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Appel à Communication RIUESS 2020

Économie sociale et solidaire et Développement durable : des approches pertinentes pour le vingt-et-unième siècle ?

RIUESS Clermont-Ferrand

Du 27 mai au 29 mai 2020

Clermont-Ferrand

Laboratoire organisateur :

Laboratoire Communication et Sociétés, Axe « Communication, innovation sociale et économie sociale et solidaire » – EA 7481 – Université Clermont Auvergne

Le but de ce vingtième colloque du RIUESS est d’interroger le concept de développement durable (DD) à l’aune des pratiques et des recherches de l’économie sociale et solidaire (ESS) et, inversement, de questionner les pratiques et les recherches en ESS à l’aune de cette notion plus politique que scientifique. Il s’agit, tout d’abord, dans ce colloque ouvert à toutes les SHS (économie, philosophie, science politique, sociologie, sciences de gestion, sciences de la communication, droit, géographie, anthropologie, etc.), de s’interroger sur le type de société pensé par les acteur·rices et les chercheur·ses de l’ESS et du DD : Œuvre-t-on dans le sens d’une adaptation du capitalisme aux contraintes écologiques ? Participe-t-on à la transformation d’un capitalisme extractif en un capitalisme vert et éthique ou souhaite-t-on la transition vers une société post-capitaliste ? Il s’agit, ensuite, dans un contexte international marqué par la montée des populismes, de s’interroger sur la dimension démocratique des changements à l’œuvre dans une globalisation destructrice de biodiversité et productrice d’inégalités qui ne font que croître. Il s’agit enfin, dans un monde en pleine mutation, où les médias et les réseaux sociaux numériques conditionnent notre accès au monde, de contribuer à une saine clarification du débat en s’efforçant d’expliciter les notions récentes et de caractériser les pratiques émergentes.

Les propositions de communications sont rédigées en français et peuvent prendre différentes formes (modélisation théorique, étude de cas, réflexion critique, témoignage d’acteur·rices, etc.). Elles doivent prioritairement s’inscrire dans un des cinq axes suivants, mais des communications hors axe peuvent être acceptées si elles s’inscrivent dans la thématique générale du colloque (les liens entre ESS et développement durable)

Axe I : Clarification et critique conceptuelle.

Comme le terme « Economie Sociale et Solidaire », le terme de « Développement Durable » réclame une clarification conceptuelle. L’ESS est-elle porteuse de modèles d’organisation et de gestion intégrant les logiques et dispositifs du DD ? Ou doit-on distinguer une ESS adaptée aux représentations du DD d’une ESS politique plus en phase avec les conceptions théoriques décroissantes ? Il s’agirait notamment ici de replacer les débats dans le contexte de l’émergence de ces deux notions et de la manière dont elles ont trouvé à s’articuler, mais aussi de comprendre les glissements sémantiques qui se sont opérés. Plus récemment, les deux approches ont connu de nombreuses variations. En témoigne la multiplication des théories, des projets et des mots qui les désignent. A l’heure où certains parlent d’effondrement, d’anthropocène ou de transition, à l’époque où un capitalisme numérique semble se différencier d’un capitalisme extractif, au moment où de nouvelles formes d’économie (collaborative, circulaire, etc.) et de nouvelles formes de résistance voient le jour (ZAD, décroissance, zone de gratuité, etc.), il semble en effet temps de redéfinir, de manière critique, les différents termes souvent employés comme synonymes dans l’espace médiatique. Il convient, également, de proposer des modélisations permettant de visualiser les ressemblances et les différences entre ces différentes notions. Tel est, en tout cas, l’objectif de cet axe qui s’efforcera également de mettre au centre de sa réflexion la question démocratique : peut-on avoir un développement durable sans une démocratie renouvelée et l’ESS peut-elle représenter ce nouveau projet démocratique ? L’ESS dans des zones non démocratiques est-elle encore de l’ESS ? Comment favoriser une participation démocratique des citoyen·nes aux enjeux actuels du DD et de l’ESS ?

Axe II : ESS et DD : Tensions et dissonances entre discours et pratiques

Il est souvent plus facile d’exprimer ce que n’est pas le développement durable (DD) que de le définir positivement. Son ambition originelle se focalise sur la conciliation problématique entre des intérêts économiques d’un régime plus responsable et vertueux et des impératifs de préservation des ressources. Les dimensions sociétales et démocratiques souffrent d’une insuffisante lisibilité et reconnaissance. Cette faiblesse apparaît d’autant plus préoccupante que le succès du DD doit pouvoir reposer sur une dynamique de solidarité, sur une prise de conscience des interdépendances et sur la participation de toutes et tous.

Ce défi est aussi celui que partagent les acteur·rices de l’économie sociale et solidaire (ESS) directement interpellés. Comment ces acteur·rices de l’ESS s’emparent du DD dans leur manière d’inventer des réponses concrètes par des projets de développement social et solidaire durable ? Comment les actions en faveur du DD des territoires ouvrent la voie aux initiatives émergentes de l’ESS ? S’agit-il d’expériences sociétales là aux d’autres y voient des opportunités expérimentales au service d’un capitalisme moral ou éthique? Comment l’ESS et le DD s’emparent-ils des questions de genre et d’égalité femme-homme? L’ESS peut-elle contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) ? Les ODD conduisent-ils à une normalisation et une banalisation des actions des organisations de l’ESS ? On l’aura compris, l’accent sera porté sur les convergences entre ESS et DD mais aussi sur les angles morts et leurs divergences dans les objectifs et les stratégies des un·es et des autres. Cet axe offre l’occasion de croiser le regard sur des travaux empiriques centrés sur les enjeux et les défis de la coopération entre les acteur·rices du DD et de l’ESS. La dimension internationale sera mise en valeur, notamment pour discuter de la place de la culture mais aussi de la décolonisation dans la coopération Nord/Sud et de l’émergence d’une citoyenneté.

Axe III : Territoires, communs et mondialisation de la solidarité.

L’ESS s’affirme souvent comme locale, territorialisée ; le développement durable souligne, lui, sa dimension globale. Comment articuler les deux ? Comment organiser des solidarités locales, voulues choisies, à l’heure où le changement climatique nous rappelle notre interdépendance de fait ? Comment, d’un côté, éviter les égoïsmes territoriaux, souvent nationaux d’ailleurs, promus par un populisme d’extrême droite et, de l’autre, construire des solidarités internationales qui ne soient plus basées sur un esprit et une culture de la bienfaisance, hérités d’un passé colonial qu’il convient de dépasser ? Comment rendre les territoires résilients ? Quels sont les espaces publics qui, à l’image des espaces publics de proximité chers à l’ESS, permettent aux habitant·es des différents territoires du globe de décider ensemble de la bonne échelle d’action ? De quel territoire parle-t-on ? Un territoire réceptacle de stratégies allochtones, extraverties et de capture d’activités ou de patrimoine s’affichant comme participant au DD (greenwashing) ou comme un territoire révélant des ressources au travers d’initiatives endogènes reposant sur les principes d’autonomisation territoriale, d’auto-organisation, de gratuité et de réciprocité, un commun ? Les communs, lorsqu’ils sont attachés à l’enjeu de la démocratie tout autant qu’à celui de l’écologie, peuvent-ils constituer un véhicule permettant de relier les dimensions locales et internationales, tout autant que de susciter des convergences entre différents formes et niveaux de solidarité ? Comment, dans ce contexte, s’articulent les traditions différentes, de l’ESS, du DD, de la solidarité internationale et du commerce équitable ? Comment aussi traiter, concrètement, les questions migratoires ? Sur ce dernier point, les études sur les migrations promeuvent aujourd’hui, pour en penser les liens financiers et humains, le concept de « translocal ». Elles substituent ce concept à celui de transnational afin d’indiquer que les solidarités associent des communautés locales ancrées dans des espaces différents. Ce faisant, elles ouvrent la perspective d’un translocalisme des territoires durables et solidaires qu’il convient d’explorer.

Axe IV : Pratiques émergentes et DD.

Les monnaies sociales, la consommation responsable, l’économie collaborative, l’économie circulaire, la finance participative, l’entrepreneuriat social, etc. toutes ces pratiques revendiquent une rupture avec le capitalisme actuel. Cependant, malgré la démultiplication d’initiatives citoyennes émergentes proposant des alternatives à l’économie capitaliste, la prégnance dans les imaginaires et dans les pratiques quotidiennes du sophisme marchand, empêche la valorisation et la viabilité de ces initiatives en les cantonnant dans les marges ou en les invisibilisant. Or, le potentiel transformateur de certaines d’entre elles est important à condition que l’on sache s’en saisir. Les pouvoirs publics peuvent avoir un rôle de facilitation pour permettre l’émergence et le développement de ces alternatives ou, au contraire, ils peuvent les entraver. Par ailleurs, si certaines de ces pratiques émergentes aspirent à proposer des modèles économiques alternatifs au capitalisme, d’autres en détournent les aspirations en créant des nouvelles niches de marché en phase avec les nouvelles demandes des consommateur·rices de plus en plus sensibles aux questions liées au développement durable. Les questions qui peuvent donc être abordées dans cet axe sont multiples : Qu’en est-il dans les faits de ces pratiques émergentes ? Quelles visions du DD portent-elles ? Quel renouvellement des pratiques démocratiques génèrent-elles ? Peut-on encore parler de développement durable, quand 98% de l’économie est une économie spéculative ? Quels rôles ont les pouvoirs publics pour faciliter ou entraver ces initiatives citoyennes ? Quels sont les risques d’une récupération marchande de ces pratiques ?

Axe V : Recherches-action en ESS et DD : enjeux épistémologiques, méthodologiques, éthiques et politiques

De la recherche-action (RA) définie par Kurt Lewin dans les années 1940 à la recherche-action-formation initiée par Desroche et développée par Draperi, en allant jusqu’aux recherches partenariales québécoises, les pratiques diffèrent grandement d’une discipline à une autre, d’un objet à un autre. Mais au-delà de ces différences, les acteurs et actrices qui s’inscrivent dans cette tradition de recherche poursuivent un double objectif de production de connaissances et de changement de la réalité par l’action ; ils et elles partagent le désir de transformer la société. En France, notre histoire institutionnelle et sociétale ne favorise pas ce type de recherches, alors même qu’elles semblent prometteuses pour accompagner les transitions en cours, qu’elles soient sociales, économiques ou environnementales. Cet axe propose d’approfondir les réflexions épistémologiques sur la ou les RA menées dans l’ESS ; d’interroger les conditions à remplir pour produire une connaissance valide et peser sur les processus de changement social à l’œuvre. Il propose également de questionner la posture des chercheur·ses issu·es de différentes disciplines et leur responsabilité sociale et sociétale : quels points de vigilance doivent avoir ces chercheur·ses en tête ? quels rôles endosser dans la coproduction de connaissances ? Cet axe propose, par ailleurs, de faire mieux connaître et reconnaître les RA dans le champ de l’ESS et du DD : quelles pratiques de collaboration entre chercheur·ses et acteur·rices se développent-elles ?  (ARUC au Québec, PICRI en France) ? Pour quels résultats ?

Calendrier

La date limite de réception des communications est fixée au 15 janvier 2020.

Ces propositions, de 1 200 mots maximum, doivent préciser le sujet, la méthodologie et l’apport, et, être envoyées à riuess2020@tutanota.com en précisant l’axe auquel elles sont destinées. Chaque proposition sera évaluée en double aveugle par le comité scientifique. Les propositions devront posséder deux éléments distincts :

1-Une fiche d’identification précisant le nom du ou des auteur·rices, ses qualités, le titre de l’intervention et un acronyme de cinq lettres.

2-La proposition proprement dite de 1 200 mots maximum identifiée par son seul acronyme précisant l’axe et comprenant une bibliographie indicative d’au moins cinq références.

Le comité scientifique fera parvenir sa réponse, acceptation ou refus, aux auteur·rices avant le 15 mars 2020. Les textes définitifs devront être envoyés au plus tard le 25 avril 2020.

Membres du comité scientifique (pressentis)

Bouchard Marie (Uqam, Québec), Bucolo Elisabetta (Cnam), Combes-Joret Monique (Université de Reims), Dacheux Eric (UCA), Defalvard Hervé (Université Marne la Vallée), Draperi Jean-François (Cnam), Eynaud Philippe (IAE de Paris), Bruno Frère (Université de Liège), Gianfaldoni Patrick (Université d’Avignon), Hiez David (Université du Luxembourg), Laville Jean-Louis (Cnam), Lhuillier Vincent (Université de Lorraine), Manoury Lucile (Université d’Avignon), Richez-Battesti Nadine (Université d’Aix-Marseille), Robin Yannig (Université de Bretagne Occidentale), Stoessel-Ritz Josiane (Université de Mulhouse), Pierre André Tremblay (Université du Québec à Chicoutimi).

Membres du comité d’organisation

Agbessi Eric (communication, UCA), Batisse Cécile (économiste, UCA), Bussière Alain (commerce équitable, UCA), Collet Raymond (Clermont Métropole), Corneloup Jean (culture récréative, UCA), Couturier Pierre (sociologue, UCA), Dacheux Eric (communication, UCA), Diemer Arnaud (centre Erasme, UCA), Duracka Nicolas (Centre innovation sociale), Garadin Laure (CRESS), Garlot Florine (doctorante UCA), Zumbo-Lebrument Cédrine (Gestion, ESC), Mulnet Didier (éducation au Développement durable, UCA), Tichit Ariane (économiste, UCA), Volat Geoffrey (doctorant UCA), Zouari Khaled (communication, UCA).

Pour tout renseignement :

Le responsable scientifique : riuess2020@tutanota.com

La secrétaire du laboratoire : Nathalie Policard : 04 73 40 85 19

Le RIPESS organise une tournée d’apprentissage et de formation croisée en économie solidaire aux Etats-Unis

Article du RIPESS International, 8 novembre 2011

Cette semaine, du 8 au 11 novembre, le groupe de travail Éducation du RIPESS organise une tournée pilote d’apprentissage et de formation croisée sur l’économie solidaire organisée par Cooperative Jackson (Etats-Unis) avec la participation de formateurs locaux et internationaux des Etats-Unis, d’Amérique latine et des Caraïbes, du Canada, d’Europe et d’Asie orientale.

L’objectif est de permettre un échange de connaissances entre les formateurs en économie solidaire (ES) et de travailler à l’élaboration d’un programme d’études en ES. Le format de la tournée d’apprentissage, basé sur une expérience locale de ES, et le développement du curriculum seront mis à la disposition d’autres réseaux et initiatives d’ES pour être utilisés et adaptés à leur contexte local. La compréhension de l’ES est un moyen de changer le paradigme économique et social capitaliste actuel vers un monde plus juste et durable.

Pendant ces quatre jours, les participants combineront l’apprentissage en classe pour fournir une base théorique, pratique et des stratégies d’organisation pour construire l’économie solidaire avec des visites de projets sur le terrain pour voir et s’engager dans des pratiques réelles d’économie solidaire.

Parmi les objectifs, ce projet veut piloter et co-développer un programme d’études en ES, ce qui comprend la création de matériel, des méthodologies et des lignes directrices, et animé par des éducateurs en ES du monde entier, ainsi que des gens de la Cooperation Jackson. Et aussi, pour se connecter et apprendre à se connaître et s’engager dans un processus de transformation personnelle : « nous connaître nous-mêmes en relation avec les autres – une compréhension du  » nous  » et de la mutualité ».

En étant une formation de formateurs, ce cours vise également à générer un dialogue de connaissances entre les formateurs qui sont connectés aux mouvements de base de l’ES du monde entier. En adoptant une approche d’éducation populaire, les participants commenceront par la connaissance de chacun d’entre eux et comprendront que chacun est un enseignant et un apprenant.

Cette approche, bien alignée sur l’ES en termes de principes, de fondements et de méthodes, est un processus d’analyse – recherche de modèles, accès à de nouvelles connaissances au besoin, élaboration d’une stratégie d’action, mise en œuvre de cette action, puis retour à une réflexion sur l’expérience, analyse, collecte de nouvelles connaissances pour transformer l’économie locale et mondiale en une société nouvelle fondée sur la justice, l’égalité et l’amour, etc.

L’objectif de l’éducation populaire est de s’engager dans un processus continu de réflexion et d’action afin de transformer la réalité par une libération économique, sociale et politique.

Cooperation Jackson, Mississippi (États-Unis)

Le cours est organisé par la Cooperation Jackson, un projet qui suscite beaucoup d’enthousiasme aux États-Unis et à l’échelle internationale, car il s’inscrit dans une vision plus large visant à transformer l’économie et la société locales et régionales par une stratégie politico-électorale, une organisation populaire par le biais d’assemblées populaires et la construction de l’ES par un réseau coopératif composé de quatre institutions interdépendantes : une fédération des coopératives locales de travail, un incubateur coopératif, un centre de formation et d’éducation coopératives et une banque ou institution financière coopérative.

Pour ces raisons, le groupe de travail sur l’éducation du RIPESS a décidé de collaborer avec Cooperation Jackson pour organiser ce cours et commencer à développer un programme d’économie solidaire qui pourra être utilisé dans le futur par des personnes du monde entier.

Matériel pédagogique sur l’ES disponible sur Socioeco

Le groupe de travail Éducation du RIPESS a dressé une liste du matériel de formation sur l’ES qui sera mis à la disposition de toute personne intéressée ou travaillant dans le domaine de l’ES et de l’éducation. Tout le matériel se trouve dans Socioeco, le centre de ressources du RIPESS et nous invitons tous les formateurs et les réseaux d’ES à envoyer du nouveau matériel à socioeco.org pour être inclus dans la section sur le matériel de formation en ES ou sur la carte spéciale des outils pédagogiques.

Le RIPESS publiera des mises à jour pendant le cours sur nos comptes de médias sociaux Twitter et Facebook. Restez donc à l’écoute pour suivre l’élaboration du programme d’études en ES et les apprentissages de tous les participants au cours de ces quatre journées intenses.

Bergame, une rencontre entre formateurs, enrichie de visites inspirantes et joyeuses

Par Josette Combes

Les membres du programme Erasmus SSE IVET 21 se sont réunis à Bergame du 14 au 18 octobre pour une semaine de travail commun sur la construction d’un module de formation de formateurs. Celui-ci est destiné à transmettre les fondamentaux de l’Économie sociale et solidaire au sein des formations initiales et professionnelles des pays participant à ce programme. Le projet a débuté par une phase d’étude sur la présence et la qualité des enseignements d’ESS au sein des formations initiales et professionnelles qui a montré qu’ils en étaient le plus souvent absents.

La phase 2 du programme est de concevoir un module de transfert des informations essentielles pour former les formateurs afin qu’ils l’insèrent dans leurs cursus. A la fin de la formation, les formateurs devraient connaître l’ESS, ses principes et ses valeurs, mais aussi ses pratiques, comprendre le rôle que l’ESS peut jouer dans le développement local de leur communauté comme vecteur de changement, voir l’avenir du monde du travail en ESS, participer activement à un processus de formation continue et dynamique.

Il ne s’agit pas seulement de transmettre des contenus mais également ( et plus encore) de proposer des méthodologies et des postures qui illustrent le positionnement de l’ESS à l’égard des valeurs de base telles que la démocratie au travail, le respect et l’accueil de chacun, le principe de coopération et la mise en synergie des compétences.

Les participants ont donc partagé leurs matériaux à partir d’une trame élaborée par Technet, Dock, et Solidarius qui en assurait également l’accueil et l’animation.

Le processus participatif a permis à partir de trames de réflexion collective de recueillir les apports de chaque participant qui seront revus et validés par le groupe. Ainsi a été élaboré un outil pour soutenir l’observation des expériences de terrain que le groupe a eu le privilège de rencontrer grâce à la proximité de Solidarius avec les acteurs. Le choix de Bergame était motivé par cela car la ville et sa région sont riches d’expériences d’économie solidaire très structurées et mises en réseau.

Ainsi avons nous visité la Cooperativa Ruah, une recyclerie qui emploie des personnes en difficulté d’insertion et notamment des migrants. Une journée entière a été consacrée à la visite de la coopérative IRIS, créée en 1978 par un petit groupe qui souhaitait promouvoir l’agriculture de qualité et la consommation de proximité et qui s’est dotée ensuite d’une usine de transformation afin de contrôler d’un bout à l’autre la chaîne de production. Nous avons rencontré un de ses fondateurs, Maurizio Gritta au sein d’une usine nouvellement aménagée, hyper moderne. Il nous a fait part de l’historique de la coopérative qui a organisé pragmatiquement son évolution tout en maintenant les principes essentiels qui étaient à l’origine du groupe d’acteurs initiaux : ne pas empoisonner la terre, créer des emplois en particulier pour les femmes, entretenir une relation directe avec les consommateurs, maintenir la propriété collective des moyens de production considérés comme un bien commun. Un objectif central est aussi d’assurer un juste prix pour le producteur et le consommateur. En suivant, la visite à la ferme a permis de mieux comprendre le lien entre toutes les activités, notamment celles qui consistent à faire connaître l’économie solidaire par le biais d’interventions auprès d’enfants de 7 à 11 ans dans leurs écoles, assurer la relève en quelque sorte.

Après un délicieux repas pris sur place, nous avons été en lien électronique avec un des responsables de la Banca Etica qui nous a présenté les différences qui distinguent cette banque du système bancaire traditionnel, la non spéculation, le prêt et un accompagnement spécifique aux personnes que le système ordinaire rejette, une transparence de la gouvernance, un éventail des salaires beaucoup plus resserré.

Les soirées ont été l’occasion de bénéficier de l’accueil de lieux également coopératifs où nous avons pris de nos repas tout en faisant connaissance de personnes engagées dans l’ESS : Circolino un restaurant coopératif situé dans la Citta Alta, après un petit tour dans cette partie ancienne et fortifiée de la ville. La Cooperativa Sociale Arete d’agriculture biologique, la Porta del Parco un complexe agricole situé sur le territoire de la Municipalité de Hub et aux portes du Parc Régional des Collines, composé d’un vignoble, d’une zone verte qui abrite des jardins sociaux et collectifs et une structure utilisée comme restaurant et point de vente de produits locaux et biologiques.

Partout, nous avons pu apprécier outre l’investissement des acteurs dans le développement d’activités sociales et écologiques, la gentillesse, la convivialité et la gaieté qui règnent dans tous ces lieux et il faut avouer que c’est réconfortant après des journées de travail intense dédiées à la transmission de notre objet commun, l’économie solidaire.

1Technet /Allemagne, MES/ France, Dock / Grèce, Solidarius / Italie, APDES/ Portugal, CRIES / Roumanie, RIPESS EU

Ce que nous avons appris de la 10e Académie d’ESS de l’OIT
ILO SSE Academy Turin 2019

Par Elena Tzamouranou, DOCK (Grèce)

Plusieurs membres de Ripess Europe ont participé à la 10ème édition de l’Académie de l’OIT sur l’ESS qui s’est tenue à Turin, Italie, du 3 au 7 juin 2019. Nous avons élargi nos connaissances conceptuels et discuté de l’ESS et de l’avenir du travail avec plus de 100 personnes du monde entier responsables de la promotion de l’ESS, notamment des décideurs politiques, des praticiens, des chercheurs et des représentants d’organisations de travailleurs et d’employeurs.

Un aperçu des questions abordées

Le programme très bien organisé et diversifié comprenait des discussions sur les politiques dans différents pays et contextes, les défis et les opportunités, des visites d’étude, mais portait aussi sur la façon dont l’économie sociale et solidaire est liée aux questions sociales et environnementales, telles que les soins, l’économie informelle, verte, rurale et l’égalité des sexes.

Les trois principaux thèmes clés abordés et liés à l’économie sociale et solidaire ont été :

Ce que nous avons appris

  • l’avenir du travail
  • l’approche d’une technologie avec ‘l’humain aux manettes
  • l’inclusion sociale des groupes vulnérables

Bien que chaque séance et discussion comportait des informations et des conclusions utiles, nous avons choisi de nous concentrer sur certains points que nous considérons fondamentaux :

  • Comme on a pu le voir dans plusieurs cas, deux conditions préalables doivent être remplies pour que l’ESS soit visible et se développe au niveau national : une législation adécuate et des instruments financiers porteurs.
  • Le développement de l’ESS au niveau national est significatif mais pas suffisant. Elle nécessite également la participation des autorités locales, car de nombreuses villes connaissent une transition dans leur paysage social et économique. Des exemples des différentes réalités locales sont les villes de : Milan (Italie), Amsterdam (Pays-Bas), Guro (Séoul) et Kef (Tunisie)
  • La question de la définition de l’ESS reste d’actualité et fait toujours l’objet de débats créatifs ! Quatre possibilités de définition de l’ESS ont été évoquées par Marcelo Vieta :

◦ S’adapte au système capitaliste ; comble les lacunes dues à la diminution de l’État et aux inégalités croissantes (vision néolibérale)

◦ Réforme ou atténue le système capitaliste (vision social-démocrate)

◦ Repense et reconfigure la vie socio-économique (vision révolutionnaire)

◦ Activités et atouts communautaires déjà existants, faisant croître l’ESS en tant que pluralité de l’économie dans « diverses économies » (voir : Elgue,2015 ; J.K. Gibson-Graham, 2005 ; Miller, 2010 ; EURICSE ; EMES ; CIRIEC, etc.)

Pour lire notre point de vue sur les convergences et les différences entre les concepts, les définitions et les cadres conceptuels, veuillez consulter la Vision Global de RIPESS (2015):

  • L’importance de l’éducation et de la formation dans l’ESS et dans les matières liées à l’ESS a été soulignée comme un besoin par la majorité des participants à différentes occasions lors de la 10ème Académie de l’OIT.
  • Un autre point est de savoir si le secteur privé pourrait jouer un rôle positif dans la transformation du modèle socio-économique. Quelques exemples de collaboration au-delà des frontières du secteur privé et non privé ont été présentés. De tels exemples pourraient-ils constituer des modèles durables ou dans quelle mesure de telles collaborations sont-elles impératives ?

Conclusion

L’ESS ne garantit pas que tout sera parfait (Jean Fabre) ! En effet, comme nous l’avons souligné à de nombreuses reprises lors de l’Académie de l’OIT, travailler différemment, partager la propriété et l’autogestion est un impératif, mais cela ne change pas à lui seul le paradigme socio-économique. Nous devons déplacer l’attention de l’entreprise vers la communauté et penser d’une manière complètement différente (comme Jason Nardi l’a souligné).

À quoi ressemble une initiative ou une coopérative réussie ? Définissons-nous le succès par le nombre de membres ? Définissons-nous le succès par le bénéfice généré l’année précédente ? La durabilité, ce n’est pas seulement être rentable aujourd’hui, c’est aussi être durable sur les plans économique, social et environnemental. Nous devons redéfinir la réussite. Le succès peut et doit être défini par le changement social, les résultats sociaux et l’impact social de l’activité économique.

De plus, nous devons nous concentrer sur les communautés : sur les besoins du territoire, sur la façon de transformer nos économies dans chaque contexte différent et non nous baser sur un modèle de marché indéterminé. Ce n’est qu’alors que nous pourrons vraiment changer le paradigme d’un paradigme axé sur la croissance et le marché à un paradigme de bien-être communautaire, et c’est là la véritable transformation que nous attendons.

L’académie de l’OIT a été organisée par le Centre international de formation de l’OIT (ITCILO). Partenaires : Le Ministère italien du travail et des politiques sociales et ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale, l’Institut européen de recherche sur l’entreprise coopérative et sociale (EURICSE), le Centre international de recherche en économie sociale et coopérative (CIRIEC) et la Fondazione Italia Sociale.
Pour accéder aux documents de la 10e édition de l’Académie de l’OIT sur l’ESS, veuillez consulter le site de l’Academie.

Conférence internationale de l’UNTFSSE sur le rôle de l’ESS dans la mise en œuvre des ODD
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Du 24 au 26 juin 2019, le RIPESS était à Genève (Suisse) pour assister à cette importante conférence internationale où les participants ont discuté les résultats et le rôle de l’Économie Sociale Solidaire (ESS) dans la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD)

Comment l’Économie Sociale Solidaire (ESS) peut-elle contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) ? Les projets locaux d’ESS peuvent-ils avoir un impact sur le développement mondial ? Les réponses à ces questions et à bien d’autres était discutées lors de la Conférence internationale Les membres du RIPESS ont présenté plusieurs communications et organisé la session parallèle « Construire le mouvement ESS du local au global ».

Ce fut l’occasion d’expliquer le modèle de développement alternatif préconisé par le RIPESS, ainsi que le processus de convergence mondiale qui est actuellement promu avec le Forum social mondial des économies transformatrices 2020.

Et puis, nous avons eu deux présentations des membres du RIPESS. Tout d’abord, Yvon Poirier de RIPESS North America a présenté l’étude de cas « Association for Sarva Seva Farms – ASSEFA-India : 50 ans de développement durable ». Vous pouvez consulter le document complet ici

Ensuite, Denison Jayasooria, Président de l’ASEC – RIPESS Asie, a présenté  » Community Forestry Projects in Malaysia : Participation de la population à la mise en œuvre des DSD « . Le document complet est disponible ici

La deuxième journée a débuté par la présentation de Judith Hitchman, présidente d’Urgenci, Community Supported Agriculture around the world et membre du conseil d’administration du RIPESS, intitulée  » How Community Supported Agriculture contributes to the realisation of Solidarity Economy in the SDGs « . Elle a montré les ramifications profondes qui sont possibles dans le secteur spécifique de l’agriculture soutenue par la communauté et les GDS. Le texte intégral de l’article peut être consulté ici.

Lors de la séance de clôture, Judith, Denison et Laura Cicciarelli, membres du RIPESS, ont souligné les principaux messages des deux derniers jours avec l’OCDE et l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD).

Dans l’ensemble, l’évaluation faite lors de la séance de clôture est que, tout au long des deux jours de la conférence, la contribution de l’ESS à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement a été soulignée dans les études de cas présentées.

Pour l’avenir, il a été convenu que l’UNTFSSE, à laquelle le RIPESS contribue activement, transmet des messages du terrain et se prépare à travailler sur une résolution de l’ONU sur le #ESS.

Vous pouvez retrouver les vidéos des différentes sessions #SSE4SDGS sur la page Facebook de l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD).

10e Académie de l’OIT : de l’avenir du travail au changement de l’économie par l’ESS

Par Nora Inwinkl / Solidarius Italia

Du 3 au 7 juin s’est tenue à Turin la 10ème Académie d’économie sociale et solidaire de l’Organisation Internationale du Travail. Elle était co-organisée par l’Organisation internationale du travail, qui célébrait cette année son premier siècle d’existence. Pour ce qui est de l’avenir du travail, il s’agissait d’une occasion offerte aux personnes intéressées ou déjà engagées dans la promotion de l’ESS dans le monde, y compris les décideurs, les praticiens, les chercheurs, les représentants des travailleurs et des organisations d’employeurs, d’échanger sur la nécessité d’influencer l’économie dans une perspective durable. Plus de 100 personnes du monde entier y ont participé (à l’exception de l’Océanie), avec leurs connaissances, traditions, cultures, cadres et besoins différents. Grâce à un partenariat avec les organisateurs, quatre membres du réseau RIPESS Europe du Portugal, de la Grèce et de l’Italie ont pu y assister, ainsi que Beatrice Alain (Chantier de l’économie sociale, Québec) et Jason Nardi (coordinateur RIPESS) qui ont été parmi les intervenants invités.

Le pivot de l’Académie reflétait notre situation du marché et du travail, en se concentrant sur les défis auxquels nous sommes confrontés dans plusieurs domaines : économie, technologie, environnement, changement climatique, démocratie, participation, et autres. Malgré la diversité des participants, tant en termes d’origines que d’orientations professionnelles, tous se sont accordés sur un point spécifique et essentiel : le système dans lequel nous vivons n’est pas du tout durable et les solutions préconisées par les différents gouvernements et les principaux acteurs ne sont pas pertinentes. Pour cette raison, l’Académie a mis en avant plusieurs enjeux importants qui englobent différentes formes d’entreprises et/ou d’organisations de l’ESS (OESS – Organisations de l’économie sociale et solidaire), le cadre juridique existant ou qui pourrait être promu dans différents pays au niveau local et national, les mécanismes et outils financiers, et plus encore.

Le rapport intitulé  » Travailler pour bâtir un avenir meilleur  » rédigé par la Commission mondiale sur l’avenir du travail a servi d’illustration du modèle de travail préconisé. Il s’agit d’un  » agenda centré sur l’être humain pour l’avenir du travail qui renforce le contrat social en plaçant les personnes et leur travail au centre de la politique économique et sociale et des pratiques commerciales « .

Il est important de s’éloigner de l’échelle locale et, en particulier, de l’expertise et des pratiques locales, en mettant en évidence les spécificités de chaque territoire. Au cours de ces cinq jours, de nombreux praticiens ont présenté leurs initiatives et leurs expériences, partageant leurs connaissances et différentes formes d’innovation et recevant plusieurs commentaires et suggestions. Des expériences différentes se sont développées dans des territoires différents mais toutes guidées par des valeurs et des principes similaires, ceux du paradigme de l’ESS, en contraste avec ceux du néolibéralisme.

L’importance des « pratiques » a été soulignée avec les champs d’études organisés lors de la deuxième journée dans les villes de Turin, Ivrea et Cuneo. Elle a donné l’occasion aux participants de découvrir la mise en œuvre de l’ESS à travers des expériences vertueuses.

Il reste encore un long chemin à parcourir et probablement l’une des choses à améliorer est la construction d’un vocabulaire commun et d’un cadre commun pour mettre en œuvre et développer l’ESS d’une manière transversale et transectorielle. Il est important de travailler dans les deux sens : du bas vers le haut, en mettant en œuvre et en soutenant les initiatives locales, et du haut vers le bas, en travaillant avec les autorités locales et nationales pour promouvoir les lois et politiques d’ESS. Ainsi, comme l’a dit un participant lors de la plénière de clôture, nous devons travailler sur « l’ESS dans toutes les politiques ».

 » Vers un nouveau système économique  » : le RIPESS Europe à la 7e Conférence du CIRIEC

Cette année, la conférence du CIRIEC s’est tenue à Bucarest, Roumanie, du 6 au 9 juin 2019 avec un titre ambitieux :  » Vers un nouveau système économique « . Le CIRIEC (Centre international de recherche et d’information sur l’économie publique, sociale et coopérative) est un réseau d’organisations scientifiques et de recherche internationales, créé en 1947.

Dražen Šimleša, notre coordinateur du réseau, a représenté le RIPESS Europe à plusieurs sessions ainsi qu’à la Commission scientifique internationale « Economie sociale et coopérative » du CIRIEC et a pris part à la réunion qui a eu lieu avant l’ouverture officielle du congrès.

C’était une occasion spéciale puisque, pour la première fois, la conférence a été organisée en Europe centrale et orientale, une région du continent qui a ses propres défis et opportunités historiques pour l’ESS, étant donné que l’économie sociale et solidaire apporte un nouveau paradigme de gouvernance fondé sur la démocratie et la participation.

Les participant.es ont discuté du rôle de l’ESS et des défis mondiaux actuels, avec une  » vision transformationnelle « , se concentrant sur des thèmes tels que les entreprises détenues par les travailleurs et l’avenir du travail décent, la durabilité, la souveraineté alimentaire, les écosystèmes de l’ESS – gouvernance, réseaux, visibilité et politiques. Ainsi, un bon endroit pour que le RIPESS soit parmi les 250 autres participants du monde entier.

Nous espérons que cela rapprochera les praticiens et les militants des mouvements sociaux pour l’ESS avec un secteur scientifique qui peut nous soutenir dans ses recherches et analyses.

Voir le programme et certaines interventions ici.

TAPAS – There Are Platforms as AlternativeS

Le projet TAPAS est un programme de recherche financé par le ministère français du Travail et le ministère des Solidarités et de la Santé, dirigé conjointement par le CEPN (Centre d’économie et de gestion de l’Université Paris 13 – UMR CNRS 7234) et l’association, Coop des Communs.

Créée en 2016, La Coop des Communs regroupe des praticien.nes du commun, de l’ESS, des chercheur.euses et des acteurs publics. Son objectif est de contribuer à la construction d’un écosystème favorable à l’éclosion de communs. « Alliés, Communs et ESS peuvent former, non des solutions résiduelles, mais de véritables piliers d’un développement soutenable dans une vision plurielle de l’économie » (Extrait du rapport d’activité 2017). La Coop des Communs est organisée en groupes de travail, parmi lesquels figure le groupe Plateformes en Communs. Ce dernier s’est constitué autour de plateformes numériques ouvertes sur les pratiques coopératives, et afin « d’associer un ensemble d’acteurs, en émergence ou existants, partageant ces valeurs, au sein d’une communauté ouverte » d’une part et de « construire une boîte à outils mutualisée, à visée opérationnelle et permettant l’appropriation des nouvelles possibilités de pair à pair offertes par le numérique » (Extrait du rapport d’activité 2017). Le groupe se donne pour objet de créer, animer et outiller la communauté de plateformes structurées autour d’une charte éthique fondée sur cinq principes : gouvernance inclusive, partage équitable de la valeur, éthique des données, production de communs, coopération entre les membres.

Le projet met au centre des analyses l’étude empirique de neuf plateformes de l’ESS, analysant les mécanismes de fond de l’économie sociale et solidaire qu’elles développent. Le travail théorique permettra de proposer une typologie des plateformes collaboratives en fonction des modèles économiques sur lesquels elles sont assises et des modes de traitement des contributeur.trices au fonctionnement de la plateforme qu’elles proposent. L’accent sera mis sur la conjugaison de ces deux dimensions ainsi que sur les solutions et innovations socioéconomiques permettant de dépasser les obstacles rencontrés par les acteurs. La description du projet est en français mais les résultats seront également disponibles en anglais.

Voir le projet : https://cepn.univ-paris13.fr/tapas/

ESS & communs: 1er Master “Economie et gestion des communs” à Paris 13 – CEPN

Le parcours Économie et Gestion des Communs est la première et unique formation en France dédiée à l’économie politique des communs et à la gestion des organisations alternatives auxquelles ces communs donnent lieu.

Les communs couvrent un ensemble de ressources, de modes organisationnels et de transaction qui ne relèvent ni de l’économie publique ni de l’économie de marché. Ils réclament donc des régimes juridiques alternatifs à l’appropriation privée (ressources naturelles, connaissances); des formes d’organisation du travail et de coopération rompant avec la hiérarchie managériale de la forme capitaliste (le nouveau coopérativisme, l’économie collaborative et du partage, les groupes activistes) et adossées à des politiques sociales nouvelles ; des nouveaux modes de financement et d’échange en marge du système monétaire et financier dominant (monnaies alternatives, technologie du blockchain).

Cette formation s’appuie sur un important réseau d’intervenants professionnels et académiques spécialistes de ces secteurs émergents de l’activité économique et sociale.

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«Le travail et le bien-être au XXIe siècle»

Par Laura Aufrère

La conférence de 2017 avait exploré certaines des dimensions clés qui ont eu une incidence sur le monde du travail. La conférence de 2019 continuera à se concentrer sur l’avenir du travail afin de mieux comprendre quelles institutions innovantes et quelles politiques de transformation pourraient contribuer à assurer une société plus juste et équitable. Les communications sont invitées à proposer de nouvelles idées et politiques qui pourraient aider la communauté mondiale à façonner un meilleur avenir pour le travail, en mettant l’accent sur: (i) les transitions et les transformations du monde du travail; (ii) repenser le capitalisme; iii) le bien-être dans le monde du travail; et (iv) la construction et le renouvellement des institutions: un contrat social pour le 21ème siècle. Cette conférence contribuera aux débats mondiaux qui se déroulent à l’occasion du centième anniversaire de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) en 2019.

Certains membres du RIPESS Europe participeront à cette conférence et partageront des analyses concernant la contribution majeure de l’ESS à l’avenir du travail décent, face à la crise environnementale et capitalocène, et au défi de construire une solidarité entre les générations (et entre les régions du monde en voie de devenir structurellement plus âgées, ou plus jeunes).

À la suite de la contribution de RIPESS Europe à l’appel ouvert concernant le développement du Socle social Européen des Droits Sociaux, certains éléments communiqués au cours de cette conférence seront publiés dans le prochain bulletin du RIPESS Europe.

Pour plus d’informations : www.ilo.org/rdw2019

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