens ont présenté leurs initiatives et leurs expériences, partageant leurs connaissances et différentes formes d’innovation et recevant plusieurs commentaires et suggestions. Des expériences différentes se sont développées dans des territoires différents mais toutes guidées par des valeurs et des principes similaires, ceux du paradigme de l’ESS, en contraste avec ceux du néolibéralisme.

L’importance des « pratiques » a été soulignée avec les champs d’études organisés lors de la deuxième journée dans les villes de Turin, Ivrea et Cuneo. Elle a donné l’occasion aux participants de découvrir la mise en œuvre de l’ESS à travers des expériences vertueuses.

Il reste encore un long chemin à parcourir et probablement l’une des choses à améliorer est la construction d’un vocabulaire commun et d’un cadre commun pour mettre en œuvre et développer l’ESS d’une manière transversale et transectorielle. Il est important de travailler dans les deux sens : du bas vers le haut, en mettant en œuvre et en soutenant les initiatives locales, et du haut vers le bas, en travaillant avec les autorités locales et nationales pour promouvoir les lois et politiques d’ESS. Ainsi, comme l’a dit un participant lors de la plénière de clôture, nous devons travailler sur « l’ESS dans toutes les politiques ».

« Vers un nouveau système économique  » : Le RIPESS Europe à la 7e Conférence internationale de recherche du CIRIEC

Cette année, la conférence du CIRIEC s’est tenue à Bucarest, Roumanie, du 6 au 9 juin 2019 avec un titre ambitieux :  » Vers un nouveau système économique « . Le CIRIEC (Centre international de recherche et d’information sur l’économie publique, sociale et coopérative) est un réseau d’organisations scientifiques et de recherche internationales, créé en 1947.

Dražen Šimleša, notre coordinateur du réseau, a représenté le RIPESS Europe à plusieurs sessions ainsi qu’à la Commission scientifique internationale « Economie sociale et coopérative » du CIRIEC et a pris part à la réunion qui a eu lieu avant l’ouverture officielle du congrès.

C’était une occasion spéciale puisque, pour la première fois, la conférence a été organisée en Europe centrale et orientale, une région du continent qui a ses propres défis et opportunités historiques pour l’ESS, étant donné que l’économie sociale et solidaire apporte un nouveau paradigme de gouvernance fondé sur la démocratie et la participation.

Les participant.es ont discuté du rôle de l’ESS et des défis mondiaux actuels, avec une  » vision transformationnelle « , se concentrant sur des thèmes tels que les entreprises détenues par les travailleurs et l’avenir du travail décent, la durabilité, la souveraineté alimentaire, les écosystèmes de l’ESS – gouvernance, réseaux, visibilité et politiques. Ainsi, un bon endroit pour que le RIPESS soit parmi les 250 autres participants du monde entier.

Nous espérons que cela rapprochera les praticiens et les militants des mouvements sociaux pour l’ESS avec un secteur scientifique qui peut nous soutenir dans ses recherches et analyses.

Voir le programme et certaines interventions ici.

Le Forum social mondial des économies transformatrices. Promouvoir les synergies

Par Josette Combes

La rencontre préparatoire au FSMET s’est tenue à Barcelone les 5,6 et 7 avril 2019. Elle a réuni plus de 300 personnes venues du monde entier même si pour plus de la moitié, elles venaient tout naturellement de Catalogne et d’Espagne. Pour les membres du RIPESS international, d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Amérique du Nord, d’Asie et plus nombreux d’Europe (18 pays représentés), cette rencontre a été une excellente occasion de partager leurs expériences avec des personnes œuvrant dans d’autres parties du monde et dans des domaines très diversifiés. Étaient présent.es des représentant.es de structures dédiées au développement des communs, à la défense de l’agroécologie, à la promotion de l’écoféminisme, de l’habitat écologique, des monnaies sociales et de la finance éthique, de l’éducation populaire, des médias alternatifs et bien sûr des réseaux d’économie sociale et solidaire.

Le lieu se prêtait bien à cette rencontre. L’université Aula Magna de Barcelone offrait des salles adaptées et surtout un espace extérieur propice aux échanges informels à l’occasion des repas. L’animation des nombreux ateliers était très structurée et en même temps trop floue par moments. Les participant.es ont considéré parfois que ce qui était proposé à la réflexion pré-formatait un peu trop le cours des débats. Il faut reconnaître que l’ambition de la rencontre exigeait de fait d’en prévoir le déroulement. L’ensemble a donné l’impression d’un potentiel prometteur mais auquel il manquait l’espace et le temps pour se déployer davantage.

Ce galop d’essai laisse augurer d’une suite riche en interactions mais aussi montre les difficultés à établir les convergences pourtant essentielles pour assurer un avenir aux espèces vivant sur la planète dont une partie de plus en plus importante est menacée d’extinction, et à terme l’espèce humaine elle-même. Même si une certaine prise de conscience commence à progresser, notamment au sein des jeunes générations, il est urgent de rassembler toutes les énergies pour faire basculer les paradigmes actuels de l’économie d’une course forcenée au profit vers une gestion raisonnée des ressources et un meilleur équilibre social et écologique. Ce sont tous les paramètres évoqués plus haut qui permettront ce changement d’orientation fondamental.

Toutes ces dimensions travaillées par des groupes de façon encore trop souvent considérée comme marginale ou expérimentale, se présentent encore comme parcellaires, morcelées. Rassemblées, elles forment une approche holistique cohérente dont chaque partie peut se considérer comme un acteur légitime. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre mais bien de proposer des actions concrètes, actuelles, efficaces, capables par leur démonstration d’entraîner l’adhésion d’une masse plus importante de gens qui deviendront eux-mêmes acteurs du changement. Enfin ces rencontres en offrant l’occasion d’échanges de savoirs et de savoir-faire, contribuent à renforcer dans leur détermination les activistes de tous ces réseaux et dans un contexte où les menaces de gouvernements autoritaires se multiplient, ce dernier point est loin d’être superflu.

Pour remplir son objectif, le FSMET doit se doter d’un pilotage plus « interculturel » articulant mieux les réseaux présents ce printemps à Barcelone, de façon à faire en sorte que tous ceux qui s’y sont rendus se sentent réellement partie prenante du processus.

Coopératives d’énergie renouvelable et collectivités locales
REScoop Zagreb may 2019

La conférence de REScoop de cette année se concentre sur la manière dont les coopératives d’énergie renouvelable et les autorités locales peuvent transformer les communautés par la collaboration et met en avant les Coopératives ER européennes (REScoop), les autorités locales (villes et municipalités comprises) et un groupe d’acteurs locaux du réseau RIPESS Europe ainsi que le projet Compile et dans son ensemble la région des Balkans.

Cette conférence de 3 jours aura lieu à Zagreb en Croatie les jeudi 30 mai, vendredi 31 mai et samedi 1er juin 2019. La conférence internationale des 1er et 2ème jours coïncidera avec la 6ème Assemblée Générale de REScoop.eu qui se tiendra le 3ème jour.

La conférence commencera le premier jour par une session plénière sur la rémunération de l’énergie et une visite guidée de Zagreb pour les membres de REScoop.eu.

Le deuxième jour, les coopératives d’énergie renouvelable et les municipalités feront des présentations sur la façon dont on peut accélérer la transition énergétique à l’échelle locale. Les parties prenantes européennes expliqueront comment les communautés énergétiques citoyennes sont organisées dans leurs pays respectifs et les meilleures pratiques de collaboration innovante entre les coopératives d’énergie renouvelable et les autorités locales dans la région des Balkans et au-delà. Enfin, au cours de plusieurs sessions interactives, les participants pourront partager leurs réflexions et leurs idées.

Le troisième jour, des ateliers plus interactifs seront organisés, suivis par l’Assemblée Générale de REScoop.eu.

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NESI Forum 2019: de 2030 à aujourd’hui
NESI Forum_ giant_map

Le RIPESS a soutenu et participé au deuxième Forum NESI qui a eu lieu du 24 au 26 avril à Malaga, en Espagne. L’événement a été surtout consacré aux ODDs de l’ONU et à la façon de créer un monde où ceux-ci seront effectivement mis en oeuvre d’ici 2030.

Six axes principaux ont été développés au cours du Forum : l’avenir de la finance, l’avenir de l’énergie, l’avenir de l’urbanisme et du logement, la souveraineté alimentaire et l’agroécologie, l’avenir du travail, les textiles durables.

Drazen Simlesa a participé en tant que représentant du RIPESS Europe et a été l’un des principaux contributeurs dans le domaine de la souveraineté alimentaire et de l’agroécologie.

Avec 500 participants du monde entier, le forum NESI est l’un des rassemblements les plus importants d’individus et d’organisations s’occupant du développement des nouvelles économies.

Les ateliers étaient particulièrement intéressants en tant que modèle Horizon, afin que chaque secteur puisse cartographier les défis actuels, déterminer l’orientation que nous souhaitons donner d’ici 2030 et enfin ce dont nous avons besoin pour y parvenir.

Plus d’info: NESI Forum

Rencontre euroméditerranéenne du Réseau de « l’économie des travailleur.ses »
Phptp Article Association Autogestion

Auteur : Benoît Borrits, Bruno Della Sudda, Christian Mahieux et Richard Neuville | 25 Avr 2019 | Événements, Vie de l’association

Article de Association Autgestion

L’articulation entre autogestion, écologie et féminisme au cœur de la IIIe rencontre de l’« Économie des travailleur-se-s »

Du 12 au 14 avril, s’est tenu à Milan la troisième rencontre euroméditerranéenne « L’économie des travailleur.ses ». 200 personnes environ y ont participé, avec une parité hommes/femmes et pas mal de jeunes. Ce processus est né il y a une dizaine d’années à l’initiative du programme Faculta Abierta de l’Université de Buenos Aires qui étudie et apporte son soutien aux entreprises récupérées par leurs travailleur.ses. En déniant aux propriétaires le droit de fermer une entreprise ou de disposer de l’outil de production et en reprenant la production sans patron sous une forme autogérée, ces travailleur.se.s préfigurent une autre économie, démocratique et sans actionnaires. L’objectif de ces rencontres est de faire converger sur quelques jours des travailleur.ses de ces entreprises, des chercheur.ses et des militant.es venus de différents pays.

Parti d’Amérique latine ce processus se décline désormais en rencontres continentales et mondiales. Cette édition euroméditerranéenne est la troisième édition après Marseille (Fralib/scop-Ti) en 2014 et Thessalonique (Vio.me) en 2016. Elle s’est tenue à Rimaflow, une ancienne usine de sous-traitance automobile reconvertie en diverses activités écologiques et sociales. Elle a réuni des participant.es d’une dizaine de pays : Italie, France, Espagne, Belgique, Croatie, Grèce, Hongrie, Kurdistan, Allemagne, Russie (et aussi Brésil et Argentine). Ces rencontres ont permis d’aborder divers thèmes comme la notion de mutualisme conflictuel, portée par les Rimaflow et le réseau Fuori Mercato (En dehors du marché), un syndicalisme sans frontière et embrassant tout le champ social ; l’agroécologie et les relations entre mouvements ruraux et urbains ; la reproduction sociale dans les expériences autogérées et le travail syndical ; la récupération du « public », des « communs » dans une perspective autogestionnaire ; la production autogérée et autogestion de la distribution ; l’articulation entre autogestion, écologie et féminisme ; le welfare par le bas ; l’autonomie économique pour sortir de la violence de genre.

Préfigurant une économie débarrassée des patrons et des actionnaires, on peut considérer que la présence des organisations syndicales serait évidente : l’aboutissement des revendications sociales ne doit-elle pas déboucher sur cette perspective ? De ce point de vue, la présence d’organisations telles que l’Union syndicale Solidaires ou la CGT espagnole constitue un point d’appui essentiel dans le développement de ce processus. On peut regretter que trop peu d’entreprises autogérées soient actuellement incluses dans ces rencontres. Il sera sans doute essentiel d’en redéfinir les objectifs pour que celles-ci soient plus présentes ; c’est un enjeu, notamment en France.

Les rencontres euroméditerranéennes, une préfiguration d’une Europe des travailleur.ses, une Europe tournée vers la rive sud de la Méditerranée ? La prochaine édition devrait avoir lieu en 2021 en Andalousie, organisée notamment par les camarades du SOC/SAT et de la CGT ; en septembre 2019, se tiendra la 7ème rencontre internationale, à Sao Paulo.

L’Association pour l’autogestion, le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF) et l’Union syndicale Solidaires étaient présents à Milan, dans le cadre du travail commun au sein du Réseau Se fédérer pour l’émancipation1.

1 Ce Réseau rassemble l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises la coopérative, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires.

Les grandes entreprises et les organisations de l’ESS relèvent-elles le défi des ODD ?

La mesure du développement durable et l’établissement de rapports à ce sujet se sont beaucoup améliorés au cours des dernières décennies, mais sont-ils adaptés aux défis du XXIe siècle et aux Objectifs de Développement Durable ? Cette conférence internationale qui aura lieu à Genève les 3 et 4 juin 2019, sera l’occasion pour les principales parties prenantes des institutions des Nations Unies, des organes nationaux de décision politique et des praticiens dans les domaines de la mesure et de l’établissement de rapports de discuter des meilleures pratiques, des principales préoccupations et des moyens de mieux prendre en compte les dimensions sociales du développement durable.

Le FSMET 2020 veut créer un espace ouvert de dialogue et de construction entre ceux et celles qui pratiquent une autre économie

Entretien avec Jason Nardi, Coordinateur Intercontinental du RIPESS, à propos du Forum Social Mondial des Économies Transformatrcies (FSMET 2020).

La première réunion préparatoire du Forum Social Mondial des Économies Transformatives (FSMET 2020) a eu lieu à Barcelone du 5 au 7 avril 2019 et servira mettre en place les bases du processus qui nous mènera jusqu’en mai 2020, date de la réunion principale.

Le RIPESS, en tant que Réseau Intercontinental pour la Promotion de l’Économie Sociale Solidaire, est l’un des trois réseaux promouvant ce processus, avec le Réseau des réseaux d’économie alternative et solidaire d’Espagne (Reas) et le Réseau catalan d’économie solidaire (XES). Nous avons donc interviewé Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental, pour expliquer pourquoi il a été décidé de promouvoir le FSMET 2020, les objectifs poursuivis et les opportunités offertes au RIPESS pour participer au processus.

Pourquoi le RIPESS est-il l’un des réseaux moteurs du FSMET 2020 ?

Le RIPESS est un réseau composé de différents réseaux, plates-formes, campagnes et initiatives très hétérogènes dans le monde. Parmi les différents pays et continents, nous trouvons des expériences qui s’identifient à l’économie sociale et solidaire (ESS) plus centrées sur l’aspect communautaire, d’autres qui se concentrent sur l’aspect commercial du développement local et coopératif, d’autres encore qui s’intéressent davantage au soins des personnes, à la défense des droits et de la nature et à la façon dont nous pouvons repenser l’économie pour préserver l’environnement où nous vivons et promouvoir une vie plus libre et digne.

C’est pourquoi le RIPESS, en tant qu’entité de coordination, est ouvert aux différentes manières d’interpréter une autre économie, de se rencontrer et de travailler ensemble avec d’autres visions et d’autres mouvements alternatifs à l’économie de marché néolibérale dominante, qui est contraire aux valeurs que nous représentons.

Ainsi, dans différents espaces de dialogue avec d’autres mouvements, nous avons vu combien de fois il y a non seulement des luttes communes, mais aussi des complémentarités et des possibilités de coopération pour avoir une voix plus forte qui peut se multiplier et être reconnue comme une voix plurielle des citoyens qui cherchent une autre société.

Quel est le point de départ du FSMET 2020 ?

Il y a un besoin de passer à un autre niveau. Il ne s’agit pas d’une croissance économique des activités de l’économie solidaire, mais une croissance intellectuelle, de notre expérience et de notre capacité à influencer la société.

Ainsi, un forum comme celui-ci est une tentative de créer un espace ouvert entre ceux qui pratiquent une autre économie. Ce n’est pas seulement imaginer ou théoriser. Il ne s’agit pas d’une rencontre d’économistes hétérodoxes, mais une rencontre entre réseaux et expériences qui pratiquent une autre économie.

Pourquoi un processus comme le FSMET 2020 est-il nécessaire pour des mouvements qui construisent une autre économie ?

Pour le RIPESS, l’idée de confluence est à la base de notre approche stratégique de ces dernières années. Le RIPESS est la fille de la confluence de mouvements sociaux, comme le Forum Social Mondial ou d’autres espaces entre mouvements, qui luttent pour la souveraineté alimentaire aux Nations Unies et entre les différentes manières de valoriser les traditions et l’innovation sociale.

Mais ces espaces mondiaux de partage de luttes et de propositions, de campagnes et de solutions ne sont pas nombreux. Et il n’est pas facile de les organiser parce que chaque initiative, chaque réseau, chaque organisation a sa structure, sa culture de travail, de rencontre, sa modalité de participation et parfois, si un espace n’est pas bien perçu comme ouvert et accueillant, les gens ne participent pas.

C’est ce qui est arrivé au Forum Social Mondial, qui a commencé comme un véritable espace pour partager des luttes globales entre mouvements très locaux, mais avec une forte orientation politique. Cependant, faute de capacité à organiser ces espaces, il s’est transformé en un espace qui n’est ni un mouvement, ni un véritable lieu de confluence.

Que manquait-il alors ?

Il manquait une approche plus spécifique que de reconnaître que nous avons des problèmes mondiaux communs, mais que nous sommes déjà en train de construire des solutions et que nous pouvons les mutualiser dans une modalité de communauté open source. Et que nous devons travailler pour surmonter les difficultés que nous avons à organiser ces espaces.

En fait, en ce sens, je considère le RIPESS comme un agent provocateur. Parmi les réseaux dans lesquels nous sommes impliqués dans le monde entier, nous voyons de plus en plus de secteurs différents qui se reconnaissent comme faisant partie de l’ESS. Non pas parce que nos principes d’ESS ont été modifiés ou étendus, mais parce que ce sont les mêmes producteurs et, surtout, les consommateurs qui sont aujourd’hui plus conscients de l’interconnexion entre les différents niveaux.

Par conséquent, pour le RIPESS, le FSMET 2020 est une occasion très importante de pratiquer le réseautage alternatif, les affaires, la communauté et les soins de la vie, ce qui est la caractéristique de l’ESS. Nous croyons que cette approche de réseautage et de confluence peut être transférée à d’autres plans et c’est notre contribution.

Comment intégrer différentes visions du monde dans l’ESS ?

Je pense que nous devons nous permettre d’être positivement contaminés par les innovations qui, ces dernières années, se sont considérablement développées dans différentes parties du monde. Les propositions des économies féministes, par exemple, qui ne sont pas seulement une exigence de justice de genre, mais une vision différente de la manière d’organiser la société, le travail, les soins, la relation entre les personnes, etc.

Cela doit être intégré et faire partie d’une vision de l’ESS, non seulement parce que c’est un principe, un droit fondamental, mais aussi parce que cela fait partie de la solution.

Quelque chose de semblable se produit avec les visions indigènes sur la façon d’organiser une économie résiliente, respectueuse de la mère terre et de son caractère sacré, qui n’est pas religieuse au sens occidental du terme, mais comprise comme une cosmovision. Cette vision plus large et plus globale est une contribution très importante à toutes les initiatives que nous promouvons chaque jour par des coopératives de personnes qui travaillent ensemble horizontalement.

Le FSMET 2020 a son premier grand événement cette semaine à Barcelone, que va-t-il se passer à partir de maintenant ?

Le Forum fait partie du processus plus général du FSM parce qu’il partage avec lui non seulement le fait que ce sont des mouvements sociaux qui sont à la base de la transformation, mais aussi que nous ne voulons pas créer un nouveau réseau de réseaux ou un mouvement politique -ce qui ne veut pas dire que nous ne faisons pas de politique.

L’objectif est donc de créer un espace qui permette l’échange stratégique de la co-construction avec un processus à long terme. Et le Forum est un moment de ce processus, qui est une activité à construire ensemble sans être une entité unique qui fait le programme et décide de tout, mais non plus avec une autogestion totale.

Et dans quel but ?

L’objectif principal ici est celui de la confluence. Pourquoi la confluence ? Voir quel est le minimum dénominateur commun multiplicateur qui nous permet de construire un agenda d’action commun, selon la définition de Carlos Askunze.

Si ce processus fonctionne réellement, comme nous l’espérons, en 2020 après une année d’interaction virtuelle au niveau international et de confluences locales ou translocales, nous ferons déjà une proposition qui sera validée au Forum et qui serait une sorte de programme politique d’un mouvement de mouvements, un mouvement pluriel. Telle est l’ambition de ce processus.

Comment le RIPESS aborde-t-il sa participation au Forum et au processus, et comment va-t-il fonctionner ?

Nous serons présents pour contribuer, mais surtout pour profiter d’une rencontre avec d’autres organisations qui peuvent contribuer à notre travail sur des questions sur lesquelles nous travaillons comme l’approche genre, les politiques publiques locales et internationales, les médias ou comment localiser les objectifs de développement durable (ODD), entre autres.

Dans le même temps, nous tenterons de donner une perspective spécifique sur la réorganisation des circuits économiques. Si nous voulons vraiment transformer l’économie, nous devons non seulement produire différemment, plus écologiquement, avec plus de droits, etc., mais nous devons aussi repenser la relation entre la production et la consommation, et la façon dont la distribution de la richesse est transformée.

Cela implique de repenser les systèmes publics et communautaires. Par exemple, quelle formule pouvons-nous appliquer lorsqu’il y a des services qui ont été privatisés, en gardant à l’esprit que nous ne voulons pas non plus qu’ils soient entièrement contrôlés par l’État ? Ou comment nous pouvons réimaginer économiquement le commerce international, les migrations ou les relations entre communautés qui ne sont pas dans la même biorégion.

Je crois que cela fait partie de la vision globale du RIPESS et que, par conséquent, nous pouvons apporter des idées et des formules de l’approche d’une économie solidaire de libération. Comme le défend Euclide Mance, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, où l’économie est une modalité de contrôle et de soumission, l’économie peut encore être un moyen de libération.

Enfin, le FSMET 2020 est aussi l’occasion pour le RIPESS de se renouveler, de se repenser, d’entrer en contact avec des réalités inconnues, avec des organisations et de nouveaux territoires pour nous. Par conséquent, du point de vue d’un réseau qui promeut un mouvement pour une autre économie, c’est une grande opportunité de connaître, de contribuer et d’être connu.

Écrit par Gabriel Boichat, RIPESS.

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